Après un début d’année 2020 lourdement marquée par la combinaison d’un choc de l’offre et de la demande sans précédent et par le contexte de la pandémie mondiale du Covid-19, le cours du pétrole remonte très fortement (depuis le fameux point bas de mars 2020). Une tendance inverse qui s’explique principalement par une future reprise de l’activité économique dans l’ensemble des pays et notamment en Chine, un des pays importateurs principaux de l’or noir, mais aussi à la décision de l’Opep de maintenir une politique stricte de quotas de production pour les pays exportateurs.

 

Petit rappel : qu’est-ce que le pétrole ?

Le pétrole est une huile minérale faisant partie de la catégorie des énergies fossiles. Il est le fruit de la transformation lente sur plusieurs dizaines de millions d’années de matières organiques et de micro-organismes animaux et végétaux qui se déposent au fond des océans. Une fois soumis à une augmentation de la température résultant d’une hausse de pression, les couches de matières se transforment petit à petit en kérogène puis, en pétrole. Le pétrole remonte vers la surface de la terre en se faufilant entre les roches des fonds marins. Or, il se peut que le pétrole ne puisse pas remonter et se retrouve alors coincer par des roches perméables : c’est donc sur ces sites que les compagnies pétrolières vont développer des forages afin d’exploiter son extraction. Ainsi, on peut trouver des gisements gaziers ou pétroliers partout sur la planète, en mer comme sur terre.

A partir des années 50, le pétrole s’est imposé comme la première source d’énergie dans le monde. Aujourd’hui, il remplit plus de 30% des besoins énergétiques mondiaux. Pour l’instant, il reste vu comme un composant irremplaçable pour la conception d’un très grand nombre de produits de notre vie quotidienne : peinture, colorants, matières plastiques, etc. C’est la principale matière première des carburants qui alimentent les différents transports (avions, camions, voitures). Il peut aussi être utilisé comme combustible pour le chauffage, mais son utilisation reste limitée. Il ne représente en effet que 4,6% de l’électricité mondiale. « La fin du pétrole n’est pas pour tout de suite, même si son déclin relatif est déjà entamé », affirme Olivier Lejeune, analyste à l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). « Le pétrole reste l’énergie numéro un, même s’il commence à perdre des parts de marché du fait de l’ambition de nombreux pays de faire baisser la part des énergies fossiles dans leur bouquet énergétique », poursuit-il

Aujourd’hui, le nombre de gisements rentables s’élève à environ trente, allant de quelques dizaines pour certains, à plus de centaines de kilomètres carrés, parmi lesquels on peut dénombrer près de 500 gisements dits « géants » (dont les réserves sont supérieures à 70 millions de tonnes), et une soixantaine de gisements appelés « super-géants » (réserves supérieures à 700 millions de tonnes). Cependant, les gisements de pétrole sont en grande partie regroupés en une seule zone : 60% des « super-géants » se situent au Moyen-Orient et représentent 40% des réserves prouvées de la planète. Aujourd’hui, les deux tiers des réserves mondiales de pétrole sont concentrés au Moyen-Orient.

 

Un prix au plus haut depuis près de deux ans.

L’année 2020 a été particulièrement noire pour les compagnies pétrolières. En effet, BP le géant britannique des hydrocarbures, a enregistré en 2020 une perte nette de plus de 20 milliards de dollars. De même pour l’Américain ExxonMobil qui lui aussi a atteint la plus lourde perte de son histoire, soit environ 22,4 milliards de dollars.

Cependant, alors que le cours du pétrole s’était effondré avec une chute de la consommation générale dû à la crise du Covid-19, depuis le début de l’année 2021, il a regagné près de 50% de son prix repassant à un niveau jamais atteint depuis 2018.

On peut expliquer cette reprise par plusieurs éléments.

  • Tout d’abord, une future forte reprise de l’économie mondiale. Avec les campagnes de vaccination dans l’ensemble du globe qui sont mises à l’honneur, une reprise économique est plus qu’espérée par l’ensemble des pays.
  • Aussi, par le rétablissement du trafic aérien avec l’arrivée de la période estivale et surtout de la levée progressive de l’ensemble des restrictions sanitaires.
  • Enfin, par le fait que les pays de l’Opep négocient davantage sur le front de la production.

D’après les analyses, on évoquerait à nouveau un baril à 100 dollars dès 2022. Après un début d’année 2020 noire pour le pétrole avec un effondrement du cours des prix du baril qui est allé jusqu’à perdre plus de 71%, celui-ci est reparti à la hausse en ligne droite à partir du point bas de mars 2020, engrangeant depuis près de 320%, et un plus de 45% depuis le début 2021. Dans son dernier rapport sur le pétrole publié début juin, l’AIE a affirmé que « après une baisse record de 8,6 millions de barils par jour (mb/j) en 2020, la demande mondiale de pétrole devrait rebondir de 5,4 mb/j en 2021 et de 3,1 mb/j supplémentaires l’année prochaine ». Selon l’organisation, la demande de pétrole aura dépassé les niveaux avant Covid-19 pour atteindre le nouveau record de 100,6 millions de barils/jours engloutis dès la fin 2022.

 

Des tensions palpables entre les pays de l’Opep+

Depuis 2018, l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole) a mis en place une politique de limitation de la production de pétrole afin de réguler plus facilement les prix de ce dernier. Trois pays membres sont exemptés de quotas au vu des difficultés politiques et économiques de leurs pays : le Venezuela, la Libye et l’Iran. Confrontés à une baisse draconienne de la demande, les pays producteurs de pétrole ont été contraints de limiter encore plus leur activité avant de la reprendre progressivement depuis mai à la faveur d’une reprise. Les 24 pays membres de l’Opep+ avaient pour objectif d’augmenter leur production d’au moins 400.000 barils par jour entre les mois d’août et de décembre.

A savoir : le rôle principal de l’Opep est bien entendu de réguler la production et le prix du pétrole en coordonnant les efforts réalisés par ses pays membres avec notamment la mise en place de quotas de production. Actuellement, on compte 14 pays membres de l’Opep : Algérie, Angola, Gabon, Libye, Nigeria, Guinée Equatoriale, République du Congo, Equateur, Venezuela, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Irak, Iran et Koweït. A partir de 2016, afin d’élargir l’envergure, l’Opep crée un groupe annexe, l’Opep+, qui englobe donc les 14 pays précédents, auxquels viennent s’ajouter les 10 suivants : Russie, Mexique, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, Malaisie, Oman, Soudan et Soudan du Sud.

Cependant, tous les pays ne semblent pas satisfaits des termes de l’accord. Cette fois-ci, la contestation est venue des Émirats Arabes Unis, entraînant un lourd retard dans les négociations des accords. Le pays demande en effet une révision de son volume de référence qui donne son niveau de production actuel et à venir. Aujourd’hui, il s’élève à 3,17 millions de barils par jour. Or cela ne reflète pas sa pleine capacité : en avril 2020, face à la crise provoquée par le Covid-19, sa production a su s’élever à 3,8 millions de barils par jour. Par comparaison, les deux mastodontes de l’alliance, l’Arabie Saoudite et la Russie, disposent du même niveau de référence s’élevant à 11 millions de barils par jour. Le dimanche 4 juillet, le gouvernement émirati a affirmé « Le comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) n’a malheureusement proposé qu’une seule option, à savoir d’accroître la production à condition de prolonger l’accord actuel, ce qui prolongerait le volume de production de référence injuste des Émirats jusqu’en décembre 2022 au lieu d’avril 2022. Les Émirats sont prêts à prolonger l’accord, si nécessaire, mais demandent que les volumes de production de référence soient revus (à la hausse) afin de s’assurer qu’il soit équitable pour toutes les parties »

Abou Dhabi bloque ainsi seule l’accord en le décrivant comme « injuste » et demande des termes qui lui seront plus favorables. Cet agacement s’explique aussi par le fait que ces dernières années, les Émirats Arabes Unis, avec l’aide du géant français Total, ont drastiquement investi pour augmenter leurs capacités d’extraction, et souhaiteraient donc pouvoir les utiliser à leur pleine capacité. Cependant, si les Émirat Arabes Unis se prononcent pour une hausse de la production, cela poserait un autre problème majeur : ils s’opposeraient alors à l’idée des autres pays de l’Opep+ de prolonger l’accord jusqu’à fin 2022. Ainsi, une rupture avec l’organisation empêcherait les Emirats de recalculer les quantités de pétrole qu’ils peuvent produire, et donc les priverait d’une de leurs sources principales de revenu.

Si Abou Dhabi bloque les négociations en cours encore une fois à la reprise des négociations ce lundi 5 juillet, cela pourrait créer une explosion sans précédent du cours de l’or noir et donc mettre en péril la reprise post-pandémique pour l’ensemble des pays exportateurs.

 

Une énergie de moins en moins attirante

On assiste depuis quelques années à un déclin de l’engouement pour le pétrole, y compris chez les groupes pétroliers. A titre informatif, BP a pour objectif d’ici 2030 de multiplier par dix ses investissements dans les énergies à faibles émissions carbone, afin d’atteindre 5 milliards de dollars par an. Quant à lui, ExxonMobil a fondé un pôle d’activités tourné autour des énergies moins polluantes. Par ailleurs, le français Total, devenu de façon révélatrice TotalEnergies, multiplie les acquisitions dans les énergies renouvelables. Selon un rapport du FIE (Forum International de l’Énergie), en 2020, les investissements dans le pétrole et le gaz ont chuté de 34%, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2004.  Il est aussi certain que la crise du Covid-19 n’arrange pas les choses pour les producteurs de pétrole.

Par ailleurs, les plans de relance des différents pays s’inscrivant davantage dans une optique d’une économie dite verte, un monde moins dépendant du pétrole se profile devant nous. De plus, les énergies renouvelables deviennent de plus en plus compétitives et donc intéressantes pour l’ensemble des pays producteurs d’énergies. D’après un rapport émis par l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA), le coût de l’énergie photovoltaïque a baissé de 82% en 2019 par rapport à 2010, de 47% pour l’énergie solaire à concentration, de 39% pour l’éolien terrestre et de 29% pour l’éolien offshore.

On notera toutefois que même si le pétrole voit sa notoriété faiblir depuis quelques années, il a encore beaucoup d’avenir dans un autre secteur : la pétrochimie, la fabrication des colles, plastiques solvants, qui utilisent le pétrole comme matière première.

 

D’un point de vue technique

Après une chute historique qui l’a mené vers les 16 dollars en avril 2020, le baril de Brent a initié un rebond majeur qui lui a permis de revenir au-dessus de l’overlap clé des 45,5 dollars (niveau correspondant également à un gap majeur). Au regard de l’intensité dudit rebond, on peut désormais viser les prochains objectifs de projection sur les 86 dollars le baril, voire jusqu’aux 100 dollars en extension. Scénario valide tant que le point pivot des 60 dollars ne sera pas enfoncé, et sans écarter un repli intermédiaire possible en pullback vers l’ancien seuil de résistance majeure des 71,5 dollars. Alternativement, sous les 60 dollars, on visera d’abord le support des 53,5 puis l’overlap des 45,5 dollars.

 

 

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Réalisé par Roxane Bass, avec l’aide de Marc Dagher