Au risque d’en lasser légitimement certains, les marchés sont à nouveau très difficiles à lire. Et il semble audacieux d’oser répondre à la question « pourquoi ? ».

Parce que les mêmes causes n’ont plus les mêmes effets ?

Parce qu’on constate un véritable clivage entre les réalités économiques et la tendance ?

Parce que la conjoncture mondiale appelle constamment à la prudence ?

Parce que prudence est mère de sûreté ?

Parce que chat échaudé craint l’eau froide ?

Parce que le décompte technique est ambigu ?

Parce qu’un consensus haussier est synonyme de baisse ?

Ou bien tout simplement parce qu’on n’ose pas parier sur la reprise haussière de long terme tant que tous les signaux ne repassent pas au vert ?

Et si on avait finalement tort ? De ne pas parier ?

Et si on avait finalement la vue brouillée par trop de prudence (aussi légitime soit-elle) et qu’on n’arrivait plus à regarder les choses simplement, avec calme, sang froid et discernement ?

C’est l’objet de ce nouvel article, dans lequel j’ai choisi d’aborder l’un des indices mondiaux les plus représentatifs, à savoir le S&P500 (qui occupe la première marche du podium des indices américains) ; et j’ai choisi de le faire uniquement – et volontairement – sur du long terme.

Maintenant…

… faites entrer le graphique !

Source : www.traderforce.com

En observant le graphique ci-dessus, pris en base bihebdomadaire depuis les sommets de mars 2000, on remarque deux phénomènes très intéressants à souligner :

  • Ce qui semble assez nettement être la fin d’une ABC et, en tout cas, une large phase de consolidation/temporisation depuis les années 2000.
  • Des phases de baisse toujours plus abruptes que les phases de hausse.

Et il paraît fort judicieux de s’attarder plus amplement sur chacun de ces deux phénomènes.

La fin d’une ABC ?

Certes, et à l’instar d’autres indices tels que le Cac 40 ou l’Eurostoxx 50, la question serait ici de savoir si la fameuse ABC dont on parle avait bien commencé au début des années 2000 ou bien si – scénario catastrophe – elle n’a démarré en fait que durant l’été/automne 2007 ? Mieux vaut, pour tout le monde, laisser cette seconde hypothèse de côté pour l’instant. Ainsi, nous serions donc au sortir d’une large phase corrective traditionnelle en ABC, ce qui signifierait techniquement que la tendance haussière de fond devrait pouvoir d’ores et déjà reprendre ses droits…

… et pourquoi pas ?

Plus j’observe ce graphique, et plus j’ai envie de pencher pour ce scénario optimiste.

Et ce, malgré le RSI en zone de sur-achat.

Des phases de baisse toujours plus abruptes que les phases de hausse

L’avez-vous également remarqué ?

C’est selon moi une observation des plus intéressantes : sur les marchés, quand on n’est pas dans une tendance haussière de fond, on baisse toujours plus vite qu’on ne monte !

Et ce postulat se vérifie ici aussi, sur le S&P500.

On a en effet mis chaque fois deux ans pour chuter d’une amplitude similaire entre mars 2000 et octobre 2002 puis entre octobre 2007 et mars 2009, tandis qu’il aura fallu, entre les deux, pas moins de cinq ans pour regagner le même terrain entre octobre 2002 et octobre 2007 !

Or, aujourd’hui, nous n’en sommes « qu’à » deux ans de hausse depuis mars 2009, ce qui devrait encore laisser un peu de marge, non ?

Je vous le concède, on ne peut pas faire d’une telle observation un élément assez fiable pour s’y appuyer, mais ça reste bon de le noter, d’autant plus lorsqu’on sait le facteur humain et psychologique qui dirige les marchés : pas très étonnant, donc, de perdre deux fois plus vite qu’on ne gagne dans ces moments-là !

Quel est donc mon pronostic pour le S&P500 ?

Tant que le dernier niveau d’overlap important situé sur les 1215 points n’est pas nettement enfoncé, le biais devrait rester positif avec, en première ligne de mire, la fameuse résistance clé des 1555 points. Ce niveau correspond en effet au sommet historique jamais dépassé qui a joué le rôle de barrière en double-top en mars 2000 et octobre 2007 justement. Par la suite et en extension, l’objectif principal se situera sur la projection classique de la dernière vague de hausse, soit autour des 1850 points.

Alternativement cependant, l’enfoncement des 1215 points serait de mauvais augure pour l’indice majeur américain qui pourrait alors poursuivre sa chute jusqu’au prochain seuil de support situé sur la zone des 960 points.

Quel déduire de tout ça en termes stratégiques ?

Naturellement, et dans l’hypothèse où les marchés européens allaient encore rester sous influence outre-Atlantique, il semblerait intéressant de jouer cette hausse en initiant des positions acheteuses sur le marché français. Un devoir de réserve n’est pas superflu, mais qui ne tente rien n’a rien, alors…

Par ailleurs, il est également possible de jouer certains indices mondiaux via des trackers, ou encore des produits structurés très réactifs, comme les turbos. Pour ce faire, n’hésitez pas à consulter notre site en cliquant ici.

A bon entendeur…

Marc Dagher