Dans l’urne, les choix de chacun tombent, l’avenir de la France se décide, la dernière bataille de la présidentielle se joue. Les Français vont élire très prochainement leur futur président de la République. Durant plusieurs semaines chaque candidat a défendu ses idées et sa vision d’une France meilleure à coup de meetings, de débats, d’interviews… Dans un contexte extrêmement tendu du fait de la succession de deux crises majeures, ces élections semblent être plus que jamais importantes et décisives pour l’avenir des Français et plus largement de l’Europe. Chaque candidat propose des réformes sociales, environnementales et économiques. C’est sur ce dernier point que nous nous attarderons ici en tentant d’évaluer les conséquences économiques potentielles de l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen ou d’un second mandat d’Emmanuel Macron.

 

LE PEN, UN RISQUE ECONOMIQUE

Jamais, depuis le début de la Ve République, l’extrême-droite n’a siégé à l’Élysée. L’arrivée de Marine Le Pen serait une première et bouleverserait le paysage politique, social mais aussi économique français. La candidate d’extrême-droite entend redonner au pays un patriotisme assumé et pour cela elle irait jusqu’à remettre en question l’appartenance de la France à l’Union Européenne. Dans son programme, toutefois moins strict qu’en 2017 (sans désormais prôner ouvertement un Frexit ou un abandon de l’euro) celle-ci continue en effet, selon le journal Les Echos « d’inclure des mesures en contradiction avec les traités européens. Il remet potentiellement en cause la liberté de circulation des marchandises, mais aussi des personnes ». Ce repli sur soi provoquerait un risque de voir la France se retrouver en marge et voir son environnement macroéconomique se dégrader, les conjonctures économiques française et européenne étant étroitement liées. Lorsque le Royaume-Uni a quitté l’UE, bien qu’étant moins impliqué économiquement, il n’en est pas moins ressorti affaibli, avec des conséquences du Brexit majeures, et des négociations en cours sur de nombreux thèmes. Concernant la France, ce serait une autre affaire. La dynamique de l’UE étant portée par un couple franco-allemand solide, en particulier sous présidence française du Conseil de l’Union Européenne. Briser cet élément moteur serait dangereux aussi bien pour l’Europe que pour la France.

Un autre élément du programme de Madame Le Pen concerne la TVA. Pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, celle-ci compte en effet baisser la TVA sur l’énergie de 20% à 5,5%. Thierry Pech, directeur général du groupe de réflexion Terra Nova explique : « l’exemple de la baisse de la TVA sur la restauration il y a quelques années a montré que cela pouvait aussi tout simplement grossir les marges des entreprises concernées. » D’autres spécialistes parlent du fait que cette baisse ne serait pas égalitaire entre les différents milieux sociaux, ceux-ci ne profiteraient pas de la même façon de cette baisse de la TVA. De plus, l’UE interdit la baisse de TVA sur certaines énergies fossiles telles que le fioul, l’essence et le gazole, la France s’exposerait ainsi à des sanctions. Enfin, les revenus de l’État seraient bien entendu diminués.

Pour finir, un point important du programme de Marine Le Pen, l’exonération d’impôt sur le revenu pour tous les jeunes actifs de moins de 30 ans avec une suppression de l’impôt sur les sociétés pour les entrepreneurs de moins de 30 ans pendant les cinq premières années. Le journal Ouest France écrit : « le revenu moyen des 18-25 ans (7.490€ par an) est tellement bas que, dans leur immense majorité, ils n’y sont pas assujettis. Quant aux 26-30 ans, leur revenu moyen reste faible (16.220€ par an) et les expose à une pression fiscale elle-même très faible dans la majorité des cas ». L’institut Terra Nova comptabilise le manque à gagner entre 3,5 et 4 milliards d’euros pour l’Etat.

UN SECOND MANDAT POUR MACRON : UNE ECONOMIE SOUS QELLE FORME ?

Si nous nous penchons sur le quinquennat d’Emmanuel Macron qui s’achève, nous pouvons analyser l’impact macroéconomique de sa politique. Selon France 24 : « Cinq ans après son accession à l’Élysée, les chiffres bruts sont plutôt flatteurs et, selon le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, l’économie française se porte très bien. La croissance, tout d’abord, a atteint 7% en 2021, selon une première estimation de l’Insee publiée fin janvier. Celle-ci est due au rebond qui a suivi la récession record de 2020 (-8%) liée à la crise du Covid-19, mais la progression du produit intérieur brut (PIB) français est l’une des plus fortes de la zone euro. Le taux de chômage, lui, est tombé à 7,4% au quatrième trimestre 2021, un niveau qu’il n’avait plus connu depuis 2008. »

Néanmoins, le mandat du gouvernement Macron n’est pas sans effets négatifs. Le déficit commercial s’est encore creusé de 7,3 milliards d’euros en 2020 selon l’Insee pour atteindre 65,2 milliards d’euros. Pour ce qui concerne les finances publiques, la dette publique a atteint 116,3% du PIB fin septembre 2021, alors qu’elle s’élevait à 99,2% du PIB à la fin du deuxième trimestre 2017, selon l’Insee. Bruno Alomar, directeur du cabinet New Horizon Partners écrit : « En définitive, le bilan économique du quinquennat est médiocre. Les tendances négatives ont été poursuivies. La France est confrontée à une compétitivité érodée. Elle ne sait pas mobiliser sa force de travail. Sa population et ses entreprises s’exaspèrent, à juste titre, d’impôts écrasants. Ses finances publiques ne sont peut-être plus sous contrôle, surtout quand les taux d’intérêt remonteront. ».

Après comparaison des impacts de leurs programmes, Emmanuel Macron ressort avantagé sur le point de vue du déficit public prévisionnel. Selon les estimations de l’Institut Montaigne, qui a décortiqué le programme des deux candidats, celui du président sortant dégraderait le déficit public de 44 milliards d’euros, et celui de la candidate du Rassemblement National de 102 milliards d’euros. Cependant, un point à ne pas négliger est l’évolution toujours incertaine de la guerre en Ukraine qui pourrait nettement influencer négativement les prévisions budgétaires.

 

LES MARCHES FINANCIERS IMPACTÉS PAR CETTE ELECTION

Le journal économique de BFMTV a réalisé des graphiques prévisionnels pour comprendre l’impact macroéconomique de l’arrivée au pouvoir de chacun des deux candidats.

L’arrivée de Marine Le Pen à la présidence ébranlerait la bourse au niveau national, mais sans doute également au niveau européen. Les investisseurs ont une préférence pour Macron, qui est plus favorable pour les entreprises. Le journal Les Echos écrit : « l’écart entre le rendement des obligations d’État françaises et allemandes à 10 ans avait grimpé à son plus haut depuis deux ans, à l’époque du krach boursier causé par le Covid.  Les options qui protègent contre une baisse de l’euro ont, quant à elles, atteint leur plus haut niveau depuis le 22 mars. L’indice CAC 40 a, de son côté, cédé jusqu’à 1,9% mardi dernier, une chute plus importante que celle de l’Euro Stoxx 50.  L’impact Le Pen avait même traversé les frontières, les obligations d’autres pays européens, tels que l’Italie et le Portugal, ayant chuté. Ceux-ci seraient particulièrement sensibles à une victoire de la candidate, selon Sophia Salim, Head of European Interest-rate Strategy à Bank of America ».

 

CONCLUSION

Dans un contexte difficile et tendu, l’élection de dimanche prochain semble d’autant plus importante au regard du mélange géopolitique, économique et environnemental très fragile. Ces deux derniers points sont sensiblement liés. La neutralité carbone, un chantier titanesque avec un coût estimé, par la Cour des comptes européenne, à 11.200 milliards d’euros pour l’ensemble des pays de la planète, doit impliquer de grandes réformes économiques avec une volonté politique forte. Dans la conjoncture actuelle, une partie de la population française semble trouver en Marine Le Pen un renouveau politique prolifique à défaut de voir un président sortant qui ne convainc pas certains. Quoiqu’il arrive, le ou la candidat(e) élu(e) se retrouvera à la tête de la France dans un contexte on ne peut plus incertain où les chantiers et enjeux climatiques auront une importance majeure : taxonomie de l’UE, rapport GIEC, etc.

D’un point de vue technique

Après avoir longtemps résisté, notre Cac 40 national a lui aussi fini par logiquement craqué dans un contexte très tendu, entre guerre en Europe et inflation inquiétante, qui a valu un discours de la BCE moins accommodant que d’habitude. Aussi, tant que notre nouveau point pivot des 7.000 points ne sera pas dépassé, la validation de la franche cassure du seuil intermédiaire des 6.100 points pourrait conduire à une poursuite de la baisse vers les objectifs de projection situés d’abord sur les 5.670 points. Alternativement, au-dessus des 7.000 points, on privilégiera un test du seuil des 7.660 points initialement, en amont d’une accélération plus franche sur les 8.200 points.

 

 

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