ASSOUPLISSEMENT ET RESSERREMENT QUANTITATIFS : LES OUTILS DE LA POLITIQUE MONETAIRE DES BANQUES CENTRALES

Durant l’histoire, lorsque les crises économiques ont frappé, les banques centrales se sont retrouvées en premières lignes. Avec le temps, elles ont dû innover et proposer de nouvelles mesures face aux perturbations économiques toujours plus importantes. C’est ainsi qu’en 2001 la banque centrale du Japon (BoJ) est la première à appliquer une mesure inédite appelée « assouplissement quantitatif » pour contrer une crise survenue à la suite de l’éclatement de la bulle spéculative japonaise. Aujourd’hui, avec la crise sanitaire, cet outil financier est largement utilisé mais en quoi consiste-t-il réellement ?

 

L’ASSOUPLISSEMENT QUANTITATIF (QE)

Les banques centrales ont plusieurs missions dont l’objectif premier est d’assurer la stabilité des prix. La stabilité des prix signifie une inflation proche de 2% par an. Pour cela elles appliquent une politique monétaire qui se définit selon le site internet banque-France comme : « l’ensemble des moyens mis en œuvre par un État ou une autorité monétaire pour agir sur l’activité économique par la régulation de sa monnaie ».

En temps normal, c’est-à-dire lorsque l’économie est relativement bonne, les banques centrales utilisent des outils, appliquent des mesures que l’on classe dans la catégorie des politiques monétaires dites « conventionnelles ». On appelle ce type de politique comme cela car les outils utilisés sont qualifiés de « traditionnels ». Aux vues de la force grandissante des crises qui sont survenues durant ce début de millénaire, les banques centrales ont commencé à appliquer de nouvelles mesures assez exceptionnelles.

L’assouplissement quantitatif ou « quantitative easing » en version originale (souvent dénommé par le sigle QE) est une mesure de politique monétaire dite « non conventionnelle » et fait partie de ces mesures exceptionnelles. Ce QE aura don été utilisé en premier par la Banque Centrale du Japon (BoJ), puis par la Réserve Fédérale américaine (Fed) et la Banque Centrale britannique (BoE) à la suite de la crise des subprimes, la Banque Centrale européenne (BCE) utilisera pour la première fois cette mesure en 2015 avec pour objectif de redresser le taux d’inflation.

Pour quelle raison les banques centrales ont-elles recours à cette nouvelle mesure ? Cela vient du fait que lorsque l’économie n’est pas au beau fixe, en temps normal, les banques centrales se contentent de prêter à court terme davantage de capitaux aux banques commerciales et ainsi baisser les taux d’intérêt. Les taux étant plus faibles, les clients empruntent plus facilement et l’activité économique se voit apporter un coup de pouce.

Seulement, il arrive que les taux d’intérêt à court terme soient déjà très bas, même proches de zéro. Descendre ce taux en dessous de ce seuil signifierait que les banques commerciales payent leurs clients pour qu’ils empruntent. Les banques centrales ont donc eu recours à de nouvelles mesures dont le QE. Un article de la banque de France définit cette mesure : « Les banques centrales sont intervenues directement sur les marchés secondaires en achetant massivement des titres financiers aux banques (généralement des obligations d’État car peu risqué), ce qui fournit de la liquidité. […] En achetant massivement des titres aux banques, les banques centrales augmentent la liquidité en circulation et font baisser les taux d’intérêt, agissant ainsi indirectement contre le risque de déflation et le ralentissement de la croissance ». C’est ainsi qu’en 2015, la BCE a acheté des titres de dettes d’État, à hauteur de 60 milliards par mois entre mars 2015 et septembre 2016 selon le journal le Nouvel Obs.

Les banques centrales ne pouvant ajuster les taux d’intérêts, celles-ci doivent injecter de la monnaie dans l’économie d’une autre manière. Plus de monnaie signifie en effet une augmentation de la demande et, par conséquent, des prix. Le QE est une manière différente d’injecter de la monnaie dans l’économie comparé à l’emprunt et son mécanisme de baisse des taux d’intérêt.

Il faut néanmoins que les banques utilisent cet apport de liquidité pour prêter d’avantage et que les agents économiques reprennent confiance. Mais l’utilisation de cet outil, combiné à d’autres facteurs et mesures, doit s’arrêter ou du moins diminuer lorsque l’économie est de nouveau en bonne santé.

 

 

LE RESSERREMENT QUANTITATIF

Le site internet melchior.fr écrit : « Le QE (quantitative easing) a pris une ampleur mondiale après la crise financière de 2007-2008. A l’époque, la Banque du Japon, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE) y ont eu recours pour amplifier les effets des mesures conventionnelles. Le QE concerne des montants importants. Par exemple, l’ensemble des programmes d’achats de titres de l’Eurosystème (organe de l’Union européenne qui regroupe la BCE et les Banques centrales nationales des Etats membres ayant adopté l’euro) représente plus de 2000 milliards d’euros en juin 2017, soit presque l’équivalent du PIB français de l’époque. De la même façon aujourd’hui, les Banques centrales ont décidé d’agir. Dès le 15 mars au soir, la Fed a abaissé d’un point ses taux (mesure conventionnelle), les ramenant dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%. Elle a par ailleurs annoncé l’achat de 500 milliards de dollars de bons du trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires (mesure non conventionnelle). De son côté, la BCE a annoncé le 18 mars un plan de rachat de titres de 750 milliards d’euros, 6 fois plus que l’annonce du jeudi 12 mars, qui avait été mal reçue par les investisseurs ».

Grace à l’action des banques centrales entre autres, l’économie mondiale, et en particulier celle des pays développés, a pu largement repartir favorablement, si bien que cela en est devenu problématique. De fait, les prix sont repartis à la hausse et le taux d’inflation a donc augmenté. Aux États-Unis, celui-ci a atteint 6,2% sur un an par exemple. Par conséquent, actuellement, la réaction des banques centrales est attendue et scrutée, notamment en regard d’une mesure particulière : le resserrement quantitatif, ou politique de « tapering ».

Le site internet Broker Forex définit cette politique comme : « le processus par lequel une banque centrale réduit sa propriété d’actifs financiers. On l’appelle parfois « resserrement quantitatif » ou « réduction de son bilan » […] Lorsqu’une économie s’améliore – les emplois sont pourvus, le chômage diminue, le PIB réel se rapproche du PIB potentiel et l’inflation commence à remonter – la banque centrale envisage de réduire progressivement ses achats d’actifs financiers ». En agissant de la sorte, les banques centrales espèrent observer l’effet inverse d’un assouplissement quantitatif.

 

COMMENT REAGISSENT ACTUELLEMENT LES BANQUES CENTRALES ?

En cette fin d’année 2021, l’apparition du variant Omicron et un taux d’inflation fort ont mis à mal la reprise économique. Du côté financier, les gouvernements en général et les banques centrales en particulier sont attendus au tournant pour enrailler cette hausse des prix. Un taux d’inflation annuel aussi haut qui s’installerait de manière durable serait effectivement dangereux pour notre économie. Les banques centrales sont donc actuellement amenées à faire machine arrière et appliquer une politique de « tapering ».

Durant la semaine du 13 décembre, la Fed, la BCE et la BoE ont chacune annoncé de nouvelles mesures. La première à parler, la Fed, a indiqué une accélération de la baisse de sa politique de rachat d’actifs. En effet, elle avait déjà indiqué en novembre dernier une baisse de 15 milliards de dollars par mois et celle-ci a décidé de doubler ce rythme à partir de janvier prochain. Couplé à cette action, Jérome Powell, président reconduit de la Fed, a indiqué que cette procédure de « tapering » serait la première mesure pour conduire par la suite à une hausse des taux directeurs à partir de l’année prochaine sans réelles dates précises.

De son côté, l’Angleterre est la première institution du G7 à relever son taux directeur de 0,15 point passant de 0,15% à 0,25%. Le journal Les Échos a écrit à propos du MPC (Monetary Policy Commitee) : « Le MPC a en revanche voté à l’unanimité le maintien du montant du programme d’achats d’actifs sur les marchés à 895 milliards de livres (1.057 milliard d’euros) ».

Pour finir, au niveau européen, la BCE a déclaré qu’elle allait progressivement arrêter son programme d’achat d’urgence pandémie (PEPP) jusqu’à fin mars. Le site internet europea.eu énonce : « À travers le PEPP, la BCE peut acheter différents types d’actifs sur les marchés financiers, ce qui pousse le prix de ces actifs à la hausse et, par conséquent, les taux d’intérêt de marché à la baisse ». Parallèlement, pour compenser, l’APP sera doublé au cours du deuxième trimestre. Ainsi celui-ci passera de 40 milliards d’euros par mois et diminuera de 10 milliards par trimestre pour atteindre 20 milliards par mois à partir d’octobre 2022.

Actuellement la BCE table, selon le journal Les Échos, sur : « Les projections d’inflation des économistes de la Banque centrale font état d’une inflation à 3,2% en 2022. Elle redescendrait à 1,8% (en dessous de la cible de la BCE) en 2023 et 2024 ». Les scénarios outre-Atlantique sont relativement similaires avec un retour à la normal prévu au second semestre 2022. Considérée comme persistante par les banques centrales, l’inflation sera encore quelques temps d’actualité. L’économie mondiale s’accroche aux banques centrales qui usent de tous leurs outils, en essayant tant bien que mal de garder les commandes d’un navire qui navigue en zone trouble…

 

 

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SUR FOND DE CRISE SANITAIRE, L’INFLATION REFAIT SURFACE

L’économie mondiale, fin 1970, est comme frappée par un mal qui se terrait jusque-là dans l’ombre. L’inflation dépasse le seuil des 5% cette année-là et déclenche une crise économique qui durera plus de 20 ans. En 1971, les États-Unis connaissent leur premier déficit commercial du siècle. Induit par plusieurs facteurs comme le dérèglement du système monétaire, la fin du fordisme, une révolution technologique ou encore la modification du commerce mondial, la fin d’un cycle, qualifié de « Trente Glorieuses », s’installe. Pour enfoncer le clou, deux chocs pétroliers, en 1973 puis 1979, surviennent. Les prix du baril flambent, l’occident alors très dépendant de cette énergie vacille, la croissance baisse, le chômage augmente. Aujourd’hui, l’inflation fait son retour, survole notre économie, mais… va-t-elle y faire son nid ?

 

LA GRANDE MODERATION

À la suite de la crise économique majeure de 1970, l’ensemble des pays membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) sont entrés dans une ère économique que les spécialistes Stock et Watson ont appelé, en 2002, « la grande modération ». C’est une période comprise entre les années 80 et jusqu’au début de la crise du Covid-19, durant laquelle une diminution de la volatilité macroéconomique est constatée. Certains économistes estiment que cette période a pris fin lors de la crise financière de 2008 et d’autres considèrent que c’était un accident. Durant ces années-là, l’inflation est contrôlée et les récessions sont modérées. Les différents PIB évoluent entre des plus-hauts et des plus-bas relativement restreints.

Selon un article du journal la Tribune : « Trois causes ont été avancées et testées statistiquement. Un, le hasard : la baisse de la volatilité macroéconomique après 1984 serait due à une absence de chocs externes majeurs (comme les crises pétrolières). Deux, les améliorations structurelles des économies, comme par exemple, la meilleure gestion des stocks autorisée par les nouvelles technologies de l’information, ou la plus grande fluidité du financement autorisée par l’innovation financière. Trois, le perfectionnement des politiques économiques, en particulier de la politique monétaire. »

 

LES SUITES DE LA CRISE DE 2008

Le 15 septembre 2008, l’Amérique apprend et subit la faillite de sa quatrième plus grande banque, Lehman Brothers. Les conséquences sur la société sont désastreuses, les institutions doivent prendre des mesures concrètes et en particulier les banques centrales. Jusqu’alors, celles-ci avaient adopté des politiques monétaires dites « conventionnelles ». Ce type de politique se base sur deux principaux instruments. Le premier concerne les réserves obligatoires qui imposent, de la part des banques centrales, aux banques commerciales de conserver auprès d’un compte détenu par la banque centrale un pourcentage de crédits qu’elles accordent. Le second, qualifié d’open-market, consiste à garder le contrôle, par la banque centrale, sur les banques commerciales en ajustant le taux auquel celles-ci empruntent. Ainsi, selon le site internet lafinancepourtous : « Si la BCE augmente le taux de ses opérations de refinancement, les banques vont répercuter cette hausse sur le coût des crédits qu’elles accordent. Les agents économiques vont être plus réticents à emprunter et vont alors réduire leur consommation (particuliers) ou leur production (entreprises). » Cet instrument est très important et puissant.

Seulement, étant donné la nature de la crise financière de 2008, les banques centrales ont dû mettre en place des politiques monétaire dites « non conventionnelles ». Ces politiques s’illustrent de manières différentes en fonction des banques centrales. Certaines ont mis en place des taux d’intérêts négatifs pour inciter les banques commerciales à accorder des prêts plus facilement et ne pas « garder » leurs fonds dans les coffres de la banque centrale. D’autres ont pris la décision d’annoncer leurs orientations stratégiques de façon claire et transparente avant leur mise en place ; cet instrument est la forward guidance. Il existe aussi le QE (quantitative easing) qui consiste selon abc-économie : « à acheter massivement des titres financiers aux banques, ce qui fournit à celles-ci des liquidités ». Fin 2018, la BCE a racheté pour plus de 2.570 milliards d’euros dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle.

 

2021, l’INFLATION FAIT SON RETOUR

Il est nécessaire de comprendre l’évolution de l’économie et en particulier de l’inflation durant la grande modération et à la suite de la crise de 2008 pour observer, avec du recul, pourquoi l’inflation fait son retour en 2021 et quelles pourraient être les conséquences, les mesures prises par les banques centrales et les risques.

La crise sanitaire du Covid-19 a impacté fortement l’économie mondiale. La demande globale s’est repliée, l’offre a diminué, les prix du pétrole et d’autres énergies ont dégringolé et la croissance a opéré un recul. En 2020, le taux d’inflation est de 0,5% comparé à celui de 2019 qui était de 1,1%. Cependant, depuis quelques mois, l’économie mondiale reprend ses marques et par conséquent le prix des énergies, relativement volatile, a augmenté fortement. La demande a repris et l’offre ne suit pas. S’ajoute à cela les difficultés d’approvisionnement, les pénuries de main-d’œuvre et la hausse des salaires. L’ensemble de ces facteurs sont des catalyseurs du retour de l’inflation.

Cependant, l’inflation qui avait disparu durant la grande modération pour reprendre en 2008 avec cependant un contrôle assuré, peut avoir des effets dévastateurs. La crise de 1970 n’est rien quand on la compare à celle de 1929. Celle-ci est catastrophique. Partie des États-Unis pour se propager dans le monde entier, cette crise démarre dans le monde de la finance pour se répandre à l’économie réelle. Selon le site internet economie.gouv.fr : « Deux chiffres suffisent pour mesurer l’importance de cette dépression planétaire : la production industrielle américaine a baissé de moitié de 1929 à 1932 et le taux de chômage est passé de 3,1% à 24% ». Cette déroute économique mènera, en grande partie, le monde vers une des plus grandes tragédies de l’histoire : la Seconde Guerre mondiale.

Cependant, nous sommes encore loin de pouvoir prédire un scénario futur similaire. En effet, des institutions comme le Fonds Monétaire International (FMI), les banques centrales et la banque mondiale ont été créé avec pour mission de donner une ligne directrice à la planète finance et éviter des crises économiques aussi brutales.

 

CES INSTITUTIONS SONT-ELLES REELLEMENT UN REMPART FACE AU DEREGLEMENT DE NOTRE ECONOMIE ET A L’INFLATION ?

Contrairement à la crise de 2008, les banques étaient relativement en bonne santé lorsqu’elles ont été frappées par la crise du Covid-19. Le système financier a donc pu continuer de fonctionner correctement. C’est en grande partie sur le système bancaire que les États se reposent pour relancer l’économie et l’inflation. Et c’est ce qu’elles ont fait, ou du moins tenté de faire. En effet, les banques centrales ont réagi très vite en abaissant leurs taux directeurs. Selon le journal capital.fr : « les taux directeurs restent à leur plus bas niveau, notamment celui, négatif, de -0,5% qui taxe les dépôts en excès des banques, faute d’être distribués dans l’économie. ».

Une autre mesure, concerne le rachat d’actifs par les banques centrales expliqué par le journal capital.fr comme : « L’assouplissement quantitatif consiste pour la banque centrale à créer de la monnaie pour acheter sur le marché des emprunts d’État ou privés détenus par des investisseurs. L’objectif est que ces derniers – des banques le plus souvent – réinjectent les liquidités qu’ils obtiennent en échange dans l’économie, en prêtant aux ménages et aux entreprises qui, à leur tour, doivent stimuler la croissance et l’inflation ».

Ces deux mesures sont actuellement les principaux outils regardés de près par la planète finance auprès de la banque centrale américaine (Fed) et de la banque centrale européenne (BCE). En effet, durant la crise les prix ont diminué, l’inflation s’est réduite. Le journal Les Echos écrivait le 1er décembre 2020 : « Les prix à la consommation ont diminué de 0,3% en novembre dans la zone euro. C’est le quatrième mois d’affilée qu’ils reculent. ». C’est en partie, grâce ces deux mesures, que l’inflation est remontée à un taux proche de son taux idéal, c’est-à-dire 2% selon la BCE. En France, à la fin septembre 2021 le taux d’inflation annuel est revenu à 2,1%.

Cependant, l’inflation ne s’arrête pas et continue d’augmenter. La logique voudrait alors que les banques centrales remontent leurs taux d’intérêts directeurs et arrêtent leur rachat d’actifs. Seulement voilà : « Si la BCE commence à prévoir une hausse générale du niveau des prix au-delà de sa cible de 2% par an, elle coupera les robinets et ce serait très problématique car notre économie tient grâce à l’argent public des plans de relance », décrit Anne-Laure Delatte. Paola Monperrus-Veroni, économiste à FranceInfo explique de son côté que « Si on augmente trop tôt les taux d’intérêt pour contenir l’inflation, on va couper les jambes à la croissance qui vient de repartir. »

 

COMMENT RÉAGISSENT LES BANQUES CENTRALES ACTUELLEMENT ?

Le paysage économique à venir est incertain. La planète finance regarde scrupuleusement les dernières prises de décisions et les communiqués rendus par les banques centrales. D’un côté la crise sanitaire n’en finit pas, avec le nouveau variant Omicron qui a récemment affolé les marchés le vendredi 26 novembre dernier et, de l’autre côté, une inflation qui ne cesse d’augmenter.

Face à l’incertitude, la BCE a récemment rendu publique ses décisions lors de son dernier conseil de politique monétaire en déclarant : « Il a été souligné que les données disponibles en novembre 2021 ne répondraient pas à toutes les incertitudes entourant les perspectives d’inflation à moyen terme (…). Il a été jugé important que le Conseil des gouverneurs conserve suffisamment d’options pour permettre des mesures de politique monétaire à l’avenir, y compris au-delà de cette réunion. » écrit le journal Les Echos-Investir.

De son côté, la Fed a commencé à réduire son programme de rachat d’actifs. Depuis début novembre, celle-ci s’est engagée à réduire ces rachats de 15 milliards de dollars par mois. Elle n’a toujours pas pris la décision de relever ses taux directeurs mais cela ne saurait tarder avec la reconduction de Jérôme Powell à la tête de la Fed qui accorde une grande importance au contrôle de la hausse de l’inflation. Cependant, ce tournant est progressif et celle-ci ne se montre pas alarmante.

De l’autre côté du Pacifique, la banque centrale de Nouvelle-Zélande (Reserve Bank of New Zealand) a, selon le journal capital.fr : « relevé ses taux pour le deuxième mois consécutif, portant son taux d’intérêt de base à 0,75%. ». La banque centrale Sud-Coréenne (Bank of Korea) a elle aussi relevé son taux directeur ce jeudi 25 novembre passant de 0,75% à 1% préférant prendre des décisions rapides face à la hausse de l’inflation au détriment de la reprise économique.

Le scénario économique actuel pose de sérieux problèmes aux institutions financières. La balance entre reprise économique et hausse de l’inflation est compliquée à arbitrer. Les décisions futures qui seront prises seront lourdes de conséquences sur la société. Malgré l’importance du moment, tout comme les gouvernements, les institutions financières naviguent à vue, mais attention à l’inflation qui ressurgit des profondeurs…

 

D’un point de vue technique

  • EUR/USD

On voit très clairement que les cours de l’EURUSD sont enfermés au sein d’un large canal de LT légèrement descendant, depuis juin 2008. La paire a proprement testé la borne supérieure dudit canal à plusieurs reprises entre les mois de janvier et mai derniers, sans réussir à s’en affranchir. Aussi, tant que le point pivot des 1,16 ne sera pas dépassé, il faudra rester prudents, et un retour vers les 1,11 serait d’abord envisageable, avec un regain du billet vert attendu jusqu’aux 1,065 en extension. Le cas échéant, il faudra donc attendre un passage au-dessus des 1,16 pour envisager une reprise de l’euro avec en ligne de mire les 1,205 initialement.

 

  • Brent

Après une chute historique qui l’a mené vers les 16 dollars en avril 2020, le baril de Brent a initié un rebond majeur qui lui a permis de revenir au-dessus de l’overlap clé des 45 dollars (niveau correspondant également à un gap majeur). Au regard de l’intensité de la chute de ce vendredi, la prudence est de rigueur désormais, et une correction majeure pourrait prendre place à court terme. Aussi, tant que le nouveau point pivot situé sur la résistance clé des 86$ ne sera pas dépassé, la cassure du seuil des 63$ conduirait au test du support des 53,5 dollars (38,2% de retracement). Alternativement, au-dessus des 86$, on pourra viser les prochains objectifs de projection sur les 100 dollars le baril, voire jusqu’aux 126 dollars en extension.

 

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LE METAVERS : UN MONDE PARALLELE BIENTÔT REALITE

Depuis plusieurs décennies, les êtres humains imaginent et cherchent à prouver l’existence d’un monde parallèle. L’imaginaire collectif a toujours rattaché ce sujet rocambolesque à la science-fiction et pourtant de nombreux physiciens, dont le plus réputé d’entre eux Stephen Hawking, ont travaillé sur cette thématique de nombreuses années et cherché à prouver son existence. Aujourd’hui, l’idée a fait son chemin dans les esprits et certains s’en sont emparés avec comme ambition la création d’un univers totalement fictif où les hommes et les femmes pourraient se retrouver et vivre une sorte de vie parallèle. Son nom ? le Métavers.

 

LES ORIGINES DU METAVERS

En 1969, aux États-Unis émerge sous l’impulsion de la « Defense Advanced Research Projects Agency » un réseau, Arpanet, censé relier les universités avec l’armée américaine. Le but est d’utiliser l’informatique pour mettre au point un système de communication en réseau. Ces travaux ne sont pas les seuls à l’origine de l’Internet que nous connaissons aujourd’hui, mais on les considère comme les éléments fondateurs qui ont permis la mise en place du réseau planétaire. Cette révolution, à l’image du télégraphe, de la radio ou encore du téléphone, a façonné en partie notre société telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Le métavers, concept qui prend vie depuis quelques années, arrive comme une révolution tout aussi importante et significative dans l’histoire de l’humanité. C’est une sorte de prolongement de l’Internet, une seconde naissance qui va permettre à celui-ci de prendre vie dans un « corps » pour exister réellement à nos yeux. Le mot métavers trouve son origine dans la langue grecque, tiré du mot anglais metaverse, avec une contraction de « meta » qui signifie « au-delà » en grec et de « univers ». Le mot apparait pour la première fois dans le livre publié en 1992 par Neal Stephenson intitulé Snow Crash. Dans ce roman culte, le héros principal évolue, après une crise économique mondiale, dans la vie réelle et dans le métavers. Au fil des années le concept du métavers a été popularisé et porté par les nouvelles technologies qui sont maintenant capables de générer une grande puissance de calcul permettant de mettre à disposition des utilisateurs les prémices d’un monde virtuel.

 

COMMENT PEUT-ON DÉFINIR LE METAVERS ?

Récemment, la firme aux plusieurs milliards d’utilisateurs, a fait parler d’elle en renommant le nom de sa maison mère Facebook par Meta. Ce virage stratégique opéré par Facebook a fait beaucoup de bruit. En effet, cette société dont l’image est entachée depuis quelques années par des scandales divers, a choisi de modifier sa façade publique et de rejoindre un mouvement futuriste, le métavers. Ce concept qui n’a pas été imaginé par Facebook ni par son créateur Marc Zuckerberg, pourrait entrainer une révolution, comme Internet à ses débuts, et modifier notre société dans son ensemble.

Le métavers est une notion difficile à définir car il touche à de nombreux domaines. Lorsque l’on parle de métavers, on parle tout d’abord d’intelligence artificielle (IA), un aspect essentiel à son développement. Dans l’idée du métavers, les individus auront un avatar, un double numérique, qui évoluera dans un univers virtuel qui persistera dans le temps. L’IA permettra de rendre possible cet univers fictif. Ainsi, Facebook a présenté un projet baptisé EGO4D qui regroupe un ensemble de données comprenant presque 3.000 heures de vidéos filmées à travers les yeux humains et conçues pour le développement d’IA. Grâce à ces vidéos, les chercheurs espèrent pouvoir développer des IA performantes et capables de mieux comprendre les expériences du monde réel. Un autre exemple concerne l’acquisition par Unity Software de Weta Digital pour 1,38 milliards d’euros. Unity Software, qui est une plateforme de création et d’exploitation de contenu interactif tridimensionnel en temps réel, souhaite utiliser le savoir-faire de Weta Digital pour produire des effets spéciaux numériques pour le métavers.

Ensuite, le métavers pourra également englober de nombreux domaines comme la blockchain, le cloud computing, la visioconférence, la diffusion d’évènement en direct… A terme, ce lieu virtuel, complètement immersif, sera certainement une reproduction du monde réel ou au contraire un monde totalement imaginaire et futuriste où les individus pourront travailler, participer à des loisirs, aller à des concerts avec des amis…

Le métavers ne devrait pas être la propriété d’une seule personne ou d’une entreprise. Ce monde virtuel devrait être autonome à l’image d’Internet. Le journal fredcavazza.net écrit : « le métavers est donc un web beaucoup plus immersif et surtout en trois dimensions. Et c’est justement ce qui est le plus complexe, car il y a un réel défi technique et fonctionnel pour passer de la 2D à la 3D ».  Pour fonctionner correctement et fidéliser le plus grand nombre d’utilisateurs, le métavers devra reposer sur deux piliers essentiels : premièrement, ce monde devra être ouvert, n’importe qui pourra le rejoindre comme le quitter. Ensuite, celui-ci devra durer dans le temps. Les utilisateurs doivent avoir envie d’y retourner et de bâtir quelque chose sur le long terme. Ainsi le métavers doit répondre à plusieurs exigences, comme l’authenticité des objets présents en son sein, la sécurité des données personnelles, une économie propre pour échanger des biens, des services… C’est seulement lorsque ces objectifs seront atteints et maitrisés que le métavers sera réellement immersif.

Le terme métavers étant apparu en 1992, on pourrait se demander pour quelles raisons celui-ci prend-il seulement maintenant de l’ampleur ? Conceptualiser un monde virtuel demande une grande maitrise technologique. Ainsi, c’est seulement depuis quelques années que la technologie a évolué et peut réellement permettre le développement d’un univers virtuel. Les logiciels (software) deviennent assez poussés notamment grâce à l’IA. Ensuite, le matériel (hardware) est aussi devenu plus performant et peut proposer une expérience relativement immersive. On peut penser à la société Oculus VR, rachetée en 2014 pour 2 milliards de dollars par Facebook, qui propose un casque de réalité virtuel. Et pour finir, la dernière brique essentielle qui a fait récemment son apparition : la blockchain.

 

 

LA BLOCKCHAIN, ESSENTIELLE AU METAVERS

La blockchain est arrivée en 2008 avec la mise en place du Bitcoin. Elle constitue un élément essentiel au fonctionnement des cryptomonnaies et est apparue au bon moment pour le développement du métavers. Elle permet en effet d’instaurer une confiance numérique et fait le pont entre le monde réel et le monde virtuel. Qu’est-ce que la blockchain ? Le site internet economie.gouv.fr définit la blockchain de la façon suivante : « la blockchain est en premier lieu une technologie de stockage et de transmission d’informations. Cette technologie offre de hauts standards de transparence et de sécurité car elle fonctionne sans organe central de contrôle. Plus concrètement, la blockchain permet à ses utilisateurs – connectés en réseau – de partager des données sans intermédiaire. » L’utilisation de la blockchain présente des avantages qui sont les suivants : une rapidité des transactions (de quelques secondes à quelques minutes), un système sécurisé grâce à la cryptographie et un gain de productivité et d’efficacité.

Ainsi, cette nouvelle technologie apportera deux éléments essentiels dans le métavers. Tout d’abord une rareté numérique avec une unicité des biens. En effet, dans un monde virtuel, il est facile de multiplier les choses. Apparu en 2015, un concept popularisé en 2021 a permis de remédier à ce problème, en se basant sur la blockchain, les NFT. Un NFT, Non Fongible Token ou Jeton Non Fongible en français signifie que, comme un billet de 5 dollars, ces jetons ne sont pas distinguables entre eux. Le site actualité informatique définit les NFT comme : « un jeton non fongible qui agit comme une sorte de certificat d’authenticité, montrant qu’un actif numérique est unique et non interchangeable. ».

De nombreuses entreprises se sont emparées du sujet. Ainsi, par exemple, la place de marché Opensea, qui gère 98% du total de tous les jetons non fongibles, propose de nombreux projets. Il est possible de créer des NFT sur cette plateforme, c’est-à-dire d’associer un jeton numérique à une image numérique pour l’authentifier. Mais il est aussi possible d’acheter et de commercialiser des NFT comme les cryptopunks qui sont des avatars pixélisés générés automatiquement.

Ainsi, les NFT qui sont basés sur la blockchain participent à la durabilité du métavers en authentifiant les éléments présents dans le métavers et donc obtenir une valeur numérique et par conséquent une rareté numérique. L’immersion qui est en résulte est encore plus réelle et prenante.

D’autre part, la blockchain apporte aussi au métavers un autre point essentiel, une unité d’échange, un moyen d’échange, quelque chose à l’image de l’or à l’époque qui pouvait être utilisé en échange d’un bien, d’un service… C’est un moyen d’interagir dans le monde virtuel, mais aussi de faire le lien entre le monde réel et le monde virtuel. Par exemple, vouloir acheter une casquette pour son avatar dans le métavers doit pouvoir se faire grâce à une monnaie fiduciaire. Celle-ci sera échangée contre du bitcoin par exemple et ensuite cette cryptomonnaie servira pour l’achat de la casquette dans le métavers. Certaines marques ont bien compris l’importance d’être présentes dans le métavers. C’est le cas de Nike qui, selon le magazine Forbes : « a déposé des demandes d’enregistrement de marque auprès de l’U.S. Patent and Trademark Office (USPTO, Bureau américain des brevets et des marques de commerce) pour plusieurs produits virtuels Nike, y compris des vêtements et des chaussures de sport. Selon plusieurs sources, ces démarches seraient la première étape vers le déploiement de produits virtuels Nike dans le métavers ».

 

LE METAVERS ET LES INVESTISSEMENTS POTENTIELS

Facebook a « démocratisé » le concept de métavers. De nombreux investisseurs se sont penchés sur le sujet et la banque américaine Morgan Stanley a décrit le métavers comme le prochain grand thème d’investissement. Mais quels sont réellement les projets sur lesquels il pourrait être intéressant de se pencher ? Il semblerait logique de se tourner vers Meta, autrefois Facebook. Cependant, ce projet futuriste prendra du temps. Meta n’a pas encore les ressources ni les infrastructures, ni la technologie complète pour proposer un monde virtuel viable.

Certaines entreprises sont déjà considérées comme potentiellement utiles à la construction du métavers. On peut citer Matteport INC, définie par ZoneBourse comme : « la plateforme de données tridimensionnelles (3D) de la société permet de transformer un espace en un jumeau numérique, qui peut être utilisé pour concevoir, construire, exploiter, promouvoir et comprendre l’espace. », ou encore Nvidia qui fournit des outils graphiques, composants informatiques essentiels à la construction du réseau métavers. Une autre entreprise, Roblox Corp, semble aussi attirer l’attention et selon le site Investing.com : « est peut-être ce qui se rapproche le plus d’un métavers social existant aujourd’hui ». Concrètement, Roblox est un jeu vidéo qui compte 43,2 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, possède sa propre monnaie numérique et un large éventail d’expériences virtuelles uniques. Des développeurs externes créent constamment de nouveaux jeux et contenus à intégrer dans le jeu existant, qui sert de base au métavers en pleine expansion. Les 1,3 million de développeurs de la plateforme sont en passe de gagner collectivement 500 millions de dollars grâce à leurs créations en 2021, une première preuve que le métavers peut effectivement générer des revenus conséquents ».

Du coté, des cryptomonnaies et de la blockchain, plusieurs projets attirent l’attention. On peut citer, par exemple, le cas de l’entreprise Decentraland. Le site actualité informatique explique : « Decentraland est une plateforme de réalité virtuelle alimentée par Ethereum. Dans ce monde virtuel, vous achetez des parcelles de terrain que vous pouvez ensuite traverser, construire et monétiser. Il n’y a pas de limite à ce que vous pouvez faire. » Ce projet a suscité beaucoup d’enthousiaste auprès des investisseurs après l’annonce de Marc Zuckerberg, en prenant plus de 300% sur le prix de son jeton (le MANA) en deux semaines.

Le Play-to-Earn est aussi un projet d’investissement. Le site Coinacademy le définit comme : « un modèle de jeu dans lequel les joueurs peuvent gagner de l’argent réel ou d’autres récompenses en jouant. Le modèle de récompense varie en fonction des jeux, mais le principe reste de gagner des crypto monnaies qu’ils peuvent vendre pour de l’argent réel. ». Par exemple, le jeu développé par le studio Sky Mavis, Axie Infinity a permis à ces développeurs de récupérer plus de 3 milliards de dollars grâce à la vente de NFT. Cette entreprise est décrite par certains comme « le sosie de Pokémon mais sur la blockchain ».

Voici, quelques exemples, qui montrent succinctement le paysage économique du métavers dans les années à venir. De nombreux projets vont voir le jour avec surement la naissance de mastodontes qui prendront, à l’image des GAFAM, une place importante dans notre société. Personne ne va y échapper, cette révolution prendra certainement une place considérable dans nos vies et sera sûrement une échappatoire pour beaucoup de personnes. Mais attention à ne pas se perdre dans le métavers au risque de ne jamais en sortir…

 

D’un point de vue technique

  • Meta Platforms (anciennement Facebook)

Depuis mars Meta platforms est entré dans une phase de hausse au sein d’un canal ascendant dont il est sorti à la baisse suite à un scandale déclenché par un lanceur d’alerte au sein de la compagnie. Les cours ont trouvé un support sur la moyenne mobile 200 et viennent de repasser au-dessus des moyennes mobiles 50 et 100, relançant le titre dans une tendance haussière. Nous anticipons une continuation de la hausse en direction des 364,90$ (premier trait vert) dans un premier temps et puis vers les 384,60$ (second trait vert).

Scénario alternatif : la franche cassure de notre point pivot à 315,70$ (trait bleu) conduirait à une reprise de la baisse en direction des 293,15$ (trait rouge).

 

  • Decentraland (MANA)

Comme pour l’ensemble des cryptos, l’année 2021 est une très bonne année. Le MANA a su également en profiter. Depuis mai, la cryptomonnaie évoluait au sein d’un triangle duquel elle est récemment sortie à la hausse fin octobre. Suite au franchissement de la borne haute du triangle combinée à l’annonce de changement de nom de Facebook pour Meta, le MANA a progressé de plus de 463% en 4 jours avant de corriger et revenir au contact de sa moyenne mobile 20. La crypto qui évolue de nouveau dans une tendance haussière pourrait revenir sur les 3,80$ (premier trait vert) dans un premier temps avant de retourner sur ses plus-hauts historiques à 4,20$ (second trait vert).

Scénario alternatif : la franche cassure du point pivot à 3,10$ (trait bleu) pourrait entraîner un retour sur le support à 2,86$ (trait rouge) correspondant aux 38,2 du retracement de Fibonacci.

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher

L’ENVOLEE DES PRIX DES MATIERES PREMIERES

Le 16 novembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei en Chine, un mystérieux virus fait son apparition : le SARS Cov-2. Très vite ce nouveau coronavirus se répand à travers le monde et l’Organisation Mondiale de la Santé est contrainte de déclarer l’état d’urgence sanitaire au niveau international. Les conséquences économiques, sociales et environnementales sont gigantesques et les répercussions sont toujours palpables aujourd’hui. Depuis, la machinerie économique mondiale a repris du poil de la bête mais peut-être un peu trop rapidement…

 

LA CRISE SANITAIRE, UN FLEAU POUR LE GAZ ET LE PETROLE

La crise sanitaire qui éclate en 2020 est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Aucun continent n’est épargné. Les gouvernements sont forcés de mettre en place des mesures exceptionnelles qui affectent grandement le quotidien des populations. Contraints de rester chez eux, les citoyens diminuent leur consommation, les déplacements se font rares et les échanges entre pays sont considérablement affectés. L’économie mondiale est comme frappée par la foudre. Et pour cause, la demande opère un recul historique qui paralyse l’ensemble du système productif mondial. Le PIB mondial calculé sur 51 pays a reculé trois fois plus en 2020 avec la crise du coronavirus qu’en 2009 suite à la crise financière.

La consommation en énergie subit de plein fouet cette baisse de la demande mondiale. Fin 2020, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), déclare que la planète consommera 5% d’énergie en moins. Fin 2020, les cours du pétrole enregistrent une chute de plus de 20% et pour le gaz, le scénario est identique. En France, par exemple, la consommation de gaz a accusé une baisse de 7% en 2020. Début 2021, l’AIE estime que la demande de pétrole ne devrait revenir à son niveau d’avant crise qu’en 2023. Et pourtant, actuellement, le monde entier fait face à une forte augmentation des prix de ces deux sources d’énergie. Entre septembre et octobre 2021, le prix des tarifs réglementés du gaz augmente de 12,64%. De son côté le baril de pétrole vaut actuellement environ 85 dollars, prix que l’on n’avait plus observé depuis 2014. Mais pour quelle raison un rattrapage aussi brusque des prix s’est-il opéré ?

 

LES PRIX DU PETROLE S’ENFLAMMENT…

La production d’or noir subit un choc en 2020 durant la pandémie. Son prix dégringole jusqu’à descendre en dessous de 0 en avril 2020. La logique est simple à comprendre, il n’y a plus de place pour stocker le pétrole et les compagnies pétrolières sont obligées de payer des tiers pour stocker tout ce pétrole extrait en masse. Le pétrole coûte plus cher qu’il ne rapporte !

Les gros pays producteurs de pétrole que sont les membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (Opep), mais aussi les États-Unis et la Russie opèrent alors un virage à 180 degrés et se mettent d’accord pour diminuer leur production. Le 1er mai 2020, l’Opep+ (formée de 24 pays producteurs de pétrole) annonce une baisse de leur production de 10 millions de barils par jour, soit 10% de l’offre mondiale.

Seulement voilà, entre temps les mois ont passé et la demande mondiale a repris, pourtant la production ne suit pas ou du moins n’a pas suivi. Au niveau des États-Unis, l’offre n’est pas revenue au niveau d’avant crise. Cela est dû, en parti, aux actionnaires des compagnies pétrolières. Cette crise les a rendus plus frileux : ils veulent renouer avec un rendement plus immédiat et éviter de financer des forages tous azimuts pour produire toujours plus. Ils ne souhaitent plus financer les projets d’extraction de pétrole.

Du côté de l’Opep, c’est un autre problème. Le journal L’Usine Nouvelle écrit en juillet 2021 « C’est l’impasse. Après deux réunions infructueuses, l’Opep et ses alliés de l’Opep+, menés par la Russie, ont annulé in extremis leur dernière réunion, prévue lundi 5 juillet, faute d’accord sur de nouveaux quotas de production de pétrole à partir du mois d’août au sein du cartel d’exportateurs. La réunion a pour l’instant été reportée sine die, sans plus d’explication. ». Une réunion le 4 octobre entre les États membres de l’Opep a finalement abouti à une décision qui n’est pas faveur des consommateurs. Les pays producteurs de pétrole ont choisi de continuer leur politique d’augmentation modeste de la production de pétrole. Le journal Le Monde écrit : « le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, avait cependant jugé cette stratégie pertinente. Elle contribue à « répondre à l’augmentation progressive de la demande » sans verser dans une « surcharge de l’offre », avait-il déclaré.

La Russie, elle, veut revenir à un prix « normal » du pétrole autour d’une fourchette à long terme entre 45 et 60 dollars. Le journal Investing.com écrit : « Poutine lui-même a déclaré qu’il ne souhaitait pas que les prix du pétrole s’envolent, même s’il reconnaît que le baril peut atteindre 100 dollars. ».

Cependant, les choses pourraient bien changer ou du moins progresser en faveur des consommateurs. Ces prix trop importants pourraient modifier la demande au détriment des producteurs de pétrole. Le journal Le Monde écrit : « Dans une récente étude, les analystes de Morgan Stanley estimaient que le seuil de 80 dollars le baril pourrait marquer l’entrée dans une zone de destruction de la demande ».

Autre problème pour les producteurs de pétrole, la demande pourrait se tourner vers d’autres pays. Ainsi l’Iran, appelé « game changer » dans le domaine géopolitique, est un gros producteur de pétrole qui pourrait obtenir les faveurs des États-Unis et ainsi, aux vues des circonstances actuelles, bénéficier d’une levée de l’embargo, commercialiser son pétrole et à plus long terme faire chuter les prix.

 

… PENDANT QUE CEUX DU GAZ S’ECHAUFFENT…

Le gaz est aujourd’hui au cœur des préoccupations des gouvernements. En effet, l’hiver se profile et les prix augmentent, de quoi inquiéter de nombreux consommateurs. Comme le pétrole, cette hausse des prix du gaz est due en partie à une montée importante et inattendue de la demande à la suite de la reprise des économies asiatiques et occidentales. Mais d’autres facteurs se combinent à cette hausse des prix. En effet, l’hiver dernier a été long : les stocks ont été largement amputés, et il faut de nouveau les remplir, mais ceux-ci ne sont toujours pas plein actuellement. De plus, l’Asie qui est devenue ces dernières années un gros consommateur de gaz, opère actuellement une demande énorme et continue. Et pour finir, le coût des crédits carbones échangés sur les marchés dédiés a augmenté, ce qui a poussé de nombreuses entreprises à se tourner vers le gaz au détriment du charbon, plus émetteur de gaz à effet de serre.

Le gaz est devenu une ressource importante pour de nombreux pays. En effet, pour faire face à leurs responsabilités environnementales, ces pays qui souvent rejettent le nucléaire ou n’ont toujours pas les infrastructures pour, se tournent vers le gaz pour produire de l’électricité. Ainsi, par exemple, la production d’électricité à partir du gaz a augmenté de 11% ces dernières années selon le site internet suisse-Eole.

Les Etats-Unis et la Russie sont de loin les plus gros producteurs de gaz au monde avec respectivement 23,1% et 18% de la production mondiale. « Considéré comme la pierre angulaire de la transition écologique, le gaz naturel est au cœur de gros enjeux géopolitiques » écrit Olivia de Souza dans un article de l’agence Ecofin. En effet, l’Europe est un marché juteux qui attire les gros poissons que sont les États-Unis et la Russie. La première puissance économique mondiale a un grand intérêt à exporter son gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et souhaiterait devenir un fournisseur important pour l’UE. Cependant les contraintes sont fortes. En effet, du point de vue technique, actuellement, la seule solution pour les États-Unis est d’exporter son GNL par bateau. Seulement, les infrastructures pour accueillir en Europe la cargaison de ces mastodontes des mers ne permettent pas encore de recevoir un nombre important de bateaux. Ensuite, le prix du GNL reste plus important que le gaz importé de Russie ou de Norvège par pipeline. En effet, liquéfier le gaz, le transporter par bateau puis finir par le gazéifier reste plus coûteux.

C’est la raison pour laquelle la Russie est un acteur important dont les choix récents ont causé, en parti, la hausse du prix du gaz. En effet, celle-ci fournit 1/3 du gaz consommé en Europe. Aux raisons économiques de cette hausse se mêlent des contraintes géopolitiques. Pour acheminer son gaz vers l’Europe, la Russie utilise des pipelines qui transitent par l’Ukraine. Seulement, ce pays est un ennemi du Kremlin. Ainsi, pour diversifier ses moyens de livraisons et augmenter la quantité, la Russie a depuis quelques années mis en place un projet : le Nord Stream 2. Ce pipeline long de 1222km part de la Russie pour arriver en Allemagne en passant par la mer Baltique permettra d’acheminer par an 55 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe.

Cependant la Russie se frotte à un autre problème qui depuis de nombreuses années l’empêche d’inaugurer ce pipeline ; les États-Unis. En effet, ce dernier a déclaré par l’intermédiaire de son secrétaire d’État que : « notre objectif reste de faire en sorte que la Russie ne puisse pas utiliser l’énergie comme un outil coercitif, comme une arme contre l’Ukraine ou contre quiconque en Europe ». On imagine que des stratégies économiques sont également liées à cette décision prise par les États-Unis.

Ainsi, bien que la Russie n’ait pas communiqué dans ce sens, Gazprom, le principal fournisseur de Gaz en Russie, est soupçonné de limiter ses exportations par l’Ukraine pour pousser l’Allemagne à ouvrir le Nord Stream et profiter ainsi de prix élevés pour l’hiver. Néanmoins, selon le journal Les Echos, le diplomate américain Amos Hochstein chargé de mettre en œuvre l’accord passé entre les Etats-Unis et l’Allemagne pour encadrer la mise en route de ce pipeline aurait affirmé : « Avant mars prochain, Nord Stream 2 n’est pas sur la table » Néanmoins, au vu des conditions économiques actuelles, les choses pourraient évoluer au bénéfice de la Russie et des consommateurs Européens.

 

… ET QUE LES PRIX DES MATIÈRES PREMIÈRES FLAMBENT

Le nombre de matières premières qui ont subi la hausse de leurs cours est nombreux. En passant par le cuivre, le soja ou encore le bois, toutes ont connu le même sort. Par leur diversité il est difficile de rassembler des causes uniques qui auraient affecté leurs prix. Néanmoins, il est possible de mettre en avant certaines causes qui ont poussé le prix des matières premières vers le haut.

Tout d’abord, de nombreux éléments ont bloqué la chaîne logistique. On peut parler de la fermeture partielle de nombreux ports en Chine, du blocage du canal de Suez par où transite 12% du commerce mondial ou encore de la mise à l’arrêt de nombreuses productions agricoles et industrielles à la suite de la crise sanitaire.

La reprise de l’économie chinoise a fortement augmenté la demande. Ainsi, le journal La Croix écrit dans un article : « Malgré la crise sanitaire, le prix des matières premières, et en particulier des métaux, a connu une forte augmentation fin 2020. C’est l’effet de la demande chinoise croissante alors que son économie a redémarré en trombe au deuxième semestre. Ce pays a de plus en plus le pouvoir de fixer les prix sur bon nombre de marchés. ».

Ensuite, il y a la baisse du dollar. Le journal Le Figaro écrit : « Le dollar est en effet la référence internationale en matière de prix des matières premières. Sa baisse entraîne souvent une hausse des prix des matières premières. Et inversement. »

Pour finir, de nombreuses intempéries ont eu un impact sur la production agricole. On a pu observer le gel, lors de l’hiver dernier sur les vignes en France ou encore des inondations qui ont détruit des récoltes de blé au Canada… Un avant-goût des conditions météorologiques qui risquent de devenir de plus en plus capricieuses dans les prochaines années avec la poursuite du dérèglement climatique.

L’ensemble de ces facteurs, qui ne sont sûrement pas tous cités ici, rassemblés sur une période courte a participé à l’augmentation des prix des matières premières. Seulement cette évolution des prix augmente le risque d’inflation et d’insécurité alimentaire, un danger pour l’économie mondiale…

 

D’un point de vue technique

  • Brent

Après une chute historique qui l’a mené vers les 16 dollars en avril 2020, le baril de Brent a initié un rebond majeur qui lui a permis de revenir au-dessus de l’overlap clé des 45 dollars (niveau correspondant également à un gap majeur). Au regard de l’intensité dudit rebond, on peut désormais viser les prochains objectifs de projection sur les 100 dollars le baril, voire jusqu’aux 126 dollars en extension. Scénario valide tant que le nouveau point pivot des 72 dollars ne sera pas enfoncé, et à valider au-dessus du seuil des 86 dollars (sous pression). Alternativement, sous les 72 dollars, une correction plus ample sera attendue, et on visera d’abord les 63 puis le support des 53,5 dollars (38,2% de retracement).

 

  • Natural Gas

Après avoir perdu près de 90% entre son point haut de 2005 et son point bas de 2020, le gaz naturel s’est fortement repris cette année puisqu’il gagne plus de 87% depuis début janvier. Comme nous pouvons le voir sur ce graphe en données hebdomadaires, le gaz naturel évolue dans une nette dynamique haussière mais est venu se heurter à une forte résistance qui tient depuis 2010. Le récent rebond sur cette zone a entraîné une correction qui devrait se poursuivre jusqu’à 4,65$ (premier trait rouge) avant le support des 3,80$ (second trait rouge).

Alternativement, en cas de passage de la résistance des 6,09$ qui correspond aussi à notre point pivot (trait bleu), alors les cours pourraient revenir sur les 8,06$ (trait vert).

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher

 

EVERGRANDE : UN GRAIN DE SABLE DANS LES ROUAGES ECONOMIQUES DE LA CHINE

« Rétablir la grandeur et la prospérité de la Chine, avec l’objectif de lui redonner une place centrale dans le monde horizon 2049 » telles étaient les aspirations du Parti communiste chinois en 1949. Néanmoins, l’empire du milieu devenu, depuis, la deuxième puissance économique mondiale en moins de 80 ans montre des signes d’essoufflement. Un évènement récent met en effet en lumière les limites du système économique chinois : l’affaire Evergrande. La planète finance tremble, mais ce colosse de l’immobilier doit-il réellement l’inquiéter ?

 

EVERGRANDE, LA CHUTE D’UN EMPIRE

Le 19 janvier 2021 marque le début de la descente aux enfers pour Evergrande. Son action perd plus de trois quarts de sa valeur en moins de 9 mois passant de 17,26 HKD en janvier à 3,02 le 14 septembre 2021. Aujourd’hui, considéré comme le troisième promoteur immobilier chinois avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 70 milliards d’euros, le groupe est impliqué dans plus de 1.300 projets à travers 280 villes avec 200.000 employés à sa charge. Evergrande, situé dans la ville de Shenzen, est un mastodonte en Chine. Qui en est à l’origine ? Un certain Xu Jiayin, considéré pendant quelques années comme l’homme le plus riche d’Asie. Actuellement âgé de 62 ans, ce milliardaire fonde Evergrande en 1996 et construira, comme premier projet, 323 appartements qui se vendront en quelques heures seulement.

Il s’ensuit une ascension impressionnante. En 2009, le groupe lève l’équivalent de 7,6 milliards d’euros lors de son introduction en bourse et devient le plus grand promoteur immobilier de Chine. Début 2010, le groupe investit tous azimuts dans des projets comme le rachat du club de football de Guangzhou, les véhicules électriques, le tourisme ou encore l’eau en bouteille. Aujourd’hui, les engagements financiers d’Evergrande concernent 128 banques et 121 institutions non-bancaires selon BFM bourse. Fin août, le groupe déclare qu’il est exposé à des risques de liquidité et de défauts de paiement. Mercredi 22 septembre, Evergrande déclare qu’il ne sera en mesure de payer qu’une partie de ses intérêts sur une petite partie de sa dette.

Seulement voilà, le groupe est criblé de dettes, elles pourraient atteindre plus de 260 milliards d’euros. La faillite d’Evergrande est envisageable et laisserait inachevés, selon le journal La Tribune, plus de 1,4 millions de logements pour une valeur totale de 170 milliards d’euros. Les répercussions de l’effondrement de cette entreprise, selon certains économistes, entraîneraient des conséquences sur l’ensemble du système financier chinois et pourraient, à terme, paralyser le crédit avec de graves problèmes économiques et sociétaux. Le gouvernement chinois ne montre pas pour l’instant de signes qui pourraient être interprétés comme une main tendue vers le groupe. Pour quelles raisons le groupe est-il arrivé à cette situation ? Pourquoi le gouvernement chinois ne vient pas en aide à Evergrande ?

 

UNE ASCENSION FULGURANTE POUR UNE CHINE PUISSANTE ET PROSPERE

Pour comprendre la chute d’Evegrande, il faut revenir quelques décennies en arrière, plus précisément en 1949. Durant cette année-là, Mao Zedong, alors président du parti communiste chinois, proclame l’avènement de la République Populaire de Chine. C’est le début d’une longue épopée où la Chine va revenir, non sans mal, sur le devant de la scène en devenant « l’usine du monde ». A cette époque les objectifs sont clairs : redonner à la Chine sa grandeur d’antan et une place centrale dans le monde à l’horizon 2049. En 1950, selon le site Asialyst, la Chine ne représente alors que 4,6% du PIB mondial avec une part dans les échanges mondiaux de moins de 1%. Mao Zedong va alors pousser le peuple pour effectuer une restructuration profonde du pays qui aura des répercussions importantes, provoquera des famines et, selon certains chercheurs, la mort de plus de 55 millions de personnes.

A la fin des années 1970, Mao Zedong décède et laisse derrière lui un pays décimé. La Chine ne représente plus que 1,7% de l’économie mondiale. C’est seulement à partir du début des années 80 que le pays entrera dans une progression économique sans précédent comme il est écrit dans un article du site Asialyst : « L’abandon des communes populaires et de la planification centralisée, la généralisation progressive des mécanismes des marchés agricoles comme industriels, la liberté des prix, la privatisation par étapes successives, le développement rapide des infrastructures et l’orientation vers l’exportation sur le modèle japonais ou coréen, produisent des résultats spectaculaires : la croissance économique dépasse 10% par an pendant 25 ans, la part du commerce extérieur dans le PIB explose (elle passe de 5% du PIB en 1970 à près de 50% en 2010), la Chine devient le premier exportateur mondial, les zones économiques spéciales attirent une masse croissante d’investissements étrangers qui font du pays l’usine du monde. »

Le début des années 2000 est pour la Chine signe d’une forte croissance. Elle va fonder son économie sur les exportations et les importations mondiales. Selon le site Carin.info : « Entre 2003 et 2007, la Chine a maintenu un taux de croissance à deux chiffres en accroissant la dépendance de son économie au marché international, et cela pour plusieurs raisons : une surcapacité de production domestique, une demande intérieure encore faible et une augmentation de la demande extérieure à la suite de l’afflux de fonds étrangers dans le secteur manufacturier. En 2006, le taux de dépendance extérieure de la Chine s’est élevé à 66% alors qu’entre 1980 et 2001, les pays comme les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Allemagne ont enregistré des taux relativement stables qui varient entre 14% et 20%. »

La crise de 2008 n’épargne pas le pays avec un PIB qui chute de 2,6% en 2007 et de 0,8% en 2008. Malgré un taux de croissance de 9% pour l’année 2008, celui-ci reste nettement inférieur aux années précédentes avec 15% par exemple en 2007. À la suite de cette crise, beaucoup de personnes se retrouvent au chômage ; on compte 25 millions de travailleurs sans-emploi après une vague de fermetures d’usines situées sur la côte chinoise. Pour contrer le mal, les autorités chinoises vont stimuler la demande intérieure avec un plan d’investissement de 4.000 milliards de RMB (Yuan) en orientant, en parti, les investissements vers le secteur de la construction, un secteur rapidement mobilisable et gourmand en main d’œuvre. Le crédit coule à flot, le prix de l’immobilier explose et les investisseurs affluent en masse. Ce qui amène, le secteur de l’immobilier à peser plus de 29% du PIB. C’est dans ce climat opportun que Xu Jiayin a réussi à développer son groupe de manière efficace pour conduire Evergrande au sommet.

 

LA CHINE ET EVERGRANDE ; XI JIPING ET LE CAPITALISME

Le président Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste, déclare le 17 août 2021 « une prospérité commune d’abord et avant tout ». Il est vrai que le pays fait face à des inégalités de revenus énormes ; 1% des Chinois les plus riches détiennent 30,6% de la richesse nationale selon une étude du Crédit Suisse. Le journal Le Monde écrit : « selon le premier ministre, Li Kequiang, 600 millions de chinois vivent avec moins de 130 euros par mois ». Xi Jinping et son parti veulent une redistribution des richesses. Cela se traduit par des mesures fortes et pas toujours appréciées de l’élite chinoise. Ainsi, le 26 août dernier, le gouvernement présente un programme qui, selon le journal Le Monde, déclare, entre autres, comme propositions : « de limiter les salaires déraisonnables » (sans en fixer les montants) et surtout de revisiter totalement le système fiscal, en diminuant les impôts indirects, surtout payés par les familles modestes, et d’introduire progressivement des taxes sur « la propriété, notamment foncière, et sur l’héritage ».

Ainsi, à l’image du célèbre milliardaire chinois Jack Ma, président de la société Alibaba, qui a disparu après avoir prononcé un discours critique contre les autorités, et qui est revenu sur le devant de la scène en déclarant qu’il était « plus déterminé que jamais à aider l’éducation et le bien public », les grosses entreprises chinoises et leur lot de millionnaires et milliardaires vont devoir rediriger leurs investissements vers des projets sociétaux et responsables. C’est la raison pour laquelle, entre autres, des entreprises comme LVMH, Kering ou Hermès ont subi quelques secousses boursières. La Chine étant en effet le principal moteur du secteur du luxe.

Cette politique mise en place par le gouvernement a aussi impacté les entreprises comme Evergrande. Une entreprise qui s’est fondée sur la croissance forte du secteur immobilier et sur le recours à la dette en quantité faramineuse. Seulement, le groupe est arrivé à ses limites. Quelques années en arrière, il avait tenté de se diversifier dans des projets toujours plus éloignés de son secteur principal comme la production de lait ou encore les services de streaming vidéo pour s’attirer, entre autres, les bonnes grâces du gouvernement. Et pour cause, le secteur de l’immobilier est considéré comme hautement spéculatif et sur la « liste rouge » des autorités chinoises. Dans un article du journal France24, Jean-François Dufour explique : « Le but de cette stratégie était d’être présent dans suffisamment de secteurs prioritaires pour que le gouvernement soit plus enclin à soutenir le groupe financièrement lorsque le mur de la dette deviendrait difficilement soutenable pour Evergrande ».

Sa dette n’a cessé d’augmenter. En 2015, la crise financière en Chine affaiblit le groupe qui doit emprunter à nouveau. La crise du Covid-19 va pousser le groupe à arrêter certains de ses projets et à fermer une partie de ses infrastructures. Et pour finir, Evergrande est, depuis quelques mois, pressé par les autorités chinoises de revendre une partie de ses actifs, pour diminuer le poids de sa dette mais du coup fait face à des difficultés pour trouver des investisseurs.

L’ensemble de ces facteurs, ainsi que le coup de massue du gouvernement chinois sur l’application de sa politique de prospérité commune, ont eu raison du système sur lequel fonctionnait Evergrande : un système de surendettement croissant. Plusieurs sociétés immobilières pourraient suivre le même chemin qu’Evergrande comme Guangzhou R&F Properties ou Xinyuan Real Estate qui ont aussi vu, ces dernières années, le coût de leur dette s’envoler.

 

LA NOUVELLE FICHE DE ROUTE POUR L’EMPIRE DU MILIEU

Un risque systémique plane sur la faillite d’Evergrande. Pourtant certains économistes montrent une inquiétude plus mesurée. Selon Stephen S. Roach, dans un article sur le journal Les Echos, le gouvernement chinois dispose de ressources nécessaires pour soutenir les défauts de remboursement des prêts du groupe. Par ailleurs, la crise d’Evergrande est en partie due à la politique instaurée par le gouvernement chinois mais celui-ci s’y est préparé. Pour finir, l’économie chinoise fonctionne correctement et plus particulièrement le secteur immobilier qui reste un secteur très tendu avec une demande toujours importante.

Néanmoins, la croissance de la Chine ne connaitra peut-être plus son niveau d’antan. Alicia Garcia Herrero explique : « Les gens commencent à comprendre que la Chine ne va plus connaître une croissance rapide, et cela explique le nouveau slogan pour la “prospérité commune” : il va falloir davantage partager un gâteau qui va moins grossir à l’avenir. C’est pour cela que le Parti communiste, qui cherche toujours à assurer sa légitimité, s’attaque à tous les excès. » 

Durant des années, le capitalisme à la chinoise a été pressé jusqu’au dernier yuan. Mais il se pourrait qu’il arrive maintenant à bout de souffle. Ce nouveau cap que s’apprête à suivre la Chine aura un impact certain sur son économie. Evergrande sera vite oublié et ce phénomène ne semble finalement pas grand-chose au regard des prochaines années qui s’annoncent décisives pour la Chine, qui souhaite devenir à terme la première puissance économique mondiale.

 

D’un point de vue technique

  • Evergrande

Depuis octobre 2017, où le titre, Evergrande a atteint ses plus-hauts historiques, l’action évolue dans une dynamique baissière au sein d’un canal descendant. Les cours de l’action enfoncent une première fois la borne basse du canal durant le mois de mars 2020, trouvant un support à 9,64 avant de réintégrer à nouveau le canal. Suite au scandale de possible insolvabilité du géant immobilier, l’action a enfoncé le support pour retourner proche des plus bas historiques à 2,06 avant de rebondir au-dessus du point pivot a 2,74.

 

  • Hang Seng

Sur ce graphique en données weekly du Hang Seng (indice de la bourse de Hong Kong), nous observons que la tendance sur l’année 2021 est clairement baissière, l’indice perdant près de 20% depuis le 1er janvier. Un léger rebond a eu lieu sur la zone des 78,6 du retracement de Fibonacci permettant aux cours de se reprendre légèrement avant de venir buter sur notre point pivot à 25 330pts. Tant que notre point pivot ne sera pas nettement enfoncé, nous privilégierons une poursuite de la baisse avec dans un premier temps un objectif à 23 700pts avant une poursuite de la baisse vers les 21 700pts, point bas de la crise du COVID.

Scénario alternatif : le franchissement de notre point pivot inverserait la tendance en cours sur l’indice avec un retour des cours sur les 0,50 du retracement de Fibonacci à 26 400pts.

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher

L’IA : une révolution ou un danger pour les marchés ?

« Wall Street, 5 février 2018, c’est comme si la bourse était frappée par la foudre. A 15 heures, heure locale, le Dow Jones plonge. Il perd plus de 1.500 points en quelques minutes. Jamais dans l’histoire de l’indice boursier, les actions américaines n’avaient autant baissé en une journée. Près de 2.000 milliards de dollars sont littéralement pulvérisés. New York n’est pas la seule place touchée. La chute des cours se repend comme une trainée de poudre ; Francfort, Sydney puis Tokyo, la panique se propage. Personne ne sait pourquoi les cours sont tombés si bas. Il n’y a pas de raison économique, pas de nouvelles données conjoncturelles ni de nouveaux chiffres du chômage alarmants. La seule explication que l’on trouve paraît aberrante, les ordinateurs des traders ont été trop rapides… ». Ce texte a été écrit à partir du journal télévisé diffusé sur Arte.  

 

Introduction

Voici un exemple où l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) a eu un impact, pour certains économistes de nature systémique, qui aurait pu provoquer de graves troubles financiers. Cet incident n’est pas isolé, et on peut penser que l’impact de l’IA sur les marchés financiers va s’accroitre dans les prochaines années avec des effets positifs et négatifs.

Le concept de l’intelligence artificielle semble émerger dans les années 1950 lorsque Alan Turing se demande si une machine peut « penser ». Dans l’article « Computing Machinery and Intelligence », Turing propose un test d’intelligence artificielle, le fameux test de Turing qui cherche à savoir quand une machine deviendrait « consciente ». Ces prémices de l’intelligence artificielle ont d’ailleurs permis de décoder les messages allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Ensuite lancée par les universités, la course au développement de l’intelligence artificielle est dorénavant rejointe par les gouvernements et les entreprises telles qu’IBM ou les GAFAM et n’a jamais cessé d’augmenter.

En 2020, le marché de l’IA a atteint pour la première fois la barre des 50 milliards de dollars. Le monde financier s’est très vite penché sur le sujet pour en tirer les bénéfices. Pour quelle raison ? La bourse repose sur des courbes qui suivent une tendance complexe, mystérieuse et surtout aléatoire. Nombre de financiers ont tenté d’en percer les arcanes sans jamais avoir un taux de réussite proche de 100%. Et pour cause, la quantité colossale d’informations à prendre en compte est beaucoup trop importante pour le cerveau humain, même combiné à plusieurs. L’arrivé de l’intelligence artificielle est une aubaine. Des ordinateurs surpuissants combinés à des algorithmes performants ont permis de mettre au point des programmes d’analyse comme Aladin de BlackRock ou bien Renaissance Technologie qui affiche un taux de réussite de 51% ou encore, plus récemment, un certain Jeff Glickman qui a mis en avant une IA, J4 Capital, qui montrerait un taux de réussite de 60%.  C’est un taux record pour un fond spéculatif qui est seulement composé de quatre employés.

Gérer les risques est une obsession pour de nombreux acteurs des marchés financiers. Les banques, les fonds spéculatifs, les investisseurs, les régulateurs… ont tous comme but de contrôler celui-ci pour en tirer les meilleurs bénéfices. L’intelligence artificielle constitue une aubaine pour ces acteurs. Dans les prochaines années, l’étendue de la mise en place de cette nouvelle technologie risque de bouleverser non seulement le monde de la finance mais plus largement notre société.

Dans quelle mesure l’IA a un impact sur les marchés financiers ? Quelles sont ses utilisations ? Présente-t-elle des effets négatifs ? Comment les financiers ont réussi à marier technologie et finance ? L’IA a-t-elle déjà pris une place trop importante en détenant un pouvoir sur les marchés ?

 

Intégration de l’IA à la finance de marché

La bourse et ses acteurs se sont très vite emparés du sujet : l’IA est une source de bénéfices et de réduction des coûts considérable. En 2019, le cabinet d’analyse Greenwich a affirmé que plus de 50% des entreprises de marché auront mis en place des procédures d’intelligence artificielle d’ici deux ans.

Un mélange d’algorithmes, de courtages à haute fréquence et d’apprentissage automatique (machine learning) a rendu la bourse de plus en plus automatisée. A l’heure actuelle, la finance de marché est un des acteurs les plus utilisateurs de cette nouvelle technologie. Cependant cela n’a pas toujours été le cas. Selon un article publié sur les archives ouvertes : « Dans les années 90, les banques d’investissement étaient parmi les possesseurs des plus grandes puissances de calcul et de capacité de stockage de la planète. On pourrait donc s’attendre à les voir à l’avant garde des innovations produites par les sciences de données et l’IA, mais il n’en est rien. Si ce sont bien des entreprises privées qui ont ravi aux grandes universités les premières places des podiums pour la reconnaissance d’image ou l’interprétation automatique de langage naturel, il s’agit des GAFAM et non des institutions financières. Les acteurs de la finance de marché tentent tant bien que mal de rattraper ce retard ».

L’utilisation de l’IA dans la finance de marché s’est développée autour de trois piliers : le développement de nouveaux outils informatiques et technologiques avec de grandes puissances de calculs, le progrès en matière de machine learning et la capacité à pouvoir stocker une grande quantité de données.

L’outil le plus connu en bourse, le « High Frequency Trader », qui signifie « trader haute fréquence ». Un article d’ABC Bourse défini ces robots traders comme des « puissants algorithmes mathématiques et ordinateurs ultra-rapides capables de détecter et d’exploiter les micromouvements de marché avec une échelle de temps de l’ordre de la dizaine de millisecondes. Ces machines sont capables d’exécuter des ordres à toute vitesse et de tirer profit de très faibles écarts de prix ». Actuellement, la part des transactions effectuées par le HFT représente 50% aux Etats- Unis et 35% en Europe.

 

 

De multiples activités liées au marché

L’intelligence artificielle s’est largement immiscée dans le secteur bancaire et financier à tel point que ceux-ci sont parmi les plus avancés dans l’usage de cette nouvelle technologie. Les usages en sont multiples et il serait trop long de tous les citer. Il s’agit ici de présenter quelques exemples sur l’utilisation de l’IA dans les activités de marché.

L’IA est utilisée dans les activités de recommandation en investissement. Grâce à elle, les financiers peuvent faire émerger des tendances en collectant et croisant, en utilisant le Big Data, un grand nombre de données non organisées. L’IA est aussi capable d’analyser les discours institutionnels avec la voix et la gestuelle humaine en croisant cela à des rapports, des notes d’analyse… pour faire émerger des conséquences possibles. Dans ce cas, l’IA est utilisée pour des recommandations générales (analyse financière, opérations par des fonds d’investissements…) mais elle peut aussi servir dans le conseil direct avec les investisseurs. Elle est capable d’éditer des profils types et de les mêler avec différents actifs pour faire émerger des investissements personnalisés pour chaque investisseur. La qualité de ces investissements est améliorée et le coût d’analyse nettement diminué.

Ensuite, l’IA est utilisée dans les activités de tenue de marché. L’IA observe les informations mises à disposition sur les courbes, le carnet d’ordre, les outils techniques. Elle tente ainsi de proposer des tendances, des éventuels micros-mouvements, le prix futur de l’actif… En quelque sorte, elle opère une analyse technique des marchés. Mais elle est aussi capable de construire une analyse fondamentale. C’est-à-dire une analyse fondée sur des informations économiques et financières. L’ensemble de ces données permet d’alimenter des algorithmes auto-apprenants (« reinforcement learning ») pour permettre, à terme, d’affiner les analyses.

L’intelligence artificielle est aussi employée dans les activités de back et midlle office. Ce sont des activités de contrôles et de traitements qui sont en général lourdes et coûteuses. L’IA est tout à fait capable d’épauler les financiers pour accomplir des tâches répétitives, des analyses chronophages, des traitements opérationnels… Selon un article publié sur Revue-Banque : « Une étude menée par Morgan Stanley et Oliver Wyman estime que la transformation des chaines de traitement, via le recours à l’automatisation et l’adoption de solution de deep digital pourrait entrainer des gains et des réductions de couts de l’ordre de 15 à 20 milliards pour les grandes banques de financement et d’investissement ». Le deep digital étant « un programme de transformation qui vise à adresser de très nombreux processus opérationnels simultanément de manière à réussir une transformation digitale en profondeur. »

Pour finir, un autre domaine pour lequel l’IA peut apporter des améliorations est la surveillance des marchés et le contrôle des fraudes. La bourse est fortement régulée car elle peut provoquer, par des mécanismes en chaîne, des incidents graves sur le fonctionnement de notre société. C’est la raison pour laquelle les autorités de supervision bancaire et de marché mènent toute une série de contrôles en interne. Ainsi, l’IA est utilisée dans le contrôle des opérations personnelles c’est-à-dire « des dispositifs de vigilance relatif aux personnes susceptibles de détenir des informations privilégiées ou sensibles et, dans ce cadre, d’opérer des contrôles sur leurs transactions personnelles ». Mais aussi dans le contrôle des manipulations de marché, où les services de contrôles tentent de déceler des messages, des échanges, des opérations frauduleuses. Ainsi, l’IA pourrait, en croisant un nombre important d’informations, mettre en avant des délits ou encore des manipulations de marché mais aussi les prévenir. Néanmoins, Scott W. Bauguess de la Securities and exchange commission reconnait que « les ordinateurs utilisés par l’autorité, aussi sophistiqués soient-ils ne sont pas encore capables de mener, de façon autonome, des investigations et enquêtes mais peuvent simplement guider les contrôleurs et inspecteurs dans la bonne direction ».

 

L’IA et la Bourse font-ils bon ménage ?

Depuis le début des années 2000, l’IA prend petit à petit une place importante sur les places boursières mondiales. Selon un article du journal Le Revenu, plus d’un tiers des échanges sur Euronext viennent du trading haute fréquence et des fonds quantitatifs. Une autre étude de Morgan Stanley estime que les encours des fonds quantitatifs et des trackers smart beta (Exchange Trader Founds, ETF, capables d’effectuer automatiquement des arbitrages sur les marchés) ont été quasiment multipliés par trois entre 2010 et mi-2017, a près de 1.500 milliards de dollars, représentant 7% du total des actifs gérés à travers le monde.

Un premier danger lié à l’IA vient de la liquidité du marché. Lorsque la bourse est calme, les algorithmes amènent une certaine tenue des marchés et d’avantage de liquidité. Mais lorsque les échanges s’intensifient et la ferveur des investisseurs augmentent, les algorithmes peuvent être un catalyseur de l’augmentation de la volatilité. C’est exactement ce qui est arrivé en 2018 à New York que décrit Dominique Ceolin, PDG du spécialiste de l’arbitrage financier ABC Arbitrage : « Ce n’est pas le trading algorithme qui a provoqué la correction de février, mais les inquiétudes sur l’inflation américaine. En revanche, il est vrai que ces ordres d’achat et de vente de titres automatisés et extrêmement rapides ont pu amplifier la chute des places boursières ce jour-là ».

Ensuite, l’IA peut être une source de fraudes. Les autorités doivent redoubler de vigilance pour contrer les délits potentiels. En 2015, l’autorité des marchés financiers a sanctionné Euronext et Virtu pour avoir manipulé les cours avec leur système algorithmique des ordres de marché. C’est la rasions pour laquelle, entre autres, les régulateurs ont dû mettre en place des mesures comme Mifid 2 (Market in financial Instrument Directive) ou encore MAR (règlement sur les abus de marché).

Pour finir, les petits épargnants se retrouvent distancés. Impossible de réagir aussi vite qu’un algorithme, les places boursières ont mis en place certaines mesures, à l’image d’Euronext qui a imposé des mécanismes de régulation. Par exemple, avec la suspension des cotations des titres qui fluctuent de plus de 8%. Une autre possibilité pour les épargnants est d’avoir aussi recours aux services de robots et de leur analyse par IA. C’est le cas d’Aladin, l’algorithme de Black Rock qui gère plus de 14.000 milliards de dollars, soit 7% des actifs mondiaux.

 

Conclusion

Stephen Hawking déclarait à propos de l’IA : « La création d’une intelligence artificielle serait le plus grand évènement de l’histoire de l’humanité. Mais il pourrait être l’ultime ». Cette technologie va bouleverser en profondeur notre manière de vivre. La finance, acteur incontournable de notre société, s’est emparé du sujet pour l’intégrer au mieux à ses infrastructures.  La finance de marché, tout particulièrement, est une branche de la finance qui profite largement de cette nouvelle technologie. Le volume de données créées va exploser avec en 2035 des prévisions estimées à 2.142 milliards de téraoctets sur l’ensemble du globe. La génération de ces nouvelles données pourra alimenter de nouveaux algorithmes encore plus puissants et performants et rendre les marchés de plus en plus automatisés. »

Néanmoins, la clef du succès sera certainement un mélange savamment dosé entre l’humain avec son intuition et son imagination et la puissance de calcul de l’IA. A suivre…

 

 

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LA FINANCE, ACTEUR MAJEUR DANS LA TRANSITION ENERGETIQUE ET ECOLOGIQUE

Mise en garde depuis de nombreuses années par l’ensemble de la communauté scientifique, notre société se retrouve face au défi le plus important qu’elle n’est jamais connue ; le dérèglement climatique. Le monde se réveille tardivement mais commence, à la manière d’une locomotive à vapeur, à mettre en place une multitude de réformes économiques, sociétales et environnementales pour tenter de contrer ce mal qu’il a lui-même provoqué des années plus tôt. Le monde de la finance se positionne comme un acteur majeur dans la course à la décarbonation, aux initiatives environnementales et écologiques. C’est dans ce climat qu’est née ce que l’on appelle : la finance verte.

 

INTRODUCTION

La finance est à la société ce qu’est le système sanguin à l’être humain. Elle l’irrigue et assure son bon fonctionnement en y apportant les capitaux nécessaires. Ainsi, c’est grâce à elle que les entreprises peuvent investir, que les particuliers peuvent emprunter et consommer ou encore que les états financent certains projets. La finance est donc au cœur du fonctionnement global de la société et s’affirme comme un acteur majeur qui influe grandement sur la ligne directrice que prendra le monde dans le futur.

Cette influence ne date pas d’aujourd’hui. Au XVIIe siècle, des groupes religieux refusaient de financer certains projets, sans y intégrer une notion environnementale. Ces projets étaient avant tout des initiatives locales et il a fallu attendre 1972 pour observer une internationalisation du sujet avec l’organisation par les Nations Unies (ONU) du Sommet de la Terre à Stockholm où sont évoqués pour la première fois le réchauffement climatique et ses conséquences. En parallèle, des sociétés comme Pax World Fund, fondée en 1971 aux États-Unis, font leur apparition et proposent pour la première fois des investissements qui intègrent des principes environnementaux. Ce mouvement s’accélère et prend de l’ampleur durant toute la fin du XXe siècle. Néanmoins, ce n’est qu’en 2006 que l’ONU reconnait les principes d’un investissement responsable. C’est le début de la reconnaissance d’un Investissement Socialement Responsable (ISR) à l’échelle mondiale.

La finance verte, a proprement parlé, voit alors le jour. Ayant comme but de financer des projets ne portant pas atteinte à l’environnement et permettant le développement d’une économie durable, celle-ci commence à se faire une place dans les esprits. Les institutions s’emparent du sujet et la Banque Européenne d’Investissement (BEI) est la première, en 2007, à proposer une obligation labellisée verte. A une échelle plus large, la Banque mondiale commence elle aussi à s’y intéresser et décrit sur son site internet les débuts de son implication dans la finance verte « le service de la trésorerie de la Banque mondiale reçoit un appel téléphonique inattendu : un groupe de fonds de pension suédois souhaitait investir dans des projets respectueux du climat et ne savait pas comment repérer de telles initiatives. En revanche, ces investisseurs savaient vers qui se tourner et ils ont fait appel à la Banque mondiale pour les aider. Moins d’un an plus tard, la Banque émettait la toute première obligation verte et, ce faisant, créait une nouvelle façon de mettre les investisseurs en contact avec des projets de lutte contre le changement climatique. »

La finance mondiale a dû alors évoluer et s’adapter rapidement pour permettre de fournir au marché mondial une liquidité accrue, facilement compréhensible et fiable pour les investisseurs.

Quels sont les outils utilisés par le monde financier pour limiter le dérèglement climatique et pour favoriser la transition écologique ? Quelles sont les mesures mises en place pour contrôler et encadrer ce nouveau type de financement ? Comment assurer aux investisseurs que leurs placements financiers seront orientés de façon certaine vers des projets durables ?

 

La finance verte et ses outils

Les principaux outils de la finance verte sont les « green bonds », les obligations vertes. Ils sont construits autour de quatre objectifs environnementaux : la lutte contre le dérèglement climatique, la protection de la biodiversité, la réduction de la pollution de l’eau, de l’air et du sol et l’adaptation au changement climatique.

Au niveau international, la Banque mondiale émet chaque année 50 milliards d’obligations pour le développement durable. Au niveau français, l’Etat s’est positionné comme un pionnier dans l’émission de ce type d’obligation et a proposé en janvier 2017 une obligation souveraine verte (OAT), une obligation verte d’un montant de 7 milliards d’euros sur 22 ans. Les banques accompagnent elles aussi cette évolution. BNP Paribas, huitième banque mondiale par la quantité d’actifs gérés, figure en 2016 parmi les 3 premiers acteurs mondiaux du marché des obligations vertes. Conjointement à d’autres banques, elle s’est engagée pour 2 des 3 obligations vertes du groupe espagnol Iberdrola (leader mondial de l’énergie éolienne) pour un montant total de 1,75 milliards d’euros. Ces obligations ont permis de refinancer des fermes éoliennes terrestres en Espagne.

De nouveaux outils ont également été développés. En septembre 2019, ENEL (Ente Nazionale per l’Energia Elettrica), le principal producteur d’énergie électrique en Italie, émet le premier Eurobond Sustainability-Linked (les obligations indexées sur un objectif de développement durable) pour un montant de 1,5 milliards de dollars. Ce nouvel instrument – dont les caractéristiques peuvent varier, comme par exemple le taux d’intérêt, selon que l’émetteur atteint ou non des objectifs de développement durable – est basé sur cinq éléments : la sélection d’indicateurs clés de performance en matière environnementale, sociale et/ou de gouvernance, la calibration des objectifs de performance durable, l’impact sur les caractéristiques des obligations et le reporting : l’émetteur doit publier un reporting, au moins une fois par an et la vérification par un expert externe indépendant.

On observe aussi des outils financiers plus classiques et plus discutables comme le marché du carbone qui : « vise à allouer des ‘droits à polluer’ qui peuvent être échangés sur un marché. Ainsi les acteurs souhaitant polluer plus doivent acheter des droits supplémentaires, ce normalement devrait les inciter à diminuer leur émission de gaz à effet de serre ». D’autres instruments financiers ont été mis en place comme le Bonus-Malus écologique pour les voitures polluantes ou bien la taxe carbone qui vise à augmenter le cout des activités émettrices de gaz à effet de serre.

Tous ces outils permettent une meilleure liquidité et une attraction de plus en plus importante de la part des investisseurs. Dans les prochaines années, de nouveaux instruments financiers verts vont apparaître et il est dès à présent nécessaire de mettre en place un cadre strict et clair pour permettre aux investisseurs d’évoluer dans un environnement sécuritaire.

 

 

« Mesurer et contrôler » deux pratiques nécessaires

En quête de placements compétitifs, les investisseurs se tournent vers la finance verte. L’engouement pour ce mode de financement devient de plus en plus fort. Cependant, il serait contreproductif de voir apparaître un système financier vert où l’insécurité et le désordre soient présents. C’est la raison pour laquelle, les institutions bancaires et étatiques développent à marche forcée de nouvelles mesures pour encadrer, mesurer et contrôler cette finance dite « verte ».

Les moyens les plus répandus de mesurer l’impact sur l’environnement ou la société sont basés sur des critères « Environnement, Social et de Gouvernance » (ESG). Ces critères ESG ont pour but de mesurer l’impact de l’entreprise sur l’environnement, le niveau de sécurité dans l’entreprise ou encore la manière dont les sociétés sont gérées et ont donné naissance à l’ISR. L’Association française de la gestion financière (AFG) décrit l’ISR comme « un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d’activité. En influençant la gouvernance et le comportement des acteurs, l’ISR favorise une économie responsable ». Ainsi, par exemple, l’autorité des marchés financiers (AMF) classe la gestion ISR des fonds en trois catégories : significativement engagée, non significativement engagée et en dehors des standards ISR.

L’Europe a fortement favorisé les investissements respectueux de l’environnement. Elle veut en effet créer un standard européen pour permettre aux investisseurs, entreprises et institutions de trouver un cadre transparent et pour comparer efficacement les différents actifs. Très récemment, en mars 2021, une directive de transparence financière dite « disclosure » a été mise en place. Mario Nava, directeur des politiques horizontales à la commission européenne au sein de la Direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés de capitaux, a déclaré à propos de cette nouvelle mesure : « Afin de donner des indications claires aux investisseurs finaux sur les actions à réaliser pour atteindre des objectifs environnementaux, les gestionnaires de fonds vont devoir réaliser un reporting financier à travers les communications et les bilans annuels, et expliquer quelle part de leur chiffre d’affaire relève des investissements verts ou durables. Par ailleurs, dans le cadre du Green Deal, nous allons également renforcer les obligations de reporting extra-financier pour les grandes entreprises en révisant la directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive), ce qui servira à mieux évaluer l’impact de leurs investissements sur toutes les variables ESG ».

Cette nouvelle mesure est en lien direct avec un projet de la commission Européenne dit de « Taxonomie ». Ce projet a pour but de palier directement aux difficultés d’associer un caractère durable et vert à certains investissements. Développée par des acteurs publics mais aussi privés et associatifs, la taxonomie a pour objectif d’évaluer et de certifier les investissements « verts » pour établir une classification des activités économiques en créant un standard commun à toute l’Europe. La taxonomie définit une liste d’activités économiques (l’industrie, le transport, le bâtiment…) ainsi que le seuil de performance à atteindre par les entreprises vis-à-vis de six objectifs environnementaux : l’adaptation au changement climatique, l’atténuation du changement climatique, la transition vers une économie circulaire, la prévention de la pollution et contrôle, la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes et l’utilisation durable et protection de l’eau et des ressources.

Au niveau de la France, des initiatives pour contrôler et mesurer l’ISR sont aussi apparues. En 2015, la loi de transition énergétique a imposé que les investisseurs institutionnels soient transparents sur l’intégration des critères ESG dans leur stratégie d’investissement. Des labels comme le label ISR ou encore le label transition Energétique et Ecologique pour le Climat (TEEC) ont aussi été mis en place. Les entreprises doivent suivre un cahier des charges précis si elles souhaitent bénéficier d’un de ces labels.

 

Pour conclure

La mobilisation pour une finance verte est réelle. Encore méconnue du grand public, les institutions, les investisseurs, les banques ou encore les entreprises voient auprès de la finance verte un nouveau moyen d’investissement responsable sans pour autant renoncer à obtenir des rendements. Compte tenu de l’environnement actuel, l’ensemble des acteurs sera inévitablement emporté par la vague écologique qui pousse la société. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, entre 2021 et 2027, 1.000 milliards d’euros seront nécessaires à l’Union Européenne pour réussir sa transition bas-carbone pour atteindre la neutralité climatique. La finance verte est un sujet à prendre très au sérieux. C’est la raison pour laquelle ce secteur devra certainement être encadré et régulé pour éviter des pratiques trompeuses comme le « greenwashing » qui donne l’illusion d’une démarche écoresponsable assez éloignée de la réalité.

Néanmoins, malgré l’effervescence autour de ce sujet, certains pointent du doigt les limites, voire l’illusion d’une finance verte. Cette finance est-elle l’avenir d’une société plus respectueuse de l’environnement ? Peut-elle à elle seule soutenir le poids de ce défi auquel l’humanité est confrontée ? La finance verte n’est-elle pas en train de se fourvoyer, dans une démarche qui pourrait mettre en péril l’économie et notre société ?

Héroïne de la société mondiale ou pratique destructrice d’un système économique établi, la finance verte devra faire ses preuves et surmonter les différentes crises environnementales dans les années à venir.

 

D’un point de vue technique :

  • VEOLIA

Depuis la fin de l’année 2020, le titre Veolia évolue dans une nette dynamique haussière au sein d’un canal ascendant (ici en violet). À la suite de la forte correction de l’affaire Evergrande, les cours sont venus rebondir sur la borne basse de ce canal à 26,40€ qui correspond aussi à un overlap et notre point pivot (trait bleu). Le RSI a également atteint sa zone de survente à 30 avant de rebondir à son tour ce qui nous conforte dans notre scénario haussier. Nous nous positionnons donc à l’achat avec en ligne de mire un retour sur les 61,8 du retracement de Fibonacci à 28,62€ (premier trait vert) avant une poursuite vers les plus-hauts annuels à 30€ (second trait vert).

Scénario alternatif : la cassure de notre point pivot et la sortie par le bas du canal ascendant entraînerait une correction sur le titre avec un retour sur le support à 24,78€ (trait rouge).

 

  • ENEL

Depuis son point bas de mars 2020 suite à la crise du Covid, le titre Enel s’est rapidement repris pour atteindre ses niveaux d’avant-crise en juillet de la même année avant d’entamer une correction jusqu’à novembre 2020. Sur l’année 2021, le titre évoluait de manière latérale jusqu’au mois d’août avant d’entamer une nouvelle phase de correction. Les cours n’ayant pas réussi à dépasser la résistance des 8,09€ et évoluant sous les moyennes mobiles nous confortent dans notre scénario baissier. Nous nous positionnons donc à la vente avec en ligne de mire un retour sur l’overlap des 6,45€ (premier trait rouge) avant une possible accélération à la baisse en direction du support des 5,35€ (second trait rouge).

Scénario alternatif : la cassure de notre point pivot à 7,33€ entraineraît un retour des cours sur la résistance à 8,09€ (trait vert).

 

  • ENPHASE ENERGY

Depuis la fin de l’année 2017, le titre Enphase Energy Inc. évolue dans une nette dynamique haussière au sein d’un canal ascendant (ici en bleu) gagnant plus de 28%. À présent dans une phase de correction, les cours sont venus rebondir sur l’overlap à 112$ qui correspond aussi à notre point pivot (trait bleu). L’action se négocie désormais sur la borne basse du canal avec un RSI à 47 ce qui nous conforte dans notre scénario haussier. Nous nous positionnons donc à l’achat avec en ligne de mire un retour sur les 215,14$ qui correspond au plus haut historique de l’action (premier trait vert) avant une poursuite vers les 396$ en projection (second trait vert).

Scénario alternatif : la cassure de notre point pivot et la sortie par le bas du canal ascendant entraîneraient une correction sur le titre avec un retour sur le support à 60,20$ (trait rouge).

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher

QUELS SONT LES ENJEUX DES PROCHAINES ELECTIONS ALLEMANDES ?

Sur fond de crise sanitaire, de changement climatique, de relance économique, de contrôle des flux migratoires, de réaffirmation de l’Europe et des enjeux sociaux-démographiques, s’organiseront les prochaines élections allemandes. Dans ce scénario incertain, le prochain chancelier devra redonner un cap clair et net pour répondre aux futurs enjeux de l’Allemagne.

 

INTRODUCTION

Le 26 septembre prochain, les habitants de la première puissance économique européenne vont élire les députés au Bundestag et par conséquent et indirectement le chancelier fédéral d’Allemagne. Après plus de 15 années au pouvoir, la chancelière actuelle, Angela Merkel, a pris la décision de ne pas se représenter. Née à Hambourg, physicienne de formation, ministre des femmes et de la jeunesse puis de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire, elle devient chancelière fédérale d’Allemagne en 2005. Elle est alors la première femme à accéder à ce poste et va devenir au fil des ans une figure marquante et emblématique de l’histoire allemande. Sa réussite face à la crise financière et de la dette de la zone euro, son annonce de la fin du nucléaire pour la nation, sa négociation d’un cessez-le-feu en Ukraine en 2015 ou encore sa décision d’ouvrir les frontières à plus d’un million de migrants ont montré qu’elle possédait des qualités politiques indéniables.

Quatrième puissance économique mondiale, des industries automobile, électrique, mécanique et chimique extrêmement performantes, un taux élevé (le troisième mondial) d’exportation, une économie considérée comme la plus mondialisée des États du G7 fait, entre autres, de l’Allemagne un pays influent et puissant. L’ensemble de ces raisons expliquent pourquoi le monde va observer de près les prochaines élections.

La crise sanitaire actuelle, les nombreux enjeux et les lourdes responsabilités futures rendent les résultats de ces élections très difficilement prévisibles. La ligne directrice que prendra l’Allemagne pour ces prochaines années aura un impact certain sur l’Europe mais aussi, dans une moindre mesure, sur le monde.

Quels sont les enjeux des prochaines élections allemandes de septembre ? Qui semble pouvoir succéder à l’ère Merkel ? Quels sont les potentiels impacts de ces élections sur l’Europe et le monde ?

L’objet de cet article sera de présenter le paysage politique allemand et d’observer les questions post-merkéliennes.

 

  1. UN PEU DE POLITIQUE ALLEMANDE

Avant d’expliquer les enjeux des prochaines élections en Allemagne, il semble intéressant de comprendre son système politique. L’Allemagne est en effet une république fédérale composée de 16 Landers, équivalents des régions en France, mais détenant plus de pouvoir et d’autonomie, qui suit un système de démocratie parlementaire. On distingue le pouvoir judiciaire, législatif et exécutif. Les prochaines élections concernent ces deux derniers.

Le pouvoir législatif est principalement représenté par le Bundestag (assemblée parlementaire) mais aussi dans une moindre mesure par le Bundesrat (conseil fédéral des Landers).

Le Bundestag est composé au moins de 598 députés élus pour 4 ans. Ce sont les députés qui vont élire le Chancelier, voter les lois, ratifier les traités… Néanmoins une grande partie des compétences législatives dépend aussi directement des Landers.

Ensuite, le pouvoir exécutif est représenté par deux personnalités, le chef de l’Etat et le chancelier. Le chef de l’Etat ou président fédéral est élu pour 5 ans, par le Bundestag et le Bundesrat. Il a en réalité un rôle de représentation de l’Etat allemand avec très peu de pouvoir. Élu par le Bundestag, le chancelier, quant à lui, exerce l’essentiel du pouvoir exécutif. Il n’existe pas de limite de mandat pour celui-ci.

Les élections de septembre, vont permettre aux allemands d’élire les députés au Bundestag et indirectement leur chancelier. Quelles sont les prévisions électorales pour cet évènement politique ? Comment s’organise le paysage politique Allemand ?

Comme en France, il existe différents partis politiques en Allemagne. Pour les prochaines élections, 5 partis sont majoritaires :

  • L’union chrétienne-démocrate (CDU).
  • Le parti social-démocrate (SPD).
  • L’union sociale (CSU).
  • L’alternative pour l’Allemagne (AFD).
  • L’alliance 90 (les Verts).

Ces partis vont devoir créer ce qu’on appelle des coalitions pour pouvoir espérer faire élire leur candidat au poste de chancelier. Quelles sont les coalitions possibles, leur candidat au poste de chancelier, et leur relative probabilité d’être élu ?

Il est encore difficile de faire des prévisions sur les prochaines élections, tant l’opinion publique semble partagée. D’après les derniers sondages réalisés fin juillet la coalition centre droit CDU-CSU se retrouve à la première place avec 27 à 30% des voix (source : Le Monde). Malgré son avance, elle pourrait perdre des points au vu des circonstances actuelles. Dernier incident en date, le fou-rire du candidat de la CDU en pleine cérémonie en hommage aux victimes des inondations. La SPD se retrouve aussi dans la tourmente. Ce parti ne représente que 15 à 17% des voix selon les sondages,

Malgré un candidat déjà désigné de longue date, Olaf Scholz, avec un programme politique clair (source : robert-schuman.eu). Une dernière possibilité crédible pourrait être l’arrivée des Verts à la chancellerie, avec 20% d’intention de vote. Les inondations de juillet dernier ont plaidé en leur faveur et leur ont permis de gagner quelques points dans les sondages. Leur candidat à la chancellerie serait Annalena Baerbock, femme politique moderne qui pourrait naturellement succéder à Angela Merkel.

Une fois les élections au Bundestag passées, il faudra néanmoins attendre la formation des coalitions entre les différents partis qui sera déterminante pour la désignation du chancelier.

 

  1. L’ALLEMAGNE DE DEMAIN

En 1989, le mur de Berlin tombe. Le pays est affaibli, tourne au ralenti, le taux de chômage est élevé, la croissance économique est faible. Un plan pour une réforme profonde est alors demandé en 2003, « l’agenda 2010 » est présenté au Bundestag. Ce plan est centré sur l’économie, la sécurité sociale et l’internationalisation de l’Allemagne. Il a permis au pays de redevenir une économie puissante et compétitive. Néanmoins, de nombreux chocs mondiaux viennent ternir l’évolution exemplaire de l’Allemagne. La crise financière de l’euro, la guerre de l’Ukraine, la crise des réfugiés, l’élection de Trump, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la pandémie du Sars-Cov2, la montée en puissance du système économique chinois ont durant ces dernières années grandement bouleversé le système économique, social et politique allemand. Les enjeux pour le futur sont nombreux, complexes et délicats.

Tout d’abord au niveau européen. L’Allemagne est indéniablement le partenaire historique le plus important. Elle compte 83 millions d’habitants, avec un PIB de 3.449 milliards d’euros en 2019 et contribue de façon importante au budget de l’Union Européenne (19% du budget total). L’intérêt de l’Allemagne est de maintenir une Europe forte et soudée. Angela Merkel a déclaré : « Il est de l’intérêt de l’Allemagne que nous ayons un marché unique fort, que l’Union européenne devienne de plus en plus unie et qu’elle ne s’effondre pas. Ce qui est bon pour l’Europe était et demeure bon pour nous. »

Au niveau économique, l’Allemagne va devoir composer avec plusieurs objectifs. Elle compte trois grands secteurs économiques : le secteur agricole, le secteur industriel et le secteur des services. Le premier ne représente que 0,8% du PIB (source : Banque mondiale, 2019). Un article de l’agence AD’OCC écrit : « l’Allemagne a déclaré que l’industrie agricole et alimentaire était un secteur d’importance systémique et le gouvernement a lancé un programme d’aide à la liquidité et un programme de garantie de crédit pour les entreprises ». La crise sanitaire a en effet grandement affaibli ce secteur et il faudra dans les années à venir pouvoir maintenir les aides gouvernementales.

Le second secteur, l’industrie, représente 26,8% du PIB. L’industrie automobile y demeure la plus importante, mais l’Allemagne est aussi présente dans l’industrie mécanique, électrique et électronique, chimique et pharmaceutique. Ce secteur va devoir faire face à la montée en puissance de l’Empire du milieu. Aujourd’hui, la mondialisation fragilise son industrie, bien que celle-ci lui a permis de devenir puissante et performante (en 2019 l’Allemagne a exporté près de 100 milliards d’euros vers la Chine). La croissance chinoise va ralentir dans les prochaines années et les produits exportés par l’Allemagne pourraient diminuer. Des entreprises spécialisées, comme Huawei, ont fait leur apparition et veulent maintenant s’introduire sur le marché européen. Les industries allemandes, en particulier celle de l’automobile, vont devoir plus que jamais garder leur image de qualité premium et ne pas manquer la transition vers les voitures vertes et autonomes.

Pour finir, le secteur des services représente la plus grosse part du PIB avec 67,4%. Ce secteur qui apporte beaucoup de valeur ajoutée à l’industrie doit rester performant. Angel Gurria, président de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE) a déclaré : « Vous devez investir dans les services, améliorer la qualification des gens dans les services, sinon le succès de l’industrie va s’affaiblir, parce que vous n’aurez pas le même niveau de productivité dans les deux domaines ».

L’Allemagne va devoir faire face à l’accélération de la mise en place des nouvelles technologies. Son adaptation va devoir se produire de manière brusque et rapide. L’institut Montaigne écrit dans un article : « Les progrès très rapides de l’intelligence artificielle, le caractère ouvert des nouvelles technologique (accessibles en ligne), les nouveaux modes de financement comme le crowdfunding ou les crypto-devises, favorisent principalement l’émergence d’entrepreneurs individuels ou de petites entreprises visant un marché mondial, et susceptibles de devenir des géants mondiaux. Ces évolutions semblent entrer en contradiction avec le pouvoir syndical ou la structure des grands Konzerns ». Les Konzerns étant un terme utilisé en Allemagne pour désigner un groupe d’entreprise, indépendante mais liées entre elles par des participations financières. Ainsi le modèle social et économique doit évoluer pour faire face aux conditions imposées par ces nouvelles technologies.

Le nouveau chancelier devra également répondre à d’autres défis, l’Allemagne se trouvant dans une situation démographique dégradée, et devra possiblement continuer à ouvrir ses portes à une immigration soutenue pour palier à une baisse de la population et limiter son vieillissement.

La construction du gazoduc Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie est également un point important. L’enjeu est de taille, avec d’un côté les occidentaux et de l’autre le Kremlin qui veulent chacun protéger leurs intérêts propres. La dimension géopolitique est réelle puisque l’Allemagne veut diversifier son approvisionnement en gaz, mais fait face aux intérêts diplomatiques et économiques des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie. Le marché du gaz en Europe apparaît en effet particulièrement intéressant pour les États-Unis qui présentent un excédent de production. Le candidat de la CDU, Armin Laschet souhaite à l’avenir que le gazoduc soit terminé et que l’Allemagne puisse s’approvisionner auprès de la Russie.

Par ailleurs, il reste bien entendu la question de l’urgence climatique. Annalena Baerbock, la candidate du parti écologiste, reste la favorite pour mettre en place des réformes fortes et rapides dans ce domaine. Avec les inondations de juillet, l’enjeu climatique est devenu central dans la campagne pour la succession d’Angela Merkel. Les candidats à la chancellerie devront intégrer dans leur programme une part importante sur le changement climatique et y apporter des réponses, sans quoi leurs chances d’être élus pourront être compromises.

 

POUR CONCLURE

Ces élections sont les plus importantes depuis la chute du mur de Berlin. Les dossiers brûlants auxquels le/la futur(e) chancelier(ère) devra répondre sont nombreux. La stabilité économique, politique et sociale de l’Allemagne est plus que jamais fragile. Trois candidats sont en lice pour succéder à Angela Merkel : Armin Laschet du CDU (centre droit), Olaf Scholz du SPD (centre gauche) et pour finir Annalena Baerbock d’Alliance 90 (écologie).

  • Le premier, qui semble être le favori avec 28% des intentions de votes, est un européen convaincu, défenseur d’une politique d’accueil et d’intégration. Il suivra vraisemblablement la logique centriste d’Angela Merkel.
  • La deuxième favorite, Annalena Baerbock, avec 20% des intentions de votes, moderniserait l’Allemagne sur le plan climatique et énergétique en régulant de manière forte la sphère économique.
  • Pour finir, en troisième position, Olaf Scholz, avec 19% des intentions de votes, est centré sur un programme de gauche, avec pour projets l’augmentation des impôts sur les plus aisés et des allocations familiales. Lui et son parti prônent : « le respect, l’avenir et l’Europe ».

En l’Europe, mais également dans le monde, ces élections seront importantes et déterminantes pour la suite des évènements économiques, démographiques et géopolitiques.

 

D’un point de vue technique :

Après avoir été le seul indice majeur européen à avoir clôturé en territoire en positif sur le difficile exercice 2020, le Dax, semble avoir délégué son rôle de leader à ses homologues, et confirme à nouveau ses velléités haussières avec une nouvelle semaine positive. Aussi, après validation du repli initial limité par les 15.000 points et tant que notre nouveau point pivot situé sur les 14.300 points ne sera pas nettement enfoncé, une accélération vers les 17.500 points (pullback du canal de LT initié en mars 2009), puis jusqu’aux 18.970 en extension reste privilégiée. Alternativement, sous le seuil clé des 14.300 points, une reprise de la correction vers le seuil des 13.000 points sera attendue dans un premier temps.

 

 

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Réalisé par Alix Delage-Mourroux, avec l’aide de Marc Dagher

Projet d’un Euro numérique pour la BCE : ou quand la cryptomonnaie devient incontournable

Face à la dématérialisation croissante des paiements et la multiplication des monnaies virtuelles les banques centrales se lancent à leur tour dans la création de ses nouvelles technologies numériques très en vogue. Depuis déjà plusieurs années, l’euro numérique est à l’ordre du jour. Désormais, le lancement du projet est officiel. Face à la montée des cryptomonnaies qui ont en effet le vent en poupe, la BCE va mettre en place sa propre monnaie numérique à une époque où l’usage des espèces est en mutation par rapport aux paiements électroniques.

 

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, mercredi 14 juillet, le début d’un projet pilote de deux ans en vue d’introduire un Euro numérique. Ce projet pilote aboutirait à l’instauration d’une monnaie numérique au milieu de la décennie.

« La prochaine étape va durer 24 mois et a pour objectif de travailler sur les caractéristiques et sur la distribution de cette monnaie digitale », a annoncé le rapport de la BCE. « Notre objectif est d’être prêt au bout de ces deux ans pour commencer à développer un euro numérique, ce qui pourrait prendre environ trois ans », a déclaré ce mercredi Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE. L’Euro numérique aboutirait donc à un lancement effectif autour de 2025/26.

 

Pourquoi un euro numérique ?

La digitalisation a envahi tous les aspects de notre quotidien et a transformé nos modes de paiement. Les paiements sont en train de vivre une transition radicale et les Banques centrales ont un rôle majeur à jouer dans ce processus. « Un euro numérique serait un symbole de progrès et d’intégration européenne. », a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, lors de la présentation du rapport sur l’euro numérique.

Dans cette nouvelle ère, un euro numérique garantirait aux citoyens de la zone euro d’avoir un accès gratuit à des modes de paiement simples, universellement acceptés et sécurisés. De surcroit, il soutiendrait la numérisation de l’économie européenne et encouragerait l’innovation dans les paiements. « Un euro numérique combinerait l’efficacité d’un instrument de paiement digital et la sécurité d’une monnaie de Banque centrale » a annoncé le site de la BCE.

Christine Lagarde, présidente de la BCE, est enthousiaste quant à la création d’une monnaie virtuelle issue de la Banque centrale. La BCE a averti qu’échouer à en créer une pourrait compromettre l’autonomie monétaire du bloc en tant que prestataire de paiement et laisserait trop de place aux géants étrangers de la Tech. « La monnaie de banque centrale resterait au cœur du système de paiement, renforçant l’autonomie de l’Europe à l’ère de la monnaie numérique », a déclaré M. Panetta.

Si la BCE finit par adopter une monnaie numérique, elle suivra probablement les traces de la Chine, où des essais ont commencé dans plusieurs villes. Les îles des Caraïbes orientales ont déjà lancé leur propre version. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d’Angleterre (BoE) étudient les possibilités pour leurs économies respectives.

Les différents stades de développement des banques centrales vis-à-vis du développement des monnaies numériques

 

Les recherches et les remarques officielles décrivent cet euro numérique comme un système de paiement rapide, facile à utiliser et sûr. Pour Christine Lagarde, ayant déjà critiqué les cryptoactifs privés, ce système offrirait également une alternative au Bitcoin et à ses homologues.

« Cela fait neuf mois que nous avons publié notre rapport sur un euro numérique. Au cours de cette période, nous avons effectué des analyses plus poussées, sollicité la contribution des citoyens et des professionnels et mené quelques expériences, avec des résultats encourageants », a déclaré Madame Lagarde dans un communiqué. « Tout cela nous a amené à décider de passer à la vitesse supérieure et de lancer un projet pilote d’euro numérique. », a-t-elle ajouté.

La BCE a déclaré sur son site que l’euro numérique sera « l’équivalent des billets en euros, mais sous forme dématérialisée ». Cette forme de monnaie électronique serait émise par l’Eurosystème et accessible à tous, ménages comme entreprises. L’euro numérique ne va pas remplacer les billets et les pièces. « Un euro numérique existerait parallèlement aux espèces, sans les remplacer. L’Eurosystème veillera à ce que vous disposiez toujours de billets et pièces, dans l’ensemble de la zone euro. » a été mentionné sur le site de la BCE.

 

Quelle est la prochaine étape ?

Une fois la phase d’investigation qui va durer deux ans et au cours de laquelle seront déterminés les caractéristiques et les canaux de distribution de la monnaie virtuelle achevée, la Banque va décider d’entamer, ou non, la mise en place d’un euro numérique. Les travaux expérimentaux réalisés jusqu’à présent ont prouvé qu’il n’existait pas de restrictions technologiques majeurs à l’émission d’un euro numérique.

Les experts de l’Eurosystème ont défini un certain nombre d’exigences fondamentales pour un euro numérique, telles que la facilité d’accès, la robustesse, la sécurité, l’efficacité, la confidentialité et la conformité à la loi. Ces critères aideront la BCE à définir ce à quoi pourrait ressembler un euro numérique.

 

Quel intérêt pour les consommateurs ?

« Pour les consommateurs, cela assure que chacun ait un compte bancaire directement auprès de la BCE » explique Ano Kuhanathan, économiste à l’Institut Rousseau, ajoutant que « la réduction des frais de transaction est un bénéfice évident pour les entreprises ».

L’euro numérique va donc permettre aux ménages et aux entreprises de déposer directement cette monnaie sur un compte créé au sein de banques commerciales ou d’autres acteurs financiers régulés. Cet argent sera protégé contre tout risque de perte. « Le but de nos travaux est de veiller à ce qu’à l’ère numérique, les ménages et les entreprises aient toujours accès à la forme de monnaie la plus sûre : la monnaie de Banque centrale. » a affirmé Christine Lagarde.

La récente consultation de la BCE sur l’euro numérique auprès des consommateurs a révélé que leur plus grande inquiétude était que ces transactions portent atteinte à leur vie privée. M. Panetta a répondu à cela que l’institution avait testé des moyens permettant la séparation de l’identité des personnes des détails de leur paiement.

« Le paiement sera effectué, mais personne dans la chaîne de paiement n’aura accès à toutes les informations », a-t-il déclaré. « Si la Banque centrale s’implique dans les paiements numériques, la vie privée sera mieux protégée… car nous ne sommes pas comme les entreprises privées… nous n’avons aucun intérêt commercial à stocker, gérer ou monétiser les données des utilisateurs », a-t-il ajouté.

L’euro numérique est-il un cryptoactif ?

Non. Les cryptoactifs sont fondamentalement différents de la monnaie de Banque centrale. Leurs prix sont souvent volatiles, ceci complique leur utilisation comme moyen de paiement. De plus, il n’y a aucune institution publique qui les soutient.

En revanche, l’euro numérique pourrait avoir le même système de sécurité et de confiance que les billets et les pièces de monnaie puisqu’il serait lui aussi soutenu par la Banque centrale.

 

Alternative blockchain

Les monnaies numériques des Banques centrales sont inspirées par l’essor des cryptoactifs, elles ne fonctionnent toutefois pas sous la même technologie. La BCE s’inquiète du fait que les technologies des registres distribués (DLT : Distributed Ledger Technology), comme la blockchain, reposent sur un processus de vérification décentralisé qui compromettrait la supervision et le contrôle.

La Banque centrale dispose d’un autre système appelé TARGET Instant Payment Settlement ou TIPS qu’elle a lancé en 2018 et qui serait plus adéquat. Elle pourrait aussi envisager un système hybride fonctionnant à la fois sous TIPS et sous DLT.

Les expériences ont montré que les deux systèmes pourraient être mis à l’échelle pour traiter les quelques 300 milliards de transactions de détail effectuées chaque année dans la zone euro, a déclaré la BCE mercredi.

 

Angoisse bancaire

Les banques commerciales s’inquiètent des conséquences de cette innovation sur leurs activités. Le principal risque est la fuite des épargnants vers cette nouvelle forme de monnaie, soit en période de crises ou pour éviter les frais d’un compte de dépôt classique. Ceci pourrait fragiliser les banques de la zone euro.

Pour minimiser ce risque, Fabio Panetta a suggéré soit d’instaurer un plafond de 3.000 euros numériques, ou alors l’application de taux d’intérêts négatifs sur les montants dépassant ce seuil.

Les banques traditionnelles auront cependant beaucoup à faire. Bien que la BCE compte prendre en charge l’infrastructure technologique et la supervision, elle ne veut pas avoir affaire directement avec les centaines de millions d’utilisateurs. Elle a signalé avoir une préférence que l’accès à l’euro digital soit proposé par des intermédiaires.

 

Plus propre et plus vert

La BCE a annoncé ce mercredi 14 juillet que jusqu’à présent les expériences ont montré que l’euro digital serait plus écologiquement responsable et utiliserait une quantité d’énergie « négligeable » par rapport aux cryptoactifs comme le Bitcoin.

A savoir que la monnaie traditionnelle nécessite aussi une quantité d’énergie plutôt conséquente : le cuir et l’étain pour les pièces de monnaie, les combustibles fossiles pour le transport et l’électricité pour les distributeurs automatiques de billets. Une étude réalisée en 2018 par la Banque centrale néerlandaise a montré que l’énergie consommée pour permettre un achat typique avec des billets et des pièces allumerait une ampoule de 8 watts pendant deux heures. Pour une transaction par carte de débit, cela tombe à 90 minutes.

 

Politique monétaire

Le rapport de l’année dernière de la BCE explique qu’un euro numérique serait un « puissant instrument » et que son rôle « se matérialiserait dans le futur ».

Il permettrait de lever certains des obstacles à une réduction des taux d’intérêts au-dessous de zéro pour stimuler l’économie. Il pourrait aussi faciliter l’implémentation de la « monnaie hélicoptère » (le fameux QE, ou « Quantitative Easing ») – transférer directement de la masse monétaire aux consommateurs pour booster la consommation-.

 

 

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Réalisé par Yasmine Belmokhtar, avec l’aide de Marc Dagher

Faut-il annuler la dette COVID ?

La question divise. Les avis divergent. Un débat complexe, sans étiquette politique, qui mêle grandes institutions financières, dirigeants nationaux et experts dans le domaine : l’annulation de la « dette Covid ». Cette question qui a vu le jour, avec l’explosion dans tous les pays du monde de la dette publique due à une crise sanitaire sans précédent, remet en cause le principe même du fonctionnement de ladite dette. Ce débat n’est apparu que récemment. Cependant, annuler la dette publique des états membres de l’Union européenne, détenue par la Banque centrale européenne (BCE), serait un processus totalement nouveau et personne ne sait si les conséquences seraient bénéfiques ou dangereuses pour l’équilibre financier et économique.

 

  1. INTRODUCTION

Le principe de la dette remonte avant même l’invention de l’écriture. Cependant, celle-ci fait son apparition, telle qu’on la connaît aujourd’hui, durant l’ère mésopotamienne. Les Cités-Etats de l’époque géraient des temples religieux colossaux qui faisaient fonctionner une grande partie de l’économie. Les sujets, s’ils avaient des besoins pécuniers, devaient se présenter devant ces organisations et alors s’acquitter d’une dette et des intérêts équivalents. Malheureusement, de nombreux paysans, artisans, etc. qui se voyaient dans l’impossibilité de rembourser leurs dettes, quittaient leurs maisons par peur d’être réduits en esclavage et rejoignaient des communautés recluses. Ainsi, pour contrer ce phénomène, les rois annonçaient des amnisties générales concernant leurs dettes. En plus de révéler les prémices du principe de la dette, cette époque nous montre que le mécanisme financier actuellement débattu avait sa place et permettait l’ordre social et une prospérité économique.

Depuis donc la naissance du mécanisme de la dette, l’histoire a vu de nombreux exemples d’annulation de dette. Pour quelles raisons cette question fait-elle alors son apparition aujourd’hui ? La crise sanitaire sans précédent a poussé de nombreux Etats à emprunter pour faire face aux dépenses publiques. La BCE, pour soutenir l’économie, a racheté aux investisseurs privés leurs titres de dettes en émettant de la monnaie. Ce programme, appelé Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) a permis de soutenir l’économie de la zone euro. Actuellement, la BCE détient 25% de toutes les dettes publiques nationales de la zone euro, soit 2.500 milliards d’euros.

Comment fonctionne la dette ? Quels sont les arguments pour ? Les arguments contre ? Le débat a-t-il une issue ? C’est l’objet de la suite de notre article.

 

  1. COMMENT FONCTIONNE LA DETTE PUBLIQUE ?

Tous les ans, l’Etat prévoit les dépenses publiques ainsi que les recettes sur lesquelles il peut compter. Il en découle un budget qu’il tente tant bien que mal de tenir. Seulement, lorsque l’Etat dépense plus que ses recettes, son budget devient déficitaire. Il lui manque donc de l’argent. Comment fait-il alors ? Une solution : l’emprunt. Sa dette se forme alors et les intérêts font leur apparition.

Mais à qui l’Etat peut-il emprunter ? Pendant longtemps, celui-ci se dirigeait vers les banques centrales ou des institutions financières… Seulement, cette solution n’est plus d’actualité. En se finançant de cette sorte en effet, il y a un risque d’inflation et donc de perte de pouvoir d’achat.

Des nouvelles manières de financement ont vu leur apparition : les financements grâce aux marchés. Un nouveau titre voit le jour : le bon de trésor. Celui-ci permet à un investisseur privé d’acheter un coupon avec un taux d’intérêt fixé. L’Etat reçoit l’argent et l’investisseur les intérêts versés par celui-ci.

« UNE DETTE RECORD DE 2700 MILLIARDS D’EUROS POUR LA FRANCE »

La BCE, lors de la crise sanitaire, a dû mettre en place certaines mesures. Parmi ces mesures, le PEPP (cité précédemment). La dette publique est détenue par des investisseurs privés. La BCE, plus précisément l’Eurosystème, rachète une partie de ces titres durant la crise. Pour 750 milliards début 2020, plus 600 milliards le 4 juin 2020 et pour finir 500 milliards le 10 décembre 2020. Ce programme a permis de faciliter le financement d’une multitude d’agents économiques et donc, par un effet de ruissellement, le fonctionnement local de l’économie. Il faut tout de même savoir que le rachat de titres de dette par la BCE ou les banques centrales nationales n’est pas nouveau. Cela existe depuis 2015. Au total, il y a eu plus de 3.245 milliards d’euros d’emprunts sur la zone euro.

A quel niveau se situe la dette française ? Actuellement, la France détient une dette de 2.700 milliards d’euros. Cette dette atteint un seuil record qui correspond à 116,4% du produit intérieur brut (PIB). A titre de comparaison, la dette de l’Italie est de 155,8% du PIB et celle du Royaume Uni est de 103,66% du PIB.

Evolution de la dette publique en France en pourcentage du PIB entre 1995 et 2020.

 

  1. LE POUR ET LE CONTRE DE L’ANNULATION

Avant d’observer les arguments qui sont en faveur ou ceux contre l’annulation de la dette, essayons de comprendre pourquoi il y a un intérêt à l’annuler. La dette Covid est donc détenue, en partie, par la BCE. Mais à qui appartient cette institution européenne ? Tout simplement aux différentes banques centrales de chaque pays de l’Union européenne. En effet, ces banques sont en quelque sorte des actionnaires et possèdent une part du capital de la BCE. La contribution des banques centrales nationales dépend de la population et de l’économie de chaque pays et se voit éventuellement modifiée tous les cinq ans.

Par conséquent, la dette détenue par la BCE appartient aux différents États de l’Union européenne. Evolution de la dette publique en France en pourcentage du PIB entre 1995 et 2020.

Annuler la dette Covid reviendrait à effacer notre propre dû, une opération blanche en quelque sorte. En effet, la BCE ne craint pas de perdre son argent et peut décider d’effacer les dettes des pays membres. Cette action viendrait conjointement avec un accord commun des Etats membres qui s’engageraient par exemple à investir dans la transition écologique. Ainsi, cela reviendrait à gommer des chiffres inscrits sur une feuille, assouplir le poids de la dette nationale respectif et utiliser cet argent pour des investissements environnementaux et écologiques. La cheffe économiste de Trésor Agnés Bénassy-Quéré dans le Parisien expliquait « les partisans de l’annulation expliquent que la Banque de France peut faire des pertes, cela n’a pas d’importance car elle ne fera pas faillite. »

Rembourser la dette serait soi-disant insurmontable pour les pays membres. Dans une tribune au monde, 150 économistes, expliquent « si nous rembourserons cette somme nous devrons la trouver ailleurs ». Une dette colossale qui serait un frein à la reprise de la croissance. Selon ces mêmes économistes, pour rembourser, les Etats seraient contraints d’augmenter les impôts ou de diminuer les dépenses publiques. Deux décisions qui pourraient poser des problèmes sociaux et économiques pour l’ensemble des agents économiques.

Seulement, pour d’autres économistes, la situation financière actuelle dont bénéficient les Etats est exceptionnellement favorable. En effet, les taux d’intérêt sont bas, voire négatifs. L’argent est en quelque sorte gratuit. Le poids de la dette, les remboursements annuels seraient moins importants, pour les Etats, que les années précédentes. Néanmoins, il reste judicieux de prendre en compte que ces taux d’intérêt historiquement bas sont passagers et peuvent finir par remonter. Dans ce cas, les futures politiques budgétaires devront être façonnées dans le seul but de « rembourser ».

Il est interdit d’annuler la dette. Christine Lagarde, présidente de la BCE déclarait le 7 février dernier : « l’annulation de la dette Covid est inenvisageable et ce serait une violation du traité européen, qui interdit strictement le financement monétaire des Etats ». Modifier le traité européen serait un processus lourd et fastidieux. L’ensemble des pays de l’Union européenne doit participer.

Dans l’autre camp, on joue sur la formulation de l’annulation de la dette dans le traité. L’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées banques centrales nationales, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions… […] ». Cependant, il n’est pas évoqué le cas d’une possible annulation de la dette. Selon plusieurs économistes, il serait temps d’ouvrir de nouvelles possibilités adaptées aux conditions actuelles. Revoir les traités, avec l’accord des pays membres, permettrait de mettre en place des mesures économiques et financières efficaces sur le long terme.

L’annulation de la dette, une cause possible d’un dérèglement général de l’économie. Pour les opposants à la mesure, l’annulation de la dette pourrait aboutir à une inflation incontrôlée. L’Argentine en 2020, avait pour la neuvième fois de son histoire été incapable d’honorer une échéance de prêt. En 2001, avec un défaut historique, le pays a connu une crise sociale et économique sans précédent. En 2020, l’inflation y était de 31,1% selon le Figaro contre 0,5% en France. Si un tel cas se produisait, la BCE serait obligée de modifier la trajectoire de sa politique monétaire et d’augmenter les taux d’intérêt. Un sujet surveillé comme le lait sur le feu par les Etats et les investisseurs privés.

Ensuite, cette annulation entacherait la réputation de la BCE et des pays membres de l’Union européenne. La confiance des investisseurs s’en verrait gravement amoindri. Le risque des titres obligataires serait considéré plus important et donc une prime de risque plus conséquente serait demandée, ce qui provoquerait la fuite de nombreux investisseurs.

Pour les partisans de l’annulation de la dette, il n’y aurait pas de risque d’inflation. Celle-ci a disparu, la liquidité mondiale est énorme et le risque de déflation serait plus probable que celui de l’inflation. L’annulation de la dette ne serait pas un vecteur de création monétaire mais seulement une pérennisation.

Ensuite, le principe moralisateur qu’une « dette se doit d’être remboursée » n’est pas applicable dans le cas de la BCE. Celle-ci n’est exigible par personne et ne met en défaut aucun épargnant. Il apparaîtrait que cette annulation pourrait ramener de la confiance envers les Etats car leur solvabilité se verrait améliorée. Les investisseurs pourraient possiblement prendre cette mesure comme bénéfique pour l’économie et participer au développement de celle-ci.

 

  1. POUR CONCLURE

Annuler la dette covid ou non ? La question semble en suspens. Les élections présidentielles prochaines en Allemagne et en France seront déterminantes pour la décision d’une hypothétique annulation. Celle-ci est réellement considérée car la gravité de la situation économique pourrait imposer à la BCE d’intervenir au-delà de ses règlements. Il semble nécessaire d’encadrer et de rendre transparentes toutes démarches financières pour éviter des conséquences indésirables. Une telle décision aurait des impacts futurs conséquents sur la société. Elle permettrait de remettre en cause un système financier global et ouvrir les portes à de nouvelles mesures. Selon le journal la Tribune, l’annulation de la dette « allégerait la charge de remboursement des générations futures. Elle atténuerait la vulnérabilité de nos économies à des chocs à venir probables. Elle aiderait à préserver le tissu économique, à endiguer la pauvreté, à restaurer la cohésion sociale et à consolider la démocratie. »

 

Impact du Covid sur Accor, Air France-KLM, le Cac et le Nasdaq

  • Accor

Le groupe hôtelier français a été fortement impacté par la pandémie puisqu’il a dû fermer une grande partie de ses hôtels dans le monde pendant plusieurs mois. Accor a perdu -46,38% en février-mars, au pic de la crise du Covid-19 lorsque le groupe n’avait pratiquement aucune rentrée de chiffre d’affaires en raison de la fermeture de ses établissements. Sur le long terme, le secteur de l’hôtellerie va redémarrer cependant une nouvelle vague toucherait gravement Accor.

 

  • Air France-KLM

La compagnie aérienne française, comme toutes les entreprises liées au secteur du tourisme, a été fortement impactée par la Covid. En effet, entre février et mars 2020, le cours de bourse a chuté de 61,98% et a continué de baisser pour atteindre son plus bas historique en novembre 2020 à 2,61€. Selon des experts, le “retour à la normale” du trafic aérien n’aura pas lieu avant 2024.

 

  • Cac 40

Après avoir perdu 40,56% au pic de la pandémie, le baromètre de la place parisienne a comblé le gap Covid au cours d’avril 2021. Tiré par un secteur du luxe qui n’a pas connu la crise et qui a atteint des sommets historiques, le Cac 40 a été dopé depuis l’impact Covid. L’indice de référence de la Bourse de Paris est même le second indice majeur international le plus performant en ce début d’année, derrière l’AEX néerlandais.

 

  • Nasdaq 100

Comme nous l’avons vu dans un précédent article, le secteur technologique a été moindrement impacté par la crise du Covid et a même su en tirer profit comme en témoigne le graphique ci-dessus. En effet, le Nasdaq 100, indice de référence technologique américain, a perdu 30,45% entre février et mars 2020 mais a retrouvé très rapidement ses niveaux d’avant crise avant de largement les dépasser, porté notamment par ses cinq valeurs phares que sont les GAFAM.

 

 

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Réalisé par Alix Delage, avec l’aide de Marc Dagher

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