Il est un sujet qu’il nous semble délicat d’aborder. En effet, de nombreuses et légitimes controverses au sujet de la spéculation sur les matières premières agricoles et/ou alimentaires font de ce domaine un domaine on ne peut plus délicat.

Les cotations des matières premières agricoles font parti des plus anciennes cotations sur les places boursières. L’une d’elle, par son histoire et ses conséquences dans l’histoire, a su de tout temps susciter les passions. Le blé, coté depuis plusieurs siècles, a tellement impacté les sociétés au travers de famines, disettes et révolutions, que même à notre époque, une spéculation à outrance pourrait donner lieu à des conséquences aussi importantes qu’elle en avait auparavant au sein de nos sociétés.

En France, les cotations du blé ont marqué l’histoire par des crises comme en 1662 sous Colbert, qui ne fit que poursuivre une réglementation maladroite et rigide menée à l’origine par Nicolas Fouquet entrainant une population affamée et des tensions vives au sein du royaume. Aujourd’hui, loin des mêmes problématiques qu’à l’époque et très apprécié des intervenants, le blé est coté sur le CME (Chicago Mercantile Exchange).

Cependant, la demande en matières premières agricoles, notamment de la part des pays émergents, ne fait que croître. De plus, ces milliards de bouches à nourrir demandent une consommation à l’égale des populations des zones économiquement stables.

Il s’avère que la crise a su aiguiser l’appétit des spéculateurs les plus chevronnés par la forte réactivité des cours. Cette année, malgré une récolte qui semble satisfaisante pour les producteurs en France, elle ne l’est pas pour les pays tels que les Etats-Unis et la Russie occidentale qui en sont les plus gros exportateurs mondiaux. En effet, les raisons climatiques ont provoqué une sécheresse qui impacte fortement l’évolution des cours, que ce soit pour le colza, le maïs ou le blé.

De plus, les volumes sur les trackers sont montés de manière quasi exponentielle ces temps-ci. La pénurie a permis aux investisseurs, aux institutions financières, ainsi qu’aux agriculteurs soit de se couvrir, soit de spéculer. Il va de soi que l’importance d’une telle spéculation engendrera par ricochet des répercutions sur le chiffre d’affaire des sociétés du secteur de la grande distribution que telles que Carrefour ou Casino en France, ou des géants comme Walmart aux Etats-Unis.

Maintenant, semons quelques graines d’image dans notre analyse…

 

Vers de nouveaux records historiques ?

Que voyons-nous donc sur ce graphique de long terme des cours du blé ?

Nous voyons d’abord comment, pendant plus de 30 ans, de septembre 1974 à environ juillet 2007, les cours sont entrés dans une phase de temporisation au sein d’un presque canal, restant enfermés entre les 470 $ et les 245 $ (à l’exception d’un pic baissier en février 1987), matérialisant ainsi un très fort overlap sur la borne supérieure des 470 $.

Par la suite, les cours sont venus nettement s’affranchir de ce seuil clé, s’offrant ainsi un élan haussier qui les aura menés, en juin 2008, juste en-dessous des 835 $ la tonne.

On remarquera surtout que le dépassement de ce niveau majeur semble avoir offert aux cours du blé un potentiel d’appréciation qui ne semble pas encore épuisé, comme nous allons nous le voir maintenant…

Quels sont donc les niveaux à surveiller ?

Sans écarter un léger repli initial possible et tant que les 725 $ la tonne ne sont pas enfoncés, une poursuite de la reprise haussière devrait avoir lieu avec une première cible située autour des 1 100 $, soit le swing-move (projection à 100%) du précédent mouvement haussier. Une fois ce niveau dépassé (et il le sera probablement), la prochaine cible se trouvera en extension vers le palier des 1 300 $ la tonne.

Alternativement cependant, le net passage sous les 725 $ invaliderait notre hypothèse et engendrerait donc une phase de consolidation avec un retour à prévoir sur le seuil de support psychologique des 600 $. Si ce niveau venait à céder, il faudra alors s’attendre à une dégradation plus sérieuse en direction des fameux 470 $ la tonne. Seul le passage sous ce palier remettrait en cause la tendance haussière de fond.

 

Stratégiquement, comment faire ?

Pour ceux à qui ça ne pose pas de problème éthique, il existe quelques moyens mis à disposition pour jouer la variation des cours du blé. Parmi eux notamment, quelques trackers, certificats ou autres turbos, chez Société Générale par exemple.

Pour ma part, même si je me suis spécialisé sur les turbos, j’essaye d’éviter la spéculation sur ce type de sous-jacent sauf pour jouer parfois la baisse.

Voici d’ailleurs à ce sujet le tableau de performance de notre formule Upgrade 1 spéciale « Matières Premières et Devises » :

Aussi, si vous souhaitez profiter de nos recommandations sur les matières premières (entre autres sous-jacents) et bénéficier vous aussi d’un effet de levier intéressant, n’hésitez pas à lire notre brochure détaillée afin de bien vous renseigner (notamment sur les risques encourus) et, qui sait par la suite, à nous rejoindre en cliquant ici.

A bon entendeur…

Marc Dagher

www.daghertrading.com

https://www.dtexpert.com