Sur fond de crise sanitaire, de changement climatique, de relance économique, de contrôle des flux migratoires, de réaffirmation de l’Europe et des enjeux sociaux-démographiques, s’organiseront les prochaines élections allemandes. Dans ce scénario incertain, le prochain chancelier devra redonner un cap clair et net pour répondre aux futurs enjeux de l’Allemagne.

 

INTRODUCTION

Le 26 septembre prochain, les habitants de la première puissance économique européenne vont élire les députés au Bundestag et par conséquent et indirectement le chancelier fédéral d’Allemagne. Après plus de 15 années au pouvoir, la chancelière actuelle, Angela Merkel, a pris la décision de ne pas se représenter. Née à Hambourg, physicienne de formation, ministre des femmes et de la jeunesse puis de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire, elle devient chancelière fédérale d’Allemagne en 2005. Elle est alors la première femme à accéder à ce poste et va devenir au fil des ans une figure marquante et emblématique de l’histoire allemande. Sa réussite face à la crise financière et de la dette de la zone euro, son annonce de la fin du nucléaire pour la nation, sa négociation d’un cessez-le-feu en Ukraine en 2015 ou encore sa décision d’ouvrir les frontières à plus d’un million de migrants ont montré qu’elle possédait des qualités politiques indéniables.

Quatrième puissance économique mondiale, des industries automobile, électrique, mécanique et chimique extrêmement performantes, un taux élevé (le troisième mondial) d’exportation, une économie considérée comme la plus mondialisée des États du G7 fait, entre autres, de l’Allemagne un pays influent et puissant. L’ensemble de ces raisons expliquent pourquoi le monde va observer de près les prochaines élections.

La crise sanitaire actuelle, les nombreux enjeux et les lourdes responsabilités futures rendent les résultats de ces élections très difficilement prévisibles. La ligne directrice que prendra l’Allemagne pour ces prochaines années aura un impact certain sur l’Europe mais aussi, dans une moindre mesure, sur le monde.

Quels sont les enjeux des prochaines élections allemandes de septembre ? Qui semble pouvoir succéder à l’ère Merkel ? Quels sont les potentiels impacts de ces élections sur l’Europe et le monde ?

L’objet de cet article sera de présenter le paysage politique allemand et d’observer les questions post-merkéliennes.

 

  1. UN PEU DE POLITIQUE ALLEMANDE

Avant d’expliquer les enjeux des prochaines élections en Allemagne, il semble intéressant de comprendre son système politique. L’Allemagne est en effet une république fédérale composée de 16 Landers, équivalents des régions en France, mais détenant plus de pouvoir et d’autonomie, qui suit un système de démocratie parlementaire. On distingue le pouvoir judiciaire, législatif et exécutif. Les prochaines élections concernent ces deux derniers.

Le pouvoir législatif est principalement représenté par le Bundestag (assemblée parlementaire) mais aussi dans une moindre mesure par le Bundesrat (conseil fédéral des Landers).

Le Bundestag est composé au moins de 598 députés élus pour 4 ans. Ce sont les députés qui vont élire le Chancelier, voter les lois, ratifier les traités… Néanmoins une grande partie des compétences législatives dépend aussi directement des Landers.

Ensuite, le pouvoir exécutif est représenté par deux personnalités, le chef de l’Etat et le chancelier. Le chef de l’Etat ou président fédéral est élu pour 5 ans, par le Bundestag et le Bundesrat. Il a en réalité un rôle de représentation de l’Etat allemand avec très peu de pouvoir. Élu par le Bundestag, le chancelier, quant à lui, exerce l’essentiel du pouvoir exécutif. Il n’existe pas de limite de mandat pour celui-ci.

Les élections de septembre, vont permettre aux allemands d’élire les députés au Bundestag et indirectement leur chancelier. Quelles sont les prévisions électorales pour cet évènement politique ? Comment s’organise le paysage politique Allemand ?

Comme en France, il existe différents partis politiques en Allemagne. Pour les prochaines élections, 5 partis sont majoritaires :

  • L’union chrétienne-démocrate (CDU).
  • Le parti social-démocrate (SPD).
  • L’union sociale (CSU).
  • L’alternative pour l’Allemagne (AFD).
  • L’alliance 90 (les Verts).

Ces partis vont devoir créer ce qu’on appelle des coalitions pour pouvoir espérer faire élire leur candidat au poste de chancelier. Quelles sont les coalitions possibles, leur candidat au poste de chancelier, et leur relative probabilité d’être élu ?

Il est encore difficile de faire des prévisions sur les prochaines élections, tant l’opinion publique semble partagée. D’après les derniers sondages réalisés fin juillet la coalition centre droit CDU-CSU se retrouve à la première place avec 27 à 30% des voix (source : Le Monde). Malgré son avance, elle pourrait perdre des points au vu des circonstances actuelles. Dernier incident en date, le fou-rire du candidat de la CDU en pleine cérémonie en hommage aux victimes des inondations. La SPD se retrouve aussi dans la tourmente. Ce parti ne représente que 15 à 17% des voix selon les sondages,

Malgré un candidat déjà désigné de longue date, Olaf Scholz, avec un programme politique clair (source : robert-schuman.eu). Une dernière possibilité crédible pourrait être l’arrivée des Verts à la chancellerie, avec 20% d’intention de vote. Les inondations de juillet dernier ont plaidé en leur faveur et leur ont permis de gagner quelques points dans les sondages. Leur candidat à la chancellerie serait Annalena Baerbock, femme politique moderne qui pourrait naturellement succéder à Angela Merkel.

Une fois les élections au Bundestag passées, il faudra néanmoins attendre la formation des coalitions entre les différents partis qui sera déterminante pour la désignation du chancelier.

 

  1. L’ALLEMAGNE DE DEMAIN

En 1989, le mur de Berlin tombe. Le pays est affaibli, tourne au ralenti, le taux de chômage est élevé, la croissance économique est faible. Un plan pour une réforme profonde est alors demandé en 2003, « l’agenda 2010 » est présenté au Bundestag. Ce plan est centré sur l’économie, la sécurité sociale et l’internationalisation de l’Allemagne. Il a permis au pays de redevenir une économie puissante et compétitive. Néanmoins, de nombreux chocs mondiaux viennent ternir l’évolution exemplaire de l’Allemagne. La crise financière de l’euro, la guerre de l’Ukraine, la crise des réfugiés, l’élection de Trump, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la pandémie du Sars-Cov2, la montée en puissance du système économique chinois ont durant ces dernières années grandement bouleversé le système économique, social et politique allemand. Les enjeux pour le futur sont nombreux, complexes et délicats.

Tout d’abord au niveau européen. L’Allemagne est indéniablement le partenaire historique le plus important. Elle compte 83 millions d’habitants, avec un PIB de 3.449 milliards d’euros en 2019 et contribue de façon importante au budget de l’Union Européenne (19% du budget total). L’intérêt de l’Allemagne est de maintenir une Europe forte et soudée. Angela Merkel a déclaré : « Il est de l’intérêt de l’Allemagne que nous ayons un marché unique fort, que l’Union européenne devienne de plus en plus unie et qu’elle ne s’effondre pas. Ce qui est bon pour l’Europe était et demeure bon pour nous. »

Au niveau économique, l’Allemagne va devoir composer avec plusieurs objectifs. Elle compte trois grands secteurs économiques : le secteur agricole, le secteur industriel et le secteur des services. Le premier ne représente que 0,8% du PIB (source : Banque mondiale, 2019). Un article de l’agence AD’OCC écrit : « l’Allemagne a déclaré que l’industrie agricole et alimentaire était un secteur d’importance systémique et le gouvernement a lancé un programme d’aide à la liquidité et un programme de garantie de crédit pour les entreprises ». La crise sanitaire a en effet grandement affaibli ce secteur et il faudra dans les années à venir pouvoir maintenir les aides gouvernementales.

Le second secteur, l’industrie, représente 26,8% du PIB. L’industrie automobile y demeure la plus importante, mais l’Allemagne est aussi présente dans l’industrie mécanique, électrique et électronique, chimique et pharmaceutique. Ce secteur va devoir faire face à la montée en puissance de l’Empire du milieu. Aujourd’hui, la mondialisation fragilise son industrie, bien que celle-ci lui a permis de devenir puissante et performante (en 2019 l’Allemagne a exporté près de 100 milliards d’euros vers la Chine). La croissance chinoise va ralentir dans les prochaines années et les produits exportés par l’Allemagne pourraient diminuer. Des entreprises spécialisées, comme Huawei, ont fait leur apparition et veulent maintenant s’introduire sur le marché européen. Les industries allemandes, en particulier celle de l’automobile, vont devoir plus que jamais garder leur image de qualité premium et ne pas manquer la transition vers les voitures vertes et autonomes.

Pour finir, le secteur des services représente la plus grosse part du PIB avec 67,4%. Ce secteur qui apporte beaucoup de valeur ajoutée à l’industrie doit rester performant. Angel Gurria, président de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE) a déclaré : « Vous devez investir dans les services, améliorer la qualification des gens dans les services, sinon le succès de l’industrie va s’affaiblir, parce que vous n’aurez pas le même niveau de productivité dans les deux domaines ».

L’Allemagne va devoir faire face à l’accélération de la mise en place des nouvelles technologies. Son adaptation va devoir se produire de manière brusque et rapide. L’institut Montaigne écrit dans un article : « Les progrès très rapides de l’intelligence artificielle, le caractère ouvert des nouvelles technologique (accessibles en ligne), les nouveaux modes de financement comme le crowdfunding ou les crypto-devises, favorisent principalement l’émergence d’entrepreneurs individuels ou de petites entreprises visant un marché mondial, et susceptibles de devenir des géants mondiaux. Ces évolutions semblent entrer en contradiction avec le pouvoir syndical ou la structure des grands Konzerns ». Les Konzerns étant un terme utilisé en Allemagne pour désigner un groupe d’entreprise, indépendante mais liées entre elles par des participations financières. Ainsi le modèle social et économique doit évoluer pour faire face aux conditions imposées par ces nouvelles technologies.

Le nouveau chancelier devra également répondre à d’autres défis, l’Allemagne se trouvant dans une situation démographique dégradée, et devra possiblement continuer à ouvrir ses portes à une immigration soutenue pour palier à une baisse de la population et limiter son vieillissement.

La construction du gazoduc Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie est également un point important. L’enjeu est de taille, avec d’un côté les occidentaux et de l’autre le Kremlin qui veulent chacun protéger leurs intérêts propres. La dimension géopolitique est réelle puisque l’Allemagne veut diversifier son approvisionnement en gaz, mais fait face aux intérêts diplomatiques et économiques des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie. Le marché du gaz en Europe apparaît en effet particulièrement intéressant pour les États-Unis qui présentent un excédent de production. Le candidat de la CDU, Armin Laschet souhaite à l’avenir que le gazoduc soit terminé et que l’Allemagne puisse s’approvisionner auprès de la Russie.

Par ailleurs, il reste bien entendu la question de l’urgence climatique. Annalena Baerbock, la candidate du parti écologiste, reste la favorite pour mettre en place des réformes fortes et rapides dans ce domaine. Avec les inondations de juillet, l’enjeu climatique est devenu central dans la campagne pour la succession d’Angela Merkel. Les candidats à la chancellerie devront intégrer dans leur programme une part importante sur le changement climatique et y apporter des réponses, sans quoi leurs chances d’être élus pourront être compromises.

 

POUR CONCLURE

Ces élections sont les plus importantes depuis la chute du mur de Berlin. Les dossiers brûlants auxquels le/la futur(e) chancelier(ère) devra répondre sont nombreux. La stabilité économique, politique et sociale de l’Allemagne est plus que jamais fragile. Trois candidats sont en lice pour succéder à Angela Merkel : Armin Laschet du CDU (centre droit), Olaf Scholz du SPD (centre gauche) et pour finir Annalena Baerbock d’Alliance 90 (écologie).

  • Le premier, qui semble être le favori avec 28% des intentions de votes, est un européen convaincu, défenseur d’une politique d’accueil et d’intégration. Il suivra vraisemblablement la logique centriste d’Angela Merkel.
  • La deuxième favorite, Annalena Baerbock, avec 20% des intentions de votes, moderniserait l’Allemagne sur le plan climatique et énergétique en régulant de manière forte la sphère économique.
  • Pour finir, en troisième position, Olaf Scholz, avec 19% des intentions de votes, est centré sur un programme de gauche, avec pour projets l’augmentation des impôts sur les plus aisés et des allocations familiales. Lui et son parti prônent : « le respect, l’avenir et l’Europe ».

En l’Europe, mais également dans le monde, ces élections seront importantes et déterminantes pour la suite des évènements économiques, démographiques et géopolitiques.

 

D’un point de vue technique :

Après avoir été le seul indice majeur européen à avoir clôturé en territoire en positif sur le difficile exercice 2020, le Dax, semble avoir délégué son rôle de leader à ses homologues, et confirme à nouveau ses velléités haussières avec une nouvelle semaine positive. Aussi, après validation du repli initial limité par les 15.000 points et tant que notre nouveau point pivot situé sur les 14.300 points ne sera pas nettement enfoncé, une accélération vers les 17.500 points (pullback du canal de LT initié en mars 2009), puis jusqu’aux 18.970 en extension reste privilégiée. Alternativement, sous le seuil clé des 14.300 points, une reprise de la correction vers le seuil des 13.000 points sera attendue dans un premier temps.

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher