Certains d’entre vous le savent peut-être, d’autres pas. Je nourris, en dehors de ma passion boursière, une toute autre passion dans un tout autre domaine : et c’est celui des mots ! Certes, il semble incompatible de mélanger les deux, mais c’est un exercice auquel je m’étais livré il y a quelques temps, et que je me fais un plaisir de renouveler avec vous en ce début de nouvelle année.

Des chiffres et des lettres…

Qui a dit que les chiffres n’appréciaient pas les mots ?
De les en dissuader, je décide aujourd’hui
Car de les en convaincre, je relève le défi
Et je viens mettre à mal la mère de tous ces maux

Il est certes audacieux de prétendre que la Bourse
Se plaît à mélanger la forme avec le fond
Et que l’investisseur qui cherche à faire moisson
S’attarde en rhétorique en plein cœur de sa course

Pourtant, je me révolte et je m’inscris en faux
Contre ces préjugés ô combien ridicules
Moi aussi je refuse qu’on me change une virgule
Et j’aime à réunir le Cac et Cyrano

Depuis bien des années je me berce de graphes
Ils sont ma discipline et ma matière première
Ce n’est pas pour autant que lorsque je les gère
J’en oublie de soigner toujours mon orthographe

Pourquoi ne pas alors oser une digression ?
Et faire rimer « support » sans aucune résistance
Avec « niveau record », du temps que les mots dansent
Qui pourrait bien se plaindre d’une telle excursion ?

Quoi ? J’en vois des perplexes, je sens des doutes encore
Il y en a parmi vous qui semblent tel Saint Thomas
Qu’importe, je comprends, et ça ne m’effraie pas
Voici, en un exemple, de quoi plaire aux retors

Ci-dessous j’ai nommé « Bulletin d’information »
Sur notre Cac 40, mais en alexandrins
N’en déplaise à quiconque, brigands ou malandrins
Qui se poseraient toujours mille et une questions

« Dans un marché tendu, avec peu de volumes
L’indice parisien en cette mi-janvier
Entre nord ou bien sud semble encore hésiter
Faisant peur aux manants qui y laisseraient des plumes

Et ce nouveau rebond, datant de trois semaines
Marque, comme ses confrères qui l’avaient précédé
Quelques signes de faiblesse et quelque temps d’arrêt
Rappelant l’hypothèse d’une hausse incertaine

Concernant les niveaux, voici ce que j’en pense :
Il faudrait, vers le haut, à notre cher indice
Dépasser nettement les trois-mil-trois-cent-dix
Pour valider alors une reprise de confiance

Et ce seront alors les trois-mil-quatre-cent-trente
Qui marqueront le pas avant l’ultime barrage
Sur les trois-mil-six-cent, là-haut dans les nuages
Juste au-delà desquels s’inverserait la pente

Tandis que, vers le bas, la barrière à franchir
Reste, pour le moment, sur les deux-mil-neuf-cents
Et c’est sous ce niveau que sans tâtonnements
Il faudra, pour le Cac, craindre à nouveau le pire !

Et, quand je dis le pire, vous l’aurez bien compris
Je parle de la chute vers mes fameuses cibles
Entre deux-mil-quatre-cents et deux-mil-cent-trente pile
Qui garde mes faveurs je l’ai dit jadis »

J’espère avoir ainsi pu apporter ma pierre
A l’édifice glorieux d’un trésor non coté
Je parle, évidemment, de cette langue adorée
Qu’est la langue française dont on peut être fiers !

A bon entendeur…

Marc Dagher
www.daghertrading.com