Le Covid-19 a marqué l’année 2020 par l’ampleur qu’a pris cette crise sanitaire à travers le monde. On se souviendra notamment de l’effondrement du marché entre la fin du mois de février et la mi-mars où la plupart des places boursières ont perdu entre 30% et 40% en l’espace de quelques séances. Mais à la différence des crises précédentes (comme celle des subprimes en 2008 pour ne citer qu’elle), le monde de la finance n’a pas été pointé du doigts cette fois-ci. Au contraire, il a intéressé un certain nombre de particuliers qui n’avaient (pour la plupart) jamais cherché à investir en Bourse, et qui sont entrés sur les marchés avec une logique simple mais efficace : « le marché est très faible c’est donc le bon moment pour acheter ».

 

L’essor de l’investissement des particuliers

 

En France, entre fin février et début avril 2020, c’est-à-dire au plus fort de la tempête sur les marchés financiers, 580.000 investisseurs particuliers ont acheté des actions du SBF 120, dont plus de 150.000 nouveaux venus en Bourse, selon une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).  Les achats d’actions françaises par des particuliers ont quadruplé au mois de mars 2020, dans un volume global multiplié qui a quant à lui triplé.

Ces nouveaux investisseurs présents majoritairement entre le 9 et le 27 mars ont représenté 27% des particuliers acheteurs d’actions. Ils ont également représenté jusqu’à 20% des montants investis en actions par des particuliers. Ces petits porteurs, à l’affût des bonnes affaires, présentent un profil singulier : dans les banques de réseaux, ils sont beaucoup plus jeunes que les particuliers qui interviennent généralement en Bourse, « entre 10 et 15 ans de moins en moyenne sur l’ensemble des établissements » d’après l’AMF, faisant passer l’âge médian des investisseurs particuliers de 61 ans en 2019, à 48 ans cette année. On peut aussi observer la même tendance sur les plateformes de courtage en ligne où l’âge moyen des nouveaux investisseurs est descendu à 36 ans en 2020 contre 49 ans habituellement.

Cette tendance n’est pas seulement visible en France : tous les pays européens font état d’une augmentation des investisseurs particuliers aussi bien dans le réseau de la banque de détails que sur les plateformes de courtage en ligne. Mais la plus forte croissance du nombre de nouveaux investisseurs particuliers est à attribuer aux Etats-Unis. La population américaine, qui a déjà une forte appétence pour le monde de la Bourse, a elle aussi cherché à profiter de la faiblesse des marchés pour investir, et en particulier via la plateforme Robinhood qui a pour promesse de donner à tout le monde la possibilité de devenir boursicoteur. Depuis le lancement de son application en 2013, ce « Robin des Bois de la finance » a révolutionné le secteur du courtage en exonérant ces investisseurs néophytes des frais habituellement prélevés sur les ordres d’achat ou de vente d’actions. Aujourd’hui la société compte plus de 13 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis, dont 3 millions de nouveaux abonnés entre mars et juin 2020. On observe aussi sur cette application un nouveau type d’investisseur, qu’on appelle les « millennials » (personnes nées entre 1980 et 2000) avec une moyenne d’âge de 31 ans selon les données fournies par l’entreprise.

 

Des investisseurs particuliers d’abords délaissés et moqués…

 

On peut considérer que cela soit une bonne chose que de plus en plus de particuliers s’intéressent aux marchés financiers grâce à l’essor du courtage en ligne, eux qui ont été pendant bien longtemps délaissés et moqués par le monde de la finance. Délaissés, particulièrement en France, quand on voit le manque de culture financière de la population, mais surtout à cause des banquiers qui ont tendance à plutôt proposer des solutions d’investissement « maison » que des placements en Bourse à leurs clients (probablement aussi par manque de connaissance des banquiers mais là n’est pas le sujet…) ; moqués par les professionnels du métier puisque le petit porteur semble toujours en retard sur ce qu’il se passe sur le marché. En effet, il ne dispose pas de connaissances assez approfondies en finance et ne connait pas certains concepts de base tel que le célèbre adage « on achète la rumeur et on vend la nouvelle » amenant à des effets parfois « amusants » sur les places boursières.

 

Cycle d’investissement du petit porteur

 

Le manque d’expérience de ces nouveaux investisseurs a ainsi été plusieurs fois source d’aberrations ou de « gags » cette année. Par exemple, le 9 juin 2020, une petite société immobilière chinoise nommée Fangdd a vu son cours de bourse progresser de 400% en une seule séance car les particuliers ont confondu la valeur avec l’acronyme FAANG d’un tracker de valeurs technologiques qui correspond à Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google. On notera aussi en ce début d’année 2021 le cas de Signal, une application de messagerie concurrente de WhatsApp : après une déclaration de WhatsApp le 6 janvier 2021 annonçant que sa politique de confidentialité allait changer pour que l’application puisse partager davantage de données avec sa maison-mère Facebook, les investisseurs se sont rués sur l’action Signal Advance qui a pris plus de 5.000% en trois séances. Seul problème, Signal est une fondation sans but lucratif qui est uniquement financée par les dons de ses utilisateurs (et donc qui n’est pas cotée) alors que Signal Advance est une société texane spécialisée dans la santé et qui n’a rien à voir avec l’application de messagerie.

 

…et maintenant décriés : l’offensive des particuliers sur les fonds spéculatifs 

 

Depuis le début de l’année 2021, les professionnels de la finance sont confrontés à des évènements pour le moins perturbants, les amenant à crier à la manipulation de cours et remettant en cause toute idée d’efficience de marché : des offensives ciblées sur des titres cotés d’un groupe d’investisseurs particuliers appelé WallStreetBets. Ce groupe a pris naissance sur le réseau social Reddit qui est un site web communautaire américain d’actualités sociales fonctionnant via le partage de signets permettant aux utilisateurs de soumettre leurs liens et de voter pour les liens proposés par les autres utilisateurs.

Ils ont pour premier objectif de réaliser de gros profits, mais aussi de « sauver » certaines entreprises et de déclarer la guerre aux fonds spéculatifs qui pratiquent la VAD (vente à découvert) qui, selon eux, ne serait plus dans les codes actuels de la société et dans cette idée d’investissement responsable qui se développe de plus en plus aujourd’hui.

Grâce à ce site internet, les WallStreetBets – qui comptent 8,5 millions de membres ou de « dégénérés » comme ils s’appellent eux-mêmes – se sont organisés pour provoquer ce qu’on appelle des short squeeze, c’est-à-dire acheter massivement un titre qui est vendu à découvert (shorté) par des fonds spéculatifs afin d’obliger ces fonds à clôturer leurs positions vendeuses (short) dans la précipitation ce qui entraine mécaniquement une forte hausse de la valeur et donc une prise de bénéfice importante pour les « dégénérés » qui ont investi.

Les WallStreetBets ont donc acheté des titres de la société GameStop (une entreprise spécialisée dans la distribution de jeux vidéo et de matériel électronique) en masse, faisant grimper l’action de plus de 2.200%, passant de 20 dollars le 13 janvier 2021 à 483 dollars au plus-haut de la séance du 28 janvier. Cette hausse du cours de l’action a littéralement pulvérisé les shorteurs, c’est-à-dire les fonds spéculatifs qui avaient pariés sur la baisse de l’action de cette société ; ces derniers ont dû racheter leurs positions dans l’urgence pour mettre un terme au bain de sang financier. C’est ainsi que des fonds comme Sequoïa, Citadel ou Melvin ont perdu ensemble près de 7 milliards de dollars.

Face à la réussite de cette première attaque, les WallStreetBets ont décidé de renouveler leur exploit sur les actions Nokia, AMC et BlackBerry, avec un certain succès en particulier pour l’action AMC qui a pris plus de 800% en 7 séances, tandis que Nokia n’a pris « que » 60% avant de rechuter de 25% le lendemain. Selon les données d’IHS Markit, les positions short sur AMC ne représentaient plus que 18% du flottant le 25 janvier contre plus de 40% en décembre.

Leur dernière tentative, qui a rencontré beaucoup moins de succès, avait pour but de provoquer une explosion du cours de l’argent avec un objectif de cours à 1.000 dollars l’once quand le métal précieux cotait autour de 25 dollars. Cette tentative a néanmoins propulsé le cours de l’argent de 10% au plus haut à 30,08 dollars le 1er février dernier. Toutefois, si cette performance est moins impressionnante que les attaques portées sur les sociétés citées précédemment c’est parce que l’argent n’est pas qu’un actif financier : il se traite également en physique. Par conséquent, pour continuer leur mouvement, les WallStreetBets appellent leurs « dégénérés » à acheter massivement de l’argent physique (pièces, lingots, bijoux…) de façon à réaliser le « short squeeze du siècle » selon leurs propres termes. D’ailleurs on a pu observer ces derniers jours l’épuisement de stock d’argent de certaines boutiques en ligne !

 

Que penser de ces nouveaux acteurs qui font « trembler » les marchés ?

 

On peut facilement comprendre l’intérêt financier de ces offensives, puisqu’en provoquant ces short squeeze, les membres du WallStreetBets réalisent des performances boursières hors-normes – à en rendre jaloux les investisseurs qui s’orientent vers les cryptomonnaies.

N’oublions pas néanmoins que ces investisseurs sont des millennials, et que les titres qui (pour l’instant) sont ciblée par ces attaques sont des entreprises que cette génération tient dans son cœur et souhaite réellement sauver d’une faillite. En regardant cela avec un aspect plus fondamental, le groupe AMC par exemple, grâce à ce short squeeze, a annoncé avoir levé 917 millions de dollars d’argent frais qui devraient lui permettre de traverser les six prochains mois alors que l’industrie du cinéma est touchée de plein fouet par la crise liée au Covid-19.

De plus, avec l’évolution des mentalités vers l’investissement responsable, peut-on en vouloir à ses particuliers qui s’attaquent à la vente à découvert, elle-même interdite par les régulateurs pendant la débâcle des marchés au mois de mars 2020 ? La VAD leur a été présenté comme un ennemi, et ils ont choisi de s’en prendre à elle et aux fonds spéculatifs qui l’utilisent non pas pour des raisons économiques mais pour des raisons de profitabilité.

 

Le calme après la tempête : entre loi du marché et régulateurs

 

Ces actions communautaires ont été marquantes, mais elles sont limitées par la complexité et la loi du marché. Certes, les WallStreetBets ont fait mettre un genou à terre aux géants que sont les fonds spéculatifs, mais à terme, la force du marché est plus grande que ces tentatives de déstabilisation et de manipulation.

D’ailleurs, le prix des actions GameStop et AMC ont respectivement chuté de 80% et 50% depuis le début de la première semaine de février, et l’once d’argent est revenue à des niveaux que nous lui connaissions autour des 26 dollars après avoir atteint les 30 dollars au 1er février. Cela s’explique en partie par l’action des professionnels de marché mais aussi par les restrictions mises en place par la plateforme Robinhood, qui a bloqué ou limité les transactions sur ces titres.

De plus, les instances de régulation suivent actuellement ces dossiers de près et la secrétaire américaine au Trésor et ancienne présidente de la Fed, Janet Yellen, va organiser cette semaine une réunion avec les principaux régulateurs financiers que sont la SEC (gendarme de la Bourse américaine, au même titre que l’AMF en France), la Réserve Fédérale et la CFTC (autorité des marchés à termes) dans l’objectif de discuter de la volatilité des marchés provoquée par la récente frénésie d’achats d’actions de GameStop, entre autres. Selon le communiqué du 3 février 2021 « la secrétaire d’Etat Yellen estime que l’intégrité des marchés est importante et a demandé une discussion sur la récente volatilité des marchés financiers et la compatibilité des activités récentes avec la protection des investisseurs et des marchés équitables et efficaces ».

Dans le même temps, des sénateurs américains considérés comme progressistes, dont Bernie Sanders et Elizabeth Warren font partie, réclament une enquête de la SEC contre ce qu’ils considèrent comme des « abus des fonds spéculatifs ». Sanders a même déclaré sur la chaîne ABC qu’il fallait « examiner de très près le type d’activités illégales et le comportement scandaleux des fonds spéculatifs et des autres acteurs de Wall Street ».

Dans ce climat qui semble se tendre de plus en plus, la question est maintenant de savoir si ces évènements vont avoir un impact sur l’avenir des fonds spéculatifs, de la vente à découvert, et des marchés dans leur ensemble.

 

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