Il y a six mois, la crise géopolitique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie bouleversait les prix de l’énergie. Alors que l’hiver arrive en Europe, les prix du gaz et de l’électricité, étroitement liés, ne cessent d’augmenter, les craintes sont grandissantes et les factures risquent d’être de plus en plus lourdes…

 

VERS UN MANQUE DE GAZ RUSSE CET HIVER ?

Alors que la Lettonie est déjà privée de gaz russe depuis le mois de juillet, la même sanction pourrait arriver pour d’autres pays européens. La fermeture du robinet russe a en effet fait flamber les prix du gaz, et par la même occasion ceux de l’électricité, ceux-ci étant naturellement liés, notamment du fait que de nombreuses centrales thermiques électriques tournent aux gaz.

Ce combustible est très précieux au sein de l’industrie européenne, notamment du côté allemand au regard de leur industrie lourde. De nombreux producteurs dans l’Europe sont déjà touchés par les prix exorbitants, Nyrstar s’apprête à mettre en pause son usine de zinc aux Pays-Bas début septembre, et Slovalco devrait cesser toute son activité liée à l’aluminium en Slovaquie sous peu.

Certains analystes envisagent une situation énergétique très difficile pour cet hiver et prétendent que la Russie pourrait continuer à baisser les exportations de gaz naturel vers l’Europe lorsque les prévisions météorologiques seraient froides. Ce scénario semble probable sachant que Moscou utilise le gaz russe comme moyen de pression.

De plus, la récente annonce de Gazprom vendredi 19 août sur l’arrêt du gazoduc Nord Stream 1 durant trois jours (du 31 août au 2 septembre) pour « maintenance » ne laisse envisager rien de bon. Le marché a lui directement réagi en propulsant les cours de 14% à 276,75 euros. Le gaz devient rare, et les marchés anticipent une pénurie. Sur la moyenne de la dernière décennie, les prix du gaz apparaissent comme quinze fois supérieure.

Gazprom a toutefois annoncé que les livraisons reprendront à 20% de leur capacité, soit le niveau actuel. Info ou intox ? C’est le point qu’il faudra surveiller, la Russie n’étant pas des plus fiables en termes de communication, son annonce de rouvrir le gazoduc reste à prendre avec des pincettes, et le risque de voir fermer ses autres gazoducs approvisionnant l’Europe n’est pas non plus à exclure. A suivre, de près…

Ce contexte de flambée des matières premières en général et de crise énergétique en particulier vient donc accentuer le risque de récession en Europe, le renchérissement du gaz et la mise à mal des industries européennes dépendantes de celui-ci étant un facteur de risque non négligeable.

 

L’ÉLECTRICITÉ POURSUIT AUSSI SA HAUSSE

L’électricité connaît aussi une envolée des prix : d’un côté, les vents faibles ne favorisant pas l’éolien et, d’un autre côté, les prix du gaz impactant directement le coût des centrales électriques.

De plus, la canicule affecte les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires et la sécheresse empêche les barges d’apporter le charbon jusqu’aux centrales allemandes. L’autre problème étant qu’avec cette même canicule, beaucoup d’électricité est consommée pour la climatisation et la ventilation, là où les consommations baissent habituellement.

Les pays nordiques en viennent à payer en moyenne 400 euros par mégawatt-heure, les pays européens tels que la France, l’Allemagne ou encore l’Italie tournent autour de 600 euros par mégawatt-heure. Des prix démesurés quand l’on sait qu’avant 2020 un tarif de 100 euros était déjà envisagé comme étant très cher.

Pour contextualiser le tout et donner une image parlante, cela reviendrait à payer un baril de pétrole plus de 1.000 dollars selon Bloomberg.

L’entreprise espagnole Iberdrola, présente sur le marché français, a annoncé résilier certains contrats n’étant pas en mesure de respecter les prix compétitifs permis par le bouclier tarifaire. Celui-ci limite la hausse des tarifs réglementés de vente d’électricité en France à 4% pour 2022.

 

L’EUROPE REFLECHIT AUX SOLUTIONS

Face à l’instabilité géopolitique actuelle et l’incertitude des prix et disponibilités du gaz pour cet hiver, l’Union Européenne doit trouver des solutions, et le plus rapidement possible.

Il avait été demandé de baisser la consommation moyenne de 15%, mais aucun État membre ne fait actuellement assez pour s’en rapprocher. Pour remédier à ce problème, les spécialistes identifient deux solutions : agir sur les prix, comme l’Allemagne avec leur système d’enchères pour la vente de gaz aux industriels, ou sur la règlementation, comme l’Espagne qui a adopté des mesures pour limiter l’usage de la climatisation et du chauffage dans les lieux publics.

Pour s’affranchir du gaz russe, l’Europe mise de plus en plus sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Ce gaz peut être transporté en bateau mais à la particularité d’être plus cher, il semble donc impossible de retrouver un jour des prix avoisinants ceux des années 2010.

La Norvège serait devenue le premier pays exportateur de gaz naturel en Europe, la Russie réduisant ses livraisons. Le pays scandinave veut pouvoir répondre à la crise énergétique européenne et prévoit de maintenir sa production de gaz à des niveaux élevés. Elle devrait battre un record cette année en dépassant de 8% sa production par rapport à l’année 2021. Les prix ne devraient quant à eux pas baisser, le but étant de diriger le gaz vers les marchés qui en ont le plus besoin.

Enfin, au sujet des approvisionnements de gaz en Europe, on peut s’attendre à un hiver tendu, car on n’aura pas eu le temps de mettre en place les contrats long-termes de GNL, ni de construire les terminaux de regazéification, ni de construire des réacteurs nucléaires… Sur le plus long terme en revanche, une bonne réorganisation devrait permettre d’éviter le pire.

 

DU CÔTÉ DE L’ANALYSE TECHNIQUE

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, pris en base hebdomadaire, après avoir atteint des sommets en décembre 2006 puis juillet 2008, les cours du gaz naturel sont entrés dans une large phase de consolidation triangulaire notée ABCDE. C’est en juillet 2021 qu’ils ont finalement réussi à sortir dudit triangle, s’offrant ainsi un potentiel de hausse conséquent. Ce scénario a été conforté par le test réussi en pullback sur le côté supérieur du triangle, qui a eu lieu au début de cette année 2022.

Aussi, tant que notre point pivot situé sur l’overlap des 6,38 ne sera pas nettement enfoncé, il faudra s’attendre à une poursuite de la hausse actuelle en direction des prochains objectifs de projection situés d’abord sur les 15,50 (soit la zone des plus-hauts historiques) puis sur les 21,70 en extension. Alternativement cependant, la franche cassure des 6,38 conduirait à un recul vers le premier support des 4,88 en amont d’un techute vers les 3,20 (soit un nouveau test du côté supérieur du triangle).

 

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