SPECIAL MATIERES PREMIERES : Baril en la demeure

2020 s’avère être une année difficile pour le marché pétrolier avec des baisses respectives sur les cours du Brent et du WTI de 36% et 34% depuis le début de l’année, amenant les cours à 42 et 40 dollars à fin septembre. En effet, entre la chute de la demande internationale liée à la pandémie de Covid-19 et la « guerre » de prise de parts de marché entre l’Arabie Saoudite et la Russie, le marché du pétrole s’est littéralement effondré en 2020 et plus particulièrement pendant les mois de mars et avril. On se souviendra notamment de la journée du 20 avril 2020 où le contrat de brut américain pour livraison mai a fini la séance en territoire négatif (à environ -40$) : une première historique !

Entre une crise économique d’une ampleur exceptionnelle, l’évolution sociétale, l’accélération potentielle de la transition écologique, et la baisse historique des investissements en exploration/production, le monde pétrolier entre à l’évidence dans une nouvelle ère. Ces bouleversements surviennent dans un marché déjà perturbé par des incertitudes géopolitiques perceptibles, notamment une insécurité latente dans le détroit d’Ormuz. Les compagnies pétrolières ont déjà commencé à réduire leurs investissements dans l’exploration-production, dans une proportion comprise entre 20% et 35%. D’ailleurs, BP et Total ont annoncé un objectif de neutralité carbone pour 2050, signe que ces géants européens réduiront leur exposition aux risques de fluctuations du prix du brut (minorant leur appétit pour l’exploitation de gisements à coûts élevés).

L’idée d’un prix du pétrole faible pour longtemps devient donc envisageable comme la possibilité d’être confronté à des envolées ponctuelles des prix si l’offre n’est pas au rendez-vous. Le contexte actuel est caractérisé par un prix du pétrole historiquement bas, estimé autour de 40 dollars le baril en moyenne pour les cotations de 2020, ce qui ne c’était pas vu depuis 2008. Les cours du pétrole oscillent donc entre les communiqués de l’OPEP et les actualités liées au coronavirus, laissant peu de certitudes sur l’avenir de ce marché.

Au début du mois de septembre, le prix du Brent est repassé sous les 40 dollars alors qu’il évoluait en moyenne hebdomadaire à 45 et 43 dollars les deux dernières semaines d’août. L’environnement sanitaire y joue pour beaucoup. Le nombre croissant de cas de contamination en Europe et dans le reste du monde, ainsi que les difficultés à développer rapidement un vaccin, expliquent en grande partie cette correction. Celle-ci a d’ailleurs été renforcée par l’Arabie Saoudite qui a annoncé le 8 septembre dernier la baisse des prix de livraison du pétrole à destination de la zone Asie et des Etats-Unis. L’espoir d’un rééquilibrage progressif du marché devient moins évident et pèse à la baisse sur les prix de l’or noir.

Cependant, l’Arabie Saoudite « siffle la fin de la récréation » en affichant sa détermination à faire respecter la conformité des quotas de production des membres de l’OPEP+ au cours de leur dernière réunion le 17 septembre 2020. L’objectif de ce « rappel à l’ordre » est de donner au marché des espoirs de stabilisation des prix.

Mais cela semble difficile à faire croire quand on voit la persistance de la pandémie qui plombe la relance économique et, par conséquent, toute reprise de la demande, surtout que le secteur du transport, notamment le trafic aérien, demeure très limité. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) abaisse d’ailleurs les prévisions de consommation de carburant pour le reste de l’année : « Nous nous attendons à ce que la reprise de la demande de pétrole décélère nettement au second semestre 2020… ». En effet, dans son rapport de prévisions pour le quatrième trimestre 2020, l’AIE a abaissé ses prévisions de 600.000 barils par jour, alors que les stocks dans les pays développés ont atteint un niveau record en juillet, avec 3,225 milliards de barils, et ne diminueront pas de sitôt comme initialement prévu. Elle s’attend ainsi à une chute annuelle de 8,4 millions de barils par jour (contre 8,1 mb/j dans son précédent rapport).

Dans ce contexte particulier, les compagnies pétrolières font face à des défis d’avenir concernant leur secteur, et des restructurations sont donc en train de se mettre en place.

 

BP

Le groupe britannique a annoncé en juin dernier la suppression de dix mille postes dans le monde (15% de ses effectifs), ainsi qu’une charge pour dépréciation d’actifs qui va passer de 13 à 17,5 milliards de dollars après impôts au deuxième trimestre en raison de « l’impact durable » du coronavirus. BP a examiné et réduit ses prévisions de prix pour le pétrole et gaz, tablant sur un impact durable du Covid-19 et étant donné que la transition énergétique pourrait être accélérée à la faveur des mesures de relance de l’économie. Le britannique mise désormais sur une moyenne de 55 dollars par baril de Brent entre 2021 et 2050 (contre 70 dollars avant la crise) correspondant à « un éventail de voies vers la transition énergétique cohérentes avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat » précise le groupe.

Source : https://www.elettrico.fr/egeb-bp-reduit-de-40-les-energies-fossiles-investit-dans-lenergie-verte-electrek/

 

Dans son rapport sur l’énergie publié le 14 septembre, le groupe BP estime que « le déclin du pétrole est déjà engagé » et envisage trois scénarios sur la transition vers une énergie plus verte d’ici 2050. Dans les deux scénarios les plus optimistes, la demande de pétrole aurait déjà dépassé son pic et ne se relèvera jamais de la chute causée par la crise sanitaire. Dans le scénario le plus conservateur avec une transition énergétique au même rythme qu’actuellement, la consommation d’or noir devrait atteindre un plateau dans les années qui viennent, précise le rapport.

Sur le graphique ci-dessus en base journalière, on constate les difficultés de BP à faire face à la crise. Certes, depuis son creux de mars 2020, le groupe pétrolier enregistre une progression de 17%, mais à relativiser si on regarde sa performance depuis le début de l’année qui est de l’ordre de -52%, démontrant l’incapacité du groupe à faire face à la crise sanitaire.

Dernièrement, la clôture du gap haussier d’avril (rectangle orange) peut nous donner un objectif de cours à la baisse pour BP autour des 16£, le ramenant sur ces points bas de mars s’il n’y avait pas d’évolution favorable de la conjoncture économique. Alternativement, un retour de la demande de pétrole liée au ralentissement de la pandémie ou à l’arrivée d’un vaccin nous donnerait pour objectif un retour sur l’overlap des 22£ (ligne horizontale bleue).

 

Total

La société française a essuyé 8,4 milliards de dollars de pertes au deuxième trimestre 2020 (comparé à un bénéfice de 2,76 milliards sur la même période en 2019), plombé par un recul de sa production en pleine crise du coronavirus. Face à des prévisions de prix du pétrole abaissé, Total a également procédé à 8,1 milliards de dollars de dépréciations d’actifs.

Source : https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/total

 

Total reste pourtant dans les petits papiers des analystes car le groupe est parvenu à se maintenir dans le vert et à proposer la distribution d’un acompte de dividende de 0,66 euro par action. Un niveau de dividende que le groupe parviendra à maintenir tant que le baril de pétrole restera au-dessus des 40 dollars, assure-t-il.

Sa diversification stratégique dans l’électricité, le gaz, et les énergies renouvelables lui a également permis de limiter la casse, puisque ses activités ont été la première source de revenus de Total au premier semestre. D’autant que la pandémie de coronavirus devrait accélérer cet engagement. En effet, entre mars et juin 2020, le géant français a bouclé  quasiment autant de deals que durant toute l’année 2019 dans les énergies vertes. On parle par exemple du renforcement dans l’éolien terrestre avec la reprise de Global Wind Power France, du lancement d’un projet de stockage par batteries à Dunkerque, de l’acquisition de 2,5 millions de clients résidentiels en Espagne, et de l’entrée dans deux projets éoliens offshore au Royaume-Uni.

Sur le graphique ci-dessus en base journalière, on constate que la configuration du graphique de Total est similaire à celle de BP bien que le pétrolier français enregistre une meilleure progression depuis son point bas de mars, à hauteur de 35%, et une perte de 46% sur l’année 2020.

Tout comme pour sa consœur britannique, le cours de Total sera dépendant de l’évolution de la situation sanitaire. Bien qu’on puisse s’attendre à une meilleure résilience du titre au vue des investissement déployés dans la transition énergétique, nous donnant un objectif à la baisse autour de la barrière psychologique des 25€ (bien supérieur à ses points bas de mars). Alternativement, une amélioration de la conjoncture pourrait permettre au titre de se diriger vers la résistance des 35€.

 

Brent

Les graphiques du WTI et du Brent étant similaires, nous nous contenterons de regarder la référence européenne.

Sur le graphique ci-dessus en base journalière, on constate le rebond opéré sur les cours du pétrole de la mer du Nord, passant d’un plus bas à 16$ le baril en avril dernier, à 46$ fin août soit une progression de 190%.

Au cours de l’été, on constate que les prix ont évolué à l’intérieur d’un wedge (matérialisé par les segments violets). La sortie de cette figure par le bas au début du mois de septembre engendre un mouvement baissier pouvant amener les prix du pétrole à se diriger vers les 36$ (pointillés verts) si la relance de la demande tardait à revenir. Alternativement, une conjoncture plus favorable pour amener l’or noir à s’orienter vers la résistance des 46$ (ligne rouge) qui si franchie nous donnerait un objectif sur la barrière psychologique des 50$ le baril.

 

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SPECIAL SECTEUR : Quel bilan pour l’immobilier français ?

Depuis le début de cette année 2020 particulière, on sait que la crise liée au Covid-19 aura d’importantes répercussions économiques et que l’immobilier n’en sera pas épargné. Néanmoins, devant le risque sanitaire, tous les pays ont mis en place des mesures pour réduire autant que possible la pression financière. Ainsi, on ne redoute pas forcément de baisse des revenus locatifs, ni de hausse spectaculaire des taux d’intérêts en raison d’une inquiétude liée à l’augmentation de l’endettement. D’ailleurs, en avril 2020, le président de l’IMSI (Institut du Management des Services Immobiliers) et le PDG de SeLoger s’accordaient à dire que la perspective d’une baisse généralisée des prix ira jusqu’à 5% dans les grandes villes et probablement jusqu’à 10% dans les zones moins recherchées. Ils ajoutent aussi que les taux d’intérêts devraient rester bas ce qui laisse penser que des villes comme Paris continueront d’attirer les acquéreurs et que les prix devraient stagner.

Post-confinement, on assiste dans les premières semaines à l’augmentation sans précédent du volume de transactions. Au mois de juin 2020, on enregistre un niveau d’activité en hausse de 35% par rapport à la même période l’année dernière qui était déjà exceptionnelle en termes de volume de ventes. De plus, selon le baromètre LPI-SeLoger, en juin, le prix au m² en France s’élève à 3.601 euros tous logements confondus (appartements, maisons) alors que devenir propriétaire d’un logement dans l’hexagone coûtait 3.414 euros au m² en janvier dernier. La crise sanitaire n’aura donc pas empêché les prix des logements d’augmenter de 5,4% en l’espace de six mois.

Concernant Paris, la hausse annuelle des prix ralentit doucement, bien qu’on attende une augmentation de 6,6% cette année. De plus, la progression des prix s’accentuerait pour les appartements et les maisons de la petite couronne et pourrait atteindre les 9%. Quant à la grande couronne, elle pourrait connaître des hausses proches et même supérieures à celles de la capitale (ce qui est relativement rare). En effet, le confinement a permis de découvrir qu’il était possible de travailler depuis chez soi et par conséquent le télétravail s’est généralisé, à tel point que les Français poussent leurs recherches immobilières au-delà de la concentration parisienne.

 

 

Bien que ces chiffres semblent très encourageants, il faut les regarder avec une certaine perspective : Gilles Gayraud, le président de la chambre des notaires de l’Hérault a mené une étude sur le marché immobilier post-confinement publiée en septembre. Il estime que « cette reprise ne préjuge pas de l’avenir ni en bien, ni en mal, c’est un rebond technique. Il ne s’agit que de la concrétisation d’affaires initiées avant le blocage de l’activité ».

De nombreuses incertitudes persistent sur le marché immobilier français. Certes, les volumes de ventes de mai et juin 2020 et les avant-contrats de mai à juillet confirment une reprise technique de l’activité mais la situation économique et les difficultés attendues en termes d’emploi et de revenus vont contraindre les ménages et risquent de peser sur le marché. De plus, le resserrement des conditions d’octroi des crédits peut limiter l’accès à certains acquéreurs. Enfin, le contexte actuel et les incertitudes sur la situation sanitaire peuvent inciter certains ménages à l’attentisme (report ou annulation des projets) compte tenu de l’engagement de très long terme que représente une acquisition immobilière.

 

SCPI

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) sont des structures dont l’objectif est l’acquisition et la gestion, sous les règles du droit des baux commerciaux, d’un patrimoine immobilier professionnel (bureaux, commerces, entrepôts, hôtels, cliniques ou maisons de retraite par exemple). Selon leur secteur, certaines de ces sociétés ont été plus ou moins touchées par les évènements inédits que nous avons subis. L’encaissement des loyers et la collecte par les sociétés de gestion s’en est vu affecté. Suivant les périmètres d’activité, des reports, voire même des annulations ont été constatés. En revanche, pour d’autres, les effets de la crise ne se sont faits que très faiblement ressentir, permettant d’annoncer une performance annuelle similaire à celle de l’an passé ainsi que des investissements futurs prometteurs.

 

Source : https://francescpi.com/actualite-scpi-blog/

 

Après des collectes record au premier trimestre à hauteur de 2,56 milliards d’euros, le second trimestre se révèle plus compliqué avec un montant d’environ 800 millions d’euros, un des niveaux les plus faibles enregistrés depuis le début des années 2010. Notons cependant que cette baisse résulte en majeure partie d’une diminution des souscriptions plutôt que d’un phénomène de retraits massifs, ce qui témoigne de la confiance des épargnants déjà investis.

Par ailleurs, avec un taux de recouvrement moyen des loyers de 78%, les SCPI semblent avoir affronté la crise dans l’ensemble, avec néanmoins quelques disparités. La restauration et l’hôtellerie sont bien entendu les classes d’actifs les plus affectées à tel point que certaines sociétés de gestion ont décidé de mettre en place des reports de loyers (ou même dans certains cas extrêmes des annulations). A l’inverse, la logistique, le résidentiel et la santé ont des taux de recouvrement proches de 100%. Cette dernière en particulier a été sur le devant de la scène pendant cette crise où on a dû constater dans l’urgence qu’il n’y avait pas assez de lits dans les hôpitaux et que les infrastructures manquaient cruellement de place pour accueillir des patients laissant donc de la marge de manœuvre à ce secteur.

Avec un rendement attendu autour de 4% en 2020, le marché des SCPI fait donc pour l’heure preuve de résilience. A ce jour, selon Linxea, aucune baisse du prix des parts n’a été identifiée depuis le début de cette crise et aucune société de gestion n’a communiqué sur une éventuelle baisse dans les mois à venir.

 

SIIC

Les SIIC (Société d’Investissement Immobilier Cotée) sont des sociétés foncières cotées en bourse. Ce sont donc des entreprises spécialisées dans l’acquisition (ou la construction), la détention et la gestion de patrimoines immobiliers. Ces foncières sont bien évidemment elles aussi touchées par l’ampleur de la crise comme l’illustre ci-dessous le tableau des variations des cours de bourses de ces sociétés depuis le début de l’année 2020 :

  • Unibail-Rodamco-Westfield

Unibail-Rodamco-Westfield (URW) figure parmi les leaders mondiaux de l’immobilier commercial, présent dans 13 pays, doté d’un portefeuille d’actifs d’une valeur de 65,3 milliards d’euros fin 2019 et dont 35% du chiffre d’affaires est enregistré en France. Cette foncière est fortement impactée par la crise du coronavirus en raison de l’instauration des différentes mesures de restrictions par les Etats. Spécialiste des centres commerciaux, le groupe avait déjà énormément souffert de la première vague de confinement car beaucoup de magasins n’ont pas rouvert ou que partiellement dans les galeries marchandes.

Le groupe a annoncé, le 16 septembre 2020, la mise en place d’un plan de renforcement de son bilan d’un montant de 9 milliards d’euros pour faire face aux incertitudes liées à la crise sanitaire. Ce plan prévoit, entre autres, une augmentation de capital de 3,5 milliards d’euros, intégralement souscrite par un syndicat bancaire composé de Bank of America, BNP Paribas, Crédit Agricole, Goldman Sachs, JP Morgan et Société Générale et dont le produit sera consacré à la réduction de l’endettement. Dans ce plan, URW prévoit aussi de limiter à un milliard d’euros les dividendes versés en numéraire sur les deux prochaines années, une réduction de 800 millions de ses investissements ainsi que des cessions à hauteur de 4 milliards d’euros d’ici fin 2021. Cette annonce n’a pas été vue d’un très bon œil par les investisseurs qui ont sanctionné la situation difficile de la société par une baisse du titre de 10% au lendemain de celle-ci.

 

 

Sur le graphique ci-dessus en base hebdomadaire, on remarque que le prix de l’action évolue dans une tendance baissière depuis 2015, avec une amplification de la baisse à partir d’août 2018 (cercle bleu), montrant déjà des signes de fragilité chez la foncière. Cette fragilité a été mise en lumière avec la crise du coronavirus où le titre a chuté (comme la plupart des marchés) d’environ 67% entre le début d’année 2020 (icône flèche rouge) et le point bas de mars, avant d’entamer un rebond qui sera avorté en juin. Mais, à la différence de la plupart de ses homologues du Cac 40, URW n’a pas suscité un retour durable des investisseurs puisque le titre repart fortement à la baisse et enfonce son point bas de mars. C’est à ce jour le seul titre de l’indice de la place parisienne enregistrant une performance négative (près de -20%) depuis le creux du mois de mars.

 

  • Klépierre

Klépierre est un opérateur de centres commerciaux paneuropéens basé en France, avec un portefeuille d’actifs de près de 24 milliards d’euros fin 2019. Il se compose de grands centres commerciaux implantés dans 57 métropoles et 16 pays d’Europe continentale, qui accueillent au total 1,1 milliard de visiteurs par an.

Dans la continuité de sa consœur, Klépierre est pris de difficulté depuis la crise du Covid-19, et subit les dommages collatéraux de l’annonce d’URW, en enregistrant elle aussi une forte baisse de près de 8% le lendemain, le 17 septembre.

 

 

Sur le graphique ci-dessus en base hebdomadaire, on constate qu’à l’instar d’URW, le titre était inscrit dans un mouvement baissier depuis 2015 avant de chuter plus violemment à partir du début d’année 2020 (icône flèche rouge) à cause de la pandémie. Là encore, on remarque que le titre a tenté un rebond jusqu’en juin avant de revenir sur son point bas de mars, signe des difficultés rencontrées par les foncières depuis le début de cette crise.

 

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SPECIAL TENDANCE – L’Investissement Socialement Responsable : à prendre ou à laisser ?

SPECIAL TENDANCE – L’Investissement Socialement Responsable : à prendre ou à laisser ?

La dimension planétaire de la crise sanitaire, les bouleversements climatiques et les mouvements sociaux ont exacerbé notre conscience des enjeux collectifs. Ces perturbations profondes et particulièrement la crise du coronavirus ont mis en lumière l’Investissement Socialement Responsable (ISR) créé à l’occasion de la COP21 de 2015.

 

Ces fonds sont donc basés sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (dits critères ESG), qui constituent les trois piliers de l’analyse extra-financière :

  1. Le critère Environnemental tient compte de la gestion des déchets, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la prévention des risques environnementaux.
  2. Le critère Social prend en compte la prévention des accidents, la formation du personnel, le respect du droit des employés, la chaine de sous-traitance (supply chain) et le dialogue social.
  3. Le critère de Gouvernance vérifie l’indépendance du conseil d’administration, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.

En adhérant à ce sigle international, bon nombre d’investisseurs pensent réduire leur performance avec de tels critères. Cependant, par l’engouement suscité, ces placements durables battent parfois leurs équivalents généralistes. Les performances diffèrent de 2% aux Etats-Unis et de 6,3% en Europe entre les indices MSCI et ceux estampillés ISR.

 

Des possibilités grandissantes

En 2019, 3 milliards d’euros de souscriptions pour des placements solidaires ont été enregistrés, l’encours de ces placements a connu une croissance de 24% pour atteindre 15,6 milliards d’euros pour les particuliers.

Source : https://www.lelabelisr.fr/quest-ce-que-isr/

 

Le marché français dénombre plus de 700 fonds à caractère de développement durable dont 508 sont labellisés ISR. Leurs encours globaux s’élèvent à près de 300 milliards d’euros (dont 200 milliards pour ceux labellisés au 31 décembre 2019).

Ces fonds ont su être résilients face la crise notamment par l’absence des secteurs durement touchés qui ne respectent pas les critères ESG tels que l’énergie, l’aéronautique et l’automobile. Ces placements profitent même du rebond post-Covid grâce aux industries de la santé et de la technologie.

 

Une bonne rentabilité financière

Différentes études menées par Lyxor AM ou Amundi AM démontrent un surcroît de rendement de plusieurs pourcents entre les actions ayant une « bonne » et une « mauvaise » notation ESG.

La Financière de l’Echiquier indique même « qu’en dix ans, les 40 valeurs européennes les mieux notées en termes de critères ESG progressent de 268% contre « seulement » + 71% pour les 40 les moins bien notées ». Les investisseurs semblent donc délaisser les entreprises qui décident d’ignorer les critères SRI (Socially Responsible Investing).

L’accueil favorable des investisseurs pour ces placements encourage les sociétés à poursuivre des stratégies durables accentuées sur de bonnes pratiques ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance).

 

Un avenir radieux ?

Source : https://www.halteobsolescence.org/le-european-green-deal-une-impulsion-positive/

 

Depuis la montée de l’activisme guidée par Greta Thunberg et le mouvement Extinction Rebellion, les investisseurs ont une certaine appétence pour les thèmes liés au climat. Le plan de relance de l’UE de 750 milliards d’euros, plus particulièrement le « pacte vert européen » en son sein, favorise cette conscience collective. Ce pacte, plus communément appelé Green Deal, se focalisera sur la rénovation de bâtiments et d’infrastructures ainsi que sur des projets d’énergie propre (solaire et éolienne).

L’ampleur et la complexité des enjeux environnementaux incitent à se positionner sur ces critères. L’accord de Paris de 2015 couplé aux nouvelles réglementations environnementales amènent à une vision de long terme. La COP21 a notamment abouti sur un plan de financement durable pour la lutte et l’adaptation aux changements climatiques des pays en voie de développement.

Avec une chute vertigineuse du coût des énergies propres en seulement 10 ans, celles-ci concurrencent aujourd’hui les énergies fossiles. L’agence internationale pour les énergies renouvelables certifie que l’hydroélectricité est la source d’énergie propre la moins chère, suivie par l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque.

 

Les mesures concrètes de certaines grandes entreprises françaises

 

Air Liquide

Source : https://www.lerevenu.com/bourse/valeurs-en-vue/air-liquide-solide-tous-les-niveaux

 

Air Liquide place la performance extra-financière au cœur d’un nouveau mécanisme de financement. La société prévoit désormais un mécanisme de corrélation entre ses coûts financiers et les trois objectifs RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). L’entreprise se focalise sur l’intensité carbone, la diversité homme-femme parmi les ingénieurs et cadres, et la sécurité, notamment le taux de fréquence des accidents et arrêts de travail.

Depuis 2015, le géant des gaz industriels poursuit un objectif de réduction de 30% de son intensité carbone de la production directe d’ici 2025. Ce plan climat repose notamment sur la prise en charge d’une partie de la production énergétique de ses clients afin d’amoindrir leur consommation de CO2. En reprenant ces émissions, Air Liquide augmente les siennes mais à l’échelle planétaire, un effet positif peut être constaté car l’entreprise produit de manière plus efficiente.

Pour poursuivre cette réduction carbone, le groupe prévoit d’agir sur ses achats d’électricité propre, en s’engageant directement dans des fermes solaires et/ou éoliennes. Des investissements dans la rénovation des unités existantes ou le « big data » augmenteront aussi l’efficacité énergétique de ses unités de production.

Cette entreprise, qui reste très polluante malgré son pari sur l’innovation, souhaiterait un coup de pouce des pouvoirs publics, des partenaires industriels ainsi que des ONG pour notamment faire la promotion de l’hydrogène pour les transports, l’énergie et l’industrie ; ce qui permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 10 gigatonnes (sur les 34 gigatonnes nécessaires dans le cadre d’une trajectoire 2°C) d’ici 2050.

 

Qu’en est-il d’un point de vue technique ?

 

 

Sur ce graphique en base hebdomadaire, nous constatons que le titre Air Liquide est inscrit dans une nette tendance haussière avec une seule véritable phase de baisse durant la crise de 2008. Depuis, la création de l’ISR en 2013, nous voyons que le titre ne cesse d’attirer les investisseurs. Aussi, et malgré la crise du Covid qui a vu les marchés s’effondrer dans leur globalité, le bas du canal a été touché en mars 2020 et a pu jouer le rôle de soutien, sur le niveau clé des 92 euros, avant de reprendre sa tendance principale et d’atteindre un nouveau plus-haut historique à 144 euros. Depuis ce creux enregistré pendant la crise du coronavirus, le titre a connu une progression de près de 50% en l’espace de seulement 5 mois, effaçant ainsi les pertes liées à la période de crise.

Aussi, tant que notre point pivot à 134 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un premier objectif situé sur les 146 (borne supérieure du canal), voire les 160 en extension. Alternativement, la franche cassure des 134 euros conduirait à un nouveau test du support clé situé sur les 122 euros.

 

Total

Source : http://www.petrole-et-gaz.fr/nouvelle-campagne-corporate-mondiale-pour-total-2925/

 

Il peut paraître surprenant que le secteur pétrolier, perçu comme très pollueur et responsable de nombreuses catastrophes environnementales (un des piliers des critères ESG), soit représenté dans certains fonds dits ISR. Cependant, Total fait partie de plusieurs de ces fonds multi-secteurs comme celui géré par ABN Amro Investment Solutions.

Ces fonds multi-secteurs dits « Best-in-Class » consistent à sélectionner des émetteurs ayant de meilleures pratiques ESG dans chaque secteur. Total rentre donc dans cette stratégie ISR qui est, de loin, la plus populaire en France et dans le monde.

Total se différencie de ses concurrents à travers sa lutte contre le changement climatique. Le pétrolier a clarifié ses engagements, à savoir :

  • Un objectif de neutralité carbone (Net Zero Emission), d’ici 2050, pour les opérations mondiales de Total.
  • Un engagement de neutralité carbone (Net Zero Emission) pour l’ensemble de sa production en Europe, et les produits énergétiques de Total utilisés par ses clients d’ici 2050.
  • Une ambition de réduction de 60%, d’ici 2050, de l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques de Total utilisés par ses clients dans le monde avec des étapes intermédiaires de 15% puis 35%, respectivement en 2030 et 2040.

De plus, Total, via sa filiale Total Quadran, poursuit sa croissance dans les énergies propres en France avec des investissements colossaux en particulier dans le solaire et l’éolien (onshore et offshore). A travers ces sources d’énergie « abondante, propre, modulable, performante et compétitive », Total a pour ambition de devenir le major de l’énergie responsable.

 

Qu’en est-il d’un point de vue technique ?

 

Sur ce graphique pris en base journalière, nous remarquons dans un premier temps, qu’après la fameuse crise de 2007/2008 (initiée par le scandale des subprimes), les cours ont eu du mal à se reprendre, trouvant même une zone de résistance majeure sur une oblique très légèrement ascendante ; oblique qui a contenu les pressions acheteuses à six reprises entre janvier 2010 et juin 2013, pour finir par céder courant juillet, et ouvrant ainsi la voie à une accélération haussière qui s’est vue stoppée nette par la crise du Covid.

Cette lourde chute l’a entraîné jusqu’au 20,25 euros et l’a rapproché d’une zone de support clé située autour des 19,6 euros. Depuis ce point bas, le titre a repris 60% de son niveau initial pour arriver sur un point pivot sur les 31,1 euros. Tant que notre point pivot ne sera pas enfoncé nous continuerons de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 38,7 euros, à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 36,3 euros. Alternativement, la franche cassure des 31,1 conduirait à un nouveau test du support clé situé sur les 29,9 euros.

 

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Les turbos sont des instruments financiers complexes présentant un risque de perte en capital. Les pertes peuvent être extrêmement rapides.

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Vous pouvez retrouver ici nos performances réalisées lors de la bonne anticipation de la crise initiée fin février :

 

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Réalisé par Marc Dagher, avec l’aide d’Albane Desjardins et Jean-François M’Bongué

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SPECIAL ACTU – La crise sanitaire est-elle favorable aux fusacs ?

Des indicateurs économiques en berne, des incertitudes sur les conséquences du Brexit dont l’échéance a encore été reportée et des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine dans un environnement favorisant une certaine forme de protectionnisme, tel est le bilan qui se dresse en fin d’année 2019 et qui aura contribué à largement entamer l’optimisme du marché des M&A (Merger & Acquisition – Fusions/Acquisitions en VF), confronté à un léger ralentissement de l’activité depuis quelques années. En 2019, l’Europe enregistre pour 652 milliards d’euros de transaction, un chiffre en baisse de 22% par rapport à 2018.

Néanmoins, le début de l’année 2020 donnait des signaux encourageants sur ce secteur jusqu’au début du mois de mars où l’Europe enregistre un volume de transactions de plus de 212 milliards d’euros de fusions-acquisitions signées, dont 19 milliards rien qu’en France (qui avait enregistré pour 38 milliards d’euros sur l’année 2019 entière). Mais le confinement a pesé sur l’ensemble des marchés sans épargner le M&A qui voit plusieurs deals être révisés.

 

 

Des fusions parfois compromises

Alstom veut revoir les termes de sa fusion avec Bombardier Transport, après la publication des chiffres du deuxième trimestre de ce dernier qui s’est soldé par une perte nette de 233 millions de dollars. Dans un communiqué diffusé début août 2020, le géant français a estimé qu’il s’agissait « d’évolutions négatives et non prévues » par rapport aux informations disponibles en date du 17 février 2020, lorsqu’un accord avait été annoncé entre les deux entreprises. Toujours en août, EssilorLuxottica a annoncé que le rachat de GrandVision était compromis par sa gestion de la crise du coronavirus, et menace de renoncer à son acquisition. Tout dernièrement, en septembre 2020, LVMH a annoncé renoncer à son acquisition de l’américain Tiffany.

Ces grandes fusions en cours d’avortement ou de ralentissement ne sont pas les seuls cas que nous puissions relever : en effet sur le marché européen, les mesures sanitaires mises en place pour contrôler la propagation du virus ont entraîné le plus faible volume trimestriel de rachat depuis 2006, avec 203 transactions évaluées à 48,9 milliards d’euros au deuxième trimestre 2020.

 

De nouvelles opportunités se dessinent

La réouverture des économies est toutefois susceptible d’offrir un vivier d’opportunités stratégiques variées aux investisseurs. En effet, bien que le choc ait été violent, il n’est pas structurel ; les banques (à l’inverse de 2008) ont des capacités de financement encore importantes, et les mesures de soutien à l’économie par les banques centrales et les gouvernements constituent un facteur rassurant dans l’incertitude ambiante.

Bien que les perspectives économiques soient encourageantes en cette rentrée de septembre, il règne encore un sentiment d’inquiétude générale. La tendance pour le marché des fusions-acquisitions devrait donc se concentrer sur les actifs de haute qualité, à savoir les entreprises qui par leur solidité financière ou leur rôle essentiel pendant la crise, ont traversé sans dommages les récents remous économiques ou à l’inverse sur des sociétés ayant rencontré des difficultés offrant par conséquent des opportunités de prise de participation.

Dans ce contexte, on assiste à plusieurs offensives à des prix élevés dès les premiers jours de septembre. Nous allons nous intéresser à quelques-uns de ces grands dossiers de la rentrée.

 

Veolia – Suez

Source : https://www.lopinion.fr/edition/economie/non-rapprochement-veolia/suez-tribune-19-deputes-lr-223262

 

C’était la première nouvelle de la rentrée, le 30 août 2020 : la proposition de Veolia d’acquérir 29,9% du capital de Suez auprès d’Engie avant de lancer une OPA sur le reste du capital pour créer un leader mondial de la transformation écologique, avec un deal qui avoisinerait les 10 milliards d’euros. L’offre de Veolia n’est pas bien vue du côté de Suez et en particulier par son directeur général, Bertrand Camus, qui la juge « aberrante » pour son groupe et « funeste pour la France ». C’est donc une grande bataille qui semble se dessiner devant nous : Suez a déjà annoncé mettre en place une défense avec un plan stratégique renforcé et accéléré dans le but de convaincre des investisseurs de racheter la participation d’Engie (qui s’élève à 32,1%) et riposter face à l’offre de Veolia. Afin de concrétiser son plan d’action, Antoine Frérot, PDG de Veolia souhaite éviter l’enlisement en mettant la pression sur le conseil d’Engie, leur donnant jusqu’au 30 septembre pour se prononcer.

Comment la nouvelle est-elle accueillie par le marché ?

 

 

Sur ce graphique du titre Suez en base journalière, on constate que l’annonce de la prise de participation de Veolia sur la filiale d’Engie est plutôt bien accueillie par les investisseurs comme peut en témoigner le gap en ouverture haussière du lundi 31 août au lendemain de la nouvelle. Cet évènement permet à la société Suez de revenir sur ses niveaux d’avant crise et d’enregistrer une progression de plus de 12% depuis le début d’année 2020.

 

Altice – Cogeco

Source : https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-09-03/achat-de-cogeco-altice-et-rogers-se-disent-determines.php

 

Altice USA, la filiale américaine de l’empire des médias et télécoms du français Patrick Drahi, a proposé de racheter le groupe de télécommunications canadien Cogeco pour 7,8 milliards de dollars. La société prévoit de revendre par la suite les actifs canadiens à la société Rogers, le principal actionnaire à long terme de Cogeco, pour environ 4,2 milliards de dollars, détaille un communiqué. Altice USA garderait les actifs américains de Cogeco, actuellement réunis sous la marque Atlantic Broadband, le neuvième distributeur d’accès aux Etats-Unis. L’acquisition de cette dernière permettrait à Altice USA de rajouter plus d’un million de particuliers et d’entreprises à son portefeuille de clients, ce qui correspond à la stratégie du groupe, à savoir s’étendre en rachetant, quand l’opportunité se présente, des entreprises à un prix permettant de créer de la valeur.

 

Euronext – Borsa Italia

Source : https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/rumeurs/euronext-serait-pret-a-passer-a-l-action-pour-s-offrir-borsa-italiana-boursier-92263a5ce43bee27166278fce258827f94439c12

 

Détenue depuis 2007 par le London Stock Exchange, Borsa Italiana est mise en vente afin de permettre au groupe britannique d’obtenir le feu vert des autorités européennes au rachat de l’entreprise de données et d’analyses financières Refinitiv, pour 22,7 milliards d’euros. C’est donc l’opérateur boursier paneuropéen Euronext (qui gère notamment la place de Paris) qui a annoncé avoir déposé « une offre non contraignante » pour racheter la Bourse italienne pour un montant compris entre 3,5 et 4 milliards d’euros. L’allemand Deutsche Börse ainsi que le suisse SIX sont aussi des candidats au rachat de la place de Milan pour des montants de valorisation sensiblement similaires.

 

ARM – Nvidia

Source : https://kulturegeek.fr/news-205945/arm-vendu-nvidia-40-milliards-dollars

 

L’américain Nvidia va verser 40 milliards de dollars au conglomérat japonais Softbank pour racheter sa filiale britannique ARM, le leader mondial des microprocesseurs (la société équipe 90% des smartphones dans le monde). La finalisation de l’acquisition est prévue d’ici à mars 2022, sous réserve de l’approbation de nombreuses autorités réglementaires dans le monde entier. Si cette barrière géopolitique est franchie, le positionnement de Nvidia comme leader sur le secteur des composants électroniques serait incontestable. De plus, cela permettrait aux Etats-Unis de prendre un avantage certain dans la bataille mondiale autour du développement de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets qui sont des enjeux économiques majeurs dans les années à venir.

 

UBS – Credit Suisse

Source : https://www.rts.ch/info/economie/11603804-rumeurs-de-fusion-entre-les-banques-ubs-et-credit-suisse.html

 

D’après le blog d’informations financières Inside Paradeplatz, les deux banques suisses prépareraient une fusion. Cette fusion, qu’aucun des deux établissements ne tient à commenter, n’est pas vu d’un bon œil par le Conseil fédéral. En effet, après la crise de 2008, le Conseil fédéral ainsi que la BNS avaient dû injecter 60 milliards de francs pour éviter la faillite du géant UBS. La notion de « too big too fail » est alors apparue.

Sur le plan international, l’alliance permettrait d’asseoir le pouvoir des deux géants et de survivre à la concurrence mondiale. Cependant, cette possible fusion représente de nouveau un risque systémique pour l’économie suisse, la nouvelle structure échapperait davantage au contrôle démocratique et politique. Enfin, une « banque unique » réduirait le pouvoir de décision des clients et ne serait probablement pas bénéfique pour les salariés.

 

Peugeot – Fiat Chrysler

Source : https://www.lesoir.be/257424/article/2019-10-30/fiat-chrysler-et-peugeot-citroen-vont-ils-creer-un-geant-automobile-une-etape

 

Le rapprochement de PSA Peugeot Citroën et de son concurrent italo-américain Fiat Chrysler est toujours d’actualité malgré les nombreux doutes et interrogations survenues ces derniers mois. Les actionnaires du groupe automobile français ont conforté lors de leur assemblée générale l’option stratégique du rapprochement signé en décembre par les deux géants. L’objectif de ce nouveau groupe automobile est de « fournir des solutions de mobilité durable pour les décennies à venir » tout en préservant « la valeur exceptionnelle » de chaque marque qui le compose.

Le mardi 15 septembre, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et Peugeot ont fait part d’une modification de certains termes de leur accord engageant de fusion à 50/50 pour créer Stellantis, en prenant en compte l’impact sur les liquidités de la crise sanitaire sur l’industrie automobile. Ainsi il a été annoncé dans un communiqué que la participation de 46% de PSA dans l’équipementier Faurecia sera distribuée à l’ensemble des actionnaires du nouvel ensemble, et FCA réduira son dividende exceptionnel à 2,9 milliards d’euros, au lieu des 5,5 milliards envisagés. Cette fusion signée en décembre dernier devrait prendre effet courant du premier trimestre 2021 pour un montant avoisinant les 4 milliards d’euros.

Comment la nouvelle est-elle accueillie par le marché ?

 


Quand on regarde le graphique en base journalière du titre Peugeot, il semble que la nouvelle concernant la modification des termes de l’accord de regroupement soit bien acceptée par les investisseurs. En effet le groupe automobile progresse de 4,5% à la mi-séance, dépassant ainsi la zone de résistance des 16€ sur laquelle le rebond amorcé depuis les points bas de mars venait se stopper.

 

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SPECIAL FRANCE – Cac 40 : Entre doute et confiance

Cette année 2020 reste marquée par la crise du coronavirus qui a vu l’ensemble des marchés s’effondrer courant février, le Cac ayant notamment chuté de plus de 40%. Depuis le plus-bas de mars dernier, l’indice se trouve au sein d’un rebond plus poussif que les indices américains, notamment le Nasdaq, fortement boosté par les GAFAM (voir notre récent article) ou encore que le Dax en Europe qui a repris plus de 60%. Avec une reprise aux alentours de 40%, le Cac fait partie des quelques indices en retard qui restent encore loin de leurs niveaux d’avant crise.

 

 

Nous avons réalisé un classement des 40 valeurs de l’indice national en attribuant des coefficients arbitraires en fonction des variations annuelles, de l’intensité du rebond depuis le ceux de mi-mars et des rares valeurs qui ont retrouvé des plus-hauts d’avant crise.

Voici le résultat de ce classement :

Que nous montre l’observation de ce classement ?

Tout d’abord, que le secteur des « tech » reste en très bonne position, avec notamment les trois premières places du podium et 6 valeurs dans le top 10. Ainsi, à côté de Worldline, Capgemini et Teleperformance – dont les deux nouveaux entrants au sein de l’indice sur cet exercice 2020, Worldline et Teleperf entrés respectivement en mars et juin 2020 – on retrouve notamment STM, Dassault Systèmes ou encore Atos (ex maison-mère de Wordline).

Cette première observation montre que la mutation du paysage économique est de plus en plus ancrée, avec une prédominance des valeurs technologiques qui souffrent moins de la « virtualisation » du monde imposée notamment par la crise sanitaire.

Ensuite, autres valeurs à faire partie des « bons élèves » de l’année, on retrouve des titres solides de l’industrie tels que Schneider Electric, Air Liquide, Saint-Gobain ou encore Legrand, ainsi que le secteur poids-lourd du luxe avec Hermès, LVMH, L’Oréal ou encore Kering.

Parmi toutes les valeurs de l’indice parisien, seules 7 ont réussi à dépasser leur plus-haut d’avant crise de février : Worldline, Capgemini, Telepeformance, Schneider Electric, Air Liquide, Hermès et Sanofi.

De l’autre côté du classement, les services financiers (banque et assurance), avec notamment BNP Paribas, Crédit Agricole, AXA et surtout Société Générale, ainsi que la foncière du Cac, URW (lanterne rouge incontestée et seule valeur à afficher un bilan négatif depuis mi-mars) font partie des « mauvais élèves » de l’année. Autres secteurs à la peine, le duo des constructeurs automobiles Peugeot et Renault ou encore le secteur aéronautique, avec Thales et Airbus (exception faite de Safran, qui s’en sort mieux que ses pairs). Enfin, et dans la logique de la crise du Covid, le groupe Accor figure lui aussi dans le bas du tableau.

Ainsi, on remarquera que bien que toutes les entreprises aient été impactées par la crise, le retour à des niveaux d’avant crise se dessine différemment en fonction des secteurs et des valeurs.

 

Vers une reprise meilleure que prévue ?

Après l’euphorie actuelle sur les grandes places boursières américaines, les investisseurs ont retrouvé une certaine confiance dans les marchés notamment grâce à l’intervention massive des banques centrales et au plan de relance de 100 milliards d’euros prévu par le gouvernement. Ce plan devrait créer 200.000 emplois dès 2021 afin de retrouver, courant 2022, des niveaux d’activité d’avant crise.

L’espoir d’un vaccin contre le coronavirus reste un vecteur important de reprise. La FDA (Food Drug Administration) a même donné une autorisation d’utilisation d’urgence du vaccin tant que les effets bénéfiques dominent sur les néfastes. Bien que les essais de phase III ne soient pas terminés, la FDA ne précipitera pas l’autorisation d’utilisation en cette période électorale.

 

Une excellente reprise pour certains sous-jacents

Capgemini

Source : https://www.journaldunet.com/solutions/cloud-computing/1187252-comment-capgemini-prend-le-virage-du-cloud/

 

Le géant des services informatiques a pris plus de 120% depuis le point le point bas courant mars. L’annonce des résultats intermédiaires, dont les comptes définitifs seront publiés le 3 septembre, plus résistants que prévu a contredit les attentes des analystes. Ses résultats, pour le premier semestre, estimés à 7,58 milliards d’euros sont en hausse de plus de 8% par rapport à la même période de 2019. Les dirigeants espèrent continuer sur une croissance d’environ 13% pour l’année 2020.

L’impact de la pandémie s’est toutefois fait ressentir par une diminution de la croissance organique du groupe (-3.4%). La société table aussi sur un repli de sa marge opérationnelle dû à l’intégration d’Altran pour le deuxième trimestre.

Capgemini a annoncé une reprise progressive de ses activités aux troisième et quatrième trimestres 2020. Ce redressement s’inscrit dans l’ascension du titre vers de nouveaux sommets, le titre a même affiché l’une des plus fortes croissances du Cac enregistrant une hausse de plus de 7% depuis le 1er janvier 2020.

On peut aisément voir sur ce graphique en base hebdomadaire que le titre Capgemini s’inscrit dans une tendance haussière globale. Par ailleurs, après la chute de l’action courant mars, elle a su retrouver ses niveaux d’avant crise pour même atteindre des plus-hauts historiques.

Aussi, tant que notre point pivot à 117 ne sera pas enfoncé et après cassure du triple top, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 150 (borne supérieure de la résistance), à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 135 euros. Alternativement, la franche cassure des 117 conduirait à un nouveau test du support clé situé sur les 94 euros.

 

Teleperformance

Source : https://jobs.teleperformance.es/fr/

 

Après notre newsletter consacrée à Téléperformance, le leader mondial des centres d’appels, récemment intégré au sein du Cac 40, se fait une nouvelle fois remarquer par sa résilience et son ascension vers de continuels plus-hauts historiques. Les résultats du deuxième trimestre ont déjoué les attentes des analystes. Un repli des activités était attendu, à l’inverse une croissance interne positive de près de 4% a été remarquée permettant au chiffre d’affaires de croître de 2,7 milliards d’euros soit 3,7%.

L’impact de la crise sanitaire s’est fait ressentir sur la marge opérationnelle notamment au niveau du coût du passage au télétravail pour les employés. Leur équipe de R&S a, pour cela, créer « TP Cloud Campus », ce concept de « vie virtuelle » permet de gérer le recrutement, la formation ainsi que le management opérationnel à distance. Aujourd’hui, 80% de l’effectif, soit près de 300.000 salariés, de la société sont et resteront en télétravail pour faire face à la pandémie.

Le groupe qui est resté en croissance, alors que les économies de l’OCDE seront en décroissances, a la conviction de ressortir renforcé de cette crise mondiale. L’entreprise a enregistré une hausse de plus de 114% depuis le creux de mars du Cac 40 et une augmentation de 23% depuis le 1er janvier 2020. Celui qui a pour client les GAFAM continue de développer ses activités telle que l’interprétation en ligne de tous les services critiques (police, santé, justice) qui s’avère être un secteur du présent et de l’avenir.

Sur le graphique base en hebdomadaire, nous distinguons de façon assez nette qu’après une forte hausse, les cours ont évolué de mars 2000 à novembre 2011 dans un triangle symétrique qui a été cassé à la hausse en novembre 2012, impliquant ainsi une reprise de la tendance de fond.

À la suite de cette cassure, on constate que le titre continue son appréciation en évoluant sur une oblique de support (droite bleue) touchée en novembre 2011, et juin 2012. Cette dernière a également été touchée après une baisse entre février et mars dernier due à la crise sanitaire mondiale.

Cependant, le fort rebond qui a suivi laisse penser à une poursuite de l’appréciation des cours. Tant que le point pivot à 240 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière du titre avec un objectif autour des 300 euros.

Alternativement, une franche cassure au niveau des 240, nous amènerait vers ladite oblique de résistance à 200 euros puis nous conduirait à une correction vers les 148 euros.

 

Les entreprises résilientes peu impactées

Schneider Electric

Source : https://www.capital.fr/entreprises-marches/schneider-electric-la-boite-ou-votre-boss-est-a-10-000-kilometres-883566

 

Avec Air Liquide, Schneider Electric est l’une des valeurs les plus résilientes du Cac 40 en ce début d’année. Positionné sur un marché assez haut de gamme et de niche, le titre est remonté de plus de 70% depuis le creux de mars gagnant ainsi près de 15% depuis le 1er janvier.

Malgré un recul de 12% de son chiffre d’affaires au premier semestre, le spécialiste des équipements électriques ne semble pas faiblir et s’inscrit dans une mouvance de transformation numérique. L’entreprise continue même ses acquisitions, elle vient notamment de finaliser une transaction en Inde. Ce pays devrait devenir le troisième marché de la société par son chiffre d’affaires et l’un de ses principaux pôles d’innovation et de fabrication.

Cet objectif de digitalisation de son offre et son développement dans les pays émergents permettent à Schneider Electric d’entériner son statut de valeur résiliente.

Sur ce graphique en base hebdomadaire, nous constatons que le titre Schneider Electric est inscrit dans une nette tendance haussière au sein d’un canal ascendant. Aussi et malgré la crise du coronavirus qui a vu les marchés s’effondrer dans leur globalité, le bas du canal a été touché en mars 2020 avant de reprendre sa tendance principale et d’atteindre un nouveau plus-haut historique. Depuis ce creux enregistré, l’action a connu une progression de plus de 100% en l’espace de seulement 5 mois ce qui efface donc les pertes liées à la période de crise sanitaire.

Aussi, tant que notre point pivot à 101 ne sera pas enfoncé, nous continuerons de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 127 euros, à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 117 euros. Alternativement, la franche cassure des 101 euros conduirait à un test du support situé sur les 88 euros.

 

Une reprise plus compliquée pour d’autres titres

Orange

Source : https://www.numerama.com/tech/202058-orange-pourquoi-une-erreur-humaine-parait-peu-vraisemblable.html

 

Alors que certaines valeurs semblent exceller en cette période de crise, Orange, quant à elle, n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Avec une reprise de seulement 6,5% après le point le plus bas de mars, le groupe de télécom se classe dernier parmi les derniers du Cac 40 et n’arrive pas à retrouver ses niveaux d’avant crise.

Ce titre, souvent considérée comme valeur refuge, n’a pas bénéficié de son statut défensif. Les investisseurs se sont d’abord désintéressés de cette action après le dévoilement d’une feuille de route. Cette dernière qui s’avérait rassurante ne comprenait pas d’engagement vers une hausse du dividende. Le groupe souhaite même aller faire une diminution de 30% de celui-ci ce qui a accentué la chute de la valeur. Ce plan a été mal perçu par les investisseurs qui considéraient Orange comme ayant été peu touché par la crise sanitaire.

Le groupe a pourtant été impacté par la crise dans son secteur le plus prometteur, à savoir la fibre optique. Le raccordement au très haut débit a été très fortement perturbé durant la période de confinement. Le groupe doit aussi encaisser la concurrence omniprésente dans le secteur du mobile, une perte de 58.000 clients a été enregistrée au premier trimestre.

Afin de contrer cette baisse, Stéphane Richard, le PDG, a pour ambition d’augmenter le chiffre d’affaires en Afrique avec la mise en place d’une acquisition pour peser jusqu’à 20% en 2025 (12% actuellement). Cependant, le rebond de l’action reste incertain, de lourds investissements sont à prévoir avec l’arrivée prochaine de la 5G.

Sur ce graphique en base hebdomadaire, nous constatons qu’entre juillet 2013 et novembre 2015, les cours ont marqué une nette phase d’appréciation, qui a permis au titre de passer d’environ 7 à 17 euros (soit environ 142% de hausse).

Cependant de novembre 2015 à février 2020, aucune tendance particulière ne se dégage, le cours reste assez scrupuleusement enfermé entre les 11 à 14 euros pour la partie haute. La crise du Covid-19 a alors frappé le titre qui a chuté de plus de 35%. Depuis son point le plus bas, le titre n’arrive pas a revenir à son niveau d’avant crise. En effet, le titre n’a repris guère plus que 6%.

Aussi, tant que notre point pivot à 160 ne sera pas dépassé, on continuera de privilégier la tendance baissière avec un objectif majeur situé sur les 5 euros, à confirmer toutefois avec un test du support clé à 8.6 euros. Alternativement, le dépassement à la hausse du point pivot à 10,4 euros, nous conduirait sur un objectif 11,6 euros, puis en extension vers les 13,3 euros.

 

Mais restons prudent …

Les investisseurs semblent galvanisés par les différents soutiens monétaire et budgétaire, et l’injection massive des banques centrales. Le rebond actuel est aussi dû à la mise en circulation d’un potentiel miraculeux vaccin, « complètement opérationnel d’ici le 1er novembre 2020 ». Avec plus de 7.000 nouveaux cas enregistrés ces dernières 24h, le nombre de cas positifs au coronavirus ne cesse de croître en France.

Enfin, le tourisme continue d’en pâtir, la France souffre de l’absence de ses clients fortunés. Cette économie reprend toutefois progressivement. Pékin réouvre progressivement ses vols internationaux, suivi par la Jordanie ainsi que le Pérou. Affaire à suivre …

 

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SPECIAL US – La course à la Maison Blanche et son impact économique ?

A l’approche de la 59ème élection américaine prévue pour le 3 novembre 2020, des signes d’instabilité financière se distinguent dans le pays. Actuellement, le taux d’inflation oscille aux alentours d’1% aux Etats-Unis mais est-ce que cela va-t-il durer ?

L’action de la Fed est définie par trois axes, assurer le plein emploi, la stabilité des prix, et le maintien de taux d’intérêt bas. Par ces axes, la politique monétaire de la Fed impacte profondément la vie financière des américains.

Le comité de politique monétaire qui décide de la fluctuation des taux directeurs a évoqué une stratégie visant un taux d’inflation à 2%, voire légèrement supérieur. Dans un contexte de pandémie, où le chômage fait rage, la Fed souhaite maintenir ses taux d’intérêt proches de zéro dans le but de soutenir l’économie et de relancer la progression de l’emploi.

Cette volonté de création monétaire a donc engendré les taux d’intérêt extrêmement faible. Ces taux sont inférieurs au taux d’intérêt d’équilibre à long terme (« taux d’intérêt naturel ») mais, dans un pays qui n’arrive pas à contenir le virus, augmenter le taux d’intérêt semble dangereux au vu de la fragilité financière des consommateurs. Avec ces forces structurelles, on peut s’attendre à ce que les taux d’intérêt restent bas sous peine de créer une récession encore plus marquée. Les conséquences économiques de la crise sanitaire sont telles que la Réserve Fédérale a acheté pour environ 111 milliards de dollars d’actifs en seulement une semaine. En achetant des milliards de dollars d’actif, la Fed fait « tourner la planche à billets », en l’espace d’un mois, son bilan a doublé. En effet, en mars il s’élevait à 3.500 milliards contre 7.000 milliards de dollars en juin.

Pour faire face aux nombreuses faillites d’entreprises, au chômage et aux expulsions de locataires, le gouvernement fédéral américain a déjà mis en place des aides financières inédites notamment une indemnisation de 600 dollars aux demandeurs d’emploi. Un nouveau plan d’aide a été dévoilé à la suite de l’arrêt, fin juillet, de ces aides. Ce plan prévoit une nouvelle allocation chômage, des facilités de prêts pour les PME, un gel des charges salariales, des protections pour les locataires et un report de remboursement des prêts étudiants.

 

Source : https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20200820-pr%C3%A9sidentielle-am%C3%A9ricaine-joe-biden-gaffeur-consensuel

 

La course à la Maison Blanche se joue donc dans un contexte de crise sanitaire et économique. Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama est officiellement désigné comme le candidat démocrate.  Depuis le 11 août 2020, Kamala Harris est la première femme noire candidate à la vice-présidence. La nomination de cette femme née d’une mère indienne et d’un père jamaïcain est un symbole fort pour les américains. Dans une campagne qui n’est pas gagnée d’avance, Kamala Harris est un choix de raison, Joe Biden a insisté sur le duo qu’ils forment. En effet, à 77 ans, le candidat à la présidentielle à laisser entendre qu’il ne ferait qu’un seul mandat. En 2024, sa colistière aurait la place de leader du parti démocrate.

Son programme s’oriente sur plusieurs aspects dont la priorité serait d’affronter la crise sanitaire. Pour cela, en cas de victoire, il souhaite augmenter les tests, créer un corps médical supplémentaire de 100.000 personnes, indemniser les travailleurs exposés à des risques de contamination, et surtout constituer un stock de vaccins. En parallèle, un plan d’aide ambitieux « Build Back Better » de 700 milliards de dollars permettrait de relancer l’économie frappée par la pandémie. Ce vaste plan de relance prévoit de retrouver les emplois d’avant crise et d’en créer cinq millions supplémentaires par le biais d’investissements publics sur 4 ans. 8.000 milliards seraient investis dans un plan d’éducation, 400 milliards seraient attribués à la modernisation des infrastructures et 300 autres milliards de dollars iraient à la Recherche et au Développement (R&D), ainsi que dans les innovations technologiques.

Un deuxième axe prédominant du programme de Joe Biden concerne l’environnement. Dès sa possible arrivée au pouvoir, il rejoindrait les signataires de l’Accord de Paris sur le climat. 2.000 milliards de dollars seraient alloués dans un plan en faveur de l’énergie renouvelables avec pour but d’atteindre une production électrique propre en 15 ans. Ce plan comprendrait un programme de construction de logements à faible consommation énergétique, des incitations d’achat de véhicules électriques américains ainsi que le passage de la flotte gouvernementale à des véhicules électriques.

Dans l’article « Why America Must Lead Again » (« Pourquoi l’Amérique doit prédominer à nouveau »), il promeut un retour au leadership américain ce qui montre une franche rupture avec la politique isolationniste de Trump.  A l’égard de la Chine, le candidat à la Maison Blanche a écrit : « Le moyen le plus efficace de relever ce défi est de constituer un front uni des alliés et partenaires des États-Unis pour faire face aux comportements abusifs et aux violations des droits de l’Homme de la Chine ».

 

Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/coronavirus-donald-trump-annonce-l-elargissement-de-l-autorisation-du-traitement-au-plasma_4083613.html

 

Alors que Joe Biden a dévoilé son programme ambitieux, celui de Trump reste incertain. Celui qui transmet un message optimiste « Keep America Great » (« Conservons la grandeur de l’Amérique ») n’a pour l’heure pas évoqué d’idée nouvelle par rapport à son programme de 2016 (défense de la police, lutte contre l’immigration illégale, relocalisation des emplois des entreprises américaines en Chine…). Le jeudi 27 août, l’actuel président des Etats-Unis devrait y exposer les priorités de son possible second mandat. En attendant, l’ex-magnat de l’immobilier et son parti gardent leur position de « défenseur de la loi et de l’ordre ».

Bien que le Parti républicain loue la détermination de l’actuel président à trouver une solution médicamenteuse, la gestion très critiquée de la crise sanitaire joue en sa défaveur. Donald Trump s’est d’ailleurs empressé d’annoncer l’autorisation du traitement au plasma pour les convalescents sans que son efficacité n’ait été prouvée par des essais cliniques de grande ampleur. Selon de nombreuses enquêtes nationales, Joe Biden maintient une large avance sur Donald Trump.

La Fed est indépendante du pouvoir politique, néanmoins son président et son vice-président sont nommés par le président américain. Quels seraient donc les impacts d’un changement de présidence ? Pour l’heure, le parti républicain propose, dans le cadre du « paquet fiscal », un nouveau chèque de 1.200 dollars (plus 500 dollars par enfant) accompagné d’une diminution du complément d’assurance chômage. Le reste dépendra vraisemblablement des résultats. A suivre, donc…

Dans un contexte de crise sanitaire et donc économique, qu’en est-t-il maintenant des principaux indices américains qui, malgré la situation, gardent une santé insolente et atteignent, contre vents et marées, des plus-hauts historiques ?

 

Point technique sur le trio majeur des indices américains

  1. Le Dow Jones

Sur ce graphique pris en base hebdomadaire, on constate qu’à l’instar de ses comparses, le Dow reste inscrit dans une tendance globale de fond nettement haussière. Ce qui le différencie encore cependant techniquement de ses deux acolytes, c’est que ça reste, à ce jour, le seul des trois indices majeurs américains qui n’a pas encore dépassé ses plus-hauts d’avant crise du Covid. Gageons cependant que ça ne saurait tarder.

Aussi, tant que notre point pivot situé sur les 24.700 ne sera pas enfoncé, et après le test de la cassure des 29.700 points (sommet d’avant crise), on privilégiera une poursuite de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 33.280, puis les 37.500 points en extension. Alternativement cependant, la franche cassure des 24.700 conduirait à un test du support des 21.600 en amont d’un retour sur le fort overlap des 18.225 points.

 

       2. Le Nasdaq 

Ce graphique en base hebdomadaire, montre que l’indice technologique américain poursuit une nette tendance haussière. Depuis mars 2009, nous nous trouvons dans un canal ascendant, imperturbable malgré la crise sanitaire. En effet, le Nasdaq a vite effacé les pertes liées au coronavirus et continue même d’atteindre des plus-hauts historiques insolents. Malgré un RSI qui rentre en zone de surachat, l’indice a repris pas moins de 75% depuis son point le plus bas à 6.730 durant la crise pour même atteindre une progression de près de 37% depuis le début de l’année 2020.

Tout va se jouer autour du point pivot des 9.780, tant que ce niveau tient, on privilégiera une poursuite de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 15.575, puis les 18.885 points en extension. Alternativement, si notre point pivot venait à céder, cela nous conduirait à un test du support vers la zone psychologique des 8.000, en amont d’un possible retour vers les 6.800 points.

 

      3. Le S&P 500

Dans ce graphique en base hebdomadaire, on constate que l’indice américain est dans une tendance nettement haussière depuis mars 2009, avec quelques phases de correction ne remettant pas en cause la tendance de fond qui s’inscrit dans un canal ascendant. Ce canal est marqué par le creux de mars 2020, correspondant à l’impact de la crise du coronavirus, laissant apparaitre un niveau d’overlap important autour des 2.150 points. Par la suite le S&P efface rapidement ses pertes et atteint de nouveaux plus-hauts historiques, enregistrant une progression fulgurante d’environ 60% par rapport à son point bas de la crise, et de près de 8% depuis le début de l’année 2020.

Tant que notre point pivot situé sur les 2.900 ne sera pas cassé, on s’orientera vers une poursuite de la tendance de fonds avec un premier objectif à 4.000 correspondant à un seuil psychologique ainsi qu’à la borne supérieure de notre canal haussier, puis par projection, à un second objectif autour des 4.900 points. Alternativement, le franchissement à la baisse de notre niveau pivot conduirait à un premier test du support des 2.500 avant un potentiel retour sur l’overlap des 2.150 points si l’inversion de tendance venait à se confirmer.

 

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Réalisé par Marc Dagher, avec l’aide d’Albane Desjardins et Jean-François M’Bongué

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SPECIAL ACTIONS – Les GAFAM : nouveaux maîtres du monde ?

D’abord nommé « GAFA » à la fin du XXe siècle, l’ajout de Microsoft a modifié l’acronyme en « GAFAM ».

« GAFAM » : cinq lettres pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, cinq lettres qui représentent les super puissances numériques américaines, cinq lettres qui représentent à elles seules 25% du S&P 500 à fin juillet 2020 (contre 12% en juillet 2019). Impossible d’y échapper, omniprésentes dans notre vie quotidienne, nos modes de communication, d’information, de divertissement et même de consommation ont été bouleversés.

Leurs moyens financiers colossaux leur ont permis d’investir massivement dans l’intelligence artificielle, l’internet des objets, la robotique et se lancent même dans les secteurs de la santé et de l’automobile. Leur audace leur permet d’acquérir de nouveaux marchés bien que suscitant certaines critiques telles que l’optimisation fiscale, l’exploitation de nos données personnelles et leur statut de quasi-monopole.

Encore plus surprenant, en cette période de Covid-19, donc d’incertitude, les GAFAM paraissent avoir une santé insolente. Les publications trimestrielles se sont avérées être au-dessus des attentes du marché.

 

G pour… Google

Google, désormais connu sous le nom de sa holding Alphabet depuis août 2015, reste une des valeurs incontournables des marchés. Avec une capitalisation de 1.556 milliards de dollars, la holding se classe troisième à l’échelle mondiale des capitalisations boursières et lui permet de figurer parmi l’élite des « Big Five ».

A l’heure de la crise sanitaire, la solide et constante performance opérationnelle d’Alphabet est reflétée par ses notations (Moody’s : Aa2, S&P : AA+). Cette performance qui s’est avérée stable (T2 2020 : 38 milliards de dollars soit -2%), reste inattendue dans un marché publicitaire numérique difficile et en constante évolution avec les mesures sanitaires mises en place dans de nombreux pays. Au T1 2020, ses résultats financiers sont d’autant plus surprenants qu’Alphabet maintient une politique financière prudente avec un profil de liquidité solide.

Source : https://medium.com/@danplater/innovation-hubs-googles-new-alphabet-f961f1bf10fa

Les notations attribuées à Alphabet, la robustesse de sa technologie et les données de ses utilisateurs démontrent sa position de leader sur le marché publicitaire de moteur de recherche. Tous ses atouts, couplés à son incroyable capital intellectuel et financier, permettent à la holding de créer de nouvelles opportunités commerciales tout en défendant sa position face à ses actuels ou potentiels concurrents. L’entreprise jouit d’un avantage concurrentiel large (« Wide Moat »).

Le moteur de recherche Google représente à lui seul plus de 87% des parts de marché, contre seulement 5,5% pour Bing, le moteur de recherche de Microsoft. Avec un revenu total de 161,9 milliards de dollars pour 2019, les publicités représentaient 135,2 milliards de dollars soit 84% du chiffre d’affaires. Outre cette source conséquente de revenus, Alphabet peut compter sur les bénéfices de Google Play (applications, musiques, livres, films, etc.), la vente de matériel informatique, ainsi que de Google Cloud.

Les ressources de la société sont géographiquement diversifiées avec 46,4% des ventes provenant des États-Unis. Cette diversité géographique pose problème à Alphabet qui, depuis juillet 2020, fait face à de multiples enquêtes antitrust. Lancées par la Chambre des représentants et 51 procureurs généraux des États-Unis, plusieurs années seront nécessaires pour traiter ses enquêtes. Des amendes et/ou changements dans les pratiques commerciales d’Alphabet devraient faire partie des conséquences. L’entreprise s’est déjà vue infliger des amendes à hauteur de 9,5 milliards de dollars par l’Union Européenne pour violation du droit européen de la concurrence et du règlement général sur la protection des données de l’UE (DGPR). Enfin, la loi californienne sur la protection de la vie privée des consommateurs a imposé des restrictions strictes en matière de confidentialité des données.

D’un point de vue technique

 Sur ce graphique en base hebdomadaire, on constate que le titre Alphabet est inscrit dans une nette tendance haussière sans véritable phase de baisse et évolue au sein d’un canal ascendant depuis novembre 2008, soutenu par sa moyenne mobile 100 (courbe bleue claire). Aussi, et malgré la crise du Covid qui a vu les marchés s’effondrer dans leur globalité, le bas du canal a été touché en mars 2020 et a pu jouer le rôle de soutien, sur le niveau clé des 990 dollars (ligne rouge), avant de reprendre sa tendance principale et d’atteindre un nouveau plus-haut historique à 1.587 dollars le 21 juillet 2020. Depuis ce creux enregistré pendant la crise du coronavirus, le titre Alphabet a connu une progression de plus de 60% en l’espace de seulement 5 mois, effaçant ainsi les pertes liées à la période de crise.

Aussi, tant que notre point pivot à 1.230 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un premier objectif situé sur les 1885 (borne supérieure du canal), voire les 2.400 en extension. Alternativement, la franche cassure des 1230 conduirait à un nouveau test du support clé en overlap situé sur les 990 dollars.

 

A pour… Apple

Lors de notre dernier article, nous nous demandions ce qui pouvait bien arrêter Apple ?! Eh bien quelques années plus tard la marque américaine est passée première capitalisation boursière mondiale devant Saudi Aramco (le nouveau géant mondial pétrolier récemment introduit en bourse).

Basée à Cupertino (Californie), la société Apple est spécialisée dans le design, le développement ainsi que la commercialisation des produits électroniques de grandes consommations, logiciels informatiques, services en ligne et ordinateurs personnels. Pour ne pas les nommer, ses marques mondialement connues sont Mac, iPhone, iPod, iPad, etc. La marque Apple bénéficie d’une très forte fidélité des utilisateurs dans un secteur aujourd’hui très concurrentiel.

Source : https://sites.google.com/a/maine.edu/history-strategy-of-appleinc/

Le vaste réseau de magasins d’Apple et d’indépendants assure la commercialisation de ses produits dédiés aux particuliers, PME et notamment au secteur de l’éducation. En parallèle du matériel, Apple développe des services tels que la vente de contenu numérique, un service de streaming, AppleCare, ApplePay. Fin 2019, le chiffre d’affaires d’Apple se décompose par la vente :

  • De son produits phare, l’iPhone pour 55%,
  • De services pour 18%,
  • Des Mac et iPad pour 18%,
  • D’accessoires pour 9%.

Alors qu’Apple subissait la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, la crise sanitaire du Covid-19 a entrainé des interruptions de chaînes de production ainsi que la fermeture de ses magasins. Par conséquent, le lancement du nouvel iPhone a été retardé. Ce qui semblait être de mauvais présage pour le géant américain s’est avéré avoir peu d’impact. L’entreprise a même enregistré une hausse de ses ventes (+2%) et a permis une forte progression des services (+15%).

Le 19 août 2020, Apple Inc est devenu la première société publique américaine à atteindre 2.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Cet exploit souligne la position dominante de la marque à la pomme. Boosté par une demande de ses produits, le titre a doublé par rapport à son plus bas niveau du 23 mars 2020. L’augmentation récente de l’action qui lui a permis d’atteindre un nouveau plus-haut historique à 467,97 dollars est un jalon important dans l’histoire de l’entreprise.

Apple s’arrêtera-t-il un jour ? Pour l’instant, Apple reste loin devant ses concurrents, suivi de Microsoft avec 1.600 milliards de dollars, Google pour 1.000 milliards de dollars et Facebook avec 760 milliards de dollars.

D’un point de vue technique

Comme on peut aisément le voir sur ce graphique en base hebdomadaire, le titre Apple s’inscrit lui aussi dans une tendance haussière globale. Par ailleurs, depuis janvier 2009, les cours semblent évoluer au sein d’un large canal ascendant. Plus récemment, lors de la douloureuse fin d’année 2018, Apple a trouvé un point d’appui sur la borne inférieure du canal avant de repartir à la hausse et de buter à plusieurs reprises sur la zone des 220 dollars ; niveau que le titre a fini par franchir en septembre 2019 avant de marquer un nouveau record à 325 dollars en février 2020. Lors de la crise sanitaire, Apple aura perdu près de 40% en un mois, chutant sur les 213 dollars.  Néanmoins, le titre se reprend dès la fin du mois de mars et enregistre une progression fulgurante de 113% en l’espace de 5 mois, inscrivant de nouveaux plus-hauts historiques séances après séances jusqu’à atteindre les 2.000 milliards de capitalisation en date du 19 août 2020 et se rapprochant des 500 dollars par action.

Aussi, tant que notre point pivot à 325 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 820 (borne supérieure du canal), à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 600 dollars. Alternativement, la franche cassure des 325 conduirait à un nouveau test du support clé en overlap situé sur les 220 dollars.

 

F pour… Facebook

Le groupe Facebook Inc. est spécialisé dans les prestations de services de réseaux sociaux en ligne. L’activité du groupe est connue essentiellement pour ses plateformes réseau telles que Facebook, Instagram ou WhatsApp pour ne citer qu’eux.

Le site Facebook est le troisième site internet le plus visité au monde après Google et YouTube, et dépasse depuis le mois de juin 2020 les 2,7 milliards d’utilisateurs actifs mensuels au niveau mondial, ce qui représente plus d’un tiers de la population globale (auxquels on ajoute 1 milliard d’utilisateurs pour Instagram et 2 milliards pour WhatsApp).

La capitalisation boursière du groupe s’élève à 748 milliards de dollars au 19 août 2020, en faisant la cinquième valeur de l’indice Nasdaq Composite.

Source : Lemonde.fr

Il faut savoir que la réussite de Facebook tient d’une part de sa facilité d’utilisation et de la connectivité que permettent ses plateformes de réseautage, et d’autre part de son business model : en effet 98% du chiffre d’affaires du groupe provient des revenus publicitaires. On dénombre en 2018 plus de 6 millions d’entreprises qui utilisent la publicité Facebook pour atteindre leurs audiences cibles contre 3 millions en 2016, soit une progression de 100% en seulement deux ans.

Malgré une diminution de 12% des recettes publicitaires nettes sur le premier semestre 2020 selon l’IREP (Institut de Recherche et Études Publicitaires), et particulièrement depuis la période de confinement des différents pays, le groupe Facebook affiche des résultats plus qu’encourageant au regard de la situation économique et même au-dessus des attentes des investisseurs : ainsi Facebook a publié au deuxième trimestre 2020 un chiffre d’affaires en hausse de 7,6% par rapport au premier trimestre, s’élevant à 18,68 milliards de dollars (vs 17,2 anticipé) avec un résultat lui aussi en hausse, s’établissant à 5,17 milliards de dollars (vs 3,9 anticipé) pour une progression de 5,6% par rapport au T1.

Le confinement et l’augmentation des télétravailleurs sont des facteurs clés pour comprendre ce succès de Facebook au cours de cette période de crise. On compte en mai et en juin une hausse des utilisateurs quotidiens de Facebook respectivement de 11% et 12% en comparaison à la même période de l’année précédente.

La crise du coronavirus permet aussi à Facebook de redorer son image sur le plan international (régulièrement salie par des affaires d’utilisation frauduleuse des données ou de propagande entre autres) en annonçant le 7 avril 2020 la mise à disposition de données « agrégées et anonymisées » provenant de sa base d’utilisateurs, dans le but de permettre aux chercheurs d’analyser la propagation du coronavirus en mesurant l’efficacité du confinement par exemple.

D’un point de vue technique

Dans ce graphique du titre Facebook, pris en données 2 jours, on constate un canal haussier effectif depuis juin 2013, avec une évolution dans le haut de ce canal entre 2014 et juillet 2018 avant un mouvement correctif faisant chuter le titre d’un peu plus de 40% fin décembre 2018. A partir de 2019, s’est repris jusqu’en février 2020 où il atteint un nouveau plus-haut à 224 dollars avant de subir lui aussi la pandémie de coronavirus. Facebook reperd alors environ 40% par rapport à ce dernier record, pour atteindre un point bas à 137 dollars par action (borne inférieure du canal haussier). Puis, à l’image de ses consœurs, le titre va connaitre une ascension vertigineuse de plus de 100%, dépassant son précédent record pour atteindre un nouveau plus-haut historique en quelques mois, à 279 dollars.

Aussi, tant que notre point pivot à 215 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 410 dollars (borne supérieure du canal. Alternativement, la franche cassure des 215 conduirait à un test du support clé situé sur les 160 dollars.

 

A pour… Amazon

Le groupe Amazon Inc. est un des leaders mondiaux de la distribution en ligne des produits grand public. Ses activités de distribution s’organisent autour de deux pôles principaux : la distribution de biens de consommation (culturels, informatiques, électroniques, ménagers, vêtements…) qui représente 58% de son chiffre d’affaires, et la prestation de services de développement d’interfaces et d’applications internet. Initialement, à sa création en 1994, la société se concentrait uniquement sur la vente à distance de livres, avant de se diversifier dans la vente de produits culturels, puis marchands. Aujourd’hui, certains produits alimentaires peuvent aussi être commandés via Amazon.

Source : Europe1.fr

La réussite d’Amazon vient en partie de sa capacité à se diversifier au fil des années. Comme dit précédemment, Amazon n’était qu’un « libraire » avant de se transformer en géant de la distribution. Aujourd’hui on peut trouver absolument n’importe quel type de produits en vente sur le site d’Amazon.  Cette réussite vient aussi d’une volonté d’innovation forte en matière de logistiques (les entrepôts de la société son doté de robot pouvant faire les commandes sans quasiment aucune intervention humaines) mais aussi en matière de nouvelles technologies, en particulier grâce à Alexa, cette intelligence artificielle sous forme d’assistant vocal, commercialisée à travers les enceintes connectées d’Amazon : Echo.

Ces éléments permettent à la société d’avoir un poids relativement important au sein du Nasdaq Composite, avec une capitalisation boursière de l’ordre de 1.600 milliards de dollars, lui donnant la seconde place dans l’indice.

La crise du coronavirus peut presque être considérée comme un avantage pour ce géant américain. Le confinement rendant interdit tout accès à des commerces, la vente en ligne a connu un essor sans précédent permettant au groupe de surpasser les attentes des investisseurs. En effet, pour le deuxième trimestre de cette année 2020, le chiffre d’affaire d’Amazon enregistre une progression de près de 18% à 88,91 milliards de dollars (vs 81,3 attendu) par rapport au premier trimestre de l’année et de 40% par rapport au même trimestre de l’année précédente. Le résultat de l’entreprise quant à lui a atteint les 5,2 milliards de dollars (vs 700 millions de dollars attendu) soit une augmentation de 102% par rapport au T1 et un surpassement des attentes de l’ordre de 640%. Le directeur financier d’Amazon, explique que les bénéfices sont dus au fait que la société a pu livrer plus que prévu, que les clients ont acheté plus que prévu, et en particulier des articles dont les marges sont importantes (équipements sportifs, jeux vidéo, équipements ménagers).

D’un point de vue technique

 

Sur ce graphique en base hebdomadaire, on constate encore que le titre Amazon est inscrit au sein d’une très nette tendance haussière. Depuis le point bas de novembre 2008, l’évolution des cours se fait entre une oblique de support et une oblique de résistance ascendantes, pas tout à fait parallèles cependant. Plus récemment, entre août 2018 et mars 2020, les cours ont marqué une phase de temporisation plane, sans remettre en cause la tendance globale de fond et se confrontant à un niveau de résistance situé autour des 2.100 dollars ; niveau qui correspondait au point haut d’avant crise. On remarquera par ailleurs que, de tous les GAFAM, Amazon reste celle qui aura été le moins impactée par la crise du Covid avec une correction de « seulement » 25% qui l’aura amenée sur les 1.626 dollars. Or, dans notre newsletter du 27 février dernier nous avions mentionné un point pivot sur les 1.600 dollars qui aura finalement tenu bon. Depuis, et comme ses consœurs, Amazon a largement repris des couleurs en affichant une hausse de plus de 100%, l’amenant à un nouveau record historique situé vers les 3.345 dollars par action le 13 juillet 2020.

Aussi, tant que notre point pivot à 2.100 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 5.000 dollars psychologiques, à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 3.730 dollars (borne supérieure du canal). Alternativement, la franche cassure des 2.100 conduirait à un nouveau test du support clé situé sur les 1.300 dollars.

  

M pour… Microsoft

Le groupe Microsoft Corp. est le n°1 mondial de la conception, du développement et de la commercialisation de systèmes d’exploitation et de logiciels pour ordinateurs, smartphones et serveurs avec une capitalisation boursière s’élevant à 1.590 milliards de dollars, soit la troisième capitalisation du Nasdaq Composite. Le chiffre d’affaires du groupe se répartit de la façon suivante :

  • 48% pour les ventes de systèmes d’exploitation (Windows, Microsoft SQL Server, Windows Phone…) ;
  • 30% pour le développement d’application et de logiciels (Office365, Microsoft CRM, …) ;
  • 13% pour les ventes de jeux vidéo (Xbox) ;
  • 10% pour ses autres services en ligne (le cloud Microsoft Azure, OneDrive, Bing, …).

Source : 20minutes.fr

Quand la société a été fondée en 1975, il n’était question que de fournir un logiciel d’environnement graphique pour le constructeur IBM. Mais grâce à l’avènement de l’ordinateur personnel, Microsoft a su prendre une place de choix dans le développement de système d’exploitation et la conception d’ordinateur avec Microsoft Windows, devenant alors un incontournable dans le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. On note que près de 90% des ordinateurs des ménages des pays développés sont sous Windows.

L’épisode de crise sanitaire lié à la pandémie de coronavirus aurait pu entrainer Microsoft dans de grandes difficultés. Plusieurs plans de licenciements avaient été évoqués, et finalement, au sortir de la période de publication des résultats du deuxième trimestre de 2020, le groupe à rectifier le tir en expliquant qu’au regard des bons résultats réalisés, il n’y aurait pas de licenciement (seulement des non-renouvellements de certains contrats chez Microsoft News en particulier). En effet, les chiffres du T2 sont encourageants : le chiffre d’affaires du groupe est en progression de 8,6% par rapport au T1, s’élevant à 38 milliards de dollars (vs 36,5 anticipé) ; et le résultat s’élève à 11,2 milliards, en hausse de 4,1% par rapport au premier trimestre, alors qu’une baisse de 2% était attendue (10,5 milliards en prévision).

Microsoft explique cette augmentation par le confinement qui a poussé les entreprises et les « nouveaux télétravailleurs » à s’adapter à la situation et donc à utiliser de nouveaux outils (ou du moins des outils moins utilisés jusque-là…) tels qu’Azure pour le « cloud », Microsoft Teams pour la vidéoconférence, ou d’autres solutions d’optimisation de travail à domicile. Les bons chiffres de Microsoft sont notamment portés par les résultats des produits Office 365, avec une croissance de 19% des revenus par rapport à l’année 2019, et par l’augmentation de la demande et de l’utilisation de son cloud Azure.

D’un point de vue technique

Sur le graphique en base hebdomadaires, on constate que le titre Microsoft s’inscrit dans une tendance nettement haussière. Depuis la fin de l’année 2009, le cours est porté par sa moyenne mobile 100 (courbe bleue claire). On notera, comme pour les autres GAFAM, le creux de mars 2020 correspondant à l’impact du coronavirus : le titre avait connu en février un plus-haut historique à 190 dollars avant de chuter de plus 30% sur les 132 dollars, franchissant alors le niveau pivot des 160 dollars par action.  De la même façon que ses consœurs, Microsoft va se reprendre et effacer rapidement ses pertes avant d’enregistrer de nouveaux records. Par rapport au plus bas de mars, le titre va progresser de 58% pour atteindre 209 dollars au 19 août 2020 avec un nouveau plus-haut historique enregistré le 3 août à 217 dollars.

Aussi, tant que notre point pivot à 160 ne sera pas enfoncé, on continuera de privilégier la tendance haussière avec un objectif majeur situé sur les 350 dollars, à confirmer toutefois en dépassant l’objectif intermédiaire des 270 dollars. Alternativement, la franche cassure des 160 dollars conduirait à un nouveau test du support clé en overlap situé sur les 1.300 dollars.

 

Pour conclure on pourrait se poser la question suivante : qu’est-ce qui pourrait arrêter ces géants de la « tech » américaine ? Apparemment pas grand-chose, et vraisemblablement pas le coronavirus…

Les GAFAM affichent une capacité à traverser les crises avec une facilité déconcertante et arrivent même à se positionner comme les grands gagnants de celles-ci. Une grande partie de la population ayant été contraint au confinement, le besoin d’accélération de la digitalisation de l’économie s’est fait sentir, offrant à ces sociétés des opportunités qu’elles ont su saisir, en proposant des solutions rapides et faciles à déployer, les GAFAM ont encore démontrer leur puissance de réaction et leur poids dans l’économie actuelle, leur permettant d’afficher des résultats financiers en progression malgré cette conjoncture particulière et des performances boursières dépassant toutes les attentes.

Leur empire reposant sur des bases solides d’utilisateurs en constante croissance et sur une diversification de leur activité au travers de l’innovation, ils ont été capable d’accumuler assez de réserves pour continuer d’investir et de croitre de façon exponentielle.

Dans ce contexte on voit mal ce qui pourrait arrêter (ou du moins ralentir) ces surpuissances économiques, ce qui effraye de plus en plus certaines instances internationales et certains politiques, qui souhaitent resserrer la réglementation afin de limiter leur pouvoir économique et politique. Néanmoins, là aussi la crise sanitaire apparait comme une aubaine pour ces géants, qui ont vu ces interrogations réglementaires reléguées au second plan, leur laissant encore une belle marge de manœuvre. Il y aurait donc fort à craindre que ces mastodontes ne soient en passe de devenir les nouveaux maîtres du monde !

 

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SPECIAL DEVISES – EUR/USD : l’heure au dollar ?

La paire euro/dollar (EUR/USD) est la parité la plus traitée du marché des devises (Forex) mais également le sous-jacent le plus traité dans le monde quant au volume d’échanges. En effet, celui-ci correspond aux deux plus grandes zones économiques du globe. Loin d’être une valeur refuge, sa volatilité se traduit par les différentes situations économiques des deux zones mais aussi par les politiques monétaires de leurs deux banques centrales, la BCE (Banque Centrale Européenne pour le vieux continent) et la Fed (Réserve Fédérale pour le pays de l’oncle Sam), soucieuses d’assurer à la fois la stabilité des prix et la stabilité économique.

La baisse du dollar…

Après son envolée en mars dernier suite à la crise du Covid-19, le dollar est apparu comme la devise refuge ultime, la plus sûre et la plus liquide. De manière générale lorsque l’économie américaine se contracte, les investisseurs américains ont tendance à se replier sur leur marché en vendant les actifs étrangers pour rapatrier leurs capitaux, ce qui fait monter le dollar. Or un billet vert trop fort est préjudiciable aux devises émergentes et à leurs économies endettées. De surcroît, le bond de 8% du dollars début mars, s’il avait persisté aurait pénalisé l’économie américaine et aurait nécessité une intervention des États-Unis.

Cependant, les États-Unis sortent diminués de la crise actuelle. Le fameux président américain n’aidant pas avec ses incohérences constantes et n’apparaissant plus du tout comme « le chef du monde libre ». En effet, la première puissance mondiale ne parvient pas à maitriser la pandémie du Covid-19. L’organisation sociale et politique américaine se révèle moins efficace que celle des pays européens qui malgré les difficultés parviennent à s’entendre sur des solutions communes. La baisse du dollar sanctionne cet affaiblissement et celui des perspectives de rebond de l’économie américaine.

La toute-puissance du dollar se voit remettre en question avec une baisse de plus de 3% depuis le 1er juillet, sa pire performance mensuelle en 10 ans, la pandémie ayant eu raison de la plupart des facteurs qui assuraient sa domination sur les autres devises. Placer ses liquidités en dollars restait l’une des rares façons de bénéficier d’une rémunération intéressante. Mais son statut de valeur refuge disparaît peu à peu avec une confiance affaiblit envers les emprunts d’État américains due à la gestion chaotique de la crise sanitaire, et les tensions avec la Chine.

Une baisse qui traduit une inquiétude de plus en plus grande. Alors que la plupart des économies majeures sont désormais sorties du confinement, l’Amérique est en retard. À cela s’ajoute :

  • La hausse surprise des chiffres du chômage américain, la première augmentation hebdomadaire des inscriptions depuis mars.
  • Le retard dans la présentation par les Républicains de leur plan de relance à 1.000 milliards de dollars. Celui-ci prévoyant la prolongation des mesures exceptionnelles prises en mars pour accompagner les entreprises américaines.
  • Les nouvelles tensions avec la Chine, matérialisées par la fermeture réciproque de consulats n’ont rien arrangé.
  • L’approche des présidentielles américaines qui n’est pas non plus idéale pour rassurer les investisseurs : Donald Trump baisse dans les sondages laissant apparaître une montée d’espoir à l’idée que Joe Biden puisse être élu. D’ailleurs, si le candidat démocrate l’emporte, il prendra des mesures qui, à court terme, seront plutôt défavorables au dollar. Mais, la crise politique va au-delà de la seule personnalité du président. Bon nombre de gouverneurs républicains se sont révélés incapables de gérer la crise sanitaire dans leurs États.

 

Un choc monétaire ?

Manquant d’économie et désireux d’investir et de croître, les États-Unis empruntent généralement l’épargne excédentaire à l’international et enregistrent des déficits courants chroniques pour attirer les capitaux étrangers. Alors qu’aucun pays ne devrait se permettre de gaspiller son potentiel d’épargne qui est le germe de la croissance à long terme, les États-Unis se le permettent car le dollar est la monnaie de réserve mondiale dominante. Cependant, actuellement l’économie américaine est particulièrement meurtrie par la pandémie et la réponse budgétaire agressive au choc du Covid-19 ne sera pas sans conséquences majeures.

 

Source image : https://or-argent.eu/wp-content/uploads/2015/12/epargne-us.jpg

Les États-Unis sont réputés pour leur taux d’épargne particulièrement faible. Mais cette faiblesse, jusque-là compensée par la forte attractivité de l’économie américaine pour trouver des capitaux extérieurs, pourrait toucher à sa fin en regard des conséquences désastreuses de l’épidémie. En effet, l’épargne intérieure, déjà déprimée, s’enfonce profondément en territoire négatif. Cela devrait entraîner un déficit record de la balance courante et une chute démesurée de la valeur du dollar.

Pour rappel, lors de la crise financière mondiale de 2008-2009, le taux d’épargne nationale net avait été de -1,8% du revenu national en moyenne entre le deuxième trimestre de 2008 et le deuxième trimestre de 2010. À l’ère du Covid-19, le taux d’épargne national net pourrait bien descendre entre -5% et -10% au cours des deux ou trois prochaines années. Cela signifie que l’économie américaine, à court d’épargne, pourrait bien se diriger vers la liquidation d’une part importante de son taux d’épargne net.

Ainsi, dans ce contexte, en particulier par rapport à d’autres grandes économies, il semble raisonnable de dire que les déséquilibres d’épargne auront des conséquences tangibles sur le dollar et les taux d’intérêt américains.

 

Le renforcement de l’euro

Longtemps handicapé par le manque de visibilité sur la construction du Vieux continent, l’euro bénéficie d’un formidable retour en grâce depuis la signature du plan de relance européen de 750 milliards le 21 juillet. L’annonce a propulsé l’euro qui a dépassé le niveau de 1,178 dollar pour la première fois depuis septembre 2018.

Mais la monnaie européenne profite aussi des faiblesses connues par le dollar. Avec une hausse des dépenses publiques outre-Atlantique qui creuse les déficits et un bilan de la Réserve fédérale qui a bondi de plus de 2.800 milliards de dollars au premier semestre, le risque d’une perte de confiance dans la monnaie américaine est réel.

Source image : https://www.cvce.eu/content/publication/2002/2/25/f6747231-2a41-4fb7-ad39-03086cfbf4f9/publishable.jpg

L’Europe est tout simplement mieux armée face à la crise. On observe qu’habituellement, lorsque les États-Unis sont confrontés à une difficulté, les entreprises coupent les coûts et licencient, ce qui leur permet de protéger leurs marges en attendant une conjoncture plus porteuse. A l’inverse, le système de protection sociale européen – par exemple le dispositif de chômage partiel français – a permis un redémarrage très rapide, une fois la période de confinement passée. Ainsi, l’Europe pourrait sortir plus rapidement de la crise économique.

Dès lors, depuis quelques temps, les investisseurs internationaux qui se méfiaient des actifs européens ont recommencé à regarder les marchés du Vieux continent avec intérêt. Ces dernières semaines, les flux de capitaux vers les fonds actions européens ont été plus nourris que vers les fonds dédiés aux actions américaines.

Devant la montée en puissance de l’euro, on pourrait se demander si la suprématie du dollar est menacée. Mais à court terme et moyen terme, l’euro ne dispose pas encore d’un système financier suffisamment développé pour remplacer le dollar dans son rôle international. La monnaie américaine, bien qu’affaiblie, devrait conserver son rôle central pendant encore de longues années.

 

Quid de la configuration technique ?

Sur le graphique ci-dessus pris en base mensuelle, on observe plusieurs éléments techniques majeurs :

  • Dans un premier temps, et sur une optique de long terme on notera la présence d’une forte oblique de support ascendante depuis le fameux point bas de 1985. Or, comme à cette époque l’euro n’existait pas encore, on partira du creux de 2000-2001, plus révélateur que le précédent. Cette droite de soutien reste d’autant plus intéressante qu’elle aura contenu les pressions du dollar par la suite début 2017 et surtout plus récemment en mars 2020, lors de la fameuse crise du Covid, et après une baisse lancinante de la monnaie unique au profit du billet vert. Il sera par ailleurs pertinent de remarquer que les points bas de 1985, 2000 et 2015 qui ont touché ladite oblique correspondent à des zones de survente du RSI après lesquelles des retournements de tendance sont apparus.
  • Dans un second temps, et après la phase d’appréciation de 2001 à 2008, les cours sont entrés au sein d’un large canal descendant avec un premier mouvement baissier initié par la crise du subprimeaméricain. Aussi, on notera qu’au fil du temps le canal a su montrer son efficacité. En effet, plus un canal est étendu dans le temps, en amplitude et plus ses bornes sont testées avec succès, plus on peut lui accorder une importance technique significative ; les ellipses rouges montrent bien qu’à chaque fois les cours viennent buter contre la borne supérieure sans jamais la franchir, ce qui la rend particulièrement intéressante, d’autant plus qu’elle se trouve actuellement sous très forte pression. On notera également la pertinence de la borne inférieure, qui a réussi à jouer son rôle de support clé lors de la très forte chute sans appel de l’euro entre 2014 et 2015, alors même que tout le monde envisageait un retour possible à la parité absolue de 1 euro pour 1 dollar.

Aussi, il va falloir surveiller de très près le test en cours actuellement de la fameuse borne supérieure qui, si elle devait à être nettement franchie, engendrerait un nouveau potentiel d’appréciation de la monnaie unique au détriment du billet vert. Inversement, si jamais cette borne venait à jouer à nouveau son rôle de résistance majeure, il faudra envisager un regain du dollar avec un premier objectif sur la forte oblique de soutien précitée.

A suivre, donc…

 

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SPECIAL ACTIONS – Hermès : luxe, calme et volupté.

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Hermès Paris, anciennement Hermès International est une société française œuvrant dans la conception, la fabrication et la vente de produits de luxe, notamment dans les domaines de la maroquinerie, du prêt-à-porter, de la parfumerie, de l’horlogerie, de la maison, de l’art de vivre et des arts de table. Fondée à Paris en 1837 par Thierry Hermès, l’entreprise Hermès, à l’origine une manufacture de harnais et de selles, appartient encore de nos jours majoritairement à ses héritiers.

 

Un peu d’histoire …

Initiée en 1837 par Thierry Hermès, alors sellier et harnacheur, la marque dispose d’une petite boutique d’équipements pour chevaux dans le Paris du XIXe siècle, non loin de la Madeleine. Récompensé par la médaille Première Classelors de l’exposition universelle de 1867, l’homme jouit trente ans plus tard d’une notoriété prestigieuse comptant parmi ses clients rois et présidents du monde entier, dont le tsar Nicolas II.

  • En 1878, Charles-Émile Hermès prend la succession de son père à la tête de l’entreprise. Il va étendre les activités d’Hermès vers la maroquinerie, car dès la fin du XIXe siècle Hermès propose des sacs, pochettes et sacoches en cuir pour les cavaliers. Le « Sac haut à courroie » qui sortit en 1892 et permettait aux cavaliers de ranger leurs bottes et leurs selles est un gros succès. Cette réussite fait que de nombreuses têtes couronnées ou hommes d’état d’Europe et du monde veulent « s’offrir du Hermès ».

  • En 1914, à la suite d’un voyage aux Etats-Unis, Émile Maurice Hermès rapporte le système de fermeture à glissière (ou fermeture Éclair) inventé aux USA et l’incorpore directement à la fabrication des sacs en France.

  • Dans les années 50, Jean-Louis Dumas, issu de la sixième génération, arrive à la tête du maroquinier et fait d’Hermès une maison prestigieuse. En moins de 30 ans, il ajoute de nouveaux savoir-faire comme l’horlogerie, lance le mythique carré de soie Hermès et exporte son groupe à l’international.

Aujourd’hui c’est son petit-fils, Axel Dumas, qui dirige l’entreprise.

De la maroquinerie à la soie en passant par la mode, l’horlogerie et la décoration d’intérieur, Hermès est devenu en près de deux siècles la référence ultime d’un art de vivre raffiné, cultivant l’intemporalité au service d’un artisanat de haute qualité. Revendiquant une fabrication française, la maison de luxe fait perdurer des savoir-faire ancestraux, avec notamment près de 2.000 maroquiniers-selliers qui fabriquent à travers toute la France les pièces des sacs Hermès.

 

Hermès face à LMVH

 

 

Source image : https://www.laconceria.it/wp-content/uploads/2014/09/lvmh-hermes.jpg

 

Dans les années 2000, le leader mondial du luxe était entré masqué au capital du célèbre maroquinier. En effet, pendant près de dix ans, Bernard Arnault a organisé la montée discrète de LVMH au capital du groupe Hermès, afin de s’emparer du maroquinier de prestige. En 2010, l’homme d’affaires surprend tout le monde quand le N°1 mondial du luxe annonce détenir 14,2% Hermès et être en mesure de monter à 17,1%, sans avoir informé Hermès ni les autorités boursières. Le groupe dirigé par Bernard Arnaud était ensuite monté à plus de 23%.

Pour ne pas attirer l’attention d’Hermès (dont les statuts obligent à rendre publique toute montée au capital de 0,5%) et éviter les déclarations légales, LVMH a utilisé comme intermédiaires trois banques ou filiales de grandes banques françaises (Natixis, Société Générale et Crédit Agricole), qui vont acheter des actions Hermès de façon détournée, via des swaps – i.e. des instruments qui permettent d’échanger des produits financiers.

Mais cette histoire étant révélée au grand jour, LVMH s’est vue sanctionnée en juillet 2013 d’une amende à hauteur de 8 millions d’euros, ce qui peut paraître ridicule pour une société qui a fait 29,15 milliards de ventes en 2013.

Hermès a toujours dénoncé cette intrusion comme une tentative de contrôle rampante, malgré les contestations de LVMH. Les héritiers familiaux de la maison ont multiplié les démarches pour résister à l’assaut du colosse, barricadant l’essentiel de leurs participations dans une holding-forteresse et investissant le champ judiciaire de plusieurs plaintes.

Si au final le groupe s’est retiré du capital de Hermès, on peut se demander si ce n’est pas LVMH qui ressort vainqueur de ce combat. En effet, l’opération Hermès aura rapporté quelques 3,4 milliards d’euros à LVMH : « Environ 2,4 milliards d’euros » liés à la cession des titres Hermès, qui ont gonflé « assez substantiellement le résultat de l’exercice », auxquels s’était ajouté un milliard d’euros de plus-value déjà digérée dans les comptes.

 

Hermès immunisé au Covid-19 ?

Hermès est traditionnellement perçu comme étant particulièrement résistant aux phases de ralentissement économique grâce à sa gestion minutieuse de la production et des stocks. Mais on ne peut s’empêcher de remarquer que Hermès fait bien mieux que ses concurrents face à la tempête créée par la pandémie du Covid-19. En effet, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 7,7% à taux de changes constants au premier trimestre, contre des baisses de 15% ou plus pour les autres du même secteur comme LVMH et Kering.

Au premier trimestre, le chiffre d’affaires consolidé s’est élevé à 1,506 milliard d’euros. Les ventes du sellier ont reculé de 11% en Asie, de 6% en Amérique, de 11% en Europe hors France et de 9% en France. Seul le Japon a connu une progression de 1% des ventes, « grâce à la fidélité de la clientèle locale ».

Hermès a décidé de modifier la proposition de distribution de dividende ordinaire pour en ramener le montant de 5,00 euros à 4,55 euros par action, soit un montant identique à celui versé en 2019.

Cependant, la marque de luxe s’est montrée méfiante face au deuxième trimestre qui a été impacté par la fermeture d’une partie significative du réseau. « Nous sommes prudents car au deuxième trimestre, beaucoup de magasins resteront fermés. Mais je reste confiant et optimiste », a affirmé Axel Dumas.

Prudence justifiée aux vues des résultats du premier semestre publiés le 30 juillet 2020. En effet, Au cours des six premiers mois de l’année, Hermès a vu son bénéfice net chuter de 55%, à 335 millions d’euros.

La fermeture de nombreux magasins et des sites de production dans le monde ont fait que les ventes d’Hermès ont plongé de 41%, à 982 millions d’euros. Sur cette dernière période, Hermès fait mieux que Kering (-43,5% eu T2) mais moins bien que LVMH (-38%).

Si la société ne donne pas de perspectives chiffrées pour la suite de l’exercice, Hermès met en avant sa « solidité économique et financière » et indique disposer d’une « trésorerie suffisante ». Elle confirme, « à moyen terme, un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux ».

En dépit de cette période difficile, l’avenir semble plutôt positif pour le groupe. En juin dernier, Hermès a enregistré son plus haut historique sur le Cac 40 à 786,2€. C’est une des rares valeurs qui est dans le positif sur une variation annuel. Depuis le 31 décembre 2019, Hermès a gagné en effet un peu plus de 10,5%.

 

Quid de la configuration technique ?

 

Sur le graphique en base hebdomadaire ci-dessus, on distingue avant tout que le titre Hermès présente un biais nettement haussier de façon empirique, témoignant ainsi de la solidité de la valeur en question à travers le temps.

Cependant, la marque de luxe n’a pu échapper à la crise globale du Covid qui lui aura valu une forte baisse entre février et mars dernier. On notera néanmoins que le titre fait partie des quelques titres qui ont d’ores et déjà réussi à dépasser leurs plus-hauts d’avant crise, puisque l’action a en effet marqué de nouveaux records dont un plus-haut historique le 5 juin dernier juste au-dessus des 788 euros.

Ainsi, tant que le point pivot situé sur les 615 euros (soit le retracement traditionnel de 6,8% de la dernière vague de hausse) ne sera pas nettement enfoncé, on privilégiera une reprise de la tendance haussière avec, après le dépassement de la zone des 790 euros, une extension possible vers la projection des 955 euros initialement.

Alternativement, un net passage en-dessous du point pivot des 615 euros invaliderait notre scénario haussier et conduirait à une correction vers le fort overlap situé autour des 465 euros dans un premier temps.

 

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SPECIAL MATIERES PREMIERES – GOLD/SILVER : tout ce qui brille …

État des lieux et conjoncture

Dans un environnement toujours incertain, l’or poursuit son ascension. À Londres, l’once a inscrit un plus-haut annuel à 1.815 dollars le 8 juillet dernier, affichant un gain d’environ 20% depuis le 1er janvier 2020. Aujourd’hui, seul le plus haut de septembre 2011 à 1.921 dollars reste l’ultime résistance à franchir.

Toujours côté métaux précieux, l’argent suit le mouvement en brisant la résistance des 18,40 dollars avec un nouvel objectif autour des 18,95 dollars avant de peut-être atteindre le plus haut de 2019 à 19,65 dollars l’once.

L’or est considéré depuis longtemps comme la valeur refuge par excellence sur les marchés. C’est en effet l’actif, dont les quantités et la production mondiale varient peu, vers lequel se tournent les investisseurs lors de situations tendues sur d’autres secteurs plus volatiles.

Aussi, comme l’illustrait Charles de Gaulle au XXème siècle, « Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh oui ! L’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. »

La valeur refuge par excellence

Avec la crise actuelle du Covid-19 que nous connaissons, les réactions des banques centrales en termes de liquidité et l’augmentation des dettes du monde entier, l’or connaît une forte croissance. Lui qui ne valait que 35 dollars en 1971 et en vaut aujourd’hui plus de 1.800 (soit une hausse de plus de 5.000% !) peut être qualifié de monnaie la plus stable, fiable et croissante de l’histoire.

L’or est corrélé a tellement de facteurs différents qu’il en devient presque totalement indépendant lui-même. Théoriquement en tout cas, plusieurs données exogènes au cours de l’or ont une influence sur son évolution :

  • La monnaie, surtout le dollar américain, joue un rôle essentiel sur le prix de l’or. En effet, si la monnaie se dévalue une même quantité d’or devient logiquement plus chère. C’est pourquoi certains pointent l’affaiblissement du dollar pour expliquer la récente croissance de l’or.

  • Sa réputation de valeur refuge : cet actif présente la particularité de survivre aux crises alors que tout actif ne peut assurer la même stabilité. Ainsi, lors des crises économiques, financières ou géopolitiques où l’avenir semble incertain, l’or devient très prisé et son prix s’en ressent. Il aurait donc tendance à s’opposer aux fluctuations du marché.

  • Aussi, la variation des taux d’intérêt rendant plus ou moins attrayants les placements en banques ou en bourse, une variation inverse s’observe là aussi sur l’état de la demande d’or. Récemment, nous avons observé que les taux d’intérêts aux US étaient tellement bas que les rendements des obligations une fois l’inflation prise en compte devenaient moins attractifs qu’un investissement dans le métal précieux.

Dans un environnement économique incertain où les principales banques centrales ont promis d’injecter des sommes inédites de liquidités dans l’économie, et où les obligations deviennent moins rémunératrices, l’or reprend son titre de valeur refuge. Cela s’illustre notamment avec l’attrait des investisseurs pour les ETF (Exchange Traded Funds, ou fonds indiciels cotés) basés sur l’or. En effet, les données compilées par Bloomberg montrent que le métal précieux détenu via les ETF a atteint le 7 juillet dernier 3.235 tonnes, soit une hausse de 655,6 tonnes depuis le début de l’année. Une progression supérieure à celle observée sur l’ensemble de l’année 2009, qui constituait jusqu’ici un record.

La raréfaction de l’argent

Portée notamment par les besoins des industries, la demande en argent n’a jamais été aussi forte. Les propriétés du métal précieux – durabilité, conductivité, réflexion – en font un matériau incontournable dans certains secteurs majeurs et dynamiques. Au même titre que l’or, le palladium ou le platine, l’argent métal est de plus en plus intégré aux processus industriels. Il reste aussi recherché en joaillerie ou par les investisseurs.

Dans un même temps, il semble avoir amorcé une tendance à la raréfaction. Pour la quatrième année consécutive, les chiffres de l’extraction argentifère sont à la baisse. Estimé en 2010, il y aurait un stock de 270.000 à 380.000 tonnes d’argent sur Terre. Seul un petit tiers de la production d’argent provient de mines d’argent, un autre tiers provient des mines de zinc et de plomb, un quart est extrait des mines de cuivre, un huitième provient de mines d’or. Au rythme actuel de l’exploitation de l’argent, on estime que les réserves pourraient s’épuiser entre 2021 et 2037.

Parfois considéré comme une bonne alternative à l’or quand le cours de celui-ci est élevé, l’argent reste une option plus risquée : son cours étant en effet beaucoup plus volatile que celui du métal jaune. Enfin, même s’il s’agit d’un métal précieux, celui-ci n’a pas acquis le statut de valeur refuge, détenu par des banques centrales, comme c’est le cas pour l’or.

L’argent peut néanmoins s’avérer un bon complément à l’or. Certains investisseurs surveillent le ratio cours de or/argent et opèrent des re-balancements lorsque le cours du premier devient trop élevé relativement au second. Ce ratio permet de mesurer la force relative de l’or par rapport à l’argent. Il donne le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or en divisant simplement le cours actuel de l’or par le cours actuel de l’argent. Au jour où cet article est rédigé (9 juillet 2020), le ratio est de 1813/19, soit 95,42.

La théorie voudrait pour le moment que l’on s’oriente vers l’or. Mais, prenons maintenant en compte que la production physique d’argent commence à baisser progressivement. Lorsque les réserves seront épuisées, sa rareté augmentera et logiquement son prix aussi. Dans quelques années, il ne faudra donc pas s’étonner de voir ce ratio baisser vers des niveaux plus équilibrés. Mais pour l’instant, c’est l’or qui continuera de briller.

L’argent est actuellement sous-évalué par rapport à l’or mais ceux qui pensent que les actions sont surévaluées et qui ne sont pas entièrement satisfait par le prix de l’or pourraient voir l’argent comme une excellente alternative. Cela pourrait potentiellement conduire à une plus forte demande d’argent si le marché des métaux précieux commençait à augmenter dans son ensemble. Il règne en effet un certain optimisme sur le marché de l’argent en ce moment : celui-ci offrant une exposition aux métaux précieux tout en conservant un très bon potentiel haussier. Il y a certes beaucoup de volatilité sur le marché de l’argent, mais un portefeuille diversifié peut facilement supporter cette volatilité.

 

 

Quid de l’analyse graphique ?

 

Gold (base journalière) :

 

 

Sur ce graphique de l’or sur les 10 dernières années, on observe que le cours du métal jaune évolue autour d’une borne de polarité majeure (droite bleue) autour des 1.540 dollars.

Suite à la cassure de cette droite en août 2013, les cours ont évolué dans un premier temps dans un canal descendant jusqu’en décembre 2015, puis dans un canal ascendant avant de venir buter contre la fameuse borne de polarité fin 2019.

En janvier dernier, le cours de l’or confirme son rôle de valeur refuge en amont de la pandémie du Covid-19, et passe au-dessus de la borne de polarité avant d’entamer une hausse jusqu’aux anciens plus-hauts historiques de 2012 autour des 1.800 dollars.

A plus court terme, le récent ralentissement des indices nous pousse à rester optimiste sur le métal jaune, au moins tant que le point de soutient des 1.700 dollars tiendra bon. L’objectif principal d’un scénario haussier sera dans un premier temps autour des plus-hauts historiques de septembre 2011 vers les 1.910 dollars.

Alternativement, la cassure du point pivot des 1.700 dollars remettrait en cause ce scénario d’appréciation immédiat et un nouveau test seul de la borne de polarité majeure des 1.540 dollars sera attendu dans un premier temps.

Silver (base journalière) :

Sur ce graphique de l’argent sur les 10 dernières années, on observe que le métal précieux évolue sous une oblique de résistance entre avril 2011 et janvier 2016 (matérialisée par la droite bleue).

Après cette nette tendance baissière, les cours cassent à la hausse ladite oblique avant de s’enfermer à partir de juin 2016 dans un canal quasiment plat dont la borne supérieure se rapproche et dont la borne inférieure a été franchie par un spike durant la crise du Covid-19.

Contrairement à son confrère qui a retrouvé une véritable dynamique haussière en août 2018, l’argent a été plus en peine avant de toucher un éventuel point bas potentiel en mars dernier ; hypothèse à valider avec la sortie du canal dont la borne supérieure est désormais à portée de main.

A plus court terme, tant que le point pivot des 16,45 dollars ne sera pas nettement enfoncé, on privilégiera une poursuite de la hausse vers les 21,40 dollars (sommet de juin 2016) dans un premier temps, puis une extension vers les 25 dollars dans un second temps.

Alternativement, le passage sous les 16,45 dollars remettrait en cause ce scénario d’appréciation immédiat et une nouvelle dégradation en direction des 14 dollars serait alors privilégiée.

En conclusion, l’observation de ces deux graphiques similaires nous montre le retard régulier des cours de l’argent sur ceux de l’or, puisque ce-dernier revient sur ses plus-hauts historiques alors que son petit frère en est encore bien loin. C’est aussi pourquoi un rattrapage prévisible offrirait au silver un potentiel plus significatif dont les investisseurs pourraient vouloir légitimement bénéficier.

 

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