Vous avez peut-être coutume d’entendre ce genre de mots : truc, astuce, magie, etc.

Pourtant, il ne faut pas penser pour autant que ça soit du galvaudage à outrance.

Non.

Et vous allez vous en rendre compte d’abord, en lisant cet article puis, en vérifiant que ce qu’il préconise finira par s’avérer.

Je sais, avec une telle introduction, je prends un risque énorme de côtoyer à nouveau le ridicule, mais le ridicule ne tue pas… je suis toujours vivant… et, par les temps qui courent, c’est déjà pas mal !

Maintenant, suivez-moi dans mon raisonnement, car je suis sûr qu’il va vous intéresser et me valoir, je l’espère, de nombreux commentaires par la suite…

Préambule utile : du travail d’un analyste consciencieux…

Certes, une logique implacable nous ferait dire la chose suivante : puisqu’on ne cesse de scander la difficulté indicible de la lecture des marchés et de leur côté totalement erratique, il suffit donc, pour faire son métier d’analyste, de se munir d’une roulette ou de quelques dés à jouer, et de tirer au sort le sous-jacent à choisir, puis le sens de l’analyse à pile ou face, par exemple…

En effet, de savants mathématiciens pourraient nous démontrer combien, en termes de probabilités, cette méthode pourrait s’avérer efficace.

Toutefois, gardons notre côté passionné et crédule et continuons de croire en notre discipline, et d’y apporter encore les arguments les plus pertinents possibles…

Le travail d’un analyste consciencieux (j’espère que c’est un pléonasme pour la plupart mais je ne ferai pas de polémiques à ce sujet) consiste à apprivoiser au mieux les marchés ; à se familiariser avec chaque configuration graphique, chaque réaction des indicateurs qu’il a l’habitude de suivre ; à déceler des niveaux forts, des schémas traditionnels pertinents, etc.

Aussi, avec un sens de l’observation pointu, ou même simplement parfois un esprit logique et pragmatique, on décèle de temps à autres des petites astuces qui peuvent permettre d’anticiper de façon très efficace certains mouvements.

Parmi ces astuces, j’affectionne particulièrement celle qui consiste à corréler de façon très étroite deux graphiques et voir alors si l’un des deux ne peut pas donner de bonnes indications sur l’autre. Vous allez très vite comprendre ce que j’entends par là.

Des corrélations « magiques » et très utiles…

Ceux qui ont assisté à certaines de mes conférences en connaissent déjà une : il s’agit de comparer le graphique du Nasdaq avec celui d’une de ses plus grosses capitalisations à savoir, Intel. En effet, même si l’on ne peut jamais superposer ces deux graphiques, on a toujours des points d’inflexion majeurs qui correspondent et se suivent à un ou deux mois près, sans que ça soit forcément dans le même ordre.

Corrélation plus incroyable encore – pour le coup, je ne pouvais me passer de l’image – celle, flagrante, entre les cours du titre Total et ceux du secteur auquel il appartient, le DJ Stoxx Oil & Gas (composé de 12 autres valeurs telles que, par exemple, les concurrents italien ENI et espagnol Repsol, ou encore, le cousin français Technip).

Jugez de vous-même :

Evolution du titre TOTAL

Evolution du secteur OIL & GAS

Source : www.traderforce.com

Avouez que là, les images se passent presque de commentaires !

En passant votre regard d’un graphe à l’autre, vous verrez en effet avec quelle fidélité la tendance se superpose et avec quelle précision les mouvements et points d’inflexion correspondent. Ce n’est pas le sujet principal de cet article, mais ça sera très vraisemblablement le cas dans un futur proche, car le jeu en vaut ici largement la chandelle : nous verrons donc comment profiter d’une telle comparaison afin de pouvoir jouer sur le titre Total en anticipant des retournements grâce à l’observation du graphe du secteur en question… Sachez en tout cas que je n’hésiterai pas à le faire au sein de mon service de recommandations spéciales sur turbos que je vous invite, une fois encore si ce n’est déjà fait, à découvrir en cliquant ici.

Maintenant, place à la révélation du « truc du jour » du magicien !

Vous l’aurez sans doute en partie deviné avec le thème de cet article, puisqu’il s’agit d’un spécial CAC…

En effet, lorsque j’essaye d’analyser notre fameux indice national, j’ai plusieurs petites cordes à mon arc : évidemment, passer en revue chaque valeur, essayer de voir si mon sentiment global est baissier, haussier, ou neutre… mais, plus encore et naturellement, je regarde tous les autres indices majeurs, en particulier les européens… et enfin, encore plus naturellement, je m’attarde sur le cousin fidèle : l’Eurostoxx 50. Cet indice, regroupant parmi les 50 plus grosses valeurs de la zone euro, ne comporte ni plus ni moins que 20 titres français, soit la moitié du Cac 40 en nombre de titres, et plus encore en pondération de capitalisations !

Autant dire que vous n’aurez jamais de grandes divergences de tendance entre ces deux indices, et que, à l’instar de mon paragraphe précédent, la lecture de l’un pourra vous donner une indication sur la lecture de l’autre…

Or, que se passe-t-il actuellement sur les marchés, et quelle question ne cesse-t-on de se poser depuis plus d’un an maintenant ?

Je le répète : est-on dans une phase de reprise haussière poussive, ou bien dans une phase de consolidation plus complexe ?

Les événements récents tendent à privilégier finalement la seconde hypothèse, même si les marchés nous ont montré combien de fois ils ont été capable ces derniers temps de maintenir leur désir de monter, contre vents et marées…

Pour essayer d’en savoir un peu plus, et constatant que le CAC restait, malgré tout, au sein de ce fameux canal initié en mai 2010 et dont je vous ai plusieurs fois parlé, j’ai été m’attarder sur le cousin européen, et qu’ai-je alors très vite remarqué ? Eh bien, ni plus ni moins que le même canal tracé sur l’Eurostoxx venait d’être franchi à la baisse !

Regardez plutôt :

Le canal du CAC 40

Le canal de l’EUROSTOXX 50

Source : www.traderforce.com

Comme nous le voyons assez clairement sur les deux graphiques comparés ci-dessus, la rupture du canal sur l’Eurostoxx devrait logiquement permettre d’anticiper la même chose sur le CAC. En tout cas, cette cassure appelle à la plus grande prudence quant à l’éventualité de nouvelles velléités haussières des marchés.

Il est effectivement assez fréquent ces derniers temps d’attendre de nouveaux plus-bas sur l’indice parisien afin d’en profiter pour jouer des jambes de hausse, sans véritablement chercher à comprendre pourquoi ces jambes apparaissent.

Or, depuis mai dernier, cette stratégie s’avère des plus hasardeuses et certainement pas (plus) payante. Maintenant, au regard du terrain déjà cédé, il n’est pas forcément évident non plus de tenter de jouer la poursuite de la baisse, et cette comparaison des deux cousins européens permet d’asseoir encore un peu davantage l’appel à la prudence immédiate : aujourd’hui, si l’on devait me forcer à vendre ou acheter le marché, je serais bien embarrassé mais tout de même plus à l’aise de le vendre !

A bon entendeur…

Marc Dagher