Lorsque je parcours les différents titres, ou autres sous-jacents, afin d’en sélectionner un pour mon édito, il m’arrive de tomber parfois sur des configurations techniques particulièrement intéressantes. C’est encore le cas aujourd’hui (et depuis longtemps) avec une valeur dite de « bon père de famille » et dont la réputation reste en effet tout à fait fondée. En effet, même si Air Liquide n’a pas échappé à la Crise globale, perdant plus de 40% entre janvier et octobre 2008, elle reste une valeur défensive qui résiste bien et de façon historique.

Jugez plutôt…

Air Liquide : un spécimen technique exemplaire !

Source : www.traderforce.com

Le graphique ci-dessus est éloquent.

Depuis 1987 environ, le titre est entré au sein d’un large canal ascendant, à l’intérieur duquel il est en train de dessiner un grand mouvement haussier. Ce grand mouvement, j’ai pris le parti de l’annoter pour le moment arbitrairement tout en restant théoriquement propre.

En effet, le manque d’historique (la base choisie étant mensuelle) ne permet pas de savoir d’où l’on vient exactement mais j’ai fait comme si le sommet de mars 1987 pouvait logiquement représenter la fin d’une première grande vague de hausse, notée I. Par la suite, j’ai détaillé (de 1 à 5) l’intérieur de la grande vague III pour poser l’hypothèse très vraisemblable d’être actuellement dans la grande vague V dudit mouvement. Vague V qui, elle aussi, pourrait avoir lieu en extension.

Par ailleurs, les sommets et creux de chacune de ces vagues correspondent rigoureusement aux bornes supérieures et inférieures dudit canal. Ce qui lui confère une fiabilité à prendre très au sérieux.

Aussi, c’est parce que nous sommes actuellement en direction de la borne supérieure de ce canal qu’il me semble très judicieux de s’attarder sur cette valeur.

Pourquoi exactement ? Que peut-il se passer ? A quoi sert une telle configuration ? Qu’implique-t-elle en termes de gestion, de trading ? C’est précisément ce que je veux vous apprendre (pour les novices), ou vous rappeler (pour les initiés).

 

Un canal : pourquoi, comment ?

 

Je n’ai aucunement besoin de vous rappeler ce qu’est un canal en termes d’analyse technique. Il s’agit en effet de deux obliques parallèles qui bloquent l’évolution des cours, à l’achat (borne supérieure, dite « de résistance »), et à la vente (borne inférieure, dite « de support » ou « de soutien »).

Un canal peut être ascendant (comme ici, sur Air Liquide), descendant, ou horizontal (dans des phases de consolidation notamment). D’un point de vue de gestion/trading, il est commun de vendre sur la borne supérieure et de racheter sur la borne inférieure. Plus les bornes en questions ont été efficaces par le passé, plus la fiabilité du canal est importante. C’est donc la première chose à noter pour cette figure.

Ok. D’accord. Très bien. Mais, un canal, ça ne dure pas « pour la vie », me direz-vous sans doute. Certes. Et il serait fort maladroit de prétendre que les bornes soient à jamais infranchissables. Alors ?

Alors, l’avantage est que la sortie d’un canal est, elle aussi, un signal technique très profitable. Là encore, plus le canal en question était efficace, plus en sortir sera révélateur d’un potentiel conséquent (à la hausse ou à la baisse). Ainsi, la théorie veut que l’on reporte, à la sortie d’un canal, l’amplitude à 100% du mouvement qui a précédé l’entrée dans ledit canal. Voyez ce que cela donnerait sur Air Liquide !

 

25 ans d’efficacité pour le canal d’Air Liquide

 

Dans mon cas pratique du jour, nous avons droit à une illustration exemplaire de ce type de figure. Décortiquons un peu le graphique avant d’en tirer des conclusions prévisionnelles…

C’est au départ vers 1987 que la borne supérieure est apparue. Mais c’est précisément en janvier 1988 que le canal trouvait sa raison d’être.

J’attire ici votre attention sur le fait que ce qui va suivre est tout à fait « remarquable ». Depuis ce point bas en effet, les cours ont dessiné un mouvement ascendant, décomposé en plusieurs vagues (notées de I à IV et de 1 à 5 sur le graphique). Et que voyez-vous donc ? Qu’est-ce qui vous saute aux yeux ? Eh bien, oui : chacune de ces vagues, sans exception, est venue cogner ou rebondir sur les bornes de cet important canal. C’est vous dire l’efficience de la chose. Et c’est vous dire également la pertinence d’une analyse aujourd’hui, à l’heure où les cours viennent de tester pour la dixième fois en 25 ans la borne inférieure et la borne supérieure de ce grand canal ascendant !

 

Où en est-on actuellement ?

 

Comme le montre le décompte pour lequel j’ai opté (et même en imaginant d’autre types de décomptes) il devrait manquer au moins une vague de hausse et sans doute un nouveau test de le borne supérieure du fameux canal.

En effet, non seulement la configuration technique plaide clairement pour ce scénario, mais même du côté des indicateurs mensuels, la tendance reste la même. Aussi, on peut voir sur mon graphique la moyenne mobile à 20 périodes qui sert d’appui relativement fiable à l’évolution des cours et de façon historique.

 

Que devrait-il se passer maintenant ?

 

Tout porte donc à croire que, dans les prochains mois, les cours vont poursuivre leur ascension en direction de la borne supérieure du canal, qui se situera environ sur le seuil des 123 euros.

Par la suite, on pourrait légitimement craindre une nouvelle correction en direction, cette fois, de la borne inférieure avec en ligne de mire approximative la zone des 77 euros.

Maintenant, si l’une des bornes venait à céder, dans un sens ou dans l’autre, nous savons que le potentiel généré qui s’ensuivra sera très conséquent. Aussi, j’ai indiqué les premiers niveaux théoriques qui pourraient alors faire office de support ou résistance intermédiaires :

  • Vers le haut, ce niveau se situe sur les 166 euros, soit la projection traditionnelle de 61,8% de la dernière vague de hausse (vague III) reportée au dernier point bas (vague IV).
  • Vers le bas, ce niveau se situe sur le fort palier des 55 euros, correspondant à la fois à l’overlap de la vague 3 et à la fois au seuil de soutien majeur de la vague IV, seuil qui avait contenu les pressions vendeuses d’octobre 2008 à début 2009.

 

Et en termes de gestion, comment intervenir ?

 

C’est un peu ici un « jeu d’enfant ». En effet, l’avantage d’un canal est la lisibilité en termes de gestion justement. Il suffit, comme je vous le disais en préambule, d’acheter autour de la borne inférieure et de vendre à proximité de la borne supérieure.

Sur Air Liquide, une telle stratégie aurait pu vous faire tenir largement gagnant depuis plus de 20 ans désormais ! Mais, pour être plus concret, prenons un exemple parlant…

Imaginons donc deux cas de figure en démarrant arbitrairement en mai 1983 et en faisant l’hypothèse probable d’un test des 123 euros qui pourrait intervenir autour de juin 2012. Prenons le cas où nous aurions acheté 100 titres Air Liquide à cette date, d’une valeur donc de 10 euros chacun, soit un capital investi d’un montant total de 1 000 euros.

Voici un comparatif frappant :

  • 1er cas de figure : nous avons acheté, en mars 1983, les 100 titres Air Liquide à 10 euros chacun et nous les revendons en juin 2012 pour une valeur de 123 euros. Le calcul est simple, nous avons réalisé un gain total sur notre opération de 1 130 %. Résultat plus qu’honorable, certes.
  • 2nd cas de figure : nous avons acheté, en mars 1983, les 100 titres Air Liquide à 10 euros chacun et, à chaque test de la borne supérieur de notre canal, nous avons vendu l’intégralité de nos titres pour réinvestir à chaque fois l’intégralité de notre capital en rachetant ces mêmes titres sur la borne inférieure (NDLR : j’ai ici volontairement arrondi les prix pour prendre des exemples réalistes et pour vous donner une idée). Sans entrer dans le détail – que je peux vous fournir sur simple demande – nous avons alors réussi, en juin 2012, à obtenir un gain total sur notre opération de 5 000 % !

No comment.

Marc Dagher