L’eau, cette ressource bien que renouvelable, n’est pas infinie. Seuls 3% de l’eau présente sur terre est dite de l’eau « douce ». La majorité de cette eau douce est emprisonnée dans des calottes glaciaires ou des glaciers et est donc inexploitable. Outre cette eau inexploitable, seul 1% d’eau douce est accessible et est utilisée de manière non durable, ce qui représente aujourd’hui un enjeu crucial pour l’avenir.

 

 

L’eau : un enjeu stratégique

En dehors de son côté potable, l’eau est un élément essentiel à la production de tout ce que nous consommons, cet or bleu est ainsi omniprésent dans notre quotidien : les habits, les portables, les voitures… Cette eau utilisée à des fins de production agricole et industrielle ou de service est dite « virtuelle ». A titre d’exemple, l’empreinte d’eau une simple tasse de café représente, à elle seule, 140 litres d’eau à produire, un hamburger en vaut 2.400 et une paire de chaussures en cuir nécessite 8.000 litres d’eau. L’eau est donc indubitablement un élément essentiel à la survie de notre espèce.

Alors que l’eau sous sa forme liquide ne s’échange pas, l’eau « virtuelle », quant à elle, se négocie. Elle correspond donc à l’eau utilisée pour produire des biens exportables dans un endroit et consommée « virtuellement » dans un autre. L’exportation de biens de consommation à travers le monde peut être considérée comme un transport d’eau « virtuelle ».

Voici une cartographie des importateurs d’eau « virtuelle » :

 

 

Le prix de l’eau

Jusqu’alors considérée comme une ressource naturelle quasi-gratuite et abondante, l’eau et plus précisément l’eau virtuelle devient au fur et à mesure une marchandise dont le commerce est organisé comme celui d’autres matières premières. Cette financiarisation de l’eau est amenée à devenir omniprésente dans nos sociétés comme c’est déjà le cas dans certains pays dont l’Australie, le Chili, l’Iran, le Royaume-Uni ou encore les Etats-Unis.

Les partisans des marchés de l’eau voient en cette gestion sur les marchés un apprentissage à l’économie de cette ressource. Selon eux, la rareté de l’eau ainsi que sa gratuité empêchent une utilisation raisonnée de ce précieux liquide.

En 1989, le rapport entre l’eau et la finance a débuté en Angleterre avec le gouvernement de Margaret Thatcher qui a décidé de privatiser le système entier ainsi que les concessions du pays. Chaque goutte d’eau est alors devenue marchandise. Ainsi, en Angleterre, les mauvais payeurs se sont vus refuser l’accès à l’eau potable jusqu’à ce qu’une loi l’interdise 10 ans plus tard. Contestée par l’opinion publique, cette privatisation britannique de l’eau n’a été reproduite par aucun pays. Alors qu’aujourd’hui plus de 80% des britanniques souhaitent revenir à une ressource commune, publique et peu onéreuse, l’Australie inaugure le monde de demain, un monde où l’eau est devenue une ressource rare et chère.

 

Le cas australien

 

Source : https://www.studyrama.com/formations/fiches-metiers/agriculture/

 

Depuis de nombreuses années, cette terre subit le dérèglement climatique de plein fouet. Les problèmes d’approvisionnement en eau couplés aux sécheresses et à leur immense secteur agricole représentent des enjeux nationaux de grande ampleur. La question de l’attribution de l’eau s’est rapidement posée.

Depuis plus de 10 ans, les Australiens ont décidé de confier cette attribution au gouvernement et aux marchés financiers. Le premier attribue un quota d’eau à chaque consommateur : les fermiers, les industriels et les villes. Ces droits sont calculés en fonction des besoins, des réserves existantes et des prévisions climatiques. Par la loi « Water Act » de 2007, l’eau ainsi attribuée peut être utilisée en partie ou en totalité. Cette loi s’accompagne donc par l’ouverture du marché de l’eau où l’excédent potentiel des différentes structures peut être revendu sur des marchés privés.

Un essor des marchés privés de l’eau est constaté sur le sol australien où certains acteurs achètent et revendent de l’eau par besoin et d’autres viennent uniquement spéculer. A l’introduction de ces marchés, avec comme unité de mesure le mégalitre (un million de litres), le cours s’élevait à 50 dollars australien le mégalitre, soit 35 euros. Aujourd’hui, dans les états les plus durement touchés par la sécheresse, le mégalitre peut atteindre jusqu’à 500 dollars australiens, soit 350 euros.  Avec un rendement de près de 25%, cette ressource est en train de devenir l’or de demain.

Mais cette spéculation présente des conséquences néfastes en Australie. La crise de l’eau et l’envolée des prix sur les marchés provoquent la faillite des petits agriculteurs et notamment des éleveurs laitiers qui parfois achète le litre d’eau au même prix qu’ils vendent leur litre de lait. Les petits producteurs, n’ayant pas conscience de la dure loi du marché, n’arrivent pas à échanger correctement dans de telles conditions pour satisfaire leur besoin.

Seules survivent les immenses compagnies capables d’acheter l’eau telles que l’entreprise Webster, premier producteur d’amandes du pays par exemple. Ces entreprises ont adapté leur activité en incluant de nouveaux métiers comme le « Water Manager » (responsable de la gestion de l’eau) qui a la gestion de portefeuilles comptabilisant plusieurs centaines de millions d’euros. Webster, l’un des plus riches propriétaires d’eau, gère un portefeuille de plus de 200 millions d’euros.

 

Le modèle australien à travers le monde

Ce modèle précurseur est en train de s’exporter à travers le monde. A l’instar de l’Australie, la Californie subit de vastes problèmes de sécheresse et possède de nombreuses exploitations agricoles. En 2014, sous la pression des écologistes, l’Etat a signé une nouvelle loi baptisée « SGMA » pour rationaliser l’eau extraite du sous-sol, auparavant gratuite pour tous les agriculteurs. Parallèlement à ces quotas, le Nasdaq a introduit le Nasdaq Veles California Water Index qui permet de spéculer sur l’eau californienne.

 

Source : https://www.waterexchange.com/market-insight/

 

Cette loi imposant des quotas d’eau à chaque entité a d’abord été accueillie avec réticence mais a connu un franc succès chez les écologistes. De plus en plus d’organisations non gouvernementales protectrices de l’environnement achètent de l’eau sur les marchés financiers pour alimenter les rivières à sec et pour protéger la faune et la flore marines. Ces transactions liées à la protection de la nature représentent un quart des flux sur le marché de l’eau.

En septembre 2020, le groupe CME va encore plus loin en annonçant le lancement des contrats à terme (futures) sur l’eau à l’image d’autres matières premières. Le groupe a déclaré qu’il « sera un outil innovant, le premier du genre, pour fournir aux utilisateurs agricoles, commerciaux et municipaux de l’eau une plus grande transparence, la découverte des prix et le transfert des risques – ce qui peut aider à aligner plus efficacement l’offre et la demande de cette ressource vitale ».

En 2019, alors que l’Europe fait figure de « forteresse » face à cet engouement de financiarisation, les transactions faites sur l’eau se chiffraient déjà à 2 milliards d’euros.

 

Des dérives à prévoir

L’eau est unique, l’eau est irremplaçable, l’eau est vitale : le commerce de l’eau est devenu le nouvel eldorado pour les investisseurs. Appliquer la loi des marchés à une denrée aussi rare et essentielle que l’eau pourrait engendrer des dérives planétaires. Seuls les plus aisés profiteraient de cette ressource vitale et un clivage de plus en plus prononcé pourrait être constaté.

Avec la prise de conscience collective du dérèglement climatique et de la raréfaction de l’eau, les principaux acteurs de Wall Street sont persuadés que l’eau pourrait être comparée au pétrole du 21ème siècle. En 2010, pour contrer ces possibles dérives, aux Nations Unies, l’Assemblée Générale a voté une résolution pour reconnaître l’accès à l’eau comme un droit universel.

Mais certains conflits sont déjà existants, notamment en Asie centrale, au sud de l’Inde, ou encore entre la Bolivie et le Chili… La crise de l’eau potable n’est donc pas une histoire de futur mais bien du présent. Le 20ème siècle était rythmé par des conflits axés sur le pétrole ; avec une demande en constante augmentation et des ressources qui s’amenuisent, le 21ème siècle pourrait être associé aux conflits pour l’eau douce.

Pour contrer ce danger à venir, la solution est de « Réduire, Réutiliser, Recycler ». Le recyclage de l’eau passera par des développements technologiques permettant de nettoyer l’eau. Un des remèdes miracles pourrait être la désalinisation de l’eau de mer.

 

Une solution miracle : la désalinisation de l’eau ?

 

Source : https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/eau-limpact-de-la-desalinisation-sur-lenvironnement-saggrave-389146

 

De nombreuses usines de désalinisation (ou dessalement) sont apparues ces dernières décennies, près de 16.000 usines de ce type existent dans 177 pays, ce qui représente 95 millions de mètres cubes d’eau. Pour ne citer que les plus connues, nous retrouvons celles de Claude Lewis Carlsbad aux Etats-Unis, Saline Water Conversion Corporation en Arabie Saoudite ou encore Sorek, la plus grande usine de dessalement de l’eau du monde, en Israël.

Voici un tableau récapitulatif des unités de désalinisation dans le monde en 2018 :

Cependant, cette solution apparemment miracle connaît des inconvénients. Un des enjeux de la désalinisation est le sous-produit qu’il en résulte : une saumure hautement concentrée. Pour deux gallons, soit 7,57 litres d’eau salée, une usine de désalinisation produira un demi-gallon (1,89 litre), d’eau douce et un gallon et demi (5,67 litres) de saumure hautement concentrée. Aujourd’hui, près de 141 milliards de litres de saumure sont produits et sont rejetés d’une manière ou d’une autre dans l’océan. De densité beaucoup plus élevée, cette saumure se concentre sur les sols marins et détruit la vie marine. De plus, ce procédé est extrêmement énergivore ce qui rend cette technologie très onéreuse en comparaison à d’autres options.

La désalinisation n’est pas la solution pour résoudre les problèmes liés à l’eau, cette technologie représente l’une des options pour ralentir la raréfaction de l’eau. Malgré ses nombreux inconvénients, cette technologie se développe grâce à sa propension à délivrer de l’eau potable de manière fiable. En France, Suez et Veolia demeurent les précurseurs de cette nouvelle technologie.

 

Suez

 

Sur ce graphique en base journalière, nous constatons qu’à partir de février 2019, Suez évolue sur une droite de tendance haussière avant de s’effondrer en mars 2020 à cause de la pandémie de coronavirus. Par la suite, le titre enregistre une progression fulgurante, aidé par la proposition de Veolia fin août 2020 qui prévoit d’acquérir 29,9% du capital de Suez auprès d’Engie avant de lancer une OPA sur le reste du capital pour créer un leader mondial de la transformation écologique.

Graphiquement, tant que la zone des 14,30€ ne sera pas enfoncée, nous privilégierons un scénario haussier avec un premier objectif à 17€ revenant sur les plus-hauts de 2017. Alternativement, la franche cassure de cette zone invaliderait le scénario haussier et nous conduirait sur un objectif autour des 13,50€.

 

Veolia

 

Sur ce graphique en base journalière, on constate que le titre Veolia a connu une phase de consolidation horizontale en wedge entre novembre 2015 et juin 2020 (matérialisée par les segments violets) avant de reprendre le mouvement haussier dans lequel il était inscrit précédemment (droite verte). Là encore, le Covid-19 a laissé des traces avec une forte chute du cours de l’action en mars 2020. Depuis ce creux, les prix ont tenté un rebond mais sans grande conviction, laissant le titre s’échouer à plusieurs reprises sur le support des 17,80€ (ligne horizontale bleue).

Tant que ce support résistera, on peut privilégier une reprise du mouvement haussier pour l’action Veolia avec un premier objectif autour des 22€ en amont d’une accélération possible vers les 29€ correspond à ses plus-hauts d’avant crise. Alternativement, la cassure de ce support nous conduirait à un retour sur les points bas de mars autour des 16€.

 

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Réalisé par Marc Dagher, avec l’aide d’Albane Desjardins et Jean-François M’Bongué

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