Au nord du Chili, dans le désert d’Atacama, le soleil irradie le paysage aride à des kilomètres à la ronde. Certains lieux n’ont pas reçu, depuis plus de cinquante ans, une seule goutte d’eau provenant du ciel. Posé là, à 2.800 mètres d’altitude, se tient un immense complexe industriel, le plus important dans son genre : la mine de cuivre de Chuquicamata. A ciel ouvert, des monstres sur quatre roues s’engouffrent dans l’œil de la mine. Ceux-ci partent pour un voyage de plus de deux heures. La mine, creusée à coups de dynamite, s’enfonce en effet sur plus d’un kilomètre de profondeur. Chaque jour, ce sont 600.000 tonnes de roches qui sont extraites. Propriété du gouvernement chilien, cette mine a encore quelques « belles » années devant elle, avec une fin d’exploitation estimée en 2057.

Toute cette énergie et tout cet investissement pour un seul métal : le cuivre (ou copper en version internationale). Il s’agit du troisième métal le plus utilisé au monde, après le fer et l’aluminium. D’un point de vue historique, c’est le premier matériau métallique ductile (i.e. pouvant être déformé sans cassure) et manipulé par l’homme. Le cuivre est extrait sous forme de minerai et doit être raffiné avant d’être utilisé.

Comment se comporte l’offre actuellement ? Et la demande ? Quelles sont les prévisions fondamentales pour 2022 ? Et où en est l’état des lieux d’un point de vue technique ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

 

L’UTILISATION DU CUIVRE

Le cuivre est principalement présent en Amérique du Sud et plus précisément au Chili et au Pérou qui détiendraient plus de 40%, à eux deux, du stock mondial. Derrière, la Chine et les États-Unis qui produisent plus de 2 500 millions de tonnes de cuivre par an. Certains spécialistes tablent, à rythme égal d’extraction, sur une réserve moyenne mondiale de 31 ans encore. A titre de comparaison, on estime qu’il reste 78 ans de réserve mondiale de minerai de fer, au rythme d’exploitation actuelle, sachant que celui-ci est le premier métal utilisé au monde. Une partie du cuivre utilisé dans notre consommation n’est pas issue directement de la production, mais provient en effet du recyclage, qui représente tout de même 41% de la consommation de cuivre de l’Union Européenne par exemple.

Le cuivre est principalement utilisé d’après le journal Les Echos dans : « la fabrication de câbles et de fils électriques, il sert aussi dans la construction de rails, de pièces pour télévisions, radios et montres, radiateurs automobiles, dans la construction civile et l’architecture. Utilisé pour le frappage des pièces de monnaie. Le sulfate de cuivre est utilisé dans les fongicides, les insecticides et les additifs pour les sols. L’oxyde de cuivre sert dans les peintures pour bois et protège contre la rouille.  Le cristal de cuivre est un composant des lentilles et sert dans la radiologie pour la détection de petites tumeurs ». Récemment, une utilisation importante du cuivre a été mise en lumière, celle du minerai rouge dans le réseau Internet de l’opérateur français Orange. Ce dernier a décidé de supprimer son utilisation dans les prochaines années, à horizon 2030, pour migrer vers la fibre optique, nouvelle technologie bien plus rapide pour le réseau.

 

 

LE COURS DU CUIVRE DURANT LA CRISE DU COVID ET SES CONSEQUENCES

A la bourse des métaux de Londres, négociée sur le LME (London Metal Exchange) et fondée par Elisabeth I il y a 400 ans, la tonne s’est échangée à 10.417 dollars le lundi 10 mai 2021. C’est le plus-haut historique pour le cours de ce minerai. Pourtant quelques mois plus tôt, le cours du cuivre avait chuté drastiquement pour atteindre moins de 4.500 dollars la tonne au plus fort de la crise sanitaire. Cela s’explique par la mise à l’arrêt brutale de l’économie mondiale et donc d’une demande en chute libre. Depuis ce plus-bas, le cours du cuivre s’est donc très nettement ressaisi. D’après le journal Les Echos : « l’envolée du cuivre est le fruit d’une multitude d’histoires. D’abord celle de la reprise chaotique après la pandémie de Covid-19, ensuite celle de la transition énergétique qui nécessite des quantités astronomiques de métaux pour remplacer les énergies fossiles. Enfin, le record est aussi la marque d’un regain d’intérêt des investisseurs pour les matières premières. »

Lorsque l’économie mondiale s’est remise en marche, la demande a explosé. La Chine, qui a elle seule absorbe plus de 50% des matières premières dans le monde, ou encore les plans de relances des différents gouvernements qui investissent dans des projets coûteux en cuivre, sont d’autant d’exemples qui expliquent l’augmentation de la demande mondiale. A plus long terme, le cuivre est source de convoitise du fait que la transition énergétique des différents pays pousse les constructeurs à utiliser de nombreux métaux, nécessaires à la fabrication de produits manufacturés moins polluants. Selon un article sur le site internet Aveq : « Les données publiées par l’International Copper Association confirment que nous aurons besoin de plus de 40 millions de bornes de charge au cours des 10 prochaines années, ce qui signifie l’utilisation de 100 000 tonnes de cuivre supplémentaires annuellement d’ici 2027. On prévoit également qu’un peu moins de trois millions de ces stations seront construites en Chine d’ici 2030. Dès que les véhicules électriques deviendront plus populaires et accessibles, c’est 11.000.000 de tonnes de cuivre supplémentaires qui seront requises seulement pour les véhicules électriques. Les voitures électriques devraient stimuler l’adoption de technologies propres, ce qui ferait augmenter la demande de cuivre de 10 à 15% d’ici 2030 ».

 

VERS DE SERIEUSES CARENCES DU METAL ROUGE ? 

Dans les années à venir, le cuivre risque de devenir un métal très convoité. Malgré qu’une partie de l’offre de cuivre provienne du recyclage, elle reste encore trop faible. Selon le journal BSI Economics : « Le cuivre recyclé répond à 33% de la demande mondiale, avec environ 9,7 millions de tonnes en 2018 ». La transition écologique que les différents pays sont actuellement en train d’opérer va imposer une pression sur le marché de ce minerai. Voitures « propres », nouvelles technologies… vont accentuer la demande. Ce même journal écrit : « Il est difficile d’estimer avec précision les besoins en cuivre d’ici à 2050 dans chaque secteur. Toutefois, l’Institut Français du Pétrole Energies Nouvelles (IFPEN) et l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) ont lancé, conjointement, le projet GENERATE en 2019, visant à estimer les besoins à venir en cuivre en fonction de deux scénarios : un réchauffement climatique à 2°C et un autre scénario avec un réchauffement à 4°C.

Les conclusions sont claires : les deux scénarios nécessiteront de découvrir de nouveaux gisements afin de répondre à une demande en forte hausse, principalement causée par le secteur des transports. Un réchauffement de 2°C supposerait de multiplier les réserves mondiales connues de 2017 par 2,55 et par 2,2 pour un réchauffement à 4°C. Cela supposera de réaliser un effort important dans la prospection pour identifier de nouvelles ressources, faute de quoi la ressource sera amenée à manquer d’ici 2055 ».

Les cours du cuivre risquent donc, dans les prochaines années, de poursuivre leur ascension. Une demande forte combinée à une offre qui risque de se raréfier seront signe d’une conjoncture favorable pour les investisseurs qui souhaitent voir les prix augmenter, mais ce n’est naturellement pas une nouvelle réjouissante. Ce véritable thermomètre de l’économie mondiale est donc à suivre de près car celui-ci donne de précieuses indications concernant la conjoncture économique. Néanmoins, à court terme, le prix du cuivre ne risque pas d’augmenter. Le journal Les Echos écrit : « Yves Jégourel, professeur d’économie à l’université de Bordeaux, rappelle que les fondamentaux ne plaident pas pour une hausse des cours. Selon l’International Copper Sudy Group (ICSG), le marché aura été légèrement excédentaire en 2021, à hauteur de 79.000 tonnes, et même en 2022 ».

Pour conclure, les enjeux liés à ce métal précieux seront un élément clé dans les prochaines années : augmenter l’offre provenant du recyclage, trouver de nouvelles réserves et de nouvelles technologies moins coûteuses en cuivre seront de nouveaux défis pour la société de demain. Néanmoins, l’économie chinoise pourrait diminuer la cadence et, par conséquent, amoindrir la demande du précieux métal rouge. Plus largement, à l’image du pétrole, les matières premières se raréfient et les stocks se vident. C’est, là encore, une affaire à suivre… de très près.

 

D’un point de vue technique

Sur ce graphique en données hebdomadaires, nous pouvons dans un premier temps établir une vision de long terme de la façon suivante : après une phase de range qui aura duré plus de 30 ans, les cours du cuivre ont marqué un double bottom avant de trouver un point bas en novembre 2001 vers les 0,61$. S’ensuivit une ascension fulgurante qui a vu les prix s’envoler de près de 600% jusqu’à 4,23$ entre 2006 et avril 2008, en amont d’une correction violente jusqu’à fin 2008, où les cours sont revenus vers les 1,27$, impactés par la crise financière globale lors de la crise du subprime. On observe par la suite une autre phase de forte hausse, qui a permis au cuivre de retrouver de nouveaux plus-hauts en février 2011, vers les 4,65$. Dès lors, les cours sont entrés dans une longue phase de consolidation, trouvant à deux reprises une zone de support majeur autour des 1,95$ : d’abord en janvier 2016, puis en mars 2020, en même temps que le point bas global du marché post crise du Covid.

C’est à partir de ce point bas que les cours du cuivre ont retrouvé une dynamique haussière importante, s’appréciant à nouveau de 150% pour atteindre un nouveau record à 4,888$ le 10 mai 2021. Lors de cette hausse, les prix ont successivement dépassé leur moyenne mobile à 100 périodes, une oblique de résistance en place depuis le sommet de 2011, puis le seuil horizontal clé des 3,30$ avant de venir buter tout près de leurs précédents plus-hauts historiques.

Depuis ce sommet de mai 2021, les cours semblent dessiner une phase de correction triangulaire, ce qui signifierait une sortie théorique à la hausse, avec un potentiel très conséquent. Potentiel confirmé par notre décompte elliottiste. Aussi, tant que le point pivot des 3,77$ ne sera pas enfoncé, nous privilégierons une reprise de la dynamique hausse vers les objectifs de projection à 6,68$ puis 7,50$ en extension.  Alternativement cependant, sous les 3,77$, on privilégiera un nouveau test du seuil des 3,30$.

 

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