La saga continue, assurément.

Et les marchés continuent de nous faire perdre la tête.

Regardez aujourd’hui : à l’heure où je vous écris, les principaux indices européens ont clôturé dans le vert pâle pour certains (FTSE, AEX) un peu moins pâle pour d’autres (DAX et CAC) et nettement moins pâles pour d’autres encore (MIB et Eurostoxx). Mention spéciale pour l’IBEX espagnol (+2,18%) et seul carton rouge pour le SMI suisse (-0,20%). Pendant ce temps, les marchés américains sont très hésitants, oscillant entre un vert pâle pour les uns (Dow Jones et S&P) et un rouge clair pour le Nasdaq.

C’est de cette dernière hésitation que nous vient l’interrogation légitime posée en titre de ce nouvel article : l’Europe peut-elle confirmer une amorce de rebond avec ses alter egos d’outre-Atlantique à ce point mitigés ?

J’ai envie de vous dire oui, mais je n’y crois pas. Ou, plutôt, j’ai envie de vous dire non.

Pourtant…

Pourtant, à ne regarder que les graphiques, on a plutôt tendance à vouloir y croire.

Ou pas.

Si l’IBEX et l’Eurostoxx semblent bien partis, si le DAX, le CAC et le MIB ont du potentiel, l’AEX, le SMI et FTSE sont moins encourageants. Mais, par-dessus tout ça, après une telle phase de baisse, les premières véritables résistances sont logiquement de plus en plus loin ! Et c’est de façon tout à fait volontaire que cette introduction est écrite de manière hésitante. Parce que c’est exactement l’état d’esprit dans lequel je me trouve actuellement, et je ne m’en cache pas !

Si mon côté pragmatique et technique me pousse à vouloir plaider en faveur du rebond, mon côté instinctif, lui, me pousse à rester prudent.

Mais, développons un peu, voulez-vous ?

Des limites avérées et reconnues de l’AT

En effet, si vous ne trouverez pas de graphes dans cet article, ce n’est absolument pas par paresse mais simplement parce que l’AT a, comme toute discipline, ses limites. Et nous sommes ici en plein dedans.

Regardez déjà les indicateurs, ils sont tous mitigés. Sur une base quotidienne, le RSI reste globalement en territoire négatif, la moyenne mobile principale est parfois proche (Eurostoxx, DAX), parfois un peu moins proche (CAC et IBEX), souvent loin (AEX, MIB, FTSE et SMI) et toujours négative. On ne peut pas tirer grand-chose de plus du MACD.

Regardez ensuite les graphiques eux-mêmes : aucun décompte propre possible dans la phase de baisse actuelle, très peu de repères de retracement, aucune véritable projection envisageable… Seule éventuellement une résistance en pullback sur les précédentes principales obliques de support semble être en exergue pour l’analyste pointilleux que je suis. Mais pas de quoi pavoiser, avouons-le.

Que faire dans ce cas-là ?

Rien. Attendre. Sagement. Selon moi.

Attendre, déjà, la clôture US pour en savoir un peu plus.

Evidemment, surveiller les futures lundi matin, dès 8 heures.

Après, si le rebond semble se confirmer, toute la question sera de savoir quel sera son véritable potentiel. Evidemment, au regard de la baisse, tout est techniquement jouable. Et, au regard de l’anarchie des marchés actuelle, encore plus.

Aussi, tout dépendra de votre timing, de votre optique de trading, et de votre sang froid également. Certains verront une belle opportunité de short là où d’autres se diront qu’ils peuvent enfin se remettre long. Certains s’arracheront les yeux là où d’autres sauteront au plafond. C’est le jeu et ça l’a toujours été. Sauf que, jadis, assurément, les règles en étaient un peu moins compliquées…

A bon entendeur…

Marc Dagher