I/ Présentation

La Française des Jeux, également désignée par le sigle FDJ depuis 2009, est une société anonyme française créée en 1976, à la suite du lancement du Loto National. Son capital est alors détenu à 72% par l’État français qui lui a confié, sous contrôle du Ministre chargé du budget, le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur les territoires de la France métropolitaine et d’outre-mer. Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2010-476 du 12 mai 2010, relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne, ses activités de paris en ligne sont ouvertes à la concurrence.

Héritière de la Loterie nationale française, créée en 1933, elle s’appelle successivement « Société de la Loterie Nationale et du Loto National » (SLNLN) en 1979, puis « France Loto » en 1989. Ce changement de nom, cette année-là, marque aussi une profonde restructuration de l’entreprise. La participation de l’État passe de 51 à 72%, celle des émetteurs de billets de 49 à 20% et les salariés et les courtiers sont autorisés à entrer dans le capital à hauteur de 5 et 3%. Le capital est augmenté de 20 à 500 millions de francs (3 à 76 millions d’euros) ce qui permet des investissements importants. Deux ans plus tard en 1991, elle change de nouveau de nom et devient « la Française des Jeux », ou encore la « FDJ ».

Quelques chiffres :

  • Nombre de tirages : 6 520
  • Gagnants à 6 numéros (rang 1) : 16 644
  • Millionnaires en euro : 2.363
  • Gain record au Loto : 24 millions d’euros le 6 juin 2011
  • Gain record au Super-Loto : 150.077.770 francs (soit 22.879.209 euros) le 20 mars 1997 à Asnières-sur-Seine
  • Jackpot record Super-Loto : 30.009.676 euros le 26 mai 2006 (15 millions d’euros pour les deux gagnants)
  • Gain record en France à Euro Millions : 169.837.010 euros le 13 novembre 2012

Loto + Super-Loto au 04/12/2018 :

    • Chiffre d’affaires : 15,1 Mds € (2017)
    • Sommes redistribuées : sur les 15,1 Mds € de mises, près de 95% ont été redistribués : 66,8% aux clients (10,1 Mds €), 21,8% à la collectivité (3,3 Mds €), 6% au réseau (0,9 Md €), 5,4% à FDJ (0,8 Md €)
    • Millionnaires en euro : près de 200 gains supérieurs ou égaux à 1 million d’euros en 2017.
    • Gain record en France à Euro Millions : le jackpot moyen remporté en 2017 à Euro Millions-My Million était de 59 M € (vs 43 M € en 2016). Euro Millions – My Million a créé 121 millionnaires de plus en 2017.
    • 4ème loterie mondiale
    • 2ème loterie européenne
    • 26,1 millions de joueurs de 18 ans et +
    • 30.800 points de vente (1er réseau de proximité de France)
    • + de 55 jeux FDJ proposés dans le réseau physique et en ligne

Répartition du chiffre d’affaires de 2018 par familles de jeux :

En 2018, les mises atteignaient le montant de 15,8 milliards d’euros (+4,4% par rapport à 2017). Elles se sont réparties ainsi :

  • Jeux de grattage (jeux « illiko » : Morpion, Banco…) : 7,7 milliards (soit 49 %)
  • Jeux de tirage (Loto, Euromillions, Keno) : 5,1 milliards (32 %)
  • Paris sportifs : 3 milliards (19 %).

Par rapport à 2017, les paris sportifs augmentent nettement, les jeux de grattage augmentent également alors qu’il y a un le léger recul des jeux de loterie.

II/ Un monopole qui affole

Le monopole français de la loterie, Française des Jeux, propriété de l’Etat depuis sa création il y a près d’un siècle, est passé aux mains du privé. Espérant lever plus d’un milliard d’euros (1,1 milliard de dollars), le gouvernement français réduira sa participation dans la FDJ de 72% à 20%, et espère mettre autant d’actions que possible dans les mains des particuliers. « J’espère que cette privatisation sera un succès populaire et que le plus grand nombre possible (de personnes) y participera », a déclaré le ministre de l’économie Bruno le Maire au Journal du Dimanche le mois dernier. La FDJ détient le monopole des jeux de loterie, des cartes à gratter et des paris sportifs non en ligne. C’est la deuxième plus grande société de paris en Europe et la quatrième dans le monde. La décision de se débarrasser d’une rare entreprise d’Etat qui rapporte de l’argent a été critiquée par les partis d’opposition comme équivalant à vendre « les joyaux de la famille ».

Pour le gouvernement, tout le monde y gagne.

En plus de lever un milliard d’euros en espèces, l’Etat bénéficiera d’une contribution publique annuelle d’environ 3,5 milliards d’euros et de 380 millions d’euros en paiement de la licence de la FDJ pour 25 ans. La FDJ détient 200.000 actions. Sur les 28% non détenues par l’État, 13,4% appartiennent à des organisations d’anciens combattants et certains à des employés. Les actions existantes ont vu leur valeur nominale divisée en 955 avant l’introduction en bourse, ce qui porte leur nombre à 191 millions et les aura rendues moins chères.

La France est l’un des rares pays à offrir de telles opportunités d’investissement aux particuliers. Dans la plupart des autres pays, les investisseurs potentiels doivent attendre le premier jour de la négociation publique et se disputer les actions avec des professionnels. Le gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe s’est engagé à privatiser un certain nombre d’entités, dont la société aéroportuaire du groupe ADP (Aéroports de Paris) et la société énergétique Engie, pour alimenter un fonds de 10 milliards d’euros destiné à relancer l’innovation technologique.

La FDJ est la première à partir, après l’accord du Parlement. Les gouvernements français précédents, de gauche ou de droite, ont vendu des participations dans des entreprises publiques car ils avaient besoin d’argent, notamment France Télécom (devenue Orange), le fournisseur d’électricité EDF, les banques Paribas et Crédit Lyonnais, le transporteur national Air France, le géant pétrolier Total et le constructeur automobile Renault.

Mais les particuliers en France ne sont pas facilement tentés par le marché, influencés en partie par le fait que les actions EDF et France Télécom valent aujourd’hui moins que lorsqu’elles ont été vendues en 2005 et 1997 respectivement. Le nombre d’actionnaires non professionnels en France est passé d’environ neuf millions dans les années 2000 à quelque trois millions aujourd’hui. « La Française des Jeux est un bon accrocheur » pour relancer l’intérêt des gens pour la bourse, « car son activité est facile à comprendre et assez prévisible », a déclaré Stéphane Boujnah, président du directoire de la bourse paneuropéenne Euronext.

Et pourtant la souscription a été tellement forte autour des actions FDJ que l’Etat n’a pas pu servir les demandes supérieures à 5.000 euros, et là encore, elles n’ont été honorées que partiellement. Afin de pouvoir répondre à la demande, les ordres jusqu’à 2.000 euros ont intégralement été honorés, délivrant 102 actions aux demandeurs. Ensuite, seulement 10% des demandes ont pu être satisfaites jusqu’à 5.000 euros, portant le nombre maximum d’actions par personne à 117. Les ordres qui ont été passés dans l’ordre A2, supérieurs à 5.000 euros n’ont pas pu être honorés.

Problèmes de santé publique

L’an dernier, quelque 25 millions de clients ont dépensé près de 16 milliards d’euros en paris, soit une augmentation de 4,4% en glissement annuel et de près d’un tiers sur quatre ans. Les critiques ont averti qu’un rôle moins important de l’État dans l’entreprise pourrait rendre les joueurs vulnérables à la cupidité des entreprises. « Pour augmenter les revenus, il faut augmenter les dépenses pour les paris », a déclaré Jean-Michel Costes, secrétaire général de l’Observatoire des Jeux, l’organisme de surveillance du jeu. « La recherche du profit et la nécessité de protéger les meilleurs de la dépendance sont en concurrence directe » pour la FDJ, a-t-il averti.

III/ Les débuts

Très largement plébiscitée sur toutes les chaînes de télévision et de radios depuis début novembre, l’introduction de la Française des Jeux a attiré 500.000 investisseurs particuliers pour une levée de fond de 1,7 milliard d’euros tandis que la demande globale a atteint 11 milliards d’euros. Dans ce contexte favorable, il était impensable d’imaginer le cours de l’action fondre dans les premières séances boursières. Cette demande, toujours beaucoup plus forte que l’offre, contribue au maintien du cours qui est beaucoup plus haut qu’à l’ouverture, s’échangeant à près de 23 euros pour une cotation réalisée à 19,90 euros.

Les investisseurs se sont réjouis de l’entrée en Bourse jeudi 21 novembre dernier des actions du monopole des loteries d’Etat, une introduction en bourse qui, le gouvernement l’espère, soutiendra la poursuite des privatisations et renforcera les réformes économiques ambitieuses du Président Emmanuel Macron. Le gouvernement a récolté environ 2,1 milliards d’euros (2,3 milliards de dollars) en vendant une participation de 52% dans la Française des Jeux (FDJ), dont les cartes à gratter et les loteries se jouent par millions.

Environ un tiers des actions a été réservé à quelque 500.000 investisseurs individuels, qui ont eu la chance de posséder une partie d’une société qui maintiendra son monopole sur les loteries pendant les 25 prochaines années. La grande majorité de l’épargne française est placée sur des comptes d’épargne ultra-sécurisés mais à faible taux d’intérêt, reflétant une profonde suspicion de marchés « spéculatifs » qui ne se sont durcis qu’à la suite de la crise financière 2007-08. Mais la demande d’actions FDJ a été soutenue, incitant le gouvernement à fixer le prix de l’introduction en bourse à 19,90 euros, soit le haut de la fourchette indicative. A 11h30 (10h30 GMT), l’action était en hausse de 16,7% à 22,75 euros, alors même que le marché s’effondrait et que l’indice Cac 40 baissait de 0,2%.

Le ministre des Finances Bruno Le Maire, qui a sonné la cloche d’ouverture de la Bourse de Paris à cette occasion, a salué « un immense » succès. Le début d’une forte activité commerciale « signale une réconciliation des Français avec l’économie et les marchés » après la crise de 2008, a-t-il dit. Les autorités ont tout mis en œuvre pour séduire les acheteurs en leur offrant une remise de 2% sur le prix de l’introduction en bourse et en leur promettant une action gratuite pour 10 actions détenues, pour autant qu’elles soient conservées pendant au moins 18 mois.

Plus à venir

Le succès de l’offre de la FDJ pourrait contribuer à renforcer le soutien à l’effort de Macron visant à réformer de vastes pans de l’économie française, qui a été déstabilisée par les protestations des Gilets Jaunes qui ont éclaté en novembre dernier. L’ancien banquier d’affaires a été accusé d’ignorer les luttes quotidiennes des Français ordinaires, en particulier en dehors de Paris et des grandes villes.

Même si l’Etat joue « un rôle fondamental » dans l’économie, a déclaré Le Maire, « son rôle propre n’est pas nécessairement celui d’un actionnaire principal ». Il s’agit d’un cas relativement rare d’une entreprise publique française en bonne santé financière, bien connue du public, qui a réalisé 16 milliards d’euros de ventes de jeux divers l’an dernier.

L’action FDJ va-t-elle rejoindre le Cac 40 ?

Non, pas dans l’immédiat en tout cas. La capitalisation flottante de la Française des Jeux est pour le moment trop faible. Après exercice intégral de l’option de surallocation, la part du flottant – qui exclut les participations des actionnaires de long terme, dont l’État – devrait être de l’ordre de 47%. La capitalisation flottante devrait ainsi être d’environ 2 milliards d’euros. La plus « petite » entreprise en termes de poids dans le Cac 40 était, au 30 septembre dernier, Atos. Sa capitalisation flottante atteignait alors 6,4 milliards d’euros. Si l’indice phare parisien est hors de portée, l’action FDJ pourrait en revanche rapidement rejoindre un autre indice important : le SBF 120. Le groupe a, cette fois, la taille requise. Il est peu probable que la Française des Jeux rejoigne l’indice dès le prochain conseil scientifique des indices d’Euronext, qui aura lieu durant ce mois de décembre. L’entrée dans le SBF 120 a plus de chance d’être effective en mars 2020.

Action FDJ : hausse à prévoir ou correction à la baisse à venir ?

Cette introduction en bourse réussie de la part de la FDJ laisse la porte ouverte aux spéculateurs lors des premières séances. Cette hausse de 17% du cours d’introduction pourrait bien très vite se retourner lorsque la folie autour des actions française des jeux sera retombée. La hausse actuelle dans un contexte de tension boursière pourrait être chahutée dans les jours ou les semaines à venir. Est-il temps pour vous de prendre vos plus-values, faut-il attendre 18 mois pour toucher vos actions gratuites ? Sachez que la spéculation n’est pas la vocation première de l’action FDJ, les cours se lisseront donc après quelques semaines en bourse et une fois que la pression de la demande et de l’offre sera redescendue. Quoi qu’il en soit, cette introduction en bourse est une bonne nouvelle pour les nouveaux actionnaires puisque cette effervescence devrait doper les ventes de jeux de grattage et de jeux de tirage pour quelques mois.

Comme toute IPO (introduction), il est difficile d’établir un pronostic basé sur une analyse technique, manque d’historique graphique oblige. Cependant, l’observation des dernières grandes IPO françaises appellent en grande majorité à la prudence. Que ce soit en effet Europcar, SMCP ou encore le groupe Spie, les antécédents ne sont pas les plus enthousiasmants et l’investisseur raisonnable devra attendre un peu avant de se faire une idée plus cohérente.

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Réalisé par Maxence Delarue, avec l’aide de Marc Dagher.