Les citoyens américains votaient le 3 novembre 2020 pour élire le 46e président des Etats-Unis. Le scrutin étant indirect, les électeurs étaient en réalité appelés à élire les « grands électeurs », qui à leur tour éliront le prochain président le 14 décembre 2020.

Le président en fonction, Donald Trump, est candidat à un second mandat pour le Parti républicain. Le candidat du Parti démocrate désigné pour lui faire face est Joe Biden, vice-président de 2009 à 2017 sous la mandature de Barack Obama. À respectivement 77 et 74 ans, Biden et Trump sont les deux plus vieux candidats démocrate et républicain à la présidence dans l’histoire américaine.

L’élection est marquée par la pandémie de la covid-19, qui provoque des conséquences néfastes sur l’économie du pays et conduit à un nombre limité de rassemblements politiques. Dans ces conditions, le nombre de votes par voie postale explose, ce qui conduit le président sortant à dénoncer un risque de fraude et à remettre en cause le résultat de ces élections qui lui est défavorable.

 

 

Le bilan du mandat Trump

Le mandat du président sortant Donald Trump restera dans les mémoires à bien des égards. Le président américain a gouverné le pays tout en restant fidèle à son imposante personnalité, permettant à la presse internationale de faire couler beaucoup d’encre sur les exploits du locataire de la Maison-Blanche.

 

Source : https://www.lesoir.be/336613/article/2020-11-08/presidentielle-americaine-donald-trump-ne-reconnait-toujours-pas-sa-defaite

 

Révolution républicaine

Dès le début de son mandat, le président des Etats-Unis a immédiatement placé Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh (d’anciens républicains conservateurs) à la Cour Suprême. Par la suite, Trump a fait nommer un troisième juge à la Cour suprême (qui en compte neuf) juste avant les élections présidentielles. Sa candidate est la très conservatrice Amy Coney Barrett. Depuis Richard Nixon, aucun autre président américain n’a autant marqué de son empreinte la plus haute juridiction du pays lors de son premier mandat.

Ce possible « game changer » dans la dernière ligne droite avant la présidentielle du 3 novembre, place sous les projecteurs la révolution judiciaire que les républicains mènent discrètement depuis quatre ans. Trump et sa majorité au Sénat ont déjà nommé 218 juges fédéraux, soit plus de 25% du total. À l’exception de Jimmy Carter, aucun autre président n’a fait mieux pendant son premier mandat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Tous les juges ont été soigneusement sélectionnés par des groupes de pression conservateurs aux plans social, économique et religieux, représentant l’épine dorsale du parti. Ils sont pour la plupart des hommes (75%), blancs (85%), et surtout relativement jeunes. Ils pourront ainsi défendre le programme républicain pendant des décennies, ce qui pourrait être au final, le plus important héritage de Trump.

 

Guerre contre le Chine

Pour les Etats-Unis et la Chine, le match commence en mars 2018. Donald Trump décide d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium de nombreux pays. Premier producteur mondial des deux métaux, Pékin réplique un mois plus tard avec une liste de produits américains qui seront plus durement taxés, comme le vin, les fruits ou la viande de porc.

Dans les mois qui suivent, les deux géants alternent promesses de trêve et annonces d’augmentation des tarifs douaniers sur de nouveaux produits et font monter les tensions parallèlement alimentées par les suspicions d’espionnage qui planent sur Huawei et TikTok (voir notre Newsletter du 9 octobre sur Huawei : lien)

Malgré toute l’incertitude engendrée par cette guerre commerciale, on notera que Donald Trump est le premier à faire ce que beaucoup d’américains souhaitent depuis longtemps : réaffirmer la position des Etats-Unis comme première économie mondiale en luttant contre la montée en puissance de la Chine.

 

Législation de l’armement

Le lobby des armes, un des piliers traditionnels du Parti républicain, a réussi à maintenir son pouvoir d’influence sous la mandature de Donald Trump. Le 1er octobre 2017, les États-Unis ont connu la plus meurtrière tuerie de masse de toute l’histoire américaine lorsque Stephen Paddock a ouvert le feu pendant de longues minutes, à partir d’une chambre d’hôtel, sur des spectateurs d’un festival de musique à Las Vegas. Le bilan fait état de 60 morts et plus de 800 blessés.

Quelques mois plus tard, dans la Stoneman Douglas High School à Parkland, en Floride, 17 personnes ont perdu la vie dans l’attaque la plus sanglante jamais perpétrée dans une école secondaire aux États-Unis.

Des millions de citoyens ont participé au mouvement « March for our Lives » qui est le nom donné aux manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs grandes villes américaines le 24 mars 2018, en réaction à la fusillade de Parkland. Mais rien n’a changé, ou presque, au niveau de la loi sur l’armement. Seul le « bump stock« , cet accessoire pouvant équiper une arme à feu semi-automatique pour lui donner un fonctionnement proche d’une arme automatique, a été interdit.

 

Dérégulation

Le monde de l’entreprise a accueilli à bras grands ouverts la vague de dérégulation du président républicain. En effet, le pays a connu la plus forte baisse d’impôts depuis des décennies, les banques ont vu les règles s’assouplir, et 68 lois environnementales ont été supprimées en toute discrétion.

Les normes d’émissions des voitures ont été assouplies, les centrales électriques peuvent émettre davantage de gaz à effet de serre, les sites d’extraction de pétrole et de gaz peuvent à nouveau libérer du méthane et les forages pétroliers sont désormais autorisés dans une réserve naturelle en Alaska.

Ces mesures ont permis à Trump de créer de nombreux emplois pour son électorat, entre autres pour les habitants de la « Rust Belt » (nom d’une région industrielle du nord-est des États-Unis), même si cet effet semble temporaire.

Les incendies de forêt destructeurs sur la Côte Ouest, les ouragans d’une violence rare dans le sud et les records de pluie dans le Midwest illustrent la nature des changements climatiques, mais Trump rejette toute responsabilité humaine dans ces phénomènes. Et ce, alors que sa propre administration met en garde contre la hausse du coût économique de ces catastrophes et le danger qu’elles représentent pour la stabilité financière du pays.

Immigration

Même si la tolérance zéro envers les immigrants illégaux n’est pas une obsession typiquement républicaine, Trump en a fait la pierre angulaire de sa campagne mais son bilan sur ce sujet reste cependant mitigé.

Le nombre d’arrestations à la frontière mexicaine a grimpé en flèche : en 2019, on en comptabilisait près de 900.000, soit le nombre le plus élevé depuis 2007. Mais cette hausse en dit autant sur le désespoir face à la criminalité liée à la drogue et sur la pauvreté en Amérique latine que sur le renforcement des contrôles aux frontières. Il n’en reste pas moins que le discours radical de Trump a découragé bon nombre de candidats à la migration et fait baisser drastiquement le nombre de migrants illégaux.

En 2018, Trump a envoyé l’armée à la frontière mexicaine pour séparer de leurs parents des enfants mineurs entrés illégalement dans le pays. Des images choquantes d’enfants en pleurs derrière des barreaux ont provoqué d’énormes protestations et fait reculer Trump. Le nombre d’expulsions a augmenté chaque année, mais il est encore loin des chiffres de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

 

Graphique : Nombre d’immigrés clandestins expulsés par les deux derniers présidents américains

 

Et qu’en est-il de sa promesse très médiatisée « build the wall » ? Actuellement, le long de la frontière avec le Mexique qui fait environ 3.145 km, seulement 549 kilomètres de nouveaux murs ont été construits. En réalité, il s’agit surtout de renforcement ou de rénovation de l’infrastructure existante et seulement 50 km de nouveaux murs ont été construits.

De plus, le Mexique n’a pas déboursé le moindre peso. Du moins pas directement car Trump a exigé de plusieurs pays d’Amérique centrale qu’ils retiennent les migrants à l’intérieur de leurs frontières en les menaçant de pressions économiques.

Les migrations légales ont également été resserrées. Par exemple, Trump a interdit en 2017 l’entrée aux États-Unis de résidents de plusieurs pays musulmans, même s’il a fallu trois jugements pour autoriser cette mesure. Il est aujourd’hui beaucoup plus difficile d’obtenir un visa américain ou un permis de séjour, y compris pour les personnes très diplômées. Enfin, l’accueil de réfugiés a baissé de près de 90%.

 

Tensions sociétales

Sa politique migratoire illustre aussi comment Trump s’est mis en marge du débat identitaire. Parmi les manifestants néonazis de Charlottesville, il a vu « de nombreuses bonnes personnes ». Il a qualifié certains pays africains de « shithole countries » (« trou à merde ») et a subtilement légitimé des millions de partisans de la théorie du complot de l’extrême droite QAnon.

Il faut savoir que plus de 80% des Afro-Américains qualifiaient Trump de raciste d’après un sondage effectué en janvier 2020. De plus, au moment des décès tragiques de Breonna Taylor et George Floyd (pour ne citer qu’eux…), Trump n’a exprimé aucune compréhension face au mouvement de protestation « Black Lives Matter » et a même choisi de soutenir les forces de maintien de l’ordre, créant des tensions et des débordements dans certaines villes américaines s’apparentant presque à des scènes de guerre civile.

 

Droit pénal

Un grand accomplissement du mandat de Trump (car chose rare) est d’avoir réussi à obtenir un consensus politique en 2018, sur son « First Step Act« , la plus grande réforme du droit pénal en 25 ans. Elle doit mettre fin à la surpopulation dans les prisons, et surtout profiter aux minorités. Les peines de prison minimales obligatoires ont été supprimées, les libérations anticipées promues et le récidivisme combattu grâce à un meilleur accompagnement des anciens détenus.

Mais de nombreuses étapes doivent encore suivre. Avec plus de 2,3 millions de détenus (soit plus de 700 par 100.000 habitants), les États-Unis sont en tête du classement mondial, sachant que 40% des prisonniers sont des Afro-Américains, alors qu’ils ne représentent que 12% de la population.

 

Santé

Le coronavirus a déjà coûté la vie à 205.000 citoyens américains, soit le nombre le plus élevé au monde. Il s’agit de la plus grande crise de la présidence de Trump dont la gestion a été chaotique de par la manière dont il a minimisé cette maladie, contredit ses conseillers scientifiques et accouché d’une stratégie fédérale bancale.

Beaucoup d’encre a coulé sur l’accent mis sur la résistance économique plutôt que sur la promotion de l’importance du port du masque et de la distanciation physique, mais aussi sur son rejet de la responsabilité de la crise sur la Chine et les politiciens démocrates locaux.

Pour aggraver les choses, les républicains de Trump ont en partie démantelé l’Obama Care, la réforme des soins de santé introduite par Barack Obama, sans offrir la moindre solution de rechange digne de ce nom. Ils ont aussi réduit les programmes alimentaires et de lutte contre la pauvreté. Des millions d’Américains ont vu leur filet social (qui est déjà mince) s’effilocher encore davantage.

 

Economie

Donald Trump a réalisé beaucoup de ses promesses de campagne 2016. Le candidat s’était engagé sur des baisses massives d’impôts et sur d’importants investissements dans les infrastructures. Ces engagements ont tiré l’économie américaine et les indices boursiers américains vers le haut.

Les réductions d’impôts ont été actées par un accord avec le Congrès fin 2017. Elles profitent à tous les ménages imposables de façon presque proportionnelle aux revenus, de telle sorte que l’impôt moyen baisse de 8%. L’impôt sur les sociétés est quant à lui abaissé de 35% à 21%, soit un taux inférieur à la moyenne de ceux pratiqués dans les pays de l’OCDE. L’accord concernant la rénovation des infrastructures n’est quant à lui intervenu qu’au deuxième trimestre 2019 : ce sont 2.000 milliards de dollars de dépenses supplémentaires sur dix ans qui sont ainsi prévues.

L’économie américaine semblait au beau fixe fin 2019 : un marché du travail au plein-emploi avec un taux de chômage de 3,5%, une part des ménages sous le seuil de pauvreté qui atteint son plus bas niveau historique (10,5% au niveau fédéral) mais les inégalités, en particulier celles liées à l’appartenance raciale, sont en hausse.

Or, l’épidémie de la covid-19 a effacé la plupart de ce qui pouvait être considéré comme l’atout majeur du président Trump pour sa campagne de 2020, lui qui comptait sur son bilan économique pour obtenir un second mandat.

 

Twitter

Le président américain a gouverné le pays comme il a dirigé sa campagne électorale de 2016 : à coups de Tweets rocambolesques et inopinés qui pouvaient faire rire parfois, faire peur d’autres fois, et faire chuter ou grimper la bourse par moments …

On retiendra notamment les célèbres tweets « Rocket Man » qui visait le président de la Corée du Nord Kim Jong-Un, et « COVFEFE » qui a été compris comme une erreur de frappe du président américain mais qui aura tenu les réseaux sociaux en alerte pendant plus de six heures. Ce tweet aura donné naissance à une loi du même nom, introduite par un élu démocrate, et qui vise à inclure dans les archives nationales les tweets du président dans le but de promouvoir la transparence de la parole de la Maison Blanche.

Devant l’impact, le suivi quasi international de ces tweets incessants du président américain, JP Morgan a créé un indice baptisé « Volfefe » (en hommage au mystérieux tweet de Trump) qui mesure l’impact sur les marchés des tweets émis par Donald Trump.

 

Pessimisme avant le scrutin

Selon des sondages, plus de 90% des républicains continuent de soutenir Trump. Et il aurait pu obtenir le soutien d’un pourcentage encore plus important mais sa versatilité, le manque d’expérience de nombreux conseillers et les changements de têtes incessants dans son cabinet ont sapé sa popularité (il a licencié, entre autres, quatre chefs d’état-major et cinq conseillers nationaux à la sécurité).

Par conséquent, Trump a été le premier président de l’après-Guerre à ne jamais dépasser les 50% d’Américains le soutenant. Son score de popularité se situe aujourd’hui à 42%. Seuls George Bush senior et Jimmy Carter ont fait moins bien que lui à quelques encablures des élections (et n’ont d’ailleurs pas obtenu de second mandat).

Dans les sondages, Trump affiche depuis des mois un retard par rapport au démocrate Joe Biden. Lors des élections de mi-mandat, les républicains avaient déjà perdu le contrôle de la Chambre des représentants et six sièges de gouverneurs.

 

Joe Biden

Le président sortant devait défendre son mandat contre un adversaire de taille puisque qu’habitué à la sphère politique. Grand gagnant des primaires démocrates et ancien Vice-Président de Barack Obama de 2009 à 2016, Joe Biden connaît bien les mandatures américaines avec ses trente-six années consécutives en tant que Sénateur.

 

Source : https://www.lejdd.fr/International/joe-biden-remporte-la-pennsylvanie-et-sera-donc-le-prochain-president-des-etats-unis-4003957

 

Dès 2017, les spéculations sur sa possible candidature aux primaires démocrates pour l’élection présidentielle de 2020 se multiplient, notamment après la publication de ses mémoires. Si les médias mettent en avant son expérience et sa modération, il connaît un début de campagne difficile : avant même son entrée en lice, il est notamment accusé d’attouchements et comportements inappropriés par plusieurs femmes, dont une élue démocrate.

Son positionnement politique plus centriste que ceux de ses adversaires démocrates (notamment Bernie Sanders et Elizabeth Warren), sa richesse personnelle et ses prises de position passées lui attirent de vives critiques (opposition au mariage homosexuel ; soutien à l’amendement Hyde ; vote pour l’annulation du Glass-Steagall Act ; vote pour la guerre d’Irak…).

Le rebond de Joe Biden se réalise le 3 mars, lors du Super Tuesday (jour des primaires), où il déjoue la plupart des pronostics et remporte dix États. Ces performances contribuent à raviver sa campagne et amènent Michael Bloomberg et Bernie Sanders à se retirer de la course et à lui apporter leur soutien.

 

Le scrutin américain

Le vote n’est pas obligatoire dans le système électoral des Etats-Unis. Le taux de participation n’est d’ailleurs généralement pas élevé : en 2012, il était de 54,9% (environ 129,1 millions d’électeurs pour 235,2 millions de citoyens en âge de voter) et en 2016 de 55,7%. Le plus grand taux d’abstention fut en 1924, avec seulement 48,9% de participation. Si elles sont régies par des textes constitutionnels et législatifs fédéraux, les conditions de droit de vote diffèrent en fonction des Etats, notamment au sujet de la déchéance du droit de vote après une condamnation pénale et du droit de vote des personnes étrangères. De manière générale, ceux qui passeront par les urnes auront au minimum 18 ans pour l’élection présidentielle américaine. Par ailleurs, dans 19 États, les jeunes ont le droit, dès 16 ans, de voter pour les référendums et les élections municipales.

 

Source : https://www.levif.be/actualite/international/comment-suivre-les-resultats-des-elections-americaines-sur-le-vif/article-news-1352915.html?cookie_check=1604917291

 

Les Etats

Certains États comportent plus de grands électeurs que d’autres et convaincre leur électorat est donc plus intéressant pour les candidats. Il y a, bien entendu, le Texas (38 grands électeurs) et la Californie (55), mais le premier est traditionnellement en faveur des élus démocrates et le second en faveur des élus républicains. Lors de la campagne présidentielle américaine, il faut donc prioritairement convaincre les Américains des « swing states », ces Etats qui n’ont pas historiquement une préférence pour l’un ou l’autre des partis américains. Parmi ceux-ci, on retrouve par exemple New York et la Floride avec 29 grands électeurs.

 

Les grands électeurs

Les grands électeurs forment le collège électoral, qui élira officiellement le président des Etats-Unis au terme de l’élection américaine. Il y a 538 grands électeurs : le nombre de grands électeurs par État est égal au nombre de députés élus à la Chambre des Représentants, additionnés des 2 sénateurs de l’État. Ce nombre de députés est lui-même fonction du recensement démographique programmé tous les 10 ans en Amérique (le dernier ayant été fait en 2010 et servant donc pour la dernière fois lors des élections américaines 2020). Une particularité du mode de scrutin américain est le principe du « Winner-take-all » : hormis le Nebraska et le Maine qui optent pour une répartition proportionnelle, les États octroient la totalité de leurs grands électeurs au vainqueur du scrutin présidentiel. Cela explique qu’un candidat puisse perdre aux élections alors même qu’il avait plus de voix que le président élu : ce fut le cas lors de l’élection de George W. Bush face à Al Gore. Autre originalité de la politique américaine : aucune loi n’impose à un grand électeur de respecter le vote populaire en donnant sa voix au candidat ou à la candidate de son propre parti – cela n’arrive néanmoins qu’extrêmement rarement.

 

Le résultat des votes

En raison de l’épidémie de la covid-19 qui en est à sa deuxième vague, beaucoup d’américains ont pu voter par correspondance. Par conséquent, les dépouillements de certains swing states n’étaient pas terminés au lendemain du scrutin, laissant les américains dans l’attente d’un résultat définitif pendant plusieurs jours.

 

 

Source :                https://www.businessinsider.fr/election-presidentielle-americaine-resultats-serres-suivez-notre-direct-185757

 

Durant cette période d’atente, Trump a proclamé qu’il allait saisir la Cour Suprême pour fraude afin de procéder au recomptage dans certains états clés. Des voix se sont élevées rapidement contre ce discours, tant du côté du Parti républicain que du côté du Parti démocrate. Les médias américains se sont notamment insurgés face à ces déclarations et à l’auto-proclamation anticipée de sa victoire par Donald Trump au lendemain matin du scrutin.

Finalement, la victoire du candidat démocrate Joe Biden sera annoncée le samedi 7 novembre, soit 4 jours après le scrutin, avec 279 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour la victoire. Notons néanmoins que trois états n’ont pas encore donnés leurs chiffres définitifs (Caroline du Nord, Géorgie et Alaska) mais que même en cas de victoire du candidat républicain dans chacun d’entre eux, cela ne changera rien au résultat final.

On devra tout de même patienter jusqu’au 14 décembre 2020, date du vote des grands électeurs, pour confirmer et officialiser totalement l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. Dans les deux tiers des états, la question est réglée. Les grands électeurs qui « trahiraient » leur camp devront payer une amende et/ou seront remplacés, prévoit la loi. La Cour suprême a validé cette politique estimant qu’un état qui oblige ses grands électeurs à respecter « le vote de millions de citoyens […] agit en conformité avec la Constitution ». Cela signifie que c’est légal d’exiger la fidélité à son camp mais la Cour n’a pas dit pour autant que tous les Etats devaient forcément l’imposer. Cependant, il est très rare qu’on observe un retournement de situation au moment de la décision des grands électeurs, surtout que l’écart est conséquent entre les deux candidats, laissant peu de place à une surprise de dernière minute.

 

Le 46e Président des Etats-Unis : un mandat à enjeux

Joe Biden sera donc bien le prochain Président des Etats-Unis et devrait prendre ses fonctions dans le bureau ovale le 20 janvier 2021. Enfin vraisemblablement, puisque Donald Trump n’a pas encore renoncé à contester l’issue du scrutin. Les experts de la politique américaine n’ont pas l’air de croire que l’affaire ira au-delà des gesticulations de dépit, tant l’écart de voix est important dans les états pointés par le président sortant pour un recomptage.

Le nouveau Président Biden, après l’officialisation de sa victoire, s’est posé en président de la réconciliation, dans une Amérique touchée en profondeur par les tensions sociétales et les inégalités sociales. Néanmoins le challenge est de taille pour Biden puisque son élection témoigne elle-même d’une fracture en forte entre « l’Amérique profonde » (la population plus rurale ou exposée à l’industrie pétrolière voit toujours en Donald Trump sa meilleure chance de prospérité) et « l’Amérique citadine » où le candidat Biden a remporté la plupart de son électorat (il a remporté 36 des 37 principales métropoles américaines).

Côté ligne politique, le futur Président devrait se montrer plus empathique envers les alliés des Etats-Unis, les organisations internationales et l’écologie. En revanche, il maintiendra à coup sûr une certaine pression sur la Chine mais probablement dans un style différent de son prédécesseur.

Côté citoyens américains, on est relativement de content du résultat…à vrai dire les électeurs ont plus votés contre Donald Trump que pour le candidat démocrate. Il sera donc important pour Biden de rassembler les américains autour de lui en prenant des mesures sur des sujets forts délaissés par le Président sortant, telles que la lutte contre la crise sanitaire actuelle, ou la désescalade des tensions sociétales qu’on on conduit à des scènes de guerres civiles tout au long de l’année 2020.

Pour l’épauler, Biden avait annoncé au mois d’août que la sénatrice de Californie, Kamala Harris, serait sa colistière sur le « ticket » présidentiel. Elle est donc devenue, ce samedi 7 novembre, la première femme vice-présidente de l’histoire des États-Unis. Cette américaine issue de l’immigration avec une mère indienne et un père jamaïcain, est vue comme un symbole progressiste/moderniste de la part du nouveau Président. Mais cette nomination fait quelques face à quelques critiques.

Tout d’abord certains estiment que la nomination d’une femme issue d’une minorité est un coup de communication de la part de Biden pour faire oublier les différentes « affaires » d’agression sexuelle qui ont surgit durant sa campagne électorale, et faire  oublier  les propos racistes tenus par ce dernier durant cette même campagne où il avait affirmé en mai dernier : « Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas noir », ce qui lui avait couter à l’époque beaucoup de points d’intentions de vote de la part de la communauté afro-américaine.

De plus, Kamala Harris n’est pas particulièrement appréciée par l’ensemble des américains qui la connaissent déjà, et en particulier pour les résidents de l’Etat de Californie dont elle a été Procureur Général de 2011 à 2017.  Elle est considérée comme étant une procureur « dure » et avait déjà connues plusieurs critiques concernant (entre autres) son « absentéisme criminel » dans différentes affaires de violences policière sur des afro-américains, et sur son aspect intégriste sur les conditions d’emprisonnement pour les délits mineurs.

Le 46e Président des Etats-Unis devra donc faire au plus vite pour conquérir le cœur des américains qui en attendent beaucoup et rapidement dans un contexte compliqué et tendu, aussi bien au niveau de sa nation qu’au niveau international.

 

Analyse technique des indices américains

NASDAQ

A l’inverse de la précédente, les indices ont signé une semaine de forte hausse. Tout va toujours se jouer autour du point pivot des 9.750, tant que ce niveau tient, on privilégiera une reprise de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 15.575, puis les 18.885 points en extension. Scénario à confirmer toutefois en dépassant les 12.500 intermédiaires (borne supérieure du canal de LT). Alternativement, si notre point pivot venait à céder, cela nous conduirait à un test du support vers la zone psychologique des 8.000, en amont d’un possible retour vers les 6.800 points.

 

DOW JONES

A l’inverse de la précédente, les indices ont signé une semaine de forte hausse. Tout va toujours se jouer autour du point pivot des 9.750, tant que ce niveau tient, on privilégiera une reprise de la hausse en direction des prochains objectifs de projection situés sur les 15.575, puis les 18.885 points en extension. Scénario à confirmer toutefois en dépassant les 12.500 intermédiaires (borne supérieure du canal de LT). Alternativement, si notre point pivot venait à céder, cela nous conduirait à un test du support vers la zone psychologique des 8.000, en amont d’un possible retour vers les 6.800 points.

 

S&P500

Tant que notre point pivot situé sur les 2.900 ne sera pas cassé, on s’orientera vers une poursuite de la tendance de fonds avec un premier objectif à 4.000 correspondant à un seuil psychologique ainsi qu’à la borne supérieure de notre canal haussier, puis par projection, à un second objectif autour des 4.900 points. Alternativement, le franchissement à la baisse de notre niveau pivot conduirait à un premier test du support des 2.500 avant un potentiel retour sur l’overlap des 2.150 points si l’inversion de tendance venait à se confirmer.

 

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