SPECIAL TENDANCE – L’essor des véhicules électriques et zoom sur Tesla

Avec les progrès technologiques réalisés dans l’électrification des véhicules et la croissance du marché, les véhicules électriques connaissent un essor considérable. En 2019, le parc automobile se composait de 7,2 millions de voitures électriques et hybrides dont 47% se trouvaient en Chine. Ces véhicules représentent environ 1% du parc automobile mondial.

 

Une transformation rapide du marché au profit de l’électrique est visible. Alors qu’en 2011, « seuls » 47.000 unités étaient vendues, les ventes ont atteint 2,1 millions d’unités en 2019 (2,6% des ventes mondiales de voitures). De 2018 à 2019, la vente de véhicules électriques a connu une croissance de 6%. De surcroît, au moins 20 pays ont atteint des parts de marché supérieures à 1%. La Chine et l’Europe avec respectivement 4,9% et 3,5% ont atteint de nouveaux records en matière de part de marché des véhicules électriques en 2019.

 l’heure actuelle, la pandémie de Covid-19 affectera les marchés mondiaux des véhicules électriques, mais moins que le marché automobile global. Les ventes de voitures électriques devraient représenter environ 3% des ventes mondiales en 2020. Cette perspective est étayée par des politiques de soutien toujours présentes bien qu’amoindries dans certains pays.

 

Objectifs environnementaux et durables

Les principaux facteurs du développement des véhicules dits « propres » sont la lutte contre le changement climatique et la réduction de la dépendance énergétique.

 

Le changement climatique

Ainsi, l’électrification des véhicules est une technologie clé pour réduire la pollution atmosphérique dans les zones densément peuplées et répondre aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A titre d’exemple, alors que les gaz à effet de serre génèrent plus de 70% du potentiel de réchauffement climatique, le principal émetteur français de ces gaz est le trafic routier (28% des émissions). Avec plus de la moitié des émissions du transport routier provenant des véhicules particuliers, l’essor des véhicules propres promet une réduction conséquente d’émissions.

À ce jour, 17 pays ont annoncé des objectifs de 100% de véhicules sans émissions ou l’élimination progressive des véhicules à moteur à combustion interne d’ici 2050. A ces fins, les gouvernements établissent de nouvelles normes afin de généraliser les véhicules électriques.

 

Source : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/voiture-electrique-peut-on-enfin-y-croire-780769.html

 

Les taux d’imposition en fonction des émissions de CO2, les incitations fiscales à l’achat, ou encore des remises sur les péages routiers et des zones à faibles émissions sont essentiels pour inciter les consommateurs et les entreprises à choisir l’option électrique.

D’autres mesures appuient la transition au tout électrique. L’adoption du véhicule électrique par le citoyen passe, par exemple, par des programmes de marchés publics (bus ou véhicules municipaux) qui ont l’avantage de montrer la technologie au public et de « donner l’exemple ». Les marchés publics permettent aussi aux industriels de produire en gros ce qui favorise les économies d’échelle.

 

La dépendance énergétique

En 2019, les véhicules électriques en service dans le monde ont permis d’éviter la consommation de près de 0,6 million de barils de produits pétroliers par jour. La même année, la production d’électricité pour alimenter le parc mondial de véhicules électriques a émis 51 Mt (millions de tonnes) d’équivalent CO2, soit environ la moitié de la quantité qui aurait été émise par un parc équivalent de véhicules à moteur à combustion interne (53 Mt d’équivalent CO2 d’émissions évitées).

Les véhicules électriques libéreront l’entièreté de leur potentiel pour limiter le changement climatique dès lors que l’intensité en CO2 de la production d’électricité s’atténuera.

 

Développement du tout électrique par les subventions directes

Le déploiement des véhicules électriques sur les différents marchés a majoritairement été stimulé par les annonces politiques ambitieuses en faveur d’un passage au « tout électrique ». Les gouvernements plébiscitent cette transition par des subventions directes. L’Allemagne, l’Italie, le Canada, l’Inde ou encore la Nouvelle-Zélande intensifient leurs actions en prolongeant ou en mettant en place de nouveaux systèmes d’incitation à l’achat.

 

Source : https://www.lepoint.fr/automobile/le-maire-veut-impliquer-renault-dans-l-airbus-des-batteries-25-05-2020-2376804_646.php

 

Cependant, avec les volumes de ventes qui ne cessent de croître, ces aides publiques ne sont que transitoires. Par exemple, la Chine et les États-Unis ont connu une suppression ou réduction substantielle des subventions à l’achat en 2019.

Ainsi, les réductions des subventions à l’achat de voitures électriques, la contraction du marché automobile ou encore la suppression du crédit d’impôt fédéral américain pour les constructeurs ont mis un coup de frein aux ventes de véhicules électriques. Alors que 90% du marché se concentre en Chine, en Europe et aux États-Unis, ces différentes actions ont contribué à une baisse significative des ventes de voitures électriques en Chine et même à une chute de 10% aux États-Unis sur 2019.

 

Des consommateurs néophytes

La fiabilité des modèles déjà présents et le développement des infrastructures de recharge des véhicules électriques ont permis aux consommateurs de réduire leur appréhension à la conversion au tout électrique. En 2019, 6,5 millions de chargeurs privés (domicile ou lieu de travail) et 800.000 chargeurs publics étaient présents dans le monde. La prévalence des chargeurs privés est due à la praticité et la rentabilité. Toutefois, les chargeurs publics ont augmenté de 60% en 2019 ce qui est supérieur à la croissance du parc de véhicules électriques.

Aujourd’hui, les consommateurs attendent de nouvelles améliorations technologiques et de nouveaux modèles. Constamment à la recherche de l’optimisation de ces nouveaux véhicules, les constructeurs automobiles investissent massivement en R&D. En 2018, les investissements étaient estimés à 80 milliards d’euros allant même jusqu’à tripler en 2019 pour atteindre 265 milliards d’euros (dont la moitié en Chine).

Des améliorations technologiques significatives et une plus grande variété de modèles de voitures électriques ont su stimuler les décisions d’achat des consommateurs. Les batteries ont une capacité énergétique 20% à 100% supérieure à celles homologues de 2012. D’ici 2030, l’autonomie moyenne des batteries devrait être de 350 à 400 km. En outre, le coût des batteries a diminué de plus de 85% depuis 2010.

La livraison de nouveaux modèles comme le modèle Tesla 3 a engendré un pic des ventes sur des marchés clés, notamment celui des États-Unis. De plus, les constructeurs automobiles ont annoncé vouloir lancer 200 nouveaux modèles de voitures électriques, particulièrement sur le segment des véhicules utilitaires sportifs.

 

Interrogation sur l’avenir des batteries

Face à la constante amélioration des batteries, les plus anciennes deviendront obsolètes. Ainsi, les chercheurs estiment qu’un volume équivalent à la production annuelle de batterie devrait être détruite d’ici 2030. En l’absence de mesures efficaces, ces batteries usées auraient un impact environnemental important.

 

Source : https://www.clubic.com/transport-electrique/article-892870-1-sr-recyclage-reutilisation-quelle-seconde-vie-batteries-voitures-electriques.html

 

Un système de recyclage comprenant la récupération des matériaux critiques réduirait la demande de ressources primaires, les émissions de gaz à effet de serre et les impacts négatifs locaux de l’extraction et du raffinage. De surcroît, le recyclage permettrait aux pays de réduire la dépendance envers les importateurs de matières premières. Actuellement, les prix pratiqués des matières premières et le faible volume de batteries usagées défavorisent la mise en place d’un plan de recyclage.

Toutefois, les prix des matières premières risquent d’augmenter et engendrer des prix plus volatils. En effet, le marché des véhicules électriques est en pleine expansion ce qui exerce une pression sur les ressources primaires. Les matériaux recyclés deviendraient alors plus compétitifs.

De nombreuses recherches étudient les nouveaux procédés de recyclage moins énergivores, un tri adéquat des pièces pouvant être directement réutilisées ou reconditionnées en nouvelles batteries pour limiter l’émission de gaz à effet de serre.

 

Tesla

Dans le secteur des véhicules électriques, Tesla fait figure de leader. Avec 100.000 ventes de plus que le numéro 2, Renault Zoe, le modèle 3 devance largement ses concurrents. Dans le monde, un véhicule électrique vendu sur sept est un Tesla Model-3. Les ventes mondiales du modèle sont maintenant proches de celles des principaux modèles concurrents des véhicules à moteur à combustion interne.

 

 

L’entrée au S&P 500 de Tesla

Mi-novembre, Tesla, la septième capitalisation américaine (400 milliards de dollars), fêtait sa prochaine entrée dans le S&P 500. Par son entrée remarquée le titre s’est valorisé de 22% en seulement deux jours.

L’indice étant pondéré par capitalisations boursières, les 5 premières capitalisations du S&P 500 représentent à elles seules 25% de l’indice, à savoir les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Par sa forte capitalisation boursière, Tesla sera directement propulsé à la neuvième place de l’indice à son entrée prévue pour le 21 décembre 2020. Le S&P Dow Jones Indices a déclaré que « [Tesla] sera l’un des plus grands ajouts de poids au S&P 500 au cours de la dernière décennie, et par conséquent générera l’une des plus grandes transactions de financement dans l’histoire du S&P 500 ».

Il peut paraître étrange que Tesla ne figurait pas plus tôt dans l’indice, mais jusqu’alors la société ne satisfaisait pas à la condition de qualification principale à savoir être rentable pendant 12 mois. Ainsi, le comité qui supervise l’indice avait déjà auparavant rejeté la société dans le S&P 500.

Plus de 11.000 milliards de dollars sont investis sur le S&P dont environ 4.000 milliards de dollars dans des fonds indexés à l’indice. L’appartenance à l’indice est donc très importante. En effet, pour que leur portefeuille reflète correctement le S&P 500, les fonds indiciels devront ajuster leurs participations avec une transaction de 51 milliards de dollars afin d’investir dans Tesla. Ils alloueront ainsi 1,2% au constructeur automobile.

 

Source : https://ldaily.ua/en/news/novosti/tesla-ne-vklyuchyly-v-indeks-sp-500/

 

En outre, les fonds d’investissement gérés de manière active qui tentent de battre le S&P 500 devront décider d’investir ou non dans la société. Ces fonds gèrent des milliards de dollars d’actifs supplémentaires. De nombreux investisseurs pensent que Tesla constitue une bulle et mettent donc en garde à l’ajout de cette société au sein de l’indice phare mondial. L’entrée de Tesla au S&P 500 est controversée car l’investissement indiciel est souvent considéré comme conservateur.

 

Tesla un investissement risqué ?

En hausse d’environ 450% en 2020, le constructeur automobile californien est devenu l’entreprise automobile la plus suivie au monde. Un paradoxe quand sa production ne représente qu’une fraction de celle de ses concurrents tels que Toyota, Volkswagen ou General Motors.

Malgré la crise sanitaire, Tesla a affiché des résultats plus solides que prévu pour le premier trimestre 2020. La société a enregistré des revenus en hausse d’environ 32% par rapport à l’année précédente et des bénéfices de 227 millions de dollars, contre une perte de 494 millions de dollars il y a un an.

Tesla a bénéficié d’importantes ventes de son modèle 3 et d’une amélioration de production dans son usine de Shanghai. Cependant, la nette l’amélioration de sa rentabilité est principalement due à l’augmentation des ventes de crédits d’émission carbone. Sans la hausse des ventes de ces crédits, Tesla n’aurait probablement pas atteint son seuil de rentabilité.

A court terme, Tesla risque d’être confronté à une forte pression sur ses revenus. La société a mis même en veilleuse ses prévisions pour 2020, en raison de l’incertitude entourant la pandémie de coronavirus et la reprise économique. Peu de consommateurs devraient investir dans une voiture haut de gamme en ce moment et l’usine Tesla de Fremont qui représente environ trois quarts de la production annuelle, reste suspendue.

Cependant, contre toute attente, le titre de la société continue sa progression allant jusqu’à presque doubler depuis le début de l’année.

 

Tesla, un business basé sur les crédits carbone ?

Le fabricant de voitures électriques a affiché un nouveau trimestre de résultat net positif, mais sa rentabilité a été gonflée par des ventes de crédits de CO2 à des constructeurs aux gammes trop polluantes.

Plusieurs pays ont une réglementation sur les véhicules propres, cette réglementation exige que les véhicules ZE (« zéro émission ») représentent une certaine proportion des ventes des constructeurs automobiles chaque année. Les constructeurs automobiles qui ne respectent pas ces normes peuvent acheter des crédits auprès de sociétés comme Tesla qui n’en ont pas l’utilité car le constructeur produit exclusivement des véhicules électriques.

 

Source : https://focuswashington.com/2020/11/17/tesla-to-join-sp-500-spark-epic-index-fund-trade/

 

La vente de crédits carbone réglementaires a atteint environ 428 millions de dollars au deuxième trimestre 2020, contre environ 354 millions au premier trimestre, et seulement 111 millions au deuxième trimestre 2019. En outre, les analystes estiment que sans ces ventes les marges brutes de Tesla auraient été inférieures de plus de 600 points de base (6%) au deuxième trimestre 2020. La société aurait probablement enregistré une perte si elle ne comptabilisait pas les revenus de ses crédits carbones.

L’augmentation des prix due à la forte demande de crédit permet à Tesla de maximiser ses ventes. En effet, l’Union Européenne a introduit des normes d’émission plus strictes qui exigent que les émissions moyennes de dioxyde de carbone par kilomètre passent de plus de 120 grammes à 95 grammes en 2018 pour les véhicules particuliers. Afin d’éviter des pénalités, Fiat Chrysler, l’un des plus gros clients de crédits de Tesla, a acheté des crédits pour 2 milliards de dollars en 2020 et 2021.

A mesure que de nouvelles réglementations sur les émissions entrent en vigueur en Europe et que les États américains cherchent à appliquer des normes plus strictes, il est possible que ces crédits prennent encore de la valeur.

Cet eldorado ne devrait être que de courte durée. L’effondrement actuel des ventes automobiles mondiales pourrait nuire aux revenus des crédits à court terme pour Tesla. De surcroît, sur les moyen et long termes, les grandes entreprises automobiles augmenteront leurs ventes de véhicules propres réduisant ainsi la nécessité de crédits carbone.

Pour contrer ces pertes potentielles, Tesla mise sur l’amélioration de ses marges et bénéfices par l’augmentation des ventes de logiciels et l’amélioration de ses batteries. L’option à 8.000 dollars pour avoir le pilotage automatique est très lucrative pour le constructeur automobile. Elle contribuerait pour 4% des marges brutes de Tesla dans le secteur automobile qui lui s’élèvent à 21% en 2019.

 

Analyse technique de Tesla

Sur ce graphique en base hebdomadaire de l’action Tesla, on remarque d’abord que le titre a connu une belle progression à ses débuts jusqu’en février 2014 où il marque une longue phase de consolidation horizontale jusqu’en mai 2019, soutenu par la zone des 38$ par action (segment bleu). Par la suite, le titre s’envole et franchi la zone de résistance des 75$ (cercle vert) qui l’empêchait de progresser depuis mai 2017. Entre son point bas de mai 2019 et son plus-haut de février 2020, le titre prend plus de 450% passant de 35,40$ par action à 193,80$, avant de fortement corriger courant mars 2020 suite à la propagation de la pandémie de Covid19. Après cette correction violente de l’ordre de 65%, le titre reprend son envolé et dépasse rapidement son précédent plus-haut, affichant même de nouveau records historiques séances après séances amenant l’action Tesla à 574$.

Dans cette configuration, tant que le niveau des 365$ ne sera pas franchi à la baisse (segment violet), nous privilégions une poursuite du scénario haussier pour ce qui est de l’action Tesla, avec un premier objectif par projection à 650$. Alternativement, la franche cassure de ce niveau pourrait nous conduire à revenir sur les 250$ correspondant au gap haussier de début juillet 2020.

 

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SPECIAL TENDANCE – Les Banques Centrales dirigent-elles le monde ?

Qu’est-ce qu’une Banque Centrale ?

Une banque centrale est une institution publique qui gère la monnaie d’un pays ou d’un groupe de pays et en contrôle la masse monétaire, c’est-à-dire la quantité de monnaie en circulation. Le principal objectif de nombreuses banques centrales est la stabilité des prix, soit la gestion du niveau d’inflation.

L’un des principaux outils à la disposition d’une banque centrale consiste à fixer les taux d’intérêt, autrement dit le « coût de l’argent », dans le cadre de sa politique monétaire. Ces taux déterminent au jour le jour le coût de l’argent que les banques se prêtent entre elles et par là influencent le coût des crédits bancaires aux entreprises comme aux consommateurs, ce qui pèse sur l’activité économique. En cas d’inflation, la banque centrale relève les taux pour freiner la masse monétaire et ralentir l’activité.

 

 

Les banques centrales ne sont pas des banques commerciales, par conséquent les particuliers ne peuvent pas ouvrir de comptes ou solliciter des prêts auprès d’elles. En tant qu’instances publiques, elles n’agissent pas dans un but lucratif. En revanche, elles agissent en tant que banque pour les banques commerciales et influencent, par les prêts quelles octroient, les flux de monnaie et de crédit dans l’économie de manière à assurer la stabilité des prix.

La politique monétaire n’est pas la seule mission des banques centrales : elles émettent généralement la monnaie fiduciaire, assurent souvent le bon fonctionnement des systèmes de paiement au bénéfice des banques pour les opérations sur instruments financiers, gèrent les réserves de change et participent à l’information du public concernant l’économie.

 

La BCE (Banque Centrale Européenne)

La BCE (Banque Centrale Européenne) est indépendante ; c’est la principale institution monétaire de l’Union européenne. Elle est établie le 1er juin 1998 sur un modèle fédéral et son siège est à Francfort, en Allemagne. Elle bénéficie d’un monopole d’émission de l’euro en tant que monnaie commune et unique de l’Union économique et monétaire, définie les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et prend les décisions nécessaires à sa mise en œuvre : c’est-à-dire de maintenir le pouvoir d’achat de l’euro et donc la stabilité des prix dans la zone euro. Le principal objectif de la BCE est de maintenir la stabilité des prix et l’inflation annuelle « au-dessous, mais à un niveau proche de 2%, sur le moyen terme ».

Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Logo_European_Central_Bank.svg

 

La BCE est l’organe central de l’Eurosystème et du Système européen de banques centrales : l’Eurosystème regroupe la BCE et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l’Union européenne qui ont adopté l’euro ; le Système européen de banques centrales (SEBC) comprend la BCE et les BCN des vingt-sept États membres de l’UE, c’est-à-dire que, qu’il comprend en plus les BCN des pays qui n’ont pas adopté l’euro.

 

La Fed (Réserve Fédérale Américaine)

La Réserve Fédérale américaine (en anglais : Federal Reserve System, souvent raccourci en Federal Reserve ou Fed) est la banque centrale des États-Unis. Elle est créée en décembre 1913 par le Federal Reserve Act à la suite de plusieurs crises bancaires, dont la panique bancaire américaine de 1907. Elle conduit de façon indépendante la politique monétaire, supervise les institutions financières et veille à la stabilité du système financier. Sa structure complexe et diversifiée vise à préserver son indépendance, même si ses dirigeants sont nommés par la Maison Blanche et confirmés par le Sénat.

Le Congrès des États-Unis définit deux objectifs de politique monétaire dans le Federal Reserve Act :

  • Plein emploi (maitrise du chômage)
  • Stabilité des prix (maitrise de l’inflation)

Pour assurer ce double mandat, la Fed utilise son outil majeur, que sont les taux d’intérêts directeurs.

Outre la politique monétaire, la Fed est maintenant chargée de superviser et réguler le système bancaire, de maintenir la stabilité du système financier, et d’offrir des prestations financières aux organismes de dépôt, au gouvernement fédéral, et aux institutions financières étrangères. Elle étudie de surcroît l’économie américaine, et publie de nombreux rapports, tels que le livre beige, un résumé des conditions économiques dans chaque région.

 

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Federal_Reserve

 

Depuis octobre 2008 la Fed est entrée dans un cycle d’assouplissement monétaire, qui se traduit par une baisse des taux directeurs et par une création monétaire importante, appelée aussi « Quantitative Easing » (QE ou en français « assouplissement quantitatif »), et ce pour faire face à la récession engendrée par la crise des subprimes.

 

Le QE (Quantitative Easing)

Le QE désigne un type de politique monétaire dite « non conventionnelle » consistant pour une banque centrale à racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des bons du trésor ou des obligations d’entreprise, et dans certaines circonstances des titres adossés à des actifs comme des titres hypothécaires. Il est utilisé dans une situation de « trappe à liquidité », c’est-à-dire lorsque les taux directeurs sont déjà très bas et ne parviennent plus à assurer une hausse des prix suffisante.

Le QE vise à inciter les banques commerciales à faire plus facilement crédit, la banque centrale assumant les risques en leur rachetant leurs créances dans le but de relancer la production et l’emploi. Ce type d’assouplissement accroît ainsi la quantité de monnaie en circulation ce qui a pour effet en théorie de relancer l’économie et de maintenir l’inflation à un niveau correct afin d’éviter tout risque de déflation.

Le Japon est le premier pays à avoir utilisé l’assouplissement quantitatif en 2001. Plus tard, durant la crise financière de 2008, des politiques d’assouplissement quantitatif sont mises en œuvre à grande échelle par le Royaume-Uni, les États-Unis, la Suède et la zone Euro.

Depuis, les banques centrales sont quelque peu sorties du cadre originel d’action qui leur était attribué, et ont un rôle monétaire et économique important, rendant les réunions et communiqués de ces dernières très attendues par les marchés financiers qui y réagissent parfois violement.

 

Actions de la BCE

Après le déclenchement de la crise financière de 2008, les banques n’osaient plus se prêter entre elles, de peur d’avoir affaire à une contrepartie potentiellement en faillite. Pour empêcher le blocage du marché monétaire, la BCE a décidé d’allouer la totalité de la liquidité demandée par les banques, à un taux d’intérêt fixe et peu élevé (en liaison avec les baisses répétées de son taux de refinancement principal) dans le cadre du programme VLTRO « Very Long Term Refinancing Operations » conduit par l’Eurosystème de décembre 2011 à février 2012.

La BCE a alors adopté une attitude dite « accommodante » de sa politique monétaire, avec des taux directeurs qui n’ont cessés d’être revus à la baisse depuis 2008, jusqu’à atteindre les 0% en mars 2016, dans le but de soutenir l’économie par la relance du crédit.

Depuis 2011, la BCE poursuit un objectif de stimulation de la distribution du crédit bancaire en zone euro pour aider au redémarrage de l’activité économique et à une remontée du taux d’inflation à des niveaux plus en rapport avec son objectif. Pour cela, elle a décidé d’augmenter la fréquence et la durée de ses opérations de refinancement (dites LTRO). Elle a également abaissé les exigences minimales de qualité concernant les garanties sur les actifs que les banques doivent fournir lors de tout refinancement. La BCE a par ailleurs mené des opérations pour fournir des liquidités en devises aux banques. Pour ce faire, elle agit en collaboration avec d’autres banques centrales des principales autres zones monétaires (notamment la Fed et la BoE – Banque d’Angleterre).

Par ailleurs, plutôt que d’accepter simplement certains actifs en garantie, la BCE a décidé d’acheter ce type d’actifs directement. C’est ce qu’on appelle des opérations d’achat d’obligations « sécurisées ». La BCE a agi d’abord sur le marché de la dette privée pour faciliter le refinancement à long terme des banques. Mais après le déclenchement de la crise des dettes publiques européennes en 2010, elle a aussi décidé d’acheter des obligations publiques sur le marché secondaire. L’objectif était de combattre la spéculation et la montée des taux d’intérêt sur la dette de certains États et de les aider à se refinancer.

Lors de sa réunion du 22 janvier 2015, la BCE a décidé de lancer un vaste programme d’assouplissement quantitatif (QE). Celui-ci consiste à injecter des montants importants de liquidités dans le système financier de l’ordre (dans un premier temps) de 1.100 milliards d’euros via des rachats de titres obligataires souverains et privés à raison de 60 milliards d’euros chaque mois. En rachetant massivement ces obligations, la BCE cherche à faire augmenter leur prix, donc baisser les taux d’intérêt.Au total, la BCE a racheté près de 2.500 milliards d’euros de dette publique au cours de ces programmes successifs de rachat d’obligation depuis 2015.

La BCE a aussi joué un rôle de contrôle et de supervision des banques européennes depuis 2014, par l’intermédiaire des autorités nationales de supervision, mais sous le contrôle de la BCE et dans le respect du cadre qu’elle aura défini. Elle supervise directement 128 grandes banques européennes jugées significatives, dont 13 groupes bancaires français représentant 95% du système bancaire national.

Ces mesures successives ont aidé au lent redémarrage de l’activité économique et à la hausse de l’inflation qui a atteint le seuil de 2% en juin 2018 en zone euro. Cependant, cette accélération de l’inflation est plus due à la hausse du prix du pétrole qu’à la vigueur de l’économie européenne.

 

Actions de la Fed

En 2008, suite à la faillite de la banque Lehman Brothers et de la chute de Wall Street, les États-Unis craignaient un effondrement du système de crédit et l’amorce d’une période dramatique de déflation. Pour contrer la « grande récession » et relancer une économie américaine mise à mal par l’éclatement de la bulle immobilière, la Fed a réduit à quasiment zéro le taux auquel les banques se refinançaient, afin de doper le crédit tout en inondant le marché de liquidités avec le fameux quantitative easing.

Depuis, le taux de chômage, qui fait partie des objectifs de la Fed (à la différence de la BCE), est passé de 10,1% fin 2009, à 3,6% en avril 2019, soit une situation de plein emploi. De plus, le taux de croissance évolue entre 2% et 3% en rythme annuel sur la période 2009-2019, permettant à la Fed de faire remonter son taux directeur de façon progressive à partir de 2016, le faisant passer de 0,25% en 2009 à 2,50% en juillet 2019, traduisant la bonne santé de l’économie américaine.

Néanmoins l’économie n’évolue pas à un rythme optimal, probablement handicapée par les tensions commerciales sino-américaines. Certains analystes estiment que ces tensions affectent la croissance à hauteur de 0,5 point de PIB. En effet, les mises en place de nouveaux droits de douane entre la Chine et les États-Unis dans le cadre de ce contentieux commercial initié par Donald Trump affecte l’économie à plusieurs niveaux : d’abord cela entraine une hausse des coûts d’importation des entreprises américaines ; les exportations vers la Chine se réduisent ; et la confiance liée à l’incertitude générée par ces tensions affecte négativement les conditions financières et l’investissement.

Ces éléments obligent la Fed à réviser sa politique de hausse de son taux directeur en aout 2019, et à le réduire pour la première fois depuis 11 ans, à 2,25%. S’ensuivront par la suite d’autres baisses ramenant le taux directeur de la réserve fédérale à 1,5% en novembre 2019.

 

Source : https://france-inflation.com/taux-directeurs-bce-fed.php

 

L’année 2020 marque un tournant pour l’économie mondiale à cause de l’impact de la pandémie de Covid-19 qui a imposé une mise en arrêt du tissu économique international. Les banques centrales sont donc depuis le début de cette crise, d’importants catalyseurs des marchés financiers rendant leurs communiqués très attendus.

 

La crise du Covid-19 : le combat de Christine Lagarde

Christine Lagarde, présidente de la BCE depuis octobre 2019, en remplacement de Mario Draghi, devenant alors la première femme à occuper cette fonction. A son arrivée, on comptait particulièrement sur elle pour la gestion de la « fin » du Brexit qui devait être son principal dossier, étant donné que l’économie européenne affichait des signes encourageants de reprise économique.

 

Source : https://www.lefigaro.fr/flash-eco/plan-de-relance-europeen-christine-lagarde-souhaite-sa-mise-en-application-sans-delai-20201119

 

Depuis le début de l’année 2020, et très tôt dans son mandat, la présidente d’une des plus grandes institutions monétaires internationales a dû faire face à une crise sans précédent dans le monde.

Pour sortir de cette crise, Christine Lagarde a accéléré le programme d’achat de titres publics et privés (QE), porté à hauteur de 1.350 milliards d’euros début juin 2020. Cette intervention non conventionnelle devrait porter le bilan de la BCE à quelques 6.500 milliards d’euros à fin 2020, soit l’équivalent de la moitié du PIB de la zone euro. Rappelons que la BCE, dans ses missions et objectifs, s’était astreinte par une « règle d’or », à ne pas détenir plus d’un tiers du gisement d’une dette nationale et également à limiter en termes relatifs la part dans son bilan de chaque gisement de dette nationale à la fraction détenue par chaque pays dans son capital. Cette règle a dorénavant disparu pour faire face à la situation et permet donc à la BCE d’acheter par exemple, autant de titres de dette italienne qu’elle juge nécessaire pour contenir les spreads de taux.

Cet élargissement de son mandat de facto a entraîné une contestation de son action par certains pays de la zone euro, et particulièrement de la part de l’Allemagne. Les plaignants estiment que le rôle de la politique monétaire n’est pas d’assurer les dettes publiques et qualifient de « fiscalisation de la politique monétaire » les actions de la BCE.

Néanmoins Christine Lagarde justifie ces actions de la BCE accusant l’aspect « historique » de cette crise que nous traversons, sachant qu’elle n’a plus de levier sur son principal outil, les taux d’intérêt étant déjà à 0% en Europe. Par la suite elle réemploiera la célèbre formule de son prédécesseur : « what ever it takes », qui signifie qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l’économie européenne « coûte que coûte ». Cette formule devient la norme sous le mandat de l’ex-présidente du FMI qui nous fait comprendre, en filigrane, que la dette « n’est plus un problème » et que la BCE la couvrira. D’ailleurs, lors de sa dernière prise de parole au début du mois de novembre, la présidente a laissé entendre que la BCE en « avait encore sous le pied » et qu’elle travaillait sur des nouveaux outils de politique monétaire qui devraient voir le jour lors de la prochaine réunion de décembre ou au début de l’année 2021.

 

Jerome Powell : entre gestion de la crise et élections présidentielles

Jerome Powell est le président de la Fed depuis 2018. Il avait été contraint par la conjoncture économique américaine de suivre le positionnement de sa prédécesseur, Janet Yellen, et de continuer de faire régulièrement baisser les taux d’intérêts afin de soutenir une économie ralentissante à cause du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis.

 

Source : https://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/usa-pour-la-fed-le-temps-de-la-patience-est-venu_2060062.html

 

Tout comme sa consœur européenne, les débuts de mandats du président Jerome Powell ont été très mouvementés et encore plus sur les derniers mois. La crise sanitaire touche en effet particulièrement les Etats-Unis sur le plan pandémique, entrainant un ralentissement fort de l’activité et une envolée du chômage jamais vu dans le pays à 14,7% de chômeurs en mai 2020 (rappelons que les objectifs de la Fed concernent l’inflation et le plein emploi).

Pour répondre à ces problématiques grandissantes, le président de la Fed abaisse drastiquement son taux d’intérêt directeur qui passe de 1,25% fin février à 0,25% mi-mars. Dans le même temps, la Fed annonce la mise en place de deux plans d’urgence : le Primary Dealer Credit Facility (PDCF), et le Commercial Paper Funding Facility (CPFF), qui consistent tous deux à soutenir et garantir les besoins et les flux de crédits aux ménages et aux entreprises en préservant des fonds de placement sur le marché monétaire pour y assurer des liquidités en cas de retraits de la part des investisseurs.

Le 31 mars, la Fed annonce l’établissement d’un programme temporaire, le Repurchase Agreement Facility for Foreign and International Monetary Authorities (FIMA Repo Facility), consistant à autoriser les autorités monétaires étrangères à échanger à court-terme des bons du Trésor américain contre des dollars. Jerome Powell se montre une nouvelle fois très réactif dans le but d’éviter toutes crises de liquidité en dollars au niveau mondial.

Depuis, et en fonction de l’évolution de la conjoncture, la Fed renforce ces différents plans de sauvetage à coups de plusieurs milliards de dollars, pour un montant avoisinant les 2.300 milliards depuis le début de la crise sanitaire.

De plus, pour ne pas faciliter les choses, les élections américaines de novembre ont fait surface, et des difficultés ont survenu pour ce qui était de faire voter un plan de relance global entre les démocrates et les républicains. Finalement le résultat des élections avec la victoire du candidat démocrate n’a pour l’instant que peu d’importance pour Jerome Powell qui ne voit toujours pas de plan de relance sortir de la chambre des représentants, car malgré sa victoire, le congrès est divisé et Joe Biden ne possède pas de majorité.

Le président de la Fed devrait donc prendre de nouvelles décisions au cours du mois de décembre afin de donner un horizon moyen terme aux marchés financiers qui s’accrochent à toutes ses paroles.

 

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SPECIAL SECTEUR – Biotechnologie : contexte sanitaire, guerre du vaccin et volatilité

La biotechnologie est définie par le Grand Larousse comme étant une « Technique produisant par manipulations génétiques des molécules biologiques ou des organismes transgéniques, en vue d’applications industrielles (agroalimentaire, pharmacie, chimie, etc.) ».

 

 

Dès les années 1970, les premières manipulations du génome se sont produites avec la « recombinaison homologue » qui a permis l’insertion ou la suppression d’élément dans le génome. Cependant, faute d’événements concluants, les débuts de la biotechnologie ont été très lents.

Dans les années 2000, les biotechnologies enregistrent des progrès considérables dus à des techniques de modification ciblée du génome (genome editing). Des enzymes agissent comme des « ciseaux moléculaires » sur un ou plusieurs gènes en ajoutant, supprimant ou remplaçant un des éléments précis du génome afin d’introduire ou d’enlever des caractéristiques précises. Ces technologies et particulièrement le CRISPR-Cas9 ont constitué une avancée majeure des biotechnologies.

 

Source : https://www.genengnews.com/resources/webinars/crispr-based-in-vivo-genome-editing-and-base-editing/

 

Une méthode révolutionnaire CRISPR-Cas9, un couteau suisse

En 2012, la française Emmanuelle Charpentier et l’américaine Jennifer Doudna ont mis en place une technologie d’envergure, le CRISPR-Cas9. Les travaux des deux chercheuses sur l’édition du génome ont même été récompensés par un Nobel de chimie en 2020.

Jusqu’alors la biotechnologie permettait des modifications aléatoires ou approximatives, à l’inverse le CRISPR-Cas9 permet d’intervenir avec précision au niveau de gènes spécifiques. Les gènes peuvent être détruits, inactivés, remplacés par un gène sain ou substitués par un gène d’une espèce différente apportant une caractéristique voulue.

Par la simplicité, la puissance, la rapidité, l’universalité et le faible coût de cette nouvelle technique, l’utilisation de CRISPR-Cas9 est une véritable révolution. Cette découverte permet d’accélérer la recherche en génétique dans les laboratoires du monde entier. Ainsi, de nombreux espoirs thérapeutiques sont portés par le CRISPR pour soigner des cancers ou des maladies infectieuses.

Alors que cette méthode a déjà fait ses preuves, des applications plus complexes sont envisagées par les scientifiques. Le génome de cochons peut notamment être modifié afin de transplanter ses organes chez l’humain. Les diverses applications de CRISPR-Cas9 sont prometteuses en médecine comme dans l’agriculture (plantes et animaux), le développement durable ou la vie marine.

 

Source : https://www.xlsemanal.com/conocer/ciencia/20171104/amigas-juntas-ganaron-princesa-asturias-ahora-se-tiran-los-pelos.html

 

Par son potentiel, cette nouvelle technique pose des questions éthiques sur la modification du vivant, la biosécurité ou encore sur l’environnement.

 

La biotechnologie verte, la biotechnologie pour l’agriculture et l’alimentation

Alors que les OGM sont très controversés dans l’opinion publique du fait des éventuels risques sanitaires qu’ils représenteraient, en 2016, l’Académie des sciences américaine soulève l’absence de résultat négatif sur la santé humaine ou animale, sur l’environnement ou la biodiversité par la consommation d’OGM.

La modification ciblée du génome pourrait même avoir des applications révolutionnaires dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Avec des pertes de 40 à 50 % du total des récoltes, limiter les pertes est l’un de ses objectifs principaux. A cet effet, les techniques de modification du génome permettraient d’accélérer la vitesse de sélection et par conséquent accroître la productivité.

Contrairement aux OGM dits classiques, les modifications du génome sont précises et quasiment indétectables. De surcroît, elles ne concernent plus uniquement la résistance aux herbicides ou l’augmentation de la productivité mais aussi des critères tels que la qualité nutritionnelle, l’allongement de la durée de conservation.

Continuellement rejeté, en 2016, cent prix Nobel estiment que continuer les campagnes de dénigrement des nouvelles biotechnologies constituerait un « crime contre l’humanité ». Les lauréats encouragent « un plus grand usage des techniques modernes de sélection végétale et pour que cessent les campagnes des organisations qui s’y opposent, Greenpeace en tête ».

Avec la baisse des coûts induits, des biotechnologies vertes constitueraient un enjeu économique majeur au niveau mondial. 23 pays ont compris l’importance de produire des plantes génétiquement modifiées (PGM), ils se situent principalement en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Australie et en Afrique du Sud. Les coûts liés à la mise sur le marché sont tels que les PGM concernent principalement de très grands marchés à savoir le soja, le maïs, le blé, le coton ou encore le colza.

 

Dans le monde, 180 millions d’hectares sont actuellement consacrés aux cultures OGM mais l’Europe reste à l’écart de cette révolution biotechnologique. En effet, l’Europe cultive 0,14 millions d’hectares (principalement en Espagne) soit le millième des surfaces cultivées dans le monde.

A la fin des années 1990, plus de 800 essais en champ de cultures d’OGM ont été dénombrés en France, le pays était alors considéré comme un pionnier en matière de biotechnologie. En 2008, suite au martellement des activistes en défaveur des OGM, les cultures à des fins commerciales sont interdites en France et plus aucune expérimentation de plante génétiquement modifiée en champ n’est autorisée, le dernier essai remonte à 2013. L’inertie française face aux biotechnologies engendre donc un risque concurrentiel, elle provoquerait un « manque à créer » de 200.000 emplois en France.

La biotechnologie verte s’applique aussi à certaines espèces animales afin de leur éviter des maladies ou pour leur donner des caractéristiques intéressantes pour l’alimentation humaine. A titre d’exemple, la FDA a autorisé la vente d’un saumon génétiquement modifié qui peut atteindre sa taille adulte en 18 mois contre 3 ans pour un saumon « sauvage ». En Argentine, des projets de vaches à lait anallergique, de vaches sans corne ou de cochons résistants à la peste porcine sont en cours.

Par l’absence évidente d’études scientifiques relatant un quelconque effet négatif, qualifier d’« OGM » les nouvelles techniques de sélection végétale paralyserait le développement de ces méthodes dans des pays réfractaires aux OGM.

 

La biotechnologie blanche, la biotechnologie pour la lutte biologique et le développement durable

Selon l’OMS, la dengue menace plus de 2,5 milliards de personnes, dans plus de 100 pays et est la cause de 30.000 décès par an. Le paludisme ne touche pas moins de 450.000 personnes par an et 1.000 enfants en décèdent chaque jour.

Plus d’un million de décès par an sont causés par des maladies transmises par les insectes. Le paludisme, la maladie de Lyme, la peste, le chikungunya, la dengue ou encore la fièvre jaune sont d’innombrables maladies transmises par le sang. Le premier vecteur de transmission est le moustique mais les tiques, les mouches ou les puces sont aussi des vecteurs parmi tant d’autres.

La mobilité des personnes, le commerce mondialisé, l’urbanisation non maîtrisée ainsi que le réchauffement climatique sont des vecteurs de transmission de maladies dans des pays alors exempts de toutes maladies infectieuses transmises par des insectes. De surcroît, selon l’OMS, « les modifications des pratiques agricoles, dues aux variations de la température et des précipitations, peuvent influer sur la propagation des maladies à transmission vectorielle ».  Pour contrer cette transmission, l’OMS considère que les biotechnologies doivent s’allier aux moyens traditionnels (insecticides, répulsifs, moustiquaires) afin de lutter contre ces maladies.

Ainsi, les biotechnologies blanches constituent un enjeu économique et environnemental majeur. Le forçage génétique par le biais de CRISPR-Cas9 permet soit de modifier le gène de l’insecte pour le rendre résistant au virus qu’il transporte, soit d’éteindre l’espèce, ce qui pose un problème éthique et environnemental. Par conséquent, la suite des recherches se doit d’instaurer un mécanisme de réversibilité en cas d’effet non désiré et s’opposent à une quelconque extinction d’espèce vivante.

Utilisées consciemment, ces techniques de sélection n’impactent pas négativement la biodiversité, elles permettent même de limiter l’usage de pesticides qui sont susceptibles de détruire tous les insectes sans distinction.

L’entreprise Oxitec est considérée comme le pionnier en modification génétique d’insecte. Cette entreprise rachetée par Intrexon Corp a modifié génétiquement des insectes afin de contrôle leur population. Les insectes génétiquement modifiés servent d’« insecticide vivant » et sont respectueux de l’environnement. Le but n’étant pas l’extinction d’espèce, mais le contrôle et la diminution du nombre d’insectes infectés, par conséquent une réversibilité existe.

Bill et Melinda Gates ont financé les premières expérimentations de cette entreprise sur les îles Caïman. Avec une diminution de 80% de la population d’insectes, les expérimentations se sont avérées positives. Cette technique a aussi été mise en place au Brésil pour diminuer la population de moustiques transmetteurs du Zika. Cette technologie est aujourd’hui en cours d’autorisation auprès de la FDA. Cette technique présente l’avantage de n’avoir aucun d’effet collatéral contrairement aux insecticides classiques mais possède l’inconvénient d’avoir une efficacité limitée dans le temps.

 

Source : https://www.sante-sur-le-net.com/moustique-covid19-risque-transmission/

 

La récente technologie CRISPR-Cas9 et son forçage génétique à but d’élimination permettraient l’infertilité des moustiques contaminés de génération en génération. L’efficacité serait puissance dix par sa durabilité. Le chercheur Ethan Bier explique que « l’intérêt de l’utilisation du forçage génétique est que l’on peut choisir le moustique à éliminer, alors que les insecticides tuent sans discernement ».  L’entreprise Oxitec a refusé l’utilisation de l’outil par manque de rentabilité. En effet, une seule opération est nécessaire pour modifier l’entièreté d’une population de façon durable. La commercialisation vaudrait-elle plus que l’intérêt public ?

A l’heure où les pesticides éliminent la totalité des insectes dans un périmètre traité, la biotechnologie peut paraitre moins invasive. Cependant, la biotechnologie pourrait « trop bien » fonctionner. En effet, l’homme peut éradiquer intentionnellement une espèce ce qui représente un impact potentiel sur l’écosystème. Il convient à cet effet d’adopter des mécanismes de réversibilité afin de pouvoir revenir en arrière en cas d’effets non désirés.

Entre « vaccination » ou « gènes génocidaires », les techniques sont très variées et qu’importe la technique, son utilisation doit être modérée et ne doit être qu’un moyen complémentaire pour lutter contre les maladies à transmission vectorielle. Avant d’entreprendre des expérimentations, les risques comme les effets hors cible, l’apparition de résistances, la possible propagation d’autres agents infectieux, ainsi que l’impact sur les prédateurs doivent être nécessairement pris en considération.

 

La biotechnologie rouge, la biotechnologie pour guérir

Avec près de 7.000 maladies considérées comme rares, dont plus de 80 % d’origine génétique, guérir les maladies à causes génétiques est un des espoirs de la biotechnologie.

La fin des années 1990 voit arriver les prémices des recherches sur le génome humain à buts thérapeutiques. Les premiers essais sont alors conduits sur l’homme, mais s’avèrent peu concluants. Seules 4,4% des études arrivent en phase III.

Bien que le nombre de malades par pathologies reste faible, ces maladies représentent de véritables risques de santé publique. En effet, trois millions de personnes sont touchées par les maladies génétiques en France et, en Europe, ce nombre se porte à 30 millions dont la moitié sont des enfants. La complexité de ces maladies génétiques repose sur le fait qu’elles peuvent toucher toutes les fonctions biologiques et tous les organes.

Bon nombre de ces maladies sont lourdement invalidantes, avec parfois un impact sur le pronostic vital. A l’heure actuelle, 95 à 99 % de ces maladies génétiques ne bénéficient d’aucun traitement curatif.

Depuis l’apparition de nouvelles technologies qui ont permis de réduire drastiquement les coûts, les essais cliniques à travers le monde se sont multipliés et donnent l’espoir de trouver des traitements appropriés.

CRISPR-Cas9 a même l’ambition de pallier aux pénuries de dons d’organes. Pour cela, des scientifiques ont créé des embryons mi-humains, mi-cochons. En Allemagne, une équipe a déjà greffé des cœurs de porc chez des babouins dont certains ont survécu plus de six mois, un record qui laisse entrevoir d’éventuels essais cliniques sur l’homme.

Cependant, ces technologies ne sont pas sans faille. Les modifications réalisées par CRISPR-Cas9 ne sont pas complètement maitrisées. Une modification précise peut être voulue par les scientifiques mais mal réalisée, CRISPR-Cas9 peut provoquer une mutation qui pourrait causer des cancers. Les scientifiques ont cependant affirmé que les effets hors cible sont diminués drastiquement. La majorité des chercheurs estime que les effets hors cibles sont marginaux. Ces effets sont très rares, ils représentent environ 1 modification sur 100 000, voire 1 sur 1 million.

 

Biotechnologie et coronavirus

Les scientifiques se servent de la biotechnologie comme alliée pour repérer et combattre le virus. En effet, deux start-up américaines, Sherlock Biosciences et Mammoth Biosciences ont l’autorisation de commercialiser leurs tests de la Covid-19 aux États-Unis. Ces tests utilisent la technologie CRISPR, elle repère le gène spécifique du Sars-CoV2 et émet une lumière fluorescente en cas de présence du virus. Les experts ont parié sur le CRISPR-Cas9 pour élaborer un test rapide (30 min), peu coûteux (40 dollars) et réalisable chez soi. Les laboratoires espèrent même baisser le coût du test à 1 ou 2 dollars.

 

Source : https://www.lepoint.fr/economie/vaccin-anti-covid-le-patron-de-pfizer-a-vendu-pour-5-6-millions-de-dollars-d-actions-11-11-2020-2400591_28.php

 

La biotechnologie s’est aussi fait remarquer dans la course au vaccin contre le coronavirus. En effet, le 9 novembre 2020, Pfizer annonce l’efficacité à 90% de son vaccin mais ce succès est aussi dû à une biotechnologie allemande, BioNTech. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont d’ores et déjà signé un contrat avec BioNTech et Pfizer pour obtenir respectivement 600 millions et 300 millions de doses pour l’Europe. Après approbabtion du vaccin, Pfizer pourrait fabriquer jusqu’à 1,3 milliard de doses pour le monde.

Pfizer et BioNTech ne sont pas les seuls à utiliser la biotechnologie à des fins médicales.

Un vaccin, développé par la biotech chinoise CanSino en collaboration avec l’institut des biotechnologies de Pékin a notamment été exceptionnellement approuvé par l’armée pour un usage limité malgré de sérieuses réserves quant aux possibles effets non désirés.

Moderna a souvent été considéré comme étant en pole position dans la course au vaccin et est aujourd’hui à l’instar de Pfizer en phase 3, des essais sont réalisés sur des centaines voire des milliers de personnes. Dès janvier, il développe leur vaccin soutenu par le gouvernement américain avec des financements à hauteur d’un milliard de dollars. La société avait publié en juillet des résultats prometteurs de son essai clinique de phase 1. Les données finales de cette dernière seront rendues publiques prochainement. 80 millions de doses de ce traitement en cas d’approbation ont été commandées par la Commission européenne qui a d’ores et déjà posé une option pour 80 millions de doses supplémentaires.

Des nombreuses sociétés de biotechnologie dans le monde entier se sont lancées dans la course au vaccin. Des laboratoires tels que Curevac (Allemagne), Inovio Pharmaceuticals (Etats-Unis), Bharat Biotech (Inde) ou Duke-NUS (Singapour) se trouvent en phase 2, des essais sont donc réalisés sur un faible nombre de volontaires.

 

L’éthique

Soigner les hommes est une continuelle quête pour l’homme. Cependant, cette nouvelle technologie permet de modifier le génome humain ce qui pose de nombreuses questions éthiques.

Tout d’abord, il faut distinguer les cellules somatiques, qui ne concernent que le patient traité, des cellules germinales, qui elles sont transmissibles à la descendance.

Peut-on donner le droit aux hommes de faire des modifications de façon héréditaire ? Des effets héréditaires non intentionnels peuvent-ils avoir lieu ?

Et inversement, est-il acceptable de refuser une modification du génome d’un patient atteint d’une maladie transmissible à sa descendance ?

Pour l’heure, toutes interventions sur les cellules germinales de l’homme restent interdites par les pays signataires de la convention d’Oviedo. L’Article 13 de cette convention stipule que « Une intervention ayant pour objet de modifier le génome humain ne peut être entreprise que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elle n’a pas pour but d’introduire une modification dans le génome de la descendance. ».

Toutefois, cette convention n’est effective « que » dans 29 des 47 pays membres du Conseil de l’Europe. Ainsi des pays tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Irlande et la Russie n’ont ni signé, ni ratifié ce texte le considérant trop restrictif. De plus, aucun des pays associés au Conseil de l’Europe à savoir l’Australie, le Canada, les États-Unis, le Japon ou le Mexique ne souhaite signer ce texte.

Le Royaume-Uni considère notamment cette convention trop restrictive. La législation britannique est précise mais permissive. Par exemple, elle autorise les « bébés médicaments » (sélection d’embryons pouvant servir de donneurs pour sauver des enfants souffrant de maladies graves). Ainsi, le Royaume-Uni attire de nombreux chercheurs de pays imposant une législation restrictive.

Aux Etats-Unis, seul un très large consensus s’interdit de modifier la lignée germinale de l’homme sur la base de l’autorégulation.

 

Source : https://www.france24.com/fr/20181128-bebes-genetiquement-modifies-chine-sida-hiv-crispr-polemique

 

Enfin la Chine, par ses moyens financiers colossaux et son absence de contraintes éthiques, est une source d’inquiétude et d’incertitude. En effet, en 2016, une équipe de scientifiques chinois aurait injecté des cellules modifiées à une personne atteinte d’un cancer du poumon. De surcroît, un chercheur chinois a brisé l’un des tabous de la communauté scientifique mondiale. Il a annoncé en 2018 avoir donné naissance à des bébés génétiquement modifiés. Ces jumelles sont nées avec un génome spécifiquement modifié pour résister au VIH. Cette modification a été rendue possible en isolant les spermatozoïdes du père porteur du virus. Mais inactiver ce gène peut rendre plus sensible à d’autres infections comme les grippes.

Cette expérience a aussitôt été sanctionnée par une condamnation universelle de la part de l’OMS car les risques de cette manipulation rendent l’acte irresponsable. En effet, les institutions internationales s’accordent à recommander une autodiscipline des scientifiques du monde entier, dans le cadre d’une recherche responsable.

Dès lors que la biotechnologie aura prouvé son efficacité sur les maladies rares ou génétiques, ainsi que les cancers, la question de l’intervention sur les cellules germinales sera de nouveau mise sur le devant de la scène.

 

La biosécurité

La biosécurité comprend principalement deux grandes inquiétudes : la sécurité au sein même des laboratoires et le bioterrorisme.

Alors que les laboratoires sont classés (niveau 1 à 4) par niveau de dangerosité, avec des règles de sécurité correspondantes, la simplicité et le faible coût des techniques laissent craindre le développement d’une « biologie de garage ». Ainsi, les institutions pourraient s’affranchir des laboratoires pour créer leur propre modification.

Les utilisations potentiellement malveillantes des biotechnologies, comme la création d’un virus ou la modification d’un moustique, deviennent possibles. En 2016, la CIA a souhaité classifier CRISPR-Cas9 comme une « arme de destruction massive » pour prévenir des risques potentiels en cas de mauvaise utilisation. Par son coût relativement bas (à partir de 60 dollars) et la facilité d’utilisation de cet outil (une licence de biologie suffit pour le manipuler), la possibilité de créer des agents dangereux, mais aussi la possibilité de modifier les gènes présentent pour la CIA une véritable menace.

Les rapporteurs préconisent un renforcement de la coordination des travaux de recherches civile et militaire, avec des moyens accrus sous le contrôle du Parlement.

 

Nasdaq Biotechnie Index (NBI)

Le NBI (Nasdaq Biotechnology Index), créé en 1993, est un indice américain qui se focalise sur les entreprises de biotechnologie et, à moindre titre les entreprises pharmaceutiques. Depuis le début de l’année, le NBI s’est valorisé de près de 37%. Cette performance s’avère meilleure que celle du Nasdaq Composite (+27%).

Les cinq premières capitalisations représentent à elles seules près de 35% de l’indice :

  • Amgen (8,10% de l’indice),
  • Gilead (7,64% de l’indice),
  • Vertex Pharmaceutic (7,39% de l’indice),
  • Regeneron (6,10% de l’indice),
  • Illumina (4,70% de l’indice).

Source : https://investiforum.fr/indice-star-50-hang-seng-tech-chine-nasdaq/

 

NBI – NASDAQ Biotechnology Index

Sur ce graphique en base hebdomadaire du NBI, on observe que l’indice est inscrit dans une tendance haussière depuis son point bas de juillet 2002 avec une forte accélération entre mars 2009 et son point haut de juillet 2015 où l’indice progresse de près de 600% sur cette période. Depuis ce plus-haut de 2015, le NBI a corrigé et est entré dans une phase de congestion (matérialisée par les segments noirs) avant d’en sortir par le haut en mai 2020 (cercle orange) et d’atteindre un nouveau plus-haut historique à 4600,54 en juillet dernier.

Dans cette configuration graphique, tant que notre niveau pivot des 3000 points (ligne bleue) ne sera pas franchi à la baisse, nous privilégions un scénario haussier sur l’indice biotech américain, avec un objectif par projection autour des 5500 points. Alternativement, la franche cassure de ce niveau pourrait nous conduire à un retour sur des niveaux inférieurs avec un premier objectif autour des 2000 points.

 

Pfizer

Sur ce graphique en base hebdomadaire de la société Pfizer, on observe qu’après son plus-haut historique à 49,54$ en avril 1999, le titre est d’abord entré dans une longue phase baissière jusqu’en mars 2009 où il chute à 11,62$ avant une inversion de tendance matérialisée par un canal ascendant. Entre avril 2012 (cercle orange) et la fin d’année 2019 (cercle rouge), les cours évoluent dans la partie haute du canal, avant de chuter en mars 2020 suite à l’évolution de la pandémie de coronavirus. Depuis ce point bas de mars, les prix ont entamé un rebond et sont venus franchir la médiane de notre canal début novembre, grâce à l’annonce d’un vaccin contre la Covid19 qui pourrait prochainement être commercialisé par le groupe pharmaceutique américain.

Dans cette configuration, tant que notre niveau pivot des 28$ (ligne bleue) ne sera pas franchi à la baisse, nous privilégions un scénario haussier sur le titre Pfizer, avec pour objectif, un retour sur le plus-haut historique autour des 49,50$. Alternativement, la franche cassure de ce niveau pourrait nous conduire à un premier objectif à 21$ (ligne rouge).

 

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Réalisé par Albane Desjardins avec l’aide de Jean-François M’Bongué

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SPECIAL ACTUALITE – Elections US : de l’inédit, à plus d’un titre !

Les citoyens américains votaient le 3 novembre 2020 pour élire le 46e président des Etats-Unis. Le scrutin étant indirect, les électeurs étaient en réalité appelés à élire les « grands électeurs », qui à leur tour éliront le prochain président le 14 décembre 2020.

Le président en fonction, Donald Trump, est candidat à un second mandat pour le Parti républicain. Le candidat du Parti démocrate désigné pour lui faire face est Joe Biden, vice-président de 2009 à 2017 sous la mandature de Barack Obama. À respectivement 77 et 74 ans, Biden et Trump sont les deux plus vieux candidats démocrate et républicain à la présidence dans l’histoire américaine.

L’élection est marquée par la pandémie de la covid-19, qui provoque des conséquences néfastes sur l’économie du pays et conduit à un nombre limité de rassemblements politiques. Dans ces conditions, le nombre de votes par voie postale explose, ce qui conduit le président sortant à dénoncer un risque de fraude et à remettre en cause le résultat de ces élections qui lui est défavorable.

 

 

Le bilan du mandat Trump

Le mandat du président sortant Donald Trump restera dans les mémoires à bien des égards. Le président américain a gouverné le pays tout en restant fidèle à son imposante personnalité, permettant à la presse internationale de faire couler beaucoup d’encre sur les exploits du locataire de la Maison-Blanche.

 

Source : https://www.lesoir.be/336613/article/2020-11-08/presidentielle-americaine-donald-trump-ne-reconnait-toujours-pas-sa-defaite

 

Révolution républicaine

Dès le début de son mandat, le président des Etats-Unis a immédiatement placé Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh (d’anciens républicains conservateurs) à la Cour Suprême. Par la suite, Trump a fait nommer un troisième juge à la Cour suprême (qui en compte neuf) juste avant les élections présidentielles. Sa candidate est la très conservatrice Amy Coney Barrett. Depuis Richard Nixon, aucun autre président américain n’a autant marqué de son empreinte la plus haute juridiction du pays lors de son premier mandat.

Ce possible « game changer » dans la dernière ligne droite avant la présidentielle du 3 novembre, place sous les projecteurs la révolution judiciaire que les républicains mènent discrètement depuis quatre ans. Trump et sa majorité au Sénat ont déjà nommé 218 juges fédéraux, soit plus de 25% du total. À l’exception de Jimmy Carter, aucun autre président n’a fait mieux pendant son premier mandat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Tous les juges ont été soigneusement sélectionnés par des groupes de pression conservateurs aux plans social, économique et religieux, représentant l’épine dorsale du parti. Ils sont pour la plupart des hommes (75%), blancs (85%), et surtout relativement jeunes. Ils pourront ainsi défendre le programme républicain pendant des décennies, ce qui pourrait être au final, le plus important héritage de Trump.

 

Guerre contre le Chine

Pour les Etats-Unis et la Chine, le match commence en mars 2018. Donald Trump décide d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium de nombreux pays. Premier producteur mondial des deux métaux, Pékin réplique un mois plus tard avec une liste de produits américains qui seront plus durement taxés, comme le vin, les fruits ou la viande de porc.

Dans les mois qui suivent, les deux géants alternent promesses de trêve et annonces d’augmentation des tarifs douaniers sur de nouveaux produits et font monter les tensions parallèlement alimentées par les suspicions d’espionnage qui planent sur Huawei et TikTok (voir notre Newsletter du 9 octobre sur Huawei : lien)

Malgré toute l’incertitude engendrée par cette guerre commerciale, on notera que Donald Trump est le premier à faire ce que beaucoup d’américains souhaitent depuis longtemps : réaffirmer la position des Etats-Unis comme première économie mondiale en luttant contre la montée en puissance de la Chine.

 

Législation de l’armement

Le lobby des armes, un des piliers traditionnels du Parti républicain, a réussi à maintenir son pouvoir d’influence sous la mandature de Donald Trump. Le 1er octobre 2017, les États-Unis ont connu la plus meurtrière tuerie de masse de toute l’histoire américaine lorsque Stephen Paddock a ouvert le feu pendant de longues minutes, à partir d’une chambre d’hôtel, sur des spectateurs d’un festival de musique à Las Vegas. Le bilan fait état de 60 morts et plus de 800 blessés.

Quelques mois plus tard, dans la Stoneman Douglas High School à Parkland, en Floride, 17 personnes ont perdu la vie dans l’attaque la plus sanglante jamais perpétrée dans une école secondaire aux États-Unis.

Des millions de citoyens ont participé au mouvement « March for our Lives » qui est le nom donné aux manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs grandes villes américaines le 24 mars 2018, en réaction à la fusillade de Parkland. Mais rien n’a changé, ou presque, au niveau de la loi sur l’armement. Seul le « bump stock« , cet accessoire pouvant équiper une arme à feu semi-automatique pour lui donner un fonctionnement proche d’une arme automatique, a été interdit.

 

Dérégulation

Le monde de l’entreprise a accueilli à bras grands ouverts la vague de dérégulation du président républicain. En effet, le pays a connu la plus forte baisse d’impôts depuis des décennies, les banques ont vu les règles s’assouplir, et 68 lois environnementales ont été supprimées en toute discrétion.

Les normes d’émissions des voitures ont été assouplies, les centrales électriques peuvent émettre davantage de gaz à effet de serre, les sites d’extraction de pétrole et de gaz peuvent à nouveau libérer du méthane et les forages pétroliers sont désormais autorisés dans une réserve naturelle en Alaska.

Ces mesures ont permis à Trump de créer de nombreux emplois pour son électorat, entre autres pour les habitants de la « Rust Belt » (nom d’une région industrielle du nord-est des États-Unis), même si cet effet semble temporaire.

Les incendies de forêt destructeurs sur la Côte Ouest, les ouragans d’une violence rare dans le sud et les records de pluie dans le Midwest illustrent la nature des changements climatiques, mais Trump rejette toute responsabilité humaine dans ces phénomènes. Et ce, alors que sa propre administration met en garde contre la hausse du coût économique de ces catastrophes et le danger qu’elles représentent pour la stabilité financière du pays.

Immigration

Même si la tolérance zéro envers les immigrants illégaux n’est pas une obsession typiquement républicaine, Trump en a fait la pierre angulaire de sa campagne mais son bilan sur ce sujet reste cependant mitigé.

Le nombre d’arrestations à la frontière mexicaine a grimpé en flèche : en 2019, on en comptabilisait près de 900.000, soit le nombre le plus élevé depuis 2007. Mais cette hausse en dit autant sur le désespoir face à la criminalité liée à la drogue et sur la pauvreté en Amérique latine que sur le renforcement des contrôles aux frontières. Il n’en reste pas moins que le discours radical de Trump a découragé bon nombre de candidats à la migration et fait baisser drastiquement le nombre de migrants illégaux.

En 2018, Trump a envoyé l’armée à la frontière mexicaine pour séparer de leurs parents des enfants mineurs entrés illégalement dans le pays. Des images choquantes d’enfants en pleurs derrière des barreaux ont provoqué d’énormes protestations et fait reculer Trump. Le nombre d’expulsions a augmenté chaque année, mais il est encore loin des chiffres de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

 

Graphique : Nombre d’immigrés clandestins expulsés par les deux derniers présidents américains

 

Et qu’en est-il de sa promesse très médiatisée « build the wall » ? Actuellement, le long de la frontière avec le Mexique qui fait environ 3.145 km, seulement 549 kilomètres de nouveaux murs ont été construits. En réalité, il s’agit surtout de renforcement ou de rénovation de l’infrastructure existante et seulement 50 km de nouveaux murs ont été construits.

De plus, le Mexique n’a pas déboursé le moindre peso. Du moins pas directement car Trump a exigé de plusieurs pays d’Amérique centrale qu’ils retiennent les migrants à l’intérieur de leurs frontières en les menaçant de pressions économiques.

Les migrations légales ont également été resserrées. Par exemple, Trump a interdit en 2017 l’entrée aux États-Unis de résidents de plusieurs pays musulmans, même s’il a fallu trois jugements pour autoriser cette mesure. Il est aujourd’hui beaucoup plus difficile d’obtenir un visa américain ou un permis de séjour, y compris pour les personnes très diplômées. Enfin, l’accueil de réfugiés a baissé de près de 90%.

 

Tensions sociétales

Sa politique migratoire illustre aussi comment Trump s’est mis en marge du débat identitaire. Parmi les manifestants néonazis de Charlottesville, il a vu « de nombreuses bonnes personnes ». Il a qualifié certains pays africains de « shithole countries » (« trou à merde ») et a subtilement légitimé des millions de partisans de la théorie du complot de l’extrême droite QAnon.

Il faut savoir que plus de 80% des Afro-Américains qualifiaient Trump de raciste d’après un sondage effectué en janvier 2020. De plus, au moment des décès tragiques de Breonna Taylor et George Floyd (pour ne citer qu’eux…), Trump n’a exprimé aucune compréhension face au mouvement de protestation « Black Lives Matter » et a même choisi de soutenir les forces de maintien de l’ordre, créant des tensions et des débordements dans certaines villes américaines s’apparentant presque à des scènes de guerre civile.

 

Droit pénal

Un grand accomplissement du mandat de Trump (car chose rare) est d’avoir réussi à obtenir un consensus politique en 2018, sur son « First Step Act« , la plus grande réforme du droit pénal en 25 ans. Elle doit mettre fin à la surpopulation dans les prisons, et surtout profiter aux minorités. Les peines de prison minimales obligatoires ont été supprimées, les libérations anticipées promues et le récidivisme combattu grâce à un meilleur accompagnement des anciens détenus.

Mais de nombreuses étapes doivent encore suivre. Avec plus de 2,3 millions de détenus (soit plus de 700 par 100.000 habitants), les États-Unis sont en tête du classement mondial, sachant que 40% des prisonniers sont des Afro-Américains, alors qu’ils ne représentent que 12% de la population.

 

Santé

Le coronavirus a déjà coûté la vie à 205.000 citoyens américains, soit le nombre le plus élevé au monde. Il s’agit de la plus grande crise de la présidence de Trump dont la gestion a été chaotique de par la manière dont il a minimisé cette maladie, contredit ses conseillers scientifiques et accouché d’une stratégie fédérale bancale.

Beaucoup d’encre a coulé sur l’accent mis sur la résistance économique plutôt que sur la promotion de l’importance du port du masque et de la distanciation physique, mais aussi sur son rejet de la responsabilité de la crise sur la Chine et les politiciens démocrates locaux.

Pour aggraver les choses, les républicains de Trump ont en partie démantelé l’Obama Care, la réforme des soins de santé introduite par Barack Obama, sans offrir la moindre solution de rechange digne de ce nom. Ils ont aussi réduit les programmes alimentaires et de lutte contre la pauvreté. Des millions d’Américains ont vu leur filet social (qui est déjà mince) s’effilocher encore davantage.

 

Economie

Donald Trump a réalisé beaucoup de ses promesses de campagne 2016. Le candidat s’était engagé sur des baisses massives d’impôts et sur d’importants investissements dans les infrastructures. Ces engagements ont tiré l’économie américaine et les indices boursiers américains vers le haut.

Les réductions d’impôts ont été actées par un accord avec le Congrès fin 2017. Elles profitent à tous les ménages imposables de façon presque proportionnelle aux revenus, de telle sorte que l’impôt moyen baisse de 8%. L’impôt sur les sociétés est quant à lui abaissé de 35% à 21%, soit un taux inférieur à la moyenne de ceux pratiqués dans les pays de l’OCDE. L’accord concernant la rénovation des infrastructures n’est quant à lui intervenu qu’au deuxième trimestre 2019 : ce sont 2.000 milliards de dollars de dépenses supplémentaires sur dix ans qui sont ainsi prévues.

L’économie américaine semblait au beau fixe fin 2019 : un marché du travail au plein-emploi avec un taux de chômage de 3,5%, une part des ménages sous le seuil de pauvreté qui atteint son plus bas niveau historique (10,5% au niveau fédéral) mais les inégalités, en particulier celles liées à l’appartenance raciale, sont en hausse.

Or, l’épidémie de la covid-19 a effacé la plupart de ce qui pouvait être considéré comme l’atout majeur du président Trump pour sa campagne de 2020, lui qui comptait sur son bilan économique pour obtenir un second mandat.

 

Twitter

Le président américain a gouverné le pays comme il a dirigé sa campagne électorale de 2016 : à coups de Tweets rocambolesques et inopinés qui pouvaient faire rire parfois, faire peur d’autres fois, et faire chuter ou grimper la bourse par moments …

On retiendra notamment les célèbres tweets « Rocket Man » qui visait le président de la Corée du Nord Kim Jong-Un, et « COVFEFE » qui a été compris comme une erreur de frappe du président américain mais qui aura tenu les réseaux sociaux en alerte pendant plus de six heures. Ce tweet aura donné naissance à une loi du même nom, introduite par un élu démocrate, et qui vise à inclure dans les archives nationales les tweets du président dans le but de promouvoir la transparence de la parole de la Maison Blanche.

Devant l’impact, le suivi quasi international de ces tweets incessants du président américain, JP Morgan a créé un indice baptisé « Volfefe » (en hommage au mystérieux tweet de Trump) qui mesure l’impact sur les marchés des tweets émis par Donald Trump.

 

Pessimisme avant le scrutin

Selon des sondages, plus de 90% des républicains continuent de soutenir Trump. Et il aurait pu obtenir le soutien d’un pourcentage encore plus important mais sa versatilité, le manque d’expérience de nombreux conseillers et les changements de têtes incessants dans son cabinet ont sapé sa popularité (il a licencié, entre autres, quatre chefs d’état-major et cinq conseillers nationaux à la sécurité).

Par conséquent, Trump a été le premier président de l’après-Guerre à ne jamais dépasser les 50% d’Américains le soutenant. Son score de popularité se situe aujourd’hui à 42%. Seuls George Bush senior et Jimmy Carter ont fait moins bien que lui à quelques encablures des élections (et n’ont d’ailleurs pas obtenu de second mandat).

Dans les sondages, Trump affiche depuis des mois un retard par rapport au démocrate Joe Biden. Lors des élections de mi-mandat, les républicains avaient déjà perdu le contrôle de la Chambre des représentants et six sièges de gouverneurs.

 

Joe Biden

Le président sortant devait défendre son mandat contre un adversaire de taille puisque qu’habitué à la sphère politique. Grand gagnant des primaires démocrates et ancien Vice-Président de Barack Obama de 2009 à 2016, Joe Biden connaît bien les mandatures américaines avec ses trente-six années consécutives en tant que Sénateur.

 

Source : https://www.lejdd.fr/International/joe-biden-remporte-la-pennsylvanie-et-sera-donc-le-prochain-president-des-etats-unis-4003957

 

Dès 2017, les spéculations sur sa possible candidature aux primaires démocrates pour l’élection présidentielle de 2020 se multiplient, notamment après la publication de ses mémoires. Si les médias mettent en avant son expérience et sa modération, il connaît un début de campagne difficile : avant même son entrée en lice, il est notamment accusé d’attouchements et comportements inappropriés par plusieurs femmes, dont une élue démocrate.

Son positionnement politique plus centriste que ceux de ses adversaires démocrates (notamment Bernie Sanders et Elizabeth Warren), sa richesse personnelle et ses prises de position passées lui attirent de vives critiques (opposition au mariage homosexuel ; soutien à l’amendement Hyde ; vote pour l’annulation du Glass-Steagall Act ; vote pour la guerre d’Irak…).

Le rebond de Joe Biden se réalise le 3 mars, lors du Super Tuesday (jour des primaires), où il déjoue la plupart des pronostics et remporte dix États. Ces performances contribuent à raviver sa campagne et amènent Michael Bloomberg et Bernie Sanders à se retirer de la course et à lui apporter leur soutien.

 

Le scrutin américain

Le vote n’est pas obligatoire dans le système électoral des Etats-Unis. Le taux de participation n’est d’ailleurs généralement pas élevé : en 2012, il était de 54,9% (environ 129,1 millions d’électeurs pour 235,2 millions de citoyens en âge de voter) et en 2016 de 55,7%. Le plus grand taux d’abstention fut en 1924, avec seulement 48,9% de participation. Si elles sont régies par des textes constitutionnels et législatifs fédéraux, les conditions de droit de vote diffèrent en fonction des Etats, notamment au sujet de la déchéance du droit de vote après une condamnation pénale et du droit de vote des personnes étrangères. De manière générale, ceux qui passeront par les urnes auront au minimum 18 ans pour l’élection présidentielle américaine. Par ailleurs, dans 19 États, les jeunes ont le droit, dès 16 ans, de voter pour les référendums et les élections municipales.

 

Source : https://www.levif.be/actualite/international/comment-suivre-les-resultats-des-elections-americaines-sur-le-vif/article-news-1352915.html?cookie_check=1604917291

 

Les Etats

Certains États comportent plus de grands électeurs que d’autres et convaincre leur électorat est donc plus intéressant pour les candidats. Il y a, bien entendu, le Texas (38 grands électeurs) et la Californie (55), mais le premier est traditionnellement en faveur des élus démocrates et le second en faveur des élus républicains. Lors de la campagne présidentielle américaine, il faut donc prioritairement convaincre les Américains des « swing states », ces Etats qui n’ont pas historiquement une préférence pour l’un ou l’autre des partis américains. Parmi ceux-ci, on retrouve par exemple New York et la Floride avec 29 grands électeurs.

 

Les grands électeurs

Les grands électeurs forment le collège électoral, qui élira officiellement le président des Etats-Unis au terme de l’élection américaine. Il y a 538 grands électeurs : le nombre de grands électeurs par État est égal au nombre de députés élus à la Chambre des Représentants, additionnés des 2 sénateurs de l’État. Ce nombre de députés est lui-même fonction du recensement démographique programmé tous les 10 ans en Amérique (le dernier ayant été fait en 2010 et servant donc pour la dernière fois lors des élections américaines 2020). Une particularité du mode de scrutin américain est le principe du « Winner-take-all » : hormis le Nebraska et le Maine qui optent pour une répartition proportionnelle, les États octroient la totalité de leurs grands électeurs au vainqueur du scrutin présidentiel. Cela explique qu’un candidat puisse perdre aux élections alors même qu’il avait plus de voix que le président élu : ce fut le cas lors de l’élection de George W. Bush face à Al Gore. Autre originalité de la politique américaine : aucune loi n’impose à un grand électeur de respecter le vote populaire en donnant sa voix au candidat ou à la candidate de son propre parti – cela n’arrive néanmoins qu’extrêmement rarement.

 

Le résultat des votes

En raison de l’épidémie de la covid-19 qui en est à sa deuxième vague, beaucoup d’américains ont pu voter par correspondance. Par conséquent, les dépouillements de certains swing states n’étaient pas terminés au lendemain du scrutin, laissant les américains dans l’attente d’un résultat définitif pendant plusieurs jours.

 

 

Source :                https://www.businessinsider.fr/election-presidentielle-americaine-resultats-serres-suivez-notre-direct-185757

 

Durant cette période d’atente, Trump a proclamé qu’il allait saisir la Cour Suprême pour fraude afin de procéder au recomptage dans certains états clés. Des voix se sont élevées rapidement contre ce discours, tant du côté du Parti républicain que du côté du Parti démocrate. Les médias américains se sont notamment insurgés face à ces déclarations et à l’auto-proclamation anticipée de sa victoire par Donald Trump au lendemain matin du scrutin.

Finalement, la victoire du candidat démocrate Joe Biden sera annoncée le samedi 7 novembre, soit 4 jours après le scrutin, avec 279 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour la victoire. Notons néanmoins que trois états n’ont pas encore donnés leurs chiffres définitifs (Caroline du Nord, Géorgie et Alaska) mais que même en cas de victoire du candidat républicain dans chacun d’entre eux, cela ne changera rien au résultat final.

On devra tout de même patienter jusqu’au 14 décembre 2020, date du vote des grands électeurs, pour confirmer et officialiser totalement l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. Dans les deux tiers des états, la question est réglée. Les grands électeurs qui « trahiraient » leur camp devront payer une amende et/ou seront remplacés, prévoit la loi. La Cour suprême a validé cette politique estimant qu’un état qui oblige ses grands électeurs à respecter « le vote de millions de citoyens […] agit en conformité avec la Constitution ». Cela signifie que c’est légal d’exiger la fidélité à son camp mais la Cour n’a pas dit pour autant que tous les Etats devaient forcément l’imposer. Cependant, il est très rare qu’on observe un retournement de situation au moment de la décision des grands électeurs, surtout que l’écart est conséquent entre les deux candidats, laissant peu de place à une surprise de dernière minute.

 

Le 46e Président des Etats-Unis : un mandat à enjeux

Joe Biden sera donc bien le prochain Président des Etats-Unis et devrait prendre ses fonctions dans le bureau ovale le 20 janvier 2021. Enfin vraisemblablement, puisque Donald Trump n’a pas encore renoncé à contester l’issue du scrutin. Les experts de la politique américaine n’ont pas l’air de croire que l’affaire ira au-delà des gesticulations de dépit, tant l’écart de voix est important dans les états pointés par le président sortant pour un recomptage.

Le nouveau Président Biden, après l’officialisation de sa victoire, s’est posé en président de la réconciliation, dans une Amérique touchée en profondeur par les tensions sociétales et les inégalités sociales. Néanmoins le challenge est de taille pour Biden puisque son élection témoigne elle-même d’une fracture en forte entre « l’Amérique profonde » (la population plus rurale ou exposée à l’industrie pétrolière voit toujours en Donald Trump sa meilleure chance de prospérité) et « l’Amérique citadine » où le candidat Biden a remporté la plupart de son électorat (il a remporté 36 des 37 principales métropoles américaines).

Côté ligne politique, le futur Président devrait se montrer plus empathique envers les alliés des Etats-Unis, les organisations internationales et l’écologie. En revanche, il maintiendra à coup sûr une certaine pression sur la Chine mais probablement dans un style différent de son prédécesseur.

Côté citoyens américains, on est relativement de content du résultat…à vrai dire les électeurs ont plus votés contre Donald Trump que pour le candidat démocrate. Il sera donc important pour Biden de rassembler les américains autour de lui en prenant des mesures sur des sujets forts délaissés par le Président sortant, telles que la lutte contre la crise sanitaire actuelle, ou la désescalade des tensions sociétales qu’on on conduit à des scènes de guerres civiles tout au long de l’année 2020.

Pour l’épauler, Biden avait annoncé au mois d’août que la sénatrice de Californie, Kamala Harris, serait sa colistière sur le « ticket » présidentiel. Elle est donc devenue, ce samedi 7 novembre, la première femme vice-présidente de l’histoire des États-Unis. Cette américaine issue de l’immigration avec une mère indienne et un père jamaïcain, est vue comme un symbole progressiste/moderniste de la part du nouveau Président. Mais cette nomination fait quelques face à quelques critiques.

Tout d’abord certains estiment que la nomination d’une femme issue d’une minorité est un coup de communication de la part de Biden pour faire oublier les différentes « affaires » d’agression sexuelle qui ont surgit durant sa campagne électorale, et faire  oublier  les propos racistes tenus par ce dernier durant cette même campagne où il avait affirmé en mai dernier : « Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas noir », ce qui lui avait couter à l’époque beaucoup de points d’intentions de vote de la part de la communauté afro-américaine.

De plus, Kamala Harris n’est pas particulièrement appréciée par l’ensemble des américains qui la connaissent déjà, et en particulier pour les résidents de l’Etat de Californie dont elle a été Procureur Général de 2011 à 2017.  Elle est considérée comme étant une procureur « dure » et avait déjà connues plusieurs critiques concernant (entre autres) son « absentéisme criminel » dans différentes affaires de violences policière sur des afro-américains, et sur son aspect intégriste sur les conditions d’emprisonnement pour les délits mineurs.

Le 46e Président des Etats-Unis devra donc faire au plus vite pour conquérir le cœur des américains qui en attendent beaucoup et rapidement dans un contexte compliqué et tendu, aussi bien au niveau de sa nation qu’au niveau international.

 

Analyse technique des indices américains

NASDAQ

A l’inverse de la précédente, les indices ont signé une semaine de forte hausse. Tout va toujours se jouer autour du point pivot des 9.750, tant que ce niveau tient, on privilégiera une reprise de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 15.575, puis les 18.885 points en extension. Scénario à confirmer toutefois en dépassant les 12.500 intermédiaires (borne supérieure du canal de LT). Alternativement, si notre point pivot venait à céder, cela nous conduirait à un test du support vers la zone psychologique des 8.000, en amont d’un possible retour vers les 6.800 points.

 

DOW JONES

A l’inverse de la précédente, les indices ont signé une semaine de forte hausse. Tout va toujours se jouer autour du point pivot des 9.750, tant que ce niveau tient, on privilégiera une reprise de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 15.575, puis les 18.885 points en extension. Scénario à confirmer toutefois en dépassant les 12.500 intermédiaires (borne supérieure du canal de LT). Alternativement, si notre point pivot venait à céder, cela nous conduirait à un test du support vers la zone psychologique des 8.000, en amont d’un possible retour vers les 6.800 points.

 

S&P500

Tant que notre point pivot situé sur les 2.900 ne sera pas cassé, on s’orientera vers une poursuite de la tendance de fonds avec un premier objectif à 4.000 correspondant à un seuil psychologique ainsi qu’à la borne supérieure de notre canal haussier, puis par projection, à un second objectif autour des 4.900 points. Alternativement, le franchissement à la baisse de notre niveau pivot conduirait à un premier test du support des 2.500 avant un potentiel retour sur l’overlap des 2.150 points si l’inversion de tendance venait à se confirmer.

 

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SPECIAL SECTEUR – Le tabac : une industrie qui part en fumée ?

Le tabac, cette plante originaire des Amériques, était utilisé par les populations Maya pour combattre leurs maux comme la faim ou la fatigue. Christophe Colomb découvre l’Amérique avec sa population et ses coutumes et ramène de son expédition cette plante alors appelée « petum ». Catherine de Médicis souffrant de maux se voit proposer cette plante qui va lui permettre de guérir. Suite à cette guérison, la plante se répand alors en Europe pour ses vertus médicinales puis la fumer devient un plaisir.

Source : http://www.racontemoilhistoire.com/2015/10/histoire-du-tabac-cigarette/

 

En 1953, les premiers rapports scientifiques publiés dans les journaux américains démontraient une corrélation entre tabac et cancer. Pris de panique, les cigarettiers se reposent sur la force de la publicité, n’hésitant pas à inclure des médecins dans leur message publicitaire.

Le lobby des cigarettiers va aller jusqu’à influencer les recherches scientifiques. Ils créent le Council for Tobacco Research (CTR) qui financera pour plus de 300 millions de dollars des recherches pour entretenir le doute sur la toxicité du tabac.

Cette stratégie fonctionnera jusqu’en 1964 quand le gouvernement reconnaîtra la dangerosité du produit. Au cours de ces 10 années de doute, plus de 8.000 milliards de cigarettes ont été vendues et aurait engendré 8 millions de morts supplémentaires.

 

En 1994, le lobby des cigarettiers a été poursuivi en justice par 46 Etats américains. Les dirigeants des 7 plus grandes entreprises de tabac ont alors clamé à l’unisson « I believe nicotine is not addictive » (« je crois que la nicotine n’est pas addictive »).

En 1998, à la suite de ce procès, les cigarettiers s’engagent à payer 188 milliards d’euros, à arrêter de cibler les jeunes et à rendre public les secrets de leur industrie.

 

Les consommateurs

Aujourd’hui, un adulte sur cinq est fumeur. Ces fumeurs se concentrent plus spécifiquement dans certaines régions du monde : l’Asie du sud-est, les îles du Pacifique et l’Europe. En effet, cinq pays de ces régions ont plus de 40% de la population qui fume : Kiribati, Monténégro, Grèce, Timor et Nauru. Ces pays sont suivis par l’Indonésie, la Russie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Chili.

Plusieurs facteurs influent sur ce tabagisme. La prospérité est l’un de ces facteurs : les pays les plus riches ont tendance à fumer davantage. La prévalence du tabagisme diffère également de manière significative entre les hommes et les femmes. 35% des hommes sont fumeurs contre seulement 6% des femmes. Enfin, les plus gros fumeurs se trouvent en Europe de l’Est, Amérique du Nord et en Océanie avec une moyenne de 20 à 25 cigarettes par jour.

 

Source : https://www.leparisien.fr/international/tabagisme-la-chine-generalise-l-interdiction-de-fumer-dans-les-lieux-publics-22-11-2016-6360603.php

 

Le tabac sur la santé 

Le tabagisme est l’un des plus grands fléaux qui pèse sur la santé publique mondiale. Il représente plus de 8 millions de morts annuellement, soit 13% des décès mondiaux selon l’OMS. Aucun autre produit de consommation courant ne tue jusqu’à la moitié de ses consommateurs. Plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et environ 1,2 million sont des non-fumeurs exposés involontairement aux fumées (contre 1,3 million de décès dus à des accidents de la route). Le tabagisme passif tue même 65.000 enfants chaque année.

En France, le tabac est la cause de quelques 73.000 décès annuels, ce qui représente 12% des décès totaux. Par conséquent, le gouvernement souhaite diminuer le nombre de fumeurs.

En effet, le tabac est à l’origine de multiples maladies. Un cancer sur trois est dû au tabagisme dont le plus connu est celui du poumon (80% à 90% des cas sont liés au tabagisme actif). D’autres cancers sont également provoqués par le tabagisme : gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie, ou utérus. Enfin, le tabac couplé à l’alcool provoque fréquemment le cancer de l’œsophage.

D’incalculables maladies sont liées ou aggravées par le tabagisme telles que les maladies cardio-vasculaires, les gastrites, les ulcères gastro-duodénaux, le diabète du type II, l’hypercholestérolémie, l’eczéma, le psoriasis, le lupus, les infections ORL et dentaires, la cataracte et la DMLA, et bien plus encore.

 

Source : https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/tabac/articles/quelles-sont-les-consequences-du-tabagisme-sur-la-sante

 

Quand les consommateurs prennent pleinement conscience des effets du tabac sur leur santé, la plupart souhaite arrêter de fumer, mais seules 4% des tentatives de sevrage aboutissent sans aide externe. Ainsi pour contrer ce fléau, les gouvernements doivent mettre en place des aides au sevrage qui, jusqu’alors, ont permis de doubler les chances de réussite.

 

Le coût du tabac pour les pays

De conséquentes pertes économiques sont imputées au tabagisme à cause des coûts élevés des soins, de la perte de productivité inhérente aux maladies ainsi qu’aux décès. Dans les pays développés, le coût annuel global des soins de santé attribués au tabagisme se situe entre 6% et 15% de l’ensemble des frais de soins de santé.

Aux Etats-Unis entre 1995 et 1999, le tabagisme a causé en moyenne 440.000 décès par an et a entraîné des pertes économiques de l’ordre de 157 milliards de dollars pour les frais de santé annuels, 81,9 milliards de pertes de productivité liées à la mortalité et 75,5 milliards en dépenses médicales supplémentaires. En Chine, une étude des années 1990 a estimé que les coûts sanitaires globaux s’élevaient à 6,5 milliards de dollars par année.

En 2015, l’économiste Pierre Kopp a évalué les coûts liés au tabac en incluant les coûts « externes » (vies perdues, pertes de production pour les entreprises, diminution de la qualité de vie, effets sur le bien-être). Il a conclu à un « coût social » du tabac qui s’élève à 120 milliards d’euros par an.

Aujourd’hui, 15 milliards d’euros annuels de déficit net peuvent être imputés au tabac ce qui impacte fortement les finances publiques françaises.

Une réduction de la consommation de tabac serait bénéfique au développement économique et à l’emploi. Le poste de dépense consacré au tabac est amputé sur les autres biens ou services. Ainsi, une diminution de ces dépenses se reporterait sur des secteurs tels les loisirs, le sport ou la nourriture qui sont créateurs d’emplois dans les pays importateurs de tabac.

 

La cigarette en France

En 1976, le premier grand texte de loi dans le but de lutter contre les méfaits du tabagisme est promulgué par Simone Veil. La loi interdit principalement la publicité directe ou détournée ainsi que le parrainage de compétition sportive. Elle interdit de fumer dans certains lieux collectifs (locaux recevant des mineurs, hôpitaux ou locaux d’alimentation) et elle impose aussi la mention « abus dangereux » sur les paquets.

Source : https://www.lejdd.fr/Politique/simone-veil-etait-lune-des-personnalites-preferees-des-francais-3376349

 

Cette première loi sera ensuite renforcée par la loi Evin de 1991 qui est sans nul doute la plus connue. Elle a pris en compte l’importance du tabagisme passif. Elle a d’abord interdit de fumer dans les lieux publics hors « zone fumeur ». Elle proscrit la vente de tabac à toute personne de moins de 18 ans ainsi que toute publicité par les marques de tabac. Cette loi a ensuite été modifiée en 2007 et 2008 afin de bannir totalement la cigarette dans les lieux publics.

En 2011, les consommateurs voient l’arrivée des images chocs et dissuasives sur les paquets, suivi en 2014 par l’apparition des paquets de cigarettes neutres (sans couleur ni marque) par conséquent moins attractifs.

 

L’évolution du prix du tabac

Avec l’augmentation des taxes et donc du prix du paquet de cigarettes, l’Etat dit vouloir faire diminuer le nombre de fumeurs. Or, la Cour des comptes avait rapporté en 2016 que les différentes augmentations des taxes dictées par l’Etat n’étaient pas assez conséquentes et régulières. Selon cette autorité, une hausse de 10% minimum est nécessaire pour provoquer une baisse durable des ventes.

La nécessité de l’augmentation régulière des prix peut être constatée sur le graphique ci-dessus. En effet, la stagnation des prix entre 2014 et 2015 fut suivie d’une reprise des ventes de tabac.

Selon l’OMS, « une hausse des prix de 10% fait reculer la consommation d’environ 4% dans les pays à revenu élevé, et d’environ 5% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. ».

L’exemple le plus probant est celui de l’Australie : le paquet de Winfield, la marque la plus populaire du pays, coûtait 5 dollars australiens en 1990 contre 22 en 2016 ce qui représente une augmentation de 440%. Grâce à cette évolution du prix, le nombre de consommateurs atteint seulement 14%. Le gouvernement australien envisage même de porter le prix du paquet à 40 dollars australiens (soit 25 euros) d’ici décembre 2020.

 

La taxation

En France, les cigarettes sont taxées à hauteur de 82%. Sur un paquet à 10 euros s’applique :

  • Un droit à la consommation du tabac (DCT) d’un minimal de 62,8% reversé en parti à la Sécurité Sociale.
  • La TVA à 16,6% qui revient au gouvernement.
  • La rémunération du débitant et du fabricant de respectivement 0,99 et 0,68 euro.

Voici une décomposition classique du prix d’un paquet de cigarette :

En mars 2019, la hausse du prix d’un euro des paquets de cigarettes a permis au gouvernement d’augmenter ses recettes fiscales de 702 millions d’euros alors que le l’Etat n’espérait « que » 510 millions d’euros.

Au total, les taxes et la TVA sur les cigarettes, le tabac à rouler, le tabac à pipe, le tabac à chicha et les cigares n’ont rapporté pas moins de 14 millions d’euros malgré la diminution des ventes due à la hausse des prix.

 

Les pays producteurs de tabac

Seuls 2 pays sur 125 exportateurs de feuilles de tabac sont dépendants économiquement du tabac. La vente de tabac brut représente, au Zimbabwe, 16% et au Malawi jusqu’à 63% des recettes à l’exportation.

Source : https://www.rollingstone.fr/coronavirus-des-feuilles-de-tabac-pour-produire-un-vaccin/

 

A titre d’exemple, la Chine, plus gros producteur de tabac du monde, compte seulement 3% des agriculteurs qui cultivent du tabac. La culture du tabac ne correspond qu’à environ 1% de l’ensemble de la production agricole. Parallèlement, le tabac n’emploie que 1,9% de l’ensemble de la main-d’œuvre agricole brésilienne et 0,44% de la main-d’œuvre totale selon l’OMS.

Enfin, la fabrication des produits finis à base de tabac comme les cigarettes est fortement mécanisée ce qui crée peu d’emplois.

 

Les impacts environnementaux et sociaux

La déforestation est l’un des impacts majeurs. Depuis les années 1970, 1,5 million d’hectares de forêt auraient été détruits ce qui contribue jusqu’à 20% de l’augmentation annuelle des gaz à effet de serre. En effet, la déforestation est l’un des acteurs majeurs du changement climatique.

Aujourd’hui, la production du tabac engendrerait 5% de la déforestation mondiale, en moyenne 200.000 hectares de terrains boisés sont rasés chaque année.  A titre d’exemple, au Malawi, près de 80% des arbres coupés sont utilisés pour le tabac, alors même que les planteurs de tabac ne représentent que 3% des agriculteurs de cette région.

Cette déforestation est aussi à l’origine à la dégradation de la biodiversité, la dégradation des terres, l’érosion des sols, la pollution de l’eau, la réduction de la fertilité et de la productivité des sols, ainsi qu’à la perturbation des cycles de l’eau.

De surcroît, un plant de tabac nécessite 10 fois plus d’eau qu’un plant de pommes de terre. Fumer un paquet de cigarettes (20 cigarettes) par jour pendant 50 ans entraîne l’épuisement de 1,4 million de litres d’eau.

La production du tabac impacte aussi socialement. Annuellement, 6.000 milliards de cigarettes sont fabriquées et 90% de cette fabrication se fait dans des pays en voie de développement. Par manque de régulation, les travailleurs sont exposés à des pesticides dangereux interdits dans la plupart des pays développés en raison de leur impact environnemental et sanitaire élevé. Au Kenya, 26% des travailleurs présenteraient des symptômes d’empoisonnement par les pesticides qui peuvent provoquer des anomalies congénitales, des tumeurs ou des troubles neurologiques. Cette maladie dite « du tabac vert » se retrouve plus particulièrement chez les jeunes travailleurs. En effet, la production de tabac implique aussi des travailleurs mineurs : au Malawi, 80.000 mineurs travailleraient dans les champs de tabac.

 

Source : https://blog-vape.com/2018/07/20/13-million-denfants-travailleraient-dans-les-champs-de-tabac/

 

L’impact de la cigarette commence par la production mais la consommation en elle-même influe aussi sur l’environnement. La fumée de l’ensemble des cigarettes représente 0,2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. A l’échelle de pays cela représente les rejets du Pérou ou de l’Israël.

Les cigarettiers

Derrière ce produit mortifère se cache un lobby très puissant : les cigarettiers. Les marchés internationaux sont dominés par quelques entreprises : China Tobacco, Philip Morris International, Altria, British American Tobacco (BAT), Imperial Brands et Japan Tobacco.

Pour garder son monopole, l’industrie du tabac dépense chaque année des milliards de dollars en publicité et en promotion pour les cigarettes et le tabac sans fumée. En 2019, plus de 9 milliards de dollars ont été consacrés dans cette publicité et promotion, « soit environ 25 millions de dollars par jour et plus d’un million de dollars par heure ».

Les revenus provenant de la cigarette représentent 715 milliards de dollars en 2019 avec une croissance espérée de 2,8%. Ces revenues proviennent principalement de la Chine avec 232 milliards de dollars en 2020 contre « seulement » 114 milliards pour les Etats-Unis, deuxième producteur mondial.

 

China National Tobacco

Introduit en bourse avec succès en 2019, China National Tobacco produit plus de 2.300 milliards de cigarettes par an et représente même 43% du marché mondial dû à son monopole chinois : China National Tobacco représente 97% des ventes du marché chinois. Ainsi, son activité se concentre principalement en Chine qui est le plus grand producteur mais aussi consommateur avec plus de 300 millions de fumeurs sur une population globale de 1,4 milliard de chinois. Ils représentent à eux seuls plus de 40% des consommateurs mondiaux.

 

Philip Morris International (PMI)

En 2008, le géant Altria se sépare de Philip Morris afin de se tourner vers l’extérieur pour se diversifier et se prémunir contre le déclin des ventes de cigarettes, Philip Morris compte sur une stratégie interne de développement de substitut de cigarettes.

En 2019, Philip Morris a vu le volume des cigarettes diminuer d’environ 4,5% mais en pariant sur le tabac chauffé, ils ont augmenté leurs ventes en volume d’unités de tabac chauffées de 44,2%.

Cette même année, Philip Morris aurait vendu 706 milliards de cigarettes, soit 14% de la production mondiale. La société a déclaré enregistrer 13,7 millions d’utilisateurs de produit de tabac chauffé.

Bien que les ventes du produit soient encore beaucoup plus faibles que celles des cigarettes traditionnelles, le tabac chauffé représente un autre potentiel de croissance.

Source : https://www.dfnionline.com/latest-news/philip-morris-international-sees-strong-growth-next-gen-cigarette-fall-11-02-2019/

 

Le tabac : une valeur défensive

L’industrie fait face à une tendance baissière depuis les années 1990. Par exemple, entre 2003 et 2017, les ventes de cigarettes ont reculé de 1,3%. Cependant en 2020, les fabricants de tabac traditionnel font état de ventes et de bénéfices solides. En valeur, elles ont même progressé de plus de 25%, selon Euromonitor. Ces entreprises présentent des revenus substantiels et stables, et les dividendes ne sont pas voués à faiblir. Par exemple, depuis sa scission d’Altria, Philip Morris a augmenté son dividende chaque année et à la fin de 2019, qui a ainsi augmenté de 154%.

Ce secteur tente de garder sa position défensive grâce à la croissance dans les marchés émergents. De plus, dû à l’augmentation de la population mondiale, le nombre des fumeurs devrait atteindre plus de 1,7 milliard en 2025 contre 1,3 milliard si la prévalence mondiale du tabagisme demeure inchangée.

A l’inverse, les taxes ont impacté négativement le nombre de fumeurs dans les pays développés. Le prix du tabac acheté par les entreprises du secteur est resté approximativement stable. Ainsi, les cigarettiers font leur profit principalement sur leur marque ainsi que leur packaging.

Cependant, suite à la crise du coronavirus, le secteur s’est avéré moins défensif que lors du dernier ralentissement économique. En effet, de 2008 à 2010, BAT et Altria ont surperformé le S&P500. Or avec la crise, les grandes actions cotées du tabac sont toujours en baisse de 10 à 20%, alors que l’indice américain s’est apprécié dans le même temps.

Contrairement à d’autres secteurs, les industriels du tabac n’ont pas réduit leurs dividendes durant la crise mais peu d’investisseurs ont été tentés par les fortes distributions de ce secteur. Altria, BAT et Philip Morris offrent un rendement moyen de 7,8%, soit quatre fois la moyenne du S&P500. Cependant, les investisseurs se focalisent davantage sur la réglementation en matière de tabac, la menace des substituts et l’impact du tabagisme sur la santé. En effet, les préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance deviennent une priorité sur les marchés.

Les experts s’attendant à un retournement du marché d’ici 2022 avec une baisse des revenus de 0,3% pour une chute des volumes de 8%. Par conséquent, les cigarettiers tentent de se démarquer en investissant massivement dans les substituts de cigarettes plus acceptables sur un plan social. Ces investissements demeurent possibles par les ventes de cigarettes traditionnelles qui génèrent les milliards de dollars nécessaires à la recherche et au développement de nouveaux produits.

A l’horizon 2025, British American Tobacco vise qu’un cinquième de ses ventes soit fait à travers des substituts. La société a profité de la crise sanitaire pour stimuler son commerce électronique et notamment ses abonnements en ligne.

 

Source : https://www.europe1.fr/sante/la-cigarette-electronique-peut-elle-vraiment-aider-a-arreter-de-fumer-2846302

 

Philip Morris International prévoit la fin de la cigarette d’ici « 10 à 15 ans » dans certains pays. Le directeur général du groupe a déclaré qu’« un monde dans lequel les cigarettes sont obsolètes est à portée de main ». Il ne prévoit pas la disparition totale du tabac mais plaide pour l’essor d’alternatives, comme le tabac à chauffer. Cette stratégie est la plus proche de ce qui pourrait être un monde sans cigarette, elle veut que 42% de ses ventes soient non-fumeurs d’ici 2025. Elle a notamment été récompensée par une valorisation boursière supérieure parce qu’elle ne vend pas de cigarettes aux États-Unis.

PMI a donc placé ses espoirs dans les produits du tabac HNB (Heat-not-burn) où elle a investi 7,2 milliards depuis 2008 pour créer sa marque phare : IQOS. Bien que le procédé HNB soit similaire à celui utilisé par les vaporisateurs et les e-cigarettes, les IQOS utilisent du tabac plutôt que le liquide présent dans les vaporisateurs. Ainsi, Philip Morris peut utiliser la même chaîne d’approvisionnement que pour les cigarettes traditionnelles. La société affirme que les appareils HNB sont plus sûrs que les cigarettes traditionnelles parce qu’ils ne brûlent pas de tabac. Cependant, la science débat encore et la FDA n’a pas réussi à trancher sur sa dangerosité.

A contrario, le pari de 13 milliards de dollars de la cigarette électronique n’a pas été un succès pour Altria. Sa marque phare, JUUL, a été accusée d’avoir vendu illégalement ses produits à des mineurs et d’avoir ciblé des lycéens ce qui lui vaut une multitude de scandales. Cette cigarette électronique a même fait face à des polémiques aux Etats-Unis après une soudaine crise de maladies pulmonaires sévères liées au vapotage qui a engendré 2.700 hospitalisations et 60 morts. La cause a été imputée à un ingrédient souvent ajouté dans des recharges infusées au cannabis et vendues sur le marché noir. Le produit est maintenant en voie de disparition.

L’effet des cigarettes électroniques sur la santé reste encore mal connu à l’instar du tabac à chauffer. Ils contiennent certes moins de substances toxiques mais la nicotine qui entraîne la dépendance est toujours présente.

Ainsi, la crise sanitaire pourrait être un atout pour les cigarettiers. Le renforcement de la réglementation sur le tabac risque d’être relégué au second plan par les gouvernements qui doivent faire face aux problèmes économiques causés par la pandémie. Cela pourrait inverser la sous-performance des valeurs boursières des entreprises du tabac. Dans le monde et selon les estimations de Crédit Suisse, les ventes sur le marché du tabac devraient encore augmenter de 2,8 % par an d’ici 2024.

 

Analyse technique de Philip Morris

 

Sur ce graphique en vue hebdomadaire du titre Philip Morris, nous remarquons que les cours ont connu une belle croissance entre le point bas de mars 2009 et le plus-haut historique du groupe américain enregistré à 123$ en juin 2017. Depuis ce sommet, le prix de l’action a corrigé jusqu’en 2019 dans une avant d’évoluer tout au long de l’année entre 65$ et 90$ (respectivement ligne verte et ligne rouge). En début d’année 2020, le titre s’effondre à 56$, comme la plupart des marchés suite à la crise sanitaire, et vient marquer en mars, un plus-bas depuis 2011 avant de tenter un rebond qui viendra bloquer sa progression sur le niveau pivot des 78$ (ligne bleue).

Dans cette configuration, tant que notre niveau de résistance des 90$ ne sera pas clairement franchi, avec d’abord le franchissement de notre niveau pivot (ligne bleue), nous privilégions un scénario baissier sur le titre Philip Morris avec un premier objectif à 65$, qui si atteint nous amènerait sur un retour aux points bas de mars autour des 55$. Alternativement, la franche cassure ce cette résistance remettrait en cause notre scénario baissier et nous donnerait un premier objectif autour des 110$.

 

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SPECIAL SECTEUR – Automobile : dérapage incontrôlable ?

Marché automobile mondial

Le marché automobile mondial s’enfonce dans une crise historique, l’année 2020 s’annonçant comme la pire année jamais enregistrée pour le secteur, avec une baisse prévue des ventes de plus de 25%.

 

 

Après une baisse de 4% des ventes en 2019, suite au ralentissement de la croissance économique mondiale et à la mise en œuvre de nouvelles réglementations en Europe et en Chine, les ventes de véhicules particuliers (VP) se sont effondrées au premier trimestre de l’année 2020 en raison de la crise sanitaire du coronavirus. La baisse a été particulièrement importante en Chine (-43%), premier pays touché par la pandémie, suite à la fermeture des usines et aux mesures de confinement strictes de la population.

 

Source : https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/

 

Les chiffres de vente pour le mois d’avril dans les principaux pays européens montrent l’ampleur de la crise à venir. En Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, les ventes ont baissé de 97% en avril. En France, les immatriculations ont chuté de 89%, tandis que les ventes en Allemagne ont mieux résisté avec une baisse de 61% à 1,3 million d’unités.

Les ventes de véhicules électriques (VE) ont cependant mieux résisté au premier trimestre 2020, en particulier en Europe, qui devient le premier marché mondial. Pour faire face aux difficultés du secteur automobile, les gouvernements mettent en œuvre des plans de relance sans précédent.

 

Source :  https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/

 

Des signaux plutôt positifs ont néanmoins été aperçus depuis la fin de l’été 2020. A l’échelle mondiale, la bonne nouvelle émane de Chine. Le marché numéro un au monde a affiché une progression de 16,4% en août 2020. Il s’agit de la quatrième hausse mensuelle d’affilée après les chutes brutales de février et mars consécutives au confinement du pays. Malgré le fait que le secteur automobile chinois accuse encore un repli de 12,7% de ses ventes depuis le début de l’année, cette série positive est une première depuis 2018 et beaucoup espèrent qu’elle mettra un coup d’arrêt au cycle baissier qui affectait le marché national ces deux dernières années.

Le sujet est d’importance pour la suite de l’avenir du secteur et pas seulement du côté des groupes automobiles mais aussi de celui des grands équipementiers de rang international, très dépendants de l’appétit d’achat des automobilistes asiatiques. L’industrie française appartient à ce club, avec quatre entreprises majeures que sont Valeo, Faurecia, Michelin et Plastic Omnium.

 

Marché automobile français

 

Source : https://www.marokoto.com/article/secteur-automobile-comment-limiter-les-degats-1591551165

 

Du 17 mars 2020 jusqu’au déconfinement, les espaces de vente ont tous dû fermer leurs portes. Si quelques marques ont poursuivi leur activité avec de la vente en ligne, les premiers effets se sont rapidement fait sentir avec une chute des ventes de 72% en mars et de 89% en avril. Sur les 4 premiers mois de l’année (janvier-avril 2020), le marché automobile a perdu 355.854 ventes par rapport à la même période en 2019. Pour bien comprendre l’ampleur de la crise, en avril dernier, il s’est vendu environ 500 véhicules neufs par jour, contre près de 6.400 unités par jour en avril 2019. Un triste record que le secteur automobile n’a jamais connu même pendant la crise de 2008.

Sur l’année en cours, les chiffres ne sont pas meilleurs… Avec 998.409 unités vendues au cumul des huit premiers mois de l’année 2020, soit un repli de 32% par rapport à la même période en 2019, on comprend bien que le marché automobile français est sous tension. Dans ce contexte, on observe un retour de la course aux alliances et à des projets de restructuration dans un soucis de consolidation afin de créer de grands groupes qui seraient plus à-même de résister à l’évolution du marché.

 

PSA (Peugeot Citroën) – FCA (Fiat Chrysler)

Pour mémoire, Fiat Chrysler cherche un partenaire depuis le début des années 2010, juste après l’absorption du groupe Chrysler aux Etats-Unis. Plusieurs candidats ont regardé le dossier, avant de le refermer face aux exigences des actionnaires. En 2019, un premier projet de fusion avec le groupe Renault avorte face aux réticences de l’Etat français. C’est le groupe PSA qui trouve un terrain d’entente avec FCA quelques mois plus tard. En décembre 2019, un accord de fusion est signé, et soumis à la Commission européenne pour validation.

 

Source : https://www.auto-moto.com/actualite/business/peugeot-fiat-enjeux-rapprochement-chiffres-223703.html

 

En septembre 2020, les deux constructeurs avaient rassuré les marchés sur le fait que la fusion restait d’actualité malgré la crise sanitaire, mais sont contraints d’ajuster quelques paramètres, notamment dans la compensation entre actionnaires et ainsi renforcer la trésorerie de la nouvelle entité. C’est pourquoi les deux groupes ont proposé des concessions à la Commission européenne pour dissiper ses craintes en matière d’atteinte à la concurrence. On retiendra notamment fin octobre, la cession de 7% de l’équipementier Faurecia par la maison Peugeot afin d’assainir la trésorerie du futur groupe et d’éviter des nouvelles discussions anti-trust. Cette décision devrait leur permettre d’obtenir un feu vert de Bruxelles pour la naissance du nouveau groupe nommé Stellantis qui deviendrait le quatrième groupe automobile mondial.

 

Volkswagen : Audi – Bentley

Le 25 octobre dernier, Volkswagen a annoncé prévoir de faire de la marque de luxe britannique Bentley une filiale de sa division Audi dans un souci d’économies d’échelle sur son segment haut de gamme. Bentley passera donc l’année prochaine sous la supervision d’Audi. Les synergies ainsi réalisées pourraient permettre d’utiliser la technologie Audi pour un nouveau SUV Bentley.

 

Source : https://www.motor1.com/news/450810/audi-take-control-bentley-rumor/

 

Volkswagen se penche sur l’avenir de ses marques de prestige comme Lamborghini, Bugatti et Ducati dans le cadre de son évolution vers la production en masse de véhicules électriques. Le groupe pourrait notamment introduire Lamborghini en Bourse, selon des sources de Reuters.

 

Renault

Un nouveau dirigeant est arrivé à la tête du constructeur français depuis le 1er juillet 2020, et il s’agit de Luca De Meo. Le nouveau PDG arrive avec une nouvelle vision et de grandes intentions. A son arrivée, lors d’une de ses premières sorties, il s’exprime en disant que : « Quand je suis arrivé chez Renault, j’y ai trouvé la même situation qu’à l’ingénierie de PSA en 2013. Des coûts trop élevés et un mauvais ratio prix-volume. Faire du volume de vente quand on n’y gagne pas d’argent est une erreur ; d’où la volonté de développer la rentabilité sur chaque modèle ».

 

Source : http://www.renault-apt.fr/

 

Après des comptes semestriels catastrophiques marqués par une perte record de 7 milliards d’euros, le constructeur au Losange a fait état, vendredi 23 octobre, d’un chiffre d’affaires trimestriel toujours en repli de 8,2%, mais avec quelques signes d’amélioration puisque que les marges sont en augmentations avec une baisse des volumes : un des premiers effets de la stratégie impulsée par le nouveau dirigeant.

 

Mercedes-Benz – Aston Martin

Fin octobre 2020, le groupe allemand Mercedes a annoncé augmenter sa participation dans Aston Martin à hauteur de 20% (contre 5% initialement). Il existe déjà un partenariat technologique entre les deux groupes depuis 2013, dans lequel Mercedes fournit des moteurs au constructeur britannique. Le nouvel accord ouvre à Aston Martin l’accès à une série de nouvelles technologies développées par la marque à l’étoile pour sa nouvelle génération de moteurs hybrides et électriques ainsi qu’à divers composants. Avec 6.000 voitures produites par an, Aston Martin n’était pas en mesure d’assurer lui-même tout son développement, mobilisant trop d’investissements. En montant au capital sur un plan de trois ans qui représente une valeur totale de 315 millions d’euros, les deux groupes ambitionnent de faire passer les ventes d’Aston Martin à 10.000 véhicules par an et venir concurrencer Ferrari sur le secteur de la voiture de luxe.

 

Source : https://www.lepoint.fr/automobile/mercedes-benz-et-aston-martin-se-rapprochent-pour-le-meilleur-28-10-2020-2398342_646.php

 

Ford

Le constructeur américain semble être celui qui a le mieux résister aux effets de la pandémie. Ford joue sur le « tout électrique » depuis près d’un an et vise en particulier les professionnels et profite de la crise pour toucher des particuliers aux Etats-Unis qui ne souhaitent plus prendre les transports. Pour le troisième trimestre 2020, Ford publie d’excellents résultats avec un résultat net de 2,3 milliards de dollars alors qu’une baisse de 260 millions était attendues. La transition écologique passe étonnamment plus facilement par les utilitaires électriques que les véhicules particuliers, et Ford l’a bien compris puisqu’une grande partie de son résultat se fait via la vente d’utilitaires électriques.

 

Analyse Technique

Dans notre partie sur l’analyse technique nous nous concentrons sur le secteur automobile français en prenant en compte constructeurs et équipementiers.

 

Peugeot SA

Dans ce graphique en base hebdomadaire, on observe dans un premier temps que le titre est inscrit dans une tendance haussière depuis son point bas de novembre 2012. Depuis cette date, les cours ont évolué à la hausse jusqu’en 2019 où le titre marque un ralentissement sur la zone de résistance des 27€ (segment vert). Puis à partir de 2020, Peugeot rompt avec sa progression et enregistre une violente chute du prix de son action suite à l’évolution de la pandémie de Covid-19, l’amenant à revenir sur ses points bas de 2016 autour des 10€ par action. Par la suite, les cours reprennent des couleurs, et permettent à Peugeot de revenir sur les 17€ où le titre semble ralentir sa progression.

Dans cette configuration, et avec la conjoncture actuelle, tant que le titre Peugeot ne franchira pas le niveau pivot des 20€ (segment bleu), le scénario baissier reste à privilégier avec un potentiel retour sur le niveau des 12,5€ (segment rouge). Alternativement, la franche cassure des 20€ pourrait permettre au titre de venir côtoyer la zone des 27€ correspondant à ses plus-hauts d’avant crise.

 

Renault

Sur ce graphique en base hebdomadaire de l’action Renault, on remarque aisément que le titre évolue à la hausse depuis son point bas de mars 2009. Cette progression marque un plus-haut à partir de mai 2015 qui correspondra par la suite à une zone de résistance et enfermera le titre dans un wedge (matérialisé par les segments bleus). En avril 2019, la franche cassure de ce wedge entraine un fort mouvement baissier, qui s’accélère en 2020 avec l’apparition de la crise sanitaire et fait passer le prix de l’action de 100€ en 2019 à 14€ en mars 2020 : un plus bas depuis 2009. Depuis les cours ont tenté un rebond qui semble s’échouer sur la zone de résistance intermédiaire des 26€.

Avec cette configuration technique, et dans la conjoncture actuelle, il semble qu’un scénario baissier soit à envisager, avec un premier objectif autour des 17€, qui si franchit nous conduirait à un retour sur son plus bas historique de mars 2009 à 10€. Alternativement, le dépassement de la zone de résistance des 26€ suivit de la franche cassure du niveau pivot des 33,40€ invaliderait le scénario baissier et nous amènerait à un premier objectif sur les niveaux d’avant crise vers 46€.

 

Michelin

Ce graphique en vue hebdomadaire de Michelin nous permet d’observer que le titre évolue dans une tendance haussière à l’intérieur de deux obliques convergentes depuis son point bas de 2009 avec un plus-haut historique enregistré en janvier 2018 à 130€ par action. Par la suite, le titre a franchi sa droite de support l’amenant sur sa zone de support des 83€ (segment rouge) avant de venir consolider autour du niveau pivot des 103€ (segment bleu) au cours de l’année 2019, puis de s’effondrer en début d’année 2020 suite à la propagation de la crise sanitaire.

Cette configuration technique additionnée à la conjoncture actuelle nous fait privilégier un scénario baissier sur le titre Michelin, avec un premier objectif à 83€ qui si franchi nous conduirait à un retour sur les points bas de mars 2020 autour des 67€. Alternativement, la franche cassure du niveau pivot des 103€ invaliderait ce scénario baissier et nous conduirait à un retour sur les points hauts de 2019 (segment vert).

 

Faurecia

 

Sur ce graphique en base hebdomadaire de Faurecia, on obverse que le titre évolue dans un canal ascendant depuis son point bas de juin 2009 lui permettant de revenir en mai 2018 à 75€, soit son précédent plus-haut de juin 2007. Par la suite le titre corrige, avant de venir toucher la borne basse de son canal suite au creux de mars 2020 lié à la pandémie de coronavirus. Depuis ce creux, les cours ont tenté un rebond qui semble s’avorter autour du niveau pivot des 42€ (segment bleu).

Avec cette configuration technique et la situation actuelle, nous sommes amenés à privilégier le scénario baissier sur Faurecia, avec un retour sur la borne basse du canal tant que le niveau pivot des 42€ ne sera pas franchement cassé à la hausse. Alternativement, la franche cassure de ce niveau amènerait le titre à venir côtoyer son plus-haut d’avant crise autour des 53€.

 

Valeo

Sur ce graphique en base hebdomadaire du titre Valeo, on observe la forte progression des cours entre le creux de févier 2009 à 2,7€ et son nouveau plus-haut historique atteint en mai 2017 à 68€. Depuis, l’action a corrigé jusqu’à une zone de support intermédiaire sur les 24€ (segment noir) qui sera enfoncé en 2020 suite à la crise sanitaire, créant en mars dernier, un plus bas depuis 2014. Ce creux a été suivi d’une tentative de rebond qui semble s’avorter autour des 30€.

Dans cette configuration, nous privilégions un scénario baissier sur le titre avec un premier objectif sur les 18€ tant que le niveau pivot des 35€ ne sera pas franchie. Alternativement, le dépassement de ce niveau amènerait l’action Valeo à se diriger vers les 52€.

 

Plastic Omnium

Ce graphique en vue hebdomadaire laisse apparaitre la forte progression de l’action Plastic Omnium entre son point bas de 2009 et son plus-haut historique de février 2018 à 42€. Depuis ce sommet, le titre a corrigé et a consolidé dans une zone comprise entre 19€ et 28€ au cours de l’année 2019, avant de chuter à 12€ en mars 2020 suite à la pandémie de coronavirus. Après ce point bas, le titre a amorcé un rebond qui semble perdre en vigueur.

Cette configuration technique additionnée à la conjoncture actuelle nous amène à privilégier un scénario baissier sur cette action tant que le niveau pivot des 28€ jouera le rôle de résistance.  Alternativement, la cassure de ce niveau invaliderait le scénario baissier et conduirait Plastic Omnium à revenir sur ses plus-hauts historiques.

 

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SPECIAL TENDANCE – L’IA (intelligence artificielle) : révolution ou véritable danger ?

A l’heure où l’intelligence artificielle (IA) est au cœur de la compétition économique, « célébrer les bienfaits ou dénoncer les méfaits de l’automatisation sous ses formes les plus diverses est l’une des occupations favorites du monde des médias. » (Encyclopédie Universelle).

Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking a affirmé que l’intelligence artificielle pourrait être la pire erreur de l’humanité. Selon ses dires, les machines intelligentes se développeraient à un tel rythme qu’elles pourraient supplanter les humains. Cette affirmation tranche avec le climat d’excitation qui règne en ce moment chez les spécialistes.

 

 

L’idée de l’intelligence artificielle semble émerger dans les années 1950 lorsque Alan Turing se demande si une machine peut « penser ». Dans l’article « Computing Machinery and Intelligence », Turing propose un test d’intelligence artificielle, le fameux test de Turing qui cherche à savoir quand une machine deviendrait « consciente ». Ces prémices de l’intelligence artificielle ont d’ailleurs permis de décoder les messages allemands durant la Seconde Guerre mondiale.

Ensuite lancée par les universités, la course au développement de l’intelligence artificielle est dorénavant rejointe par les gouvernements et les entreprises telles qu’IBM ou les GAFAM.

L’IA, une adaptation nécessaire

Selon la loi d’Amara, « nous avons tendance à surestimer l’incidence d’une nouvelle technologie à court terme et à la sous-estimer à long terme ».

En effet, depuis quelques années, ses perspectives à long terme sont sans aucun doute sous-estimées. De nombreux chercheurs pensaient que l’intelligence artificielle ne modifierait que les métiers manuels, il n’en est rien aujourd’hui : des secteurs comme les transports, la banque ou la santé seront et sont déjà impactés. La quatrième révolution industrielle, que nous serions en train de vivre, bouleverse les activités économiques ainsi que le monde du travail et plus largement la société toute entière.

Vladimir Poutine, conscient de la puissance de l’IA, a déclaré en septembre 2017 que pour lui « l’intelligence artificielle est l’avenir non seulement de la Russie, mais de toute l’humanité […] Celui qui deviendra le leader dans ce domaine sera le maître du monde ».

 

Source : https://www.numerama.com/politique/286075-vladimir-poutine-voit-dans-lintelligence-artificielle-un-moyen-de-dominer-le-monde.html

 

L’IA, plus intelligente que l’homme ?

Dans les années 1980, IBM a développé un « super-ordinateur » capable de jouer aux échecs qui était appelé Deep Blue. Aujourd’hui, un ordinateur peut calculer en moyenne 8 millions de positions par seconde ; cet ordinateur en évaluait jusqu’à 200 millions par seconde, soit 25 fois plus. Avec de telles prouesses, Deep Blue a permis à IBM de battre Garry Kasparov en 1997 alors qu’il était le champion du monde d’échecs. Cette victoire fut un véritable exploit quand nous savons que le jeu comprend 10120 combinaisons différentes.

Les progrès de l’intelligence artificielle sont rendus possibles grâce à la puissance des calculs que la machine peut supporter, aux algorithmes associés, à la donnée et aux méthodes d’apprentissage. En termes d’apprentissage, l’approche appelée « Deep Learning » a permis à l’IA d’accroître ses performances de manière exponentielle.

Cette méthode est une déclinaison du classique « Machine Learning » utilisée par Deep Blue. Elle s’appuie sur un réseau de neurones artificiels s’inspirant du cerveau humain dont le principe est de soumettre des quantités de données substantielles à la machine afin qu’elle détecte des modèles récurrents. Selon une étude d’Edimbourg, l’unique limite de cette méthode est la puissance de calcul de l’ordinateur ; en effet, plus elle est importante, plus la machine est performante.

Avec cette méthode d’apprentissage et le répertoire de plus de 30 millions de coups joués par des professionnels, Google DeepMind a développé un logiciel capable de jouer au jeu de go nommé AlphaGo. En 2016, ce logiciel a rencontré le meilleur joueur de go, Lee Sedol. Pour cette compétition, un million de dollars était en jeu en cas de victoire.

Après cinq jours de compétition, AlphaGo remporte le tournoi. La fédération coréenne de go a décerné au logiciel un titre honorifique afin de reconnaitre le niveau d’excellence atteint par le programme. Avec 10170 configurations possibles, de tels progrès n’étaient pas attendus avant de nombreuses années.

 

Source : https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/deepmind-domine-par-l-ia-le-champion-de-jeu-de-go-lee-se-dol-abandonne-n144195.html

 

Les ordinateurs semblent être suffisamment puissants pour supporter le développement de l’IA. Aujourd’hui, l’amélioration de cette intelligence passe principalement par la donnée, elle est en effet primordiale : l’accumulation d’expérience permet l’efficacité de la machine.

 

Les Etats-Unis et la Chine : les protagonistes

GAFAM : cet acronyme est le symbole même de la réussite des Etats-Unis dans le développement de l’IA. Ces entreprises ont bâti leur puissance et leur richesse sur l’essor de l’internet en standardisant des logiciels ainsi que des moteurs de recherche qui sont utilisés par le plus grand nombre. Leur but est de devenir les premiers fournisseurs d’IA. Pour cela, les GAFAM investissent en masse dans la recherche et l’innovation. A titre d’exemple, en 2017, Amazon a consacré plus de 16 milliards de dollars dans la R&D.

Source : https://www.optimize360.fr/dictionnaire_du_web/gafam/

 

De plus, la Silicon Valley attire les spécialistes du monde entier par la présence de ces mastodontes et des 12.000 à 15.000 start-ups spécialisées dans l’IA. Selon la Commission européenne, près de 240.000 européens travaillaient dans la Silicon Valley en 2017.

De surcroît, les grands groupes américains n’hésitent pas à racheter de façon quasi-systématique toute entreprise innovante en intelligence artificielle pour renforcer leur propre capacité et concrétiser leur monopole. Enfin, les Etats-Unis disposent de centres de recherche et d’innovation d’excellence tel que le MIT.

Face au leader incontesté de l’IA, la Chine fait figure de concurrent. Pékin veut faire de son pays le nouveau leader mondial de l’IA à l’horizon 2030. Pour rattraper les États-Unis, les autorités chinoises auraient déjà investi pas moins de 70 milliards de dollars et souhaitent continuer dans ce sens.

La Chine peut compter sur les BHATX (Baidu, Huawei, Alibaba, Tencent, Xiaomi) qui n’ont rien à envier à leurs semblables américaines. Fort de leurs 750 millions d’utilisateurs, les autorités chinoises n’hésitent pas à mettre à disposition leurs données.

Cependant, la Chine fait face à plusieurs obstacles. Elle doit réduire sa dépendance aux processeurs ultra performants américains. Par conséquent, la Chine cherche à acquérir des entreprises américaines ou européennes spécialisées dans ce domaine.

 

Source : https://www.lepoint.fr/economie/chine-etats-unis-la-guerre-commerciale-est-declaree-06-07-2018-2233726_28.php

 

De plus, la Chine fait face à une fuite des cerveaux vers les Etats-Unis pour ses salaires attractifs. L’empire du milieu doit donc attirer des talents et former des ingénieurs en masse. Le gouvernement a spécialement créé une université à Tianjin capable de former les futurs spécialistes de l’IA alors que les autorités offrent à ses ressortissants expatriés des salaires équivalents à ceux qu’ils pourraient percevoir dans la Silicon Valley.

 

L’Europe, spectateur de l’essor de l’IA ?

Une étude réalisée par McKinsey démontre que l’Europe est en retard dans l’investissement privé en IA. Alors que les entreprises européennes ont investi entre 2,4 et 3,2 milliards d’euros en 2016, l’Asie investissait entre 6,5 à 9,7 milliards d’euros et l’Amérique du Nord entre 12,1 et 18,6 milliards d’euros. Le manque de capitaux entraîne la perte de nombreuses entreprises de pointe rachetées par les grands groupes internationaux. En 2016, Deepmind, l’entreprise britannique pionnière dans l’IA qui a permis par la suite de battre le champion d’échec, a été rachetée par Google pour 500 millions de dollars et Kuka, une entreprise robotique allemande, a été rachetée par le chinois Midea pour 4,5 milliards de dollars.

Bons nombres d’internautes sont conscients que leur empreinte numérique est utilisée à des fins commerciales. Cependant, les développeurs étrangers d’IA les utilisent parfois à leur insu pour développer l’IA de demain. En Europe, l’utilisation des données est réglementée ce qui induit un retard de développement dans l’IA. Par exemple, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) freine la France dans l’exploitation de ces données.

 

Source : https://donnees-rgpd.fr/traitement-donnees/bilan-1-an/

 

Bien que la France dispose de laboratoires (CNRS, INRIA …) et d’entreprises spécialisés (Thales, Orange, Atos…), le peu de chercheurs formés en France s’expatrient vers les centres de recherches de grands groupes (Facebook, Google, Samsung, IBM…). Face à l’attractivité des Etats-Unis, un environnement plus propice pour les jeunes chercheurs doit donc être instauré.

Pour cela, la France qui dispose de formations de très hauts niveaux, doit développer davantage de cursus spécialisés en IA. Les seules formations d’excellence ne permettent pas le « passage à l’échelle » nécessaire pour devenir un véritable acteur majeur.

La France souhaite donc investir dans l’IA et plus particulièrement dans la recherche et développement. Cependant, ces financements massifs pourraient n’être avantageux que pour les mastodontes de l’IA capables de racheter presque toute entreprise ou technologies prometteuses. C’est pourquoi le Sénat dénonce aujourd’hui la politique de concurrence qui interdit aux meilleures entreprises européennes de s’allier afin de créer un monopole européen.

Alors que l’intelligence artificielle est impliquée depuis des années au sein de l’entreprise, elle est maintenant présente dans les domaines les plus variés : la finance, la santé ou la défense.

 

L’IA en finance

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aladdin_(BlackRock)

 

BlackRock, Vanguard et State Street forment les « Big Three » et cumulent près de 15.000 milliards de dollars sous gestion. Mais face à ses concurrents, BlackRock demeure le chef de file. La société de gestion gère, à elle seule, 7.000 milliards de dollars d’encours. Cette supériorité est notamment due à sa technologie.

En effet, BlackRock a développé son propre programme d’analyse nommé « Aladdin » pour Asset, Liability, Debt and Derivative Investment Network. Aladdin est une intelligence artificielle qui prend des décisions de manière autonome. Avec ses 6.000 serveurs et ses 200 millions de calculs hebdomadaires, le logiciel guette la moindre information comme les chiffres du PIB, du chômage mais aussi les images satellites ou les données de carte bancaire. En bref, toutes les empreintes numériques laissées dans l’économie sont analysées par le logiciel qui détermine ensuite des potentiels placements. Aladdin devance même l’humain, il sait quelles sont les entreprises à suivre, lesquelles sont sous-évaluées ou surévaluées, quels sont les projets des politiques, où émergera la prochaine crise… Aladdin en sait plus que quiconque par le biais de ses calculs.

BlackRock va encore plus loin, le gestionnaire loue son algorithme à d’autres fonds d’investissements. La société conditionne les informations collectées en fonction des besoins qui sont alors revendues à des asset managers.

Aujourd’hui, le programme brasse pas moins 18.000 milliards de dollars, soit 7% des actifs financiers mondiaux. Avec autant d’actifs et en passant d’une gestion humaine, à une gestion algorithmique, cette intelligence artificielle peut présenter un risque systémique.

Ce système est la base de la gestion du risque à faible coût chez BlackRock. Larry Fink, fondateur de la société, a même annoncé la suppression de centaines d’emplois d’analyste face à la puissance d’Aladdin.

 

L’IA dans la santé

Avec la quantité de données mise à disposition de l’intelligence artificielle, la machine apprend à reconnaître des patterns (NDLR « schémas »).

Ainsi, en janvier 2017, Google développe « Show and Tell » qui a réussi à détecter 90% des tâches bénignes sur la peau, contre 76% pour les dermatologues interrogés (sur 130.000 images analysées). Fondées sur le Deep Learning, les conclusions de la machine reposent sur de véritables analyses statistiques. Alors qu’un médecin n’acquiert que « quelques » années d’expérience, « Show and Tell », pour sa part, accumule des années de savoir-faire des meilleurs spécialistes.

 

Source : https://hubinstitute.com/2018/02/j-p-desbiolles-ibm-watson-france-je-nai-jamais-vu-un-sujet-aussi-transverse-que-lia-tous

 

IBM a développé un programme dans la santé nommé Watson. Watson est spécialisé en oncologie et aide les médecins à trouver le traitement le plus approprié pour soigner les patients. Cette intelligence pose un diagnostic en analysant les données personnelles du patient (analyses de sang par exemple), qu’il croise avec des informations de centaines de milliers d’articles de recherche médicale. Les Etats-Unis, les Emirats Arabes Unis ou encore le Mexique utilisent cette technologie.

Par les connexions créées par la machine, cette intelligence présente un inconvénient de taille : le résultat obtenu ne peut pas être expliqué par un humain, cette technologie fonctionne à l’image d’une « boîte noire ». C’est pourquoi l’IA reste un simple outil d’aide à la décision et le spécialiste demeure le seul responsable. Il lui incombera le choix de la prise en charge pour son patient.

 

L’IA, même dans l’armée

L’IA inquiète par peur d’une nouvelle « course à l’armement » avec des armes toujours plus lourdes et surtout autonomes.

Le casque du F-35, développé par Collins Aerospace et Elbit Systems of America, entreprises spécialisées dans la défense, est un exemple de l’intelligence artificielle mise au service de la guerre. Grâce à ses 6 caméras, le casque permet aux pilotes d’avoir une vision à 360 degrés de l’espace aérien et lui permet même de regarder « à travers » le sol de l’avion. Il intègre des fonctionnalités avancées de vision nocturne, il augmente la vision du pilote en affichant sur la visière des informations complémentaires telles que l’altitude, la vitesse et les cibles.

Mais ce casque à 400.000 dollars peut aussi permettre aux pilotes de pointer leurs armes en regardant simplement une cible et le système vérifie la validité de cette cible potentielle par liaison de données. Le pouvoir de destruction du pilote est donc bien plus important.

 

Source : https://www.collinsaerospace.com/newsroom/News/2019/02/collins-elbit-vision-systems-celebrates-delivery-1000-f35-hmds

 

La Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), l’agence de recherche de l’armée des Etats-Unis, a investi 2 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle. Avec ses investissements colossaux, les Etats-Unis et l’ambitieux projet de la Darpa inquiètent.

Plus de 2.400 chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs se sont engagés, dans une lettre ouverte, à « ne jamais participer ou soutenir le développement, la fabrication, le commerce ou l’usage d’armes létales autonomes ». Parmi ces spécialistes, nous retrouvons le fondateur de Tesla, Elon Musk, les dirigeants de Google DeepMind et des personnalités de l’IA, comme Stuart Russell, Yoshua Bengio ou Toby Walsh.

Mais si les Etats-Unis sont quelque peu freinés dans leur développement, la Russie s’est aussi lancée dans cette course à l’armement intelligent. Les Russes cherchent à automatiser leur char, nommé T-14 Armata. Equipé d’une multitude de capteurs, radars et autres caméras de haute résolution, il sert de base pour la robotisation des blindés. Selon une source de Spoutnik, des tests sans pilote auraient déjà eu lieu.

En France, l’armée va se doter de l’intelligence artificielle grâce à une « Loi de programmation militaire (LPM) ». La LPM comprendra un budget de 700 millions d’euros et sera destinée à développer l’aide à la décision, le « combat collaboratif », la robotique ou encore la cyberdéfense. Le ministère des Armées évoque des drones en partie autonomes, des avions de chasse et chars équipés d’assistants virtuels vocaux.

Alors que ces robots suscitent une opposition civile depuis de nombreuses années, le ministère français des Armées reste flou sur la capacité de déléguer à la machine le choix de tuer.

 

Les machines apprennent mieux que jamais, elles tirent profit des données pour bénéficier des expériences passées, afin de créer et même prédire des événements. Les Etats et grandes entreprises investissent en masse dans cette nouvelle technologie qui, appliquée à certains domaines, pourrait engendrer des questionnements éthiques.

 

La question de l’éthique 

Alors que l’IA envahit notre quotidien dans des tâches simples (Siri, Waze…), elle est aussi capable d’accomplir des tâches complexes et de manière quasi autonome. La puissance de la machine soulève de nombreuses interrogations : « Comment pouvons-nous nous assurer que les algorithmes n’empiètent pas sur les droits fondamentaux de l’homme – allant de la vie privée à la confidentialité des données en passant par la liberté de choix et la liberté de conscience ? Comment pouvons-nous nous assurer que les stéréotypes sociaux et culturels ne sont pas reproduits dans les programmations en intelligence artificielle, notamment en ce qui concerne la discrimination fondée sur le genre ? Qui porte la responsabilité lorsque les décisions et les actions sont entièrement automatisées ? »

L’IA nécessite une structure éthique notamment quand elle raisonne de manière trop simpliste, quand elle apprend vite et obéit systématiquement.

En 2016, l’intelligence artificielle de Microsoft « Tay » a dû être désactivée. Cette intelligence devait apprendre à devenir humaine en discutant avec d’autres humains via Twitter. Elle a appris vite et de manière trop simpliste. En moins de 24h, certains ont réussi à lui faire détester l’humanité et même à adhérer à des idéaux radicaux, elle a notamment twitté :

 

Microsoft a rencontré d’autres problèmes éthiques avec l’IA : le recrutement des employés.

Pour engager l’employé idéal, un logiciel calcule le profil optimal sur la base des employés déjà présents. Ainsi, si la majorité des employés sont des hommes, blancs, passés par les meilleures universités, alors le logiciel en conclue que les profils de femme, de minorité ethnique ou avec de moins bonnes universités seront moins intéressants. En 2018, le logiciel de recrutement de Microsoft a alors discriminé les candidatures de femmes.

La résolution de tels problèmes passera par la mise en place d’une technologie plus lisible et traçable par l’humain : la rétro-ingénierie, qui permettra de déconstruire le raisonnement de la machine afin de comprendre ses aboutissements.

La mise en place d’un cadre éthique au niveau mondial est nécessaire au bon développement de l’IA. Les sociétés doivent s’assurer que l’intelligence artificielle soit développée selon une approche humaniste, fondée sur des valeurs et les droits de l’Homme. Pour cette fin, plus de sociologues, d’anthropologues et de philosophes travailleront main dans la main avec des chercheurs sur des projets scientifiques. L’année dernière, l’université de Stanford a ouvert un centre de recherche pour l’intelligence artificielle humaine et humaniste.

 

L’IA et l’emploi

De nombreuses estimations montrent que l’automatisation pourrait faire disparaître environ 3,5 millions d’emploi en France à l’horizon 2025, soit 15% de l’emploi total. Prenons l’exemple des voitures autonomes, elles existent déjà et si elles se démocratisaient, les emplois tels que les routiers, les chauffeurs de bus, les taxis ou les livreurs seraient amenés à disparaître. Aux Etats-Unis, les transports routiers représentent plus de 4,5 millions d’emplois. Des pans entiers de l’économie s’effondreraient.

Les machines imitent même l’homme dans plusieurs domaines créatifs : ils peignent des tableaux, composent de la musique, désignent des vêtements… Encore plus improbable, un portrait d’Edmond de Belamy entièrement réalisée par un algorithme s’est vendu 432.500 dollars aux enchères.

 

Source : https://plugin.01net.com/tech/une-peinture-realisee-par-une-ia-vendue-432-500-dollars-aux-encheres-1552488.html

 

La création de nouveaux métiers est souvent présentée comme la solution au problème de l’intelligence artificielle. Mais le rapport entre destruction et création est très asymétrique. Il reste à l’homme sa réflexion et sa créativité pour se différencier du robot. Enfin, l’authenticité de la communication humaine reste indéniablement une qualité irremplaçable.

 

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SPECIAL ACTUALITE – Brexit : la fin d’une histoire sans fin ?

1580 : c’est le nombre de jours qui se sont écoulés depuis que les britanniques ont été invités à voter pour ou contre un maintien au sein de l’Union Européenne, entraînant, comme nous le savons aujourd’hui, une sortie de l’alliance économique avec le vieux continent. Après 4 ans et 4 mois de délibération sur ce sujet, la route semble encore longue pour obtenir un texte définitif clôturant une fois pour toute ce dossier entre l’Europe et le Royaume-Uni.

Alors que nous pensions que la fin était proche en février dernier quand un accord de sortie de l’UE a été officialisé, nous voyons maintenant les difficultés pour adopter un accord sur les relations futures entre les deux parties. De plus, la crise sanitaire semble avoir quelque peu relégué au second plan ce dossier brûlant sans pour autant le plonger totalement dans l’oubli. Depuis la rentrée de septembre, le Brexit est de retour sur les tables des politiques et des investisseurs, et vient nous rappeler que la pandémie de coronavirus ne doit pas effacer tous les autres sujets sensibles.

 

Naissance du Brexit

Entre 2010 et 2015, suite à la crise des subprimes de 2008, et à cause de la crise de la dette qui handicape l’Europe, l’Union Européenne met en place des contraintes aux États membres afin d’assainir leur situation et de s’orienter vers une sortie de crise.

Depuis son élection en mai 2010, David Cameron, le Premier Ministre britannique de l’époque, se trouve confronté à une montée en puissance du parti eurosceptique UKIP (United Kingdom Independance Party) qui prône l’idée que l’Union Européenne affaiblit le Royaume-Uni et lui fait perdre sa souveraineté. Le Premier ministre, qui souhaite rester dans l’UE et calmer les mouvances anti-européennes, annonce le 23 janvier 2013 qu’il organisera un referendum sur le maintien dans l’UE si son parti obtient une majorité absolue de sièges à la Chambre des Communes aux élections de 2015.

 

Source : https://www.lepoint.fr/europe/brexit-succession-de-david-cameron-ce-qui-va-se-passer-25-06-2016-2049654_2626.php

 

Contre toute attente et grâce à une très bonne campagne personnelle, il obtient sa majorité absolue et organisera ce referendum le 23 juin 2016 où le « non » à l‘Europe l’emportera à hauteur de 51,9% des voix, contraignant David Cameron à annoncer sa démission au lendemain du scrutin. Il est alors remplacé par Theresa May, pourtant reconnue comme une partisane pro-européenne, mais qui semble être un élément fort dans les négociations avec l’UE, et qui affirme la ligne de conduite britannique en annonçant lors de son premier discours « Brexit veut dire Brexit ».

 

Les raisons de ce vote

  • Le contrôle de l’immigration : un sentiment de « trop plein » se répand au Royaume-Uni et ce sentiment est fortement entretenu par le parti souverainiste UKIP. En effet, la moitié de l’immigration du pays provient de l’UE et la liberté́ de circulation des personnes empêche Londres de contrôler son flux migratoire.
  • La souveraineté nationale : une chose sacrée dans le cœur des Britanniques qui serait, selon les eurosceptiques, menacée par la suprématie des décisions européennes.
  • La sortie de la crise européenne : la sortie de crise de la Zone Euro semble compliquée et les milliards de dépenses pour renflouer la Grèce pèsent dans les budgets nationaux. Cette fragilité démontrerait l’échec du projet européen pour les eurosceptiques.
  • L’affranchissement des régulations de Bruxelles : pour les multinationales, le maintien dans l’UE est nécessaire, mais pour les patrons de PME, les normes et régulations imposées par Bruxelles entravent leur liberté d’entreprendre. Les agriculteurs critiquent les contraintes de la politique agricole commune et les pécheurs souffrent des restrictions imposées par l’UE.
  • Le commerce libre avec le reste du monde : l’appartenance au premier marché mondial facilite les échanges commerciaux, mais les eurosceptiques estiment que Londres pourrait faire mieux hors du cadre de l’UE. Ils voudraient voir Londres reprendre son siège à l’OMC pour signer ses propres partenariats avec les pays du Commonwealth ou la Chine par exemple.

 

Le combat de Theresa May

Pour la nouvelle Première ministre, il n’y a qu’un seul objectif qui est de négocier « le meilleur accord pour le Royaume-Uni » en obtenant la fin de la gouvernance de Bruxelles (qui permettrait de fermer les frontières à l’immigration et de ne plus participer au budget européen) tout en conservant les avantages du marché unique européen.

 

Source : https://www.lepoint.fr/europe/brexit-may-promet-de-demissionner-si-son-accord-est-vote-27-03-2019-2304337_2626.php

 

Le processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE a été officiellement lancé par Theresa May le 29 mars 2017 via l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne, et les premières modalités de sortie formulées par cette dernière sont considérées comme incompatibles par les 27 membres de l’UE qui ne peuvent accorder le beurre et l’argent du beurre aux Britanniques sans risquer un effondrement de l’Europe. Sachant que le 29 mars 2019 a été choisi comme étant la date officielle de divorce entre Britanniques et Européens, des choix et de nouvelles négociations s’imposent afin de déterminer si l’on s’oriente vers une sortie sans accord (Hard Brexit) ou avec accord (Soft Brexit).

Les négociations sont difficiles entre les deux parties et en particulier sur trois sujets essentiels :

  1. Le montant de la facture de la sortie de l’Union Européenne.
  2. Les droits des citoyens européens résidents aux Royaume-Unis et le système d’immigration.
  3. Le cas de la frontière et de la législation entre l’Irlande du Nord qui appartient au Royaume-Unis et la République d’Irlande qui est indépendante et reste dans l’Union Européenne.

 

Le 29 mars 2019 : « The day Brexit did not happen! »

« Le jour où le Brexit n’a pas eu lieu ! » Voilà ce qu’on pouvait lire dans la presse britannique au matin du 30 mars 2019. Quasiment trois ans après le référendum de juin 2016, où le camp du « non » l’a emporté à 52 %, on constate que la confusion règne au Parlement britannique et que l’amertume est présente dans la population, tant du côté des eurosceptiques, frustrés de ne pas voir leur pays quitter l’UE, que des europhiles qui voudraient voir le Royaume-Uni revenir sur sa décision.

 

Source : https://qz.com/1793993/what-brexit-day-means-for-six-londoners/

 

En cause, l’accord de retrait que la Première ministre a obtenu après de longues et laborieuses négociations avec l’UE. Celui-ci a été rejeté deux fois par les députés britanniques, la contraignant dans une manœuvre désespérée, à présenter une troisième fois l’accord au Parlement quelques heures avant la date butoir. Lors de cette troisième tentative, elle met sa démission dans la balance, assurant qu’elle quitterait le 10 Downing Street si l’accord était adopté par les députés…mais sans succès.

Il semble alors qu’on s’oriente vers un Hard Brexit, ce qui n’enchante personne et permet à Theresa May de négocier de nouveaux reports avec l’UE et à amener le Brexit à la date du 31 octobre 2019. Cependant, constatant que l’avancée des négociations est encore difficile, la Première ministre annonce le 24 mai 2019 qu’elle déposera sa démission officielle du gouvernement le 7 juin, en exprimant son regret de ne pas avoir été capable de mettre en œuvre le Brexit. Elle assure néanmoins l’intérim jusqu’à ce que Boris Johnson soit élu comme nouveau Premier ministre le 23 juillet 2019.

 

Boris Johnson et l’accord de sortie de l’Europe

L’ancien maire de Londres s’engage à mettre en œuvre le Brexit, le 31 octobre 2019, qu’un accord ait été trouvé d’ici là avec l’UE ou non. Il souhaite renégocier le deal trouvé avec les Européens. Mais cette option a jusqu’ici toujours été refusée par ces derniers. Néanmoins, il fait face à beaucoup de divergences et de contestations au sein du Parlement britannique. En effet, les députés ne sont pas aussi favorables à un « no deal » que le représentant du gouvernement, et finissent par imposer à Boris Johnson une loi « anti-no deal » à la rentrée parlementaire de septembre 2019. Cette loi donne jusqu’au 19 octobre au Premier ministre pour conclure un nouvel accord de sortie avec Bruxelles ou pour convaincre le Parlement d’accepter une sortie sans accord. A défaut, Boris Johnson devra solliciter les 27 en leur demandant un report du Brexit au 31 janvier 2020.

 

Source : https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/eu-affairs/20190313STO31215/l-ue-adopte-des-mesures-pour-limiter-les-consequences-d-un-brexit-sans-accord

 

Début octobre, Le Premier ministre britannique propose un nouvel accord de sortie qui sera validé (après quelques modifications) le 17 octobre 2019 par les Européens. Ce deal est qualifié « d’excellent » par le Premier ministre Boris Johnson et doit encore être soumis à l’approbation de la Chambre des communes (les députés britanniques), convoquée de façon extraordinaire samedi 19 octobre. Mais contre toute attente, les élus ajournent leur vote sur le texte, obligeant Boris Johnson à demander à l’UE un report au 31 janvier 2020 qui lui sera accordé.

Par la suite, dans une tentative de faire passer un deal au sein du Parlement, Boris Johnson organise des élections législatives anticipées, le 12 décembre 2019. L’objectif du Premier ministre est de renforcer sa majorité afin de pouvoir présenter et faire accepter un accord. Le scrutin lui aura donné raison puisqu’il l’emporte avec une large majorité. Fort de celle-ci, il arrive à faire valider de façon définitive son second projet d’accord de sortie au Parlement le 9 janvier 2020. Cet accord sera validé par le Parlement européen le 29 janvier, amenant le Royaume-Uni à quitter l’Union Européenne le 1er février 2020. Il faut maintenant trouver un accord de type commercial avant le 1er janvier 2021, date de fin de la période de transition acceptée par Britanniques et Européens avant une sortie définitive. Durant cette période, les droits de libre circulation des personnes s’appliquent « comme si le Royaume-Uni était encore membre de l’Union Européenne ».

 

Le Brexit en 2020 : entre négociations et coronavirus

Trois semaines après la sortie du pays de l’Union Européenne, les deux parties adoptent leurs mandats de négociation respectifs en vue d’un accord sur la relation future. Le premier tour des négociations sur ce sujet entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni s’est déroulé du 2 au 5 mars, tour pendant lequel les deux partis ont affirmé l’existence de nombreux points de convergence. Le second tour devait avoir lieu à partir du 18 mars, mais la progression de la pandémie liée au coronavirus et les mesures de confinement prises par les différents pays européens freinent les négociations. Pour Londres, l’épidémie ne doit pas perturber l’agenda de la période de transition. Le gouvernement britannique a ainsi rappelé son refus de la prolonger au-delà du 31 janvier 2020. Les Britanniques espèrent toujours nouer un accord commercial similaire à celui unissant l’UE et le Canada, mais dépourvu de l’alignement réglementaire souhaité par Bruxelles.

 

Source : https://www.ft.com/content/a507c8b4-b412-3563-9647-9ab3ca0facff

 

Les négociations reprennent à partir de la mi-avril, via vidéoconférence à cause du contexte sanitaire. Alors que le premier tour semblait encourageant, ceux qui suivent, entre avril et août, marquent des divergences importantes entres les deux parties. L’Europe estime en effet que les avancées ne sont pas suffisantes de la part des britanniques dans quatre domaines :

  1. Les conditions de concurrence équitable.
  2. Le cadre général du partenariat entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne.
  3. La coopération policière et judiciaire en matière pénale.
  4. La pêche.

Michel Barnier, le négociateur en charge du dossier Brexit pour l’Europe, se dit « déçu et préoccupé » à l’issue de ces négociations.

Cette déception sera d’autant plus grande à compter du 10 septembre lorsque que les députés britanniques ont examiné une loi revenant sur certains aspects de l’accord de sortie de l’Union Européenne adopté en janvier 2020. Entré en vigueur le 1er février 2020, l’accord de sortie prévoit notamment qu’en cas d’absence de nouvel accord d’ici le 31 décembre 2020, l’Irlande du Nord restera soumise à un certain nombre d’obligations liées au marché unique européen, tout en étant membre de l’union douanière britannique. C’est ce « protocole nord-irlandais » que le Premier ministre britannique souhaite remettre en cause, afin de décider unilatéralement quel régime d’aides d’Etat s’appliquera à l’Irlande du Nord et quel type de contrôles douaniers s’imposera aux marchandises transitant entre Belfast et la Grande-Bretagne. Cette disposition, aussi connue sous le nom de backstop, vise à éviter le retour d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. En revenant sur cet acte de l’accord de sortie, le Royaume-Uni assume enfreindre le droit international « de manière spécifique et limitée » selon les dires du gouvernement.

L’Europe attend fermement que les Britanniques reviennent sur cette décision et respectent leurs engagements. Le président du parlement européen, David Sassoli, a même déclaré que « toute tentative du Royaume-Uni de saper l’accord aurait de graves conséquences » et leur donne jusqu’au 30 septembre pour retirer ce texte. En dépit de ces éléments, le texte a été adopté par la Chambre des communes britannique le 14 septembre amenant la Commission européenne à adresser une lettre de mise en demeure au gouvernement britannique pour manquement à ses engagements le 1er octobre dernier. A défaut d’explications fournies avant le 31 octobre 2020 en réponse à cette mise en demeure, l’Union Européenne pourrait déposer une plainte devant sa Cour de justice.

Actuellement, du côté des Européens, le dialogue ne semble pas fermé. Ces derniers encouragent même les Britanniques à reprendre les négociations. Cependant, Boris Johnson estime que les Européens avaient « refusé de négocier sérieusement pendant ces derniers mois » en particulier sur les questions de concurrence et sur le secteur de la pêche, et que par conséquent, son pays devait se préparer à une sortie de l’Union Européenne sans accord en décembre.

A quelques jours de la date fatidique du 31 octobre 2020 marquant l’arrêt des négociations et un possible nouveau dossier juridique, les éléments présentés laissent planer le spectre d’un no-deal entre le Royaume-Unis et l’Europe.

 

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SPECIAL TENDANCE – La viande, mauvaise pour la planète : info ou intox ?

Alors que les vaches et les agneaux font partie du bétail à être le plus agressif pour l’environnement, une diminution de la consommation de viande ne passera pas par la régularisation du bétail, ni par la sensibilisation des omnivores mais en trouvant une alternative convaincante pour les adeptes de viande.

L’attrait grandissant pour une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement a permis aux précurseurs des substituts de viande, Impossible Foods et Beyond Meat, de voir leur chiffre d’affaires exploser depuis leur création. A titre d’exemple, entre 2018 et 2019, les revenus nets de Beyond Meat ont augmenté de 250% pour atteindre les 298 millions de dollars.

 

 

Entre fausses saucisses, viande hachée et boulettes, l’industrie des substituts devrait valoir dans la décennie près de 85 milliards de dollars selon UBS. En 2019, ce marché grandissant représentait un chiffre d’affaires de 622,6 millions contre 61,4 milliards de dollars pour le secteur de la viande traditionnelle.

 

Beyond Meat, un substitut innovant ?

Basé à Los Angeles et fondé en 2009 par Ethan Brown, Beyond Meat est un producteur de substituts de viande à base de plantes. L’entreprise a reçu de larges financements d’investisseurs tels que Bill Gates, Leonardo DiCaprio ou Don Thompson, l’ancien P-DG de McDonald’s.

Le 2 mai 2019, l’entreprise est devenue publique. Cette IPO est l’une des meilleures performances des 20 dernières années. Lors de cette introduction sur le Nasdaq, le cours du titre s’est envolé affichant une performance de 163% en une journée seulement. Fin juillet 2019, le titre a réalisé sa meilleure performance (+800%), sa capitalisation boursière était alors plus importante que les 25% des plus petites capitalisations du S&P500.

 

 

La marque a réussi son pari d’attirer un large panel qui inclut à présent les omnivores, plus de 90% de leur consommateur achètent aussi de la viande. Aujourd’hui, la marque est représentée dans plus de 30.000 points de distribution à travers le monde, leurs produits étant mêmes exposés dans le rayon boucherie.

Présent dans 26 chaînes de supermarchés à travers les Etats-Unis : Walmart, Target, Food Lion ou encore Whole Food pour ne citer que les plus connues, la marque écrase son concurrent, Impossible Foods, dont les produits sont uniquement disponibles dans 3 enseignes (Fairway Market, Gelson’s, et Wegmans).

Certaines grandes enseignes de fastfood parient même sur les marques grandissantes telles que Carl’s Jr, Hardee’s, Dunkin Donuts, ou encore Subway. Impossible Foods, quant à lui, est représenté chez Burger King, Hard Rock Coffee ou Cheesecake Factory.

Contrairement à ses concurrents, le géant McDonald’s, lui aussi lancé dans le burger « healthy », n’a choisi aucun des deux fabricants de substituts. En collaboration avec Nestlé, l’enseigne développe son propre substitut, le « Big Vegan TS », déjà servi dans ses restaurants allemands.

 

Beyond Meat, un bon substitut pour les papilles ?

Les substituts de viande existent depuis 1982, avec une texture sèche et caoutchouteuse, les adeptes de viande ne voyaient pas en cette alternative un produit gourmand. Aujourd’hui avec un visuel, une texture et un goût similaire à celui de la viande, Beyond Meat séduit tous les régimes alimentaires.

 

Source : https://marketchess.com/2019/05/02/beyond-meat-ingredients-a-new-fad-stock

 

La viande est composée d’acides aminés, de lipides, de minéraux, de vitamines et d’eau. A partir de cette composition, Beyond Meat a cherché à reproduire avec exactitude la viande. Pour cela, ses steaks sont composés de pois, de riz et de haricots mungo pour les protéines, de betteraves pour la couleur, de fécule de pomme de terre et d’huile de coco pour l’aspect juteux.

Selon Ethan Brown, leur substitut correspondrait entre 65% et 70% à de la viande. Pour atteindre un produit parfaitement similaire, l’entreprise travaille sur la saveur qui contient plus de 1.000 molécules différentes pour reproduire ce goût unique. Les chercheurs se concentrent aussi considérablement sur la texture, les protéines animales et végétales qui procurent une consistance différente pour les prochaines itérations de produits carnés à base de plantes.

Pour son concurrent, Impossible Foods, si la viande est si délicieuse c’est grâce à une molécule : « HEME », une molécule nécessaire à la vie de chaque cellule vivante. L’HEME est présente en grande quantité dans le sang humain et animal et en bien plus faible quantité chez les plantes excepté le soja. Ce composant de l’hémoglobine rend le sang rouge, la viande rose et donne ce goût si particulier de la viande.

Pour produire « HEME » en quantité de masse, les scientifiques extraient l’ADN du soja. Cet acide est ensuite inséré dans de la levure génétiquement modifiée qui, fermentée, produit beaucoup de cette précieuse molécule. Alors que les OGM sont fortement controversés, Impossible Foods estime qu’il n’aurait pas été en mesure de créer un produit rivalisant ou surpassant le bœuf pour sa saveur, sa texture, sa nutrition, sa polyvalence et son accessibilité sans cet élément.

Ainsi, Beyond Meat possède l’avantage de ne contenir aucun ingrédient OGM. Face à son adversaire, le Beyond steak est donc meilleur pour la planète, meilleur pour les animaux et meilleur pour la santé.

 

 

Source : https://ccesnews.org/showcase/2019/11/22/beyond-meat-vs-real-meat-who-wins/

 

Beyond Meat, un bon substitut pour la santé ?

Le documentaire « The Games Changers » ne fera que vanter les bienfaits des substituts de viande pour la santé. Ce-dernier a été, cependant, fortement controversé notamment pour son producteur qui n’est autre que James Cameron, fondateur de Verdient Foods. Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de protéines de pois a reçu un investissement de 140 millions de dollars de la part de ses fondateurs, le célèbre réalisateur et sa femme, pour le développement de ses fameuses protéines. Un conflit d’intérêts est alors présent pour quelqu’un prônant l’importance d’oublier l’alimentation carnée au profit d’une alimentation exclusivement végétale.

Un avis plus nuancé est présenté par les scientifiques qui considèrent que ses substituts ne sont pas nécessairement sains sous tous les aspects.

Comparons un substitut à une viande de bœuf haché à 15% de matière grasse.

 

D’après cette comparaison menée par Harvard, le substitut contient de nombreux avantages comme l’absence de cholestérol qui détériore les artères et favorise les caillots et les accidents cardio-vasculaires. De surcroît, le burger végétal est une bonne source de protéines, de fibres de vitamines et de minéraux.

En effet, les steaks des deux producteurs, Impossible Foods et Beyond Meat, contiennent une quantité semblable de protéines aux 100 grammes, le premier avec des protéines de soja et le second avec celles de pois et haricots mungo. Par sa composition à base de végétaux, l’absence d’antibiotiques et d’hormones est constatée dans cette fausse viande.

Les 2 à 3 grammes de fibres des substituts, contre 0 gramme dans une viande traditionnelle, représentent 8% des apports journaliers recommandés. Présentes dans les légumineuses, ces fibres « permettraient de réduire les risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et autres maladies cardiovasculaires de 30% » selon un rapport de l’OMS.

Enfin, des vitamines et des minéraux sont ajoutés à la préparation de substituts comme la vitamine B12, vitamine provenant essentiellement de source animale. Ces ajouts permettent au subsitut de contenir autant, voire d’avantage de nutriments que la viande.

 

Source : https://greenandgreat.eu/en/beyond-meat-2/

 

Cependant, cette fausse viande présente aussi des désavantages. Contrairement au traditionnel haché de bœuf, ce substitut subit des transformations chimiques pour atteindre un rendu similaire à celui de la viande : un juteux cœur rouge et un goût de viande.

Souvent utilisées dans les alternatives sans viande pour leur teneur en protéines, des légumineuses voient leurs effets bénéfiques détériorés par le procédé complexe. Par exemple, le soja est connu pour diminuer le risque de cancer, mais suite à la transformation seulement 8% d’une portion d’aliment de soja entier (un quart de bloc de tofu, une tasse de lait de soja…) est retrouvé dans un burger sans viande. Aussi, les protéines peuvent causer pour certains consommateurs des problèmes gastriques et le soja, ingrédient principal du haché d’Impossible Foods, est le septième allergène le plus courant.

Bien que généralement moins grasse, la fausse viande contient une teneur en acide gras saturé plus importante qu’un traditionnel haché par sa concentration en huile de coco. Néfastes pour la santé, ces graisses saturées sont associées à des taux accrus de maladies cardiaques et de décès prématurés.

Enfin, avec une teneur en sel près de cinq fois supérieure, la consommation de ces burgers végétaux chez les personnes suivant un régime pauvre en sel représente un enjeu pour leur santé.

Avec ces avantages et ces inconvénients, cette fausse viande n’est pas l’alliée ultime pour une alimentation plus saine mais consommée avec modération elle fait partie d’une alimentation équilibrée. Sans aucun danger à déplorer, ces substituts pourraient s’avérer bénéfiques pour la planète.

 

Beyond Meat, un bon substitut pour la planète ?

Les Concentrated Animal Feeding Operation (CAFO – centre d’engraissement), notamment celui de Garden City au Kansas, aussi appelé « Cattle Metropolis » (Métropole du bétail), entassent des milliers d’animaux sous antibiotiques et produisent des tonnes de déchets : le fumier. Certains de ces élevages industriels émettent plus de déchets sanitaires que certaines grandes villes américaines.

Une opération d’engraissement de 800.000 cochons peut produire 1,6 million de tonnes de fumiers par an, cela représente une fois et demie plus de déchets organiques que la ville de Philadelphie. Sur une année, l’élevage intensif génère entre 3 et 20 fois plus de déchets sanitaires que la population américaine.

Fortement traité, le bétail émet du fumier pollué et contamine les sources d’eau potable en aval. Des taux d’antibiotiques et de nitrates particulièrement élevés sont retrouvés dans ces sources.

Les élevages intensifs affectent aussi la qualité de l’air dû à un excédent d’ammoniac et de sulfure d’hydrogène qui cause, entre autres, des irritations pulmonaires et oculaires. Mais le tristement célèbre méthane est aussi retrouvé dans l’atmosphère à cause de l’alimentation à base de maïs des troupeaux. Les émissions de méthane contribuent largement à l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et sont responsables de près d’un tiers du réchauffement climatique. D’après les Nations Unies, les élevages industriels représentent, à eux seuls, plus de 9% des émissions globales de gaz à effet de serre avec un tiers provenant des émissions de méthane des vaches.

Enfin, la déforestation est aussi un enjeu majeur de ces élevages, 75% de la déforestation amazonienne est liée à l’élevage intensif.

Ce sont tous ces côtés négatifs que l’industrie de substitut vise à supprimer en remplaçant la viande.

 

Source : https://vegconomist.com/studies-and-numbers/study-beyond-meat-burger-is-significantly-more-environmentally-friendly-than-beef/

 

Selon une étude de l’université du Michigan, un Beyond Burger produirait 90% de moins de gaz à effet de serre qu’un burger classique et nécessiterait 46% de moins d’énergie, 93% de terre en moins et enfin 99% moins d’eau qu’un steak de bœuf américain classique. Ces pourcentages sont significatifs pour l’environnement mais cette étude, sponsorisée par Beyond Meat, nécessite des enquêtes indépendantes afin de connaître l’impact véritable de ces entreprises productrices de substituts de viande.

Avec une empreinte écologique très faible, la société est consciente de l’extensibilité de son business.  En effet, la population ne cesse de croître et les terres cultivables deviennent saturées, de nouvelles solutions sont donc nécessaires pour pouvoir nourrir 10 milliards d’êtres humains.

 

Beyond Meat, un bon substitut pour le porte-monnaie ?

 Alors qu’en moyenne, une livre (0,45 kg) de fausse viande coûte entre 10 et 12 dollars, une livre de viande de bœuf haché en vaut 4 à 6 ce qui est rendu possible par l’élevage intensif.

Pour combler cet écart important, Beyond Meat a sorti un format économique « Cookout classic » comprenant 10 burgers congelés sans viande pour un prix de 50,99 dollars soit 6,40 dollars par livre. Cette diminution tarifaire permet au groupe de s’aligner davantage sur les prix de ses concurrents qui enregistrent des tarifs aux alentours des 5,26 dollars par livre selon le ministère de l’agriculture américain. De plus, la viande a subi une augmentation de son prix à cause de la pandémie actuelle ce qui a permis à Beyond Meat de gagner en parts de marché.

La réduction de ses prix fait partie de la stratégie de l’entreprise pour inciter les consommateurs de viande à acheter leurs produits. Les économies d’échelle à venir vont permettre au groupe de diminuer ses tarifs afin de combler l’écart avec les producteurs de viande.

Enfin, l’une des critiques faites sur le burger qui n’a aucun impact sur la santé concerne l’un de ses ingrédients : l’eau. En effet, l’eau représente l’ingrédient principal de ces burgers, et quoi de plus improbable pour les détracteurs de ces faux steaks que de payer l’eau à prix d’or (lien vers notre récente newsletter sur l’eau).

 

Beyond Meat, un bon substitut pour votre portefeuille ?

Source : https://www.chicagotribune.com/business/ct-biz-beyond-meat-public-offering-20190502-story.html

 

Avec un ratio d’endettement total de l’ordre de 13% et un ratio pour le secteur de l’agroalimentaire qui s’élève à 72%, Beyond Meat se place dans une position favorable. Ce faible ratio d’endettement est adéquat pour une entreprise de substitut carné car elle opère aujourd’hui dans un environnement commercial volatil et imprévisible. Un ratio plus élevé pourrait mettre l’entreprise en difficulté si un ralentissement de l’activité économique venait à se produire.

Le quick ratio de la société se chiffre à 4,32 contre 0,87 pour le secteur, la solvabilité du groupe est donc un atout pour les investisseurs.

Suite à leur phase d’expansion et l’augmentation constante de leurs dépenses en R&D, le ROE et le ROA, de -1,31% et -1,04% respectivement, sont donc négatifs. Entre 2018 et 2019, l’entreprise a augmenté ces coûts de 11,1 millions de dollars, soit une augmentation de 115%. L’équipe de recherche et développement crée, teste et affine leurs produits dans leur centre d’innovation « Manhattan Beach Project ». Au 31 décembre 2019, l’entreprise employait environ 104 scientifiques, ingénieurs, chercheurs, techniciens et chefs cuisiniers pour aider à créer la prochaine génération d’aliments pour les consommateurs. La société protège et continuera à protéger toute propriété intellectuelle créée par ce centre d’innovation.

De surcroît, la croissance rapide de l’entreprise demande d’importants investissements. Afin d’établir une position durable de leader à long terme, l’entreprise investit pour recruter les meilleurs éléments, maximiser les capacités de leur chaîne d’approvisionnement, investir dans les ventes et le marketing et optimiser leur système. En réponse à la demande globale, Beyond Meat développe des relations avec d’autres co-fabricants pour rechercher des synergies complémentaires. Au premier trimestre 2020, la société a achevé la construction aux Pays-Bas d’une nouvelle installation de co-fabrication.  Cependant, l’entreprise en phase d’expansion ne paie pas de dividendes à ses investisseurs mais a la volonté d’en payer dans le futur selon le rapport annuel 2019.

 

Source : https://urbantastebud.com/fake-meat-brands/

 

Avec une population mondiale en pleine augmentation et des augmentations de salaire dans les pays en développement, le secteur a un bel avenir devant lui. Les principaux producteurs de viandes ont l’ambition de remplacer 100% des produits animaliers d’ici 2035.

Cependant, les producteurs de viande sont montés au créneau pour défendre leur activité. Un grand nombre d’Etats est en train de légiférer pour interdire aux industriels de produits « vegan » d’utiliser le terme « viande » si le produit ne provient pas d’un animal.

De plus, les géants de production de viande, tels Tyson, Smithfield, JBS ou Cargill, ainsi que les géants de l’agroalimentaire, comme Nestlé ou Kellogg’s, se sont empressés de suivre la tendance en créant leurs propres usines de substitut à base de végétaux.

Parmi les concurrents, les laboratoires cherchent à produire de la viande dite « propre ». Ces laboratoires cultivent de la véritable viande en répliquant les cellules animales dans de simples boîtes de Pétri. Ces laboratoires spécialisés dans la culture de viande sont soutenus financièrement par Bill Gates, Richard Branson et Cargill.

En France, la tendance n’est que naissante mais des entreprises, comme Herta ou Fleury Michon, voient en cet engouement des possibilités de marché et développent, elles aussi, leur gamme végétale.

 

Analyse Technique

 

Rappelons ici que Beyond Meat a été introduit en bourse très récemment, le 2 mai 2019, ce qui implique que nous ne disposons pas d’un historique de prix conséquent. Néanmoins, sur ce graphique en 4 heures, nous avons la capacité de relever certains niveaux intéressants. En effet, nous remarquons que depuis son point bas de mars 2020, lié à la crise sanitaire, le titre a enregistré une belle progression jusqu’en juin avant de marquer une phase de ralentissement. Après être venu rebondir à plusieurs reprises sur le support des 125 dollars (ligne bleue), la titre a repris son ascension dès la rentrée de septembre.

Dans cette configuration, tant que le niveau des 165 dollars (ligne rouge) ne sera pas franchi à la baisse, il serait préférable de positionner à l’achat sur ce titre, avec un objectif sur le précédent plus-haut à 240 dollars. Alternativement, la cassure franche de ce niveau pourrait nous amener à un retour sur le support des 125 dollars.

 

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SPECIAL ACTU – Huawei, la 5G et le reste du monde !

Huawei Technologies est une entreprise fondée en 1987, dont le siège social se trouve à Shenzhen en Chine et qui fournit des solutions dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC). Le groupe chinois compte 194.000 employés, dont plus de 96.000 travaillent dans la R&D. Il possède 14 centres de recherche et 36 centres d’innovation dans le monde entier. C’est une société privée dont le capital est détenu par ses salariés à travers un système de stock option. Par conséquent, elle n’est pas cotée en bourse et est donc dispensée juridiquement de présenter ses résultats. Néanmoins, par sa dimension internationale et son impact sur le secteur, elle publie toutefois sur son site web un rapport annuel d’activité.

Historiquement, le premier métier du groupe est la mise à disposition de réseaux de télécommunications aux opérateurs : c’est-à-dire que l’entreprise fournit des matériels, des logiciels et des prestations de services pour les réseaux de télécommunications des opérateurs et les réseaux informatiques des entreprises. C’est par la suite que le groupe s’est fait connaître pour ses autres activités.

A partir de 2009, Huawei commercialise ses premiers smartphones sous le système d’exploitation Android de Google, et à partir de 2011, le groupe se lance sur le marché des solutions pour entreprises avec le développement du cloud, des centres de données et la cyber-sécurité. Pour gagner en part de marché et en reconnaissance sur ses différentes activités, le groupe investit environ 10 à 15% de son revenu annuel dans la R&D pour un montant qui s’élève à 73 milliards de dollars sur les dix dernières années.

En 2019, les expéditions de smartphones d’Huawei ont dépassé les 240 millions d’unités, avec une croissance annuelle de 16,8%, et ont atteint une part de marché mondiale de 17,6%, consolidant sa position de numéro deux des smartphones (derrière Samsung et devant Apple).

 

Huawei et le conflit sino-américain

Source : https://actu.meilleurmobile.com/

 

Depuis le mois de mai 2019, les entreprises américaines se sont vues interdir de vendre leurs produits au géant chinois, soupçonné d’espionnage par l’État américain. En effet, les services de renseignement américain soupçonnent Huawei d’être financé par les services de sécurité chinois, et de vouloir installer des outils de surveillance électronique directement au cœur de ses équipements (réseau 5G et smartphones). Le groupe chinois a toujours nié participer à des opérations d’espionnage, qu’elles soient technologiques ou politiques et estime que ces accusations et les mesures prises à son encontre par le gouvernement américain sont exclusivement liées à la guerre commerciale qui oppose les deux premières puissances mondiales.

Néanmoins dans ce contexte particulier, les dirigeants d’Huawei avaient anticipé que ce genre de contrainte vis-à-vis des Etats-Unis pouvait apparaître avec les tensions commerciales. Ren Zhengfei, le fondateur du groupe avait même déclaré en mai 2019 : « l’an dernier, j’avais deviné que les Etats-Unis nous attaqueraient dans les deux ans, ce qui nous laissait largement le temps de nous préparer ».

Huawei a donc été contraint de modifier certains smartphones et de retarder le lancement d’autres appareils car il ne pouvait plus disposer de l’OS Android (système d’exploitation) installé sur la plupart des smartphones. Le groupe avait néanmoins réussi à négocier avec Google une dérogation temporaire sur cette interdiction afin de continuer à commercialiser des smartphones sous Android. Cet accord permettait notamment à Google de continuer à délivrer des mises à jour et des correctifs Android aux smartphones lancés par Huawei avant la mise en place de l’embargo. Cette dérogation prise en aout 2020 n’a pas été renouvelée sous les consignes du gouvernement américain.

Par conséquent, le constructeur a mis en place son propre système d’exploitation pour ses futurs smartphones appelé HarmonyOS qui sera disponible à partir de 2021 sur l’ensemble de ses mobiles et sur les autres produits connectés de la marque (téléviseurs et montres connectées entre autres).

Les attaques américaines sur le groupe chinois n’ont pas été partagées par les autres grands pays occidentaux. Même au sein de l’alliance du renseignement « Five Eyes » composée des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande, du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie, seule cette dernière a suivi la ligne de conduite américaine et interdit l’utilisation d’équipements chinois dans son réseau 5G (Huawei mais aussi ZTE). Les trois autres membres ont exprimé des réserves à ce sujet : au Royaume-Uni par exemple, malgré les réserves de certains élus conservateurs et d’une partie de la communauté du renseignement, l’entreprise chinoise est toujours autorisée à fournir des éléments « non centraux » du futur réseau 5G du pays.

Mais très rapidement l’équipementier suscite de plus en plus d’hostilité chez un grand nombre de pays occidentaux qui redoutent que ce poids lourd des télécoms ne serve de « cheval de Troie » à la Chine, et ne l’aide à espionner les puissances étrangères.

 

Huawei et la 5G en Europe

La 5G est la cinquième génération des standards pour la téléphonie mobile. Elle donnera accès à des débits dépassant ceux de la 4G, avec des temps de latence très courts et une haute fiabilité, tout en augmentant le nombre de connexions simultanées par surface couverte. Elle vise à supporter jusqu’à un million de mobiles au kilomètre carré soit dix fois plus que la 4G actuellement. D’abord prévue pour début 2020 en France, l’attribution des licences 5G est reportée à cause de la pandémie de Covid-19 et des suspicions d’espionnage industriel et politique qui planent autour de l’équipementier Huawei.

 

Source : https://www.lepoint.fr/monde/5g-singapour-choisit-nokia-et-ericsson-au-detriment-d-huawei-25-06-2020-2381763_24.php

 

L’Asie et plus particulièrement la Chine dispose de deux équipementiers : Huawei et ZTE ; l’Europe aussi avec Nokia et Ericsson. En revanche, les États-Unis n’ont pas de grandes sociétés spécialisées dans ce domaine et cherchent donc, dans un souci de concurrence et de sécurité nationale, à confier l’ensemble de l’architecture et de l’infrastructure 5G du pays principalement à des entreprises américaines. Un grand projet 5G a d’ailleurs été lancé fin 2019 avec des entreprises comme Dell, Microsoft et AT&T.

De 2009 à 2019, Huawei a investi plus de 13 milliards de dollars dans la recherche sur la 5G, notamment sur les puces, les matériaux, les algorithmes, les antennes et le refroidissement et détient plus de 20% de l’ensemble des brevets essentiels à la norme 5G et plus de 21.000 contributions, ce qui représente le chiffre le plus élevé de l’industrie. Au 20 février 2020, Huawei avait signé 91 contrats commerciaux pour la 5G avec les principaux transporteurs mondiaux, dont 47 en Europe, 27 en Asie et 17 dans d’autres régions, permettant au groupe d’expédier plus de 600.000 unités d’antennes actives 5G sur les marchés mondiaux. Mais les questions d’espionnage d’Huawei sur les grandes puissances viennent quelque peu contrecarrer les plans du géant chinois.

Le Royaume-Uni a décidé mi-septembre 2020, de ne plus acheter d’équipements à Huawei d’ici la fin de l’année et de complètement démanteler les antennes présentes sur son sol à horizon 2027.

Le ministère de l’Economie français avait promis, contrairement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, de ne pas prononcer d’interdiction globale à l’encontre de l’arrivée du chinois Huawei dans la 5G. Mais la France aurait finalement manœuvré autrement pour arriver aux mêmes fins en annonçant dans un premier temps en juillet 2020 qu’elle allait accorder des autorisations aux opérateurs télécoms pour utiliser des équipements 5G, y compris ceux fabriqués par Huawei, pour des durées pouvant aller jusqu’à huit ans reconductibles. Par la suite, la France revient sur ses propos et annonce que ces autorisations seraient réduites à trois ans pour Huawei et qu’elles ne seraient pas reconductibles.

Après le Royaume-Uni et la France, c’est au tour de l’Allemagne de mettre en place sa défense face à au constructeur chinois. Il n’est pas question pour Berlin d’interdire officiellement Huawei, mais un projet de loi sur la sécurité informatique est en train de voir le jour et empêcherait à terme le géant chinois d’équiper le pays en 5G.

Ni le gouvernement français, ni le gouvernement allemand, n’ont interdit fermement à la firme chinoise de fournir des équipements 5G sur leur sol. Mais ces mises en place de réglementation visant à limiter et, à terme, à interdire l’activité de Huawei sur le sol européen ne sont pas bien reçues par le gouvernement chinois. Ces réglementations poussent le ministre du commerce extérieur à envisager des mesures contre les activités chinoises des deux fabricants européens d’équipements de télécommunications. Ainsi par exemple, des contrôles qui empêcheraient Nokia et Ericsson d’exporter des produits fabriqués en Chine vers d’autres pays, ou encore en cas d’exclusion formelle de l’Allemagne, des mesures de rétorsion à l’égard de l’industrie automobile allemande.

 

Source : https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/smartphones-google-impose-de-severes-restrictions-a-Huawei-817758.html

 

Abraham Liu, représentant d’Huawei en Europe avait pourtant proposé des accords de « non-espionnage » à tous les pays souhaitant continuer de travailler avec le groupe chinois, sans succès. Il avait alors alerté sur le devenir du respect de la concurrence au niveau international en expliquant que ce genre de mesures de la part des européens et des américains n’étaient « pas seulement une attaque contre Huawei. C’est une attaque contre l’ordre libéral fondé sur des règles […] Maintenant, cela arrive à Huawei. Demain, cela peut arriver à n’importe quelle autre compagnie internationale. »

Tout dernièrement, le 1er octobre 2020, sur la demande d’Huawei, la Chine a entamé une procédure judiciaire contre Google pour abus de position de dominante considérant l’ingérence américaine comme le « parfait exemple de la piraterie moderne et des intimidations des Etats-Unis ».

Reste maintenant à savoir quelles seront les suites d’une telle procédure dans un contexte de guerre commerciale encore très tendue comme en témoigne le cas du réseau social chinois TikTok lui aussi interdit par les Etats-Unis pour des raisons de sécurité nationale et de suspicions d’espionnage.

 

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