Wirecard AG est une entreprise de services de gestion des risques, de production de cartes de crédit et de traitement des transactions à plus de 7.000 clients commerciaux. Cette dernière est membre de Visa, MasterCard et Japan Credit Bureau et opère sous une licence bancaire allemande, concurrence directe de la réputée entreprise de paiement PayPal.

Des irrégularités comptables de grande ampleur ont été découvertes en 2020, entraînant une chute brutale du cours de bourse de la société. La justice allemande délivre en juin 2020 un mandat d’arrêt contre le P-DG de Wirecard, Markus Braun, pour avoir « gonflé » artificiellement le bilan de l’entreprise, en vue de le rendre « plus attractif pour les investisseurs et les clients ». L’entreprise reconnaît une fraude massive sur ses comptes, à hauteur de 1,9 milliard d’euros disparus aux Philippines.

 

Une chute prévisible ?  

Ce n’est pas la première fois que des soupçons d’irrégularité pesaient sur les comptes de l’entreprise. La différence est que ces dernières étaient sur des montants plus faibles que celui évoqué précédemment. En effet, en 2004 une anomalie de 4 millions d’euros avait été découverte. Or, ce n’est qu’en 2016 que de réelles rumeurs de fraude apparaissent.

En 2019, le célèbre journal Financial Times publie un article avertissant sur la possibilité que Wirecard falsifie certains documents en violation de lois de Singapour. L’autorité fédérale allemande de supervision financière, ou BaFin, réagit en interdisant les ventes à découvert et s’abstient de réaliser des contrôles sur l’accusé. De plus, le cabinet EY (Ernst & Young), commissaire aux comptes de l’entreprise, n’effectue pas non plus de contrôles pour démasquer une éventuelle fraude.

En octobre 2019, l’entreprise de services financiers demande à KPMG de réaliser un audit indépendant qui annonce en mars 2020 ne pas avoir trouvé d’anomalie et revient sur ses propos un mois plus tard, déclarant que le cabinet ne peut pas rendre de conclusion car les documents consultés n’ont pas été assez probants.

 

Le scandale financier qui ébranle l’Allemagne

Le symbole de l’Allemagne High Tech, la start-up qui valait 20 milliards d’euros en bourse et qui avait même détrôné l’une des plus grandes banques du pays, Commerzbank, crée le scandale en annonçant le 22 juin la perte de 1,9 milliard d’euros aux Philippines.

Les banques des Philippines censées abriter les fonds ont affirmé n’avoir aucun lien avec Wirecard, et la banque centrale du pays a assuré que « les fonds manquants ne sont pas entrés dans le système financier ».

Markus Braun, principal suspect dans le gonflement artificiel du bilan afin d’attirer les investisseurs, est arrêté et immédiatement libéré contre une caution de 5 millions d’euros. Le même jour, il vend des actions de la société pour une valeur de 155 millions d’euros, ne conservant que 2,5% du capital de l’entreprise et démissionne.

Longtemps perçue comme une « success story » de la finance allemande, forte aujourd’hui de 6.000 salariés et 26 succursales dans le monde, Wirecard se retrouve prise dans une spirale qui rappelle le sort du groupe d’énergie américain Enron au début des années 2000 – le groupe texan qui gonflait artificiellement ses profits, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière, avait fini par faire faillite.

Naturellement, le titre s’est effondré en bourse et les actionnaires menacent de porter plainte pour escroquerie. On a notamment observé une baisse spectaculaire d’environ 62% en passant de 104,50 euros à 39,90 euros par action le 18 juin 2020. La perte de confiance des investisseurs ajoutée à celle des clients de la société de paiement a conduit à un plus bas du titre le 26 juin dernier à 1,28 euro par action, soit une baisse d’environ 99% en 7 jours.

Malgré ce scandale, le gendarme britannique du secteur financier, la FCA, l’a autorisé à reprendre son activité. Aussi, Visa et Mastercard ont décidé de maintenir leur licence avec Wirecard. Cela explique peut-être le bond de 161% et 61% les deux derniers jours du mois de juin.

L’avenir de Wirecard reste incertain. Cependant, on sait qu’une demande d’ouverture de procédure de faillite a eu lieu, mais le spécialiste des paiements électroniques a précisé samedi 27 juin dernier qu’il poursuivait ses activités. « Le conseil d’administration est d’avis que la continuation est dans l’intérêt des créanciers », indique le groupe allemand dans un communiqué. Il a ajouté que la question de savoir si une procédure d’insolvabilité sera ouverte est toujours à l’étude.

 

Le cabinet d’audit EY dans la tourmente

On pourrait se demander comment dissimuler un manque de presque deux milliards d’euros, les comptes étant en effet vérifiés par un cabinet d’audit. C’est pourquoi le géant mondial de l’audit EY est désormais au cœur de l’affaire Wirecard puisqu’il était chargé de vérifier et de valider les comptes de la société allemande, désormais en faillite.

Le cabinet britannique a refusé de certifier le bilan de la société pour 2019. Il a reconnu des « indices clairs d’une fraude de grande envergure, impliquant plusieurs parties dans le monde et diverses institutions, avec une volonté de tromperie ». Le problème étant que le cabinet certifie les comptes de la société depuis 2009 et se voit reprocher de ne pas avoir averti le public plus tôt. De ce fait, la supervision lui a été retirée au profit d’un autre organisme, la BaFin.

La firme d’audit, en plus d’avoir une réputation salie, doit maintenant aussi craindre les foudres de Softbank. Le conglomérat japonais compte poursuivre EY pour son rôle dans le scandale. Softbank avait acheté au printemps 2019 des obligations convertibles Wirecard pour un montant de 900 millions d’euros, s’attendant à investir dans une société fiable.

 

Un coup dur pour les FinTechs ?

La première conséquence, sera clairement le renforcement des pouvoirs de l’autorité de tutelle allemande. Ce qui ne sera pas du goût des FinTechs allemandes comme N26, car les contrôles vont s’intensifier et être bien plus approfondis.

Par ailleurs, le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a qualifié l’affaire Wirecard de « scandale sans équivalent dans le monde financier ». Aussi, il a évoqué un durcissement des contrôles du secteur des paiements électroniques.

L’autorité ne fera plus confiance aux cabinets, même réputés, qui valident les comptes. Elle se chargera de faire les vérifications directement. Les régulateurs vont être encore plus pointilleux, et surtout, une défiance va s’installer.

Les investisseurs seront probablement moins ouverts à financer sans fin ces FinTechs. Certains experts craignent même des faillites à la chaine de plusieurs acteurs, privés de financement par des investisseurs devenus frileux.

Afin de bien se rendre compte de la chute du titre, et de la très forte volatilité induite par les récents événements, nous pouvons observer les graphiques suivants :

Sur ce graphique en base hebdomadaire dans un premier temps, on observe très nettement une chute spectaculaire de 99%.

 

 

Sur ce graphique journalier dans un second temps, on peut constater l’énorme volatilité du titre induite par les événements actuels. Volatilité qui reste très bien représentée par le tableau ci-après, relatant l’évolution quotidienne des cours depuis le début du scandale :

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